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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2601057

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2601057

mardi 31 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2601057
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSIMORRE

Résumé IA

Sujet principal : Demande de suspension d'une décision préfectorale refusant une habilitation d'accès aux zones de sûreté aéroportuaires. Juridiction : Tribunal administratif de Melun (juge des référés). Solution retenue : Rejet de la demande de suspension, le juge estimant que le requérant ne démontre pas l'urgence requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Textes appliqués : Articles L. 521-1, L. 522-3 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 22 janvier 2026, M. A... B..., représenté par
Me Simorre, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 5 septembre 2025 par laquelle le préfet de police de Paris a rejeté sa demande d’habilitation pour accéder aux zones de sûreté à accès réglementé des aéroports ainsi que de la décision du 3 novembre rejetant son recours gracieux ;
d’enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer l’habilitation sollicitée ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande, sans délai à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros au titre de l’article
L. 761-1 du code de justice administrative.


Vu :
- la requête n° 2605115 tendant à l’annulation de la décision dont la suspension de l’exécution est demandée ;
- les autres pièces du dossier.


Vu le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Duhamel, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.



Considérant ce qui suit :

Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». En vertu des dispositions de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

L’urgence justifie que soit prononcée la suspension de l’exécution d’une décision administrative lorsque l’exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension de l’exécution d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement, compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire.

Pour justifier de l’urgence d’une suspension de l’exécution de la décision en litige, le requérant fait valoir que son emploi d’agent de sécurité sur le site de l’aéroport de Paris Orly au sein de la société ICTS est menacé du fait du refus de sa demande d’habilitation pour accéder aux zones de sûreté à accès réglementé des aéroports alors qu’il exerce cette fonction depuis le 10 octobre 2022. Toutefois, en l’état de l’instruction, les seules circonstances ainsi invoquées ne sont pas de nature à justifier de l’urgence qui s’attacherait à la suspension des effets de la décision en litige au sens des dispositions précitées dès lors que, si la société employeur de M. B... lui a bien signifié par courrier du 19 novembre 2025 que « si les recours qu’il a entrepris n’aboutissaient pas, il ne pourrait être maintenu à son poste de travail », il ne résulte pas des termes de ce courrier que son contrat de travail serait rompu ou même suspendu à brève échéance.

Il résulte de ce qui précède sans qu’il soit nécessaire d’examiner s’il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige qu’il y a lieu de rejeter la requête de M. B..., y compris ses conclusions accessoires à fin d’injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative suivant la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... B....

Fait à Melun, le 31 mars 2026.
Le juge des référés,



Signé : B. DUHAMEL

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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