La décision concerne un recours en excès de pouvoir contre une taxe sur la création de locaux à usage de bureaux en Île-de-France. Le Tribunal Administratif de Melun, statuant par ordonnance, rejette la requête de la SCI Mimosa III comme étant manifestement irrecevable. La juridiction retient que le requérant n'a pas préalablement saisi le comptable compétent d'une contestation, comme l'exige la procédure prévue par l'article 118 du décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012, en lien avec l'article L. 520-22 du code de l'urbanisme.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 janvier 2026, la société civile immobilière (SCI) Mimosa III doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la taxe sur la création de locaux à usage de bureaux, commerce et stockage en Ile-de-France mise à sa charge par un titre de perception du 19 décembre 2025 ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de l’urbanisme ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
D’une part, aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ».
D’autre part, aux termes de l’article L. 520-1 du code de l’urbanisme : « En région d'Ile-de-France, une taxe est perçue à l'occasion de la construction, de la reconstruction ou de l'agrandissement des locaux à usage de bureaux, des locaux commerciaux et des locaux de stockage définis, respectivement, aux 1°, 2° et 3° du III de l'article 231 ter du code général des impôts ». Aux termes de l’article L. 520-22 du même code : « Les réclamations concernant la taxe sont présentées, instruites et jugées dans les conditions prévues aux articles 117 à 119 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique (...) ». Aux termes de l’article 118 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : « En cas de contestation d’un titre de perception, avant de saisir la juridiction compétente, le redevable doit adresser cette contestation, appuyée de toutes pièces ou justifications utiles, au comptable chargé du recouvrement de l’ordre de recouvrer. / Le droit de contestation d’un titre de perception se prescrit dans les deux mois suivant la notification du titre ou, à défaut, du premier acte de poursuite qui procède du titre en cause. / Le comptable compétent accuse réception de la contestation en précisant sa date de réception ainsi que les délais et voies de recours. Il la transmet à l’ordonnateur à l’origine du titre qui dispose d’un délai pour statuer de six mois à compter de la date de réception de la contestation par le comptable. A défaut d’une décision notifiée dans ce délai, la contestation est considérée comme rejetée. / La décision rendue par l’administration en application de l’alinéa précédent peut faire l’objet d’un recours devant la juridiction compétente dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de cette décision ou, à défaut de cette notification, dans un délai de deux mois à compter de la date d’expiration du délai prévu à l’alinéa précédent ».
Il résulte de l’instruction que la SCI Mimosa III n’a pas, préalablement à l’introduction de sa requête, saisi le comptable compétent d’une contestation du titre de perception du 19 décembre 2025 mettant à sa charge la taxe en litige. Sa requête est, par suite, manifestement irrecevable et ne peut qu’être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la SCI Mimosa III est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société civile immobilière Mimosa III.
Fait à Melun, le 13 mars 2026.
Le président de la 3ème chambre
N. Le Broussois
La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,