Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2601442
mercredi 18 mars 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2601442 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | GOZLAN |
Résumé IA
Sujet principal : Demande d'injonction pour obtenir la convocation au retrait d'un titre de séjour après un dysfonctionnement de la plateforme de rendez-vous préfectorale.
Juridiction : Tribunal administratif de Melun (juge des référés).
Solution retenue : Non-lieu à statuer sur la demande d'injonction, le titre ayant été remis postérieurement à la requête, mais condamnation de l'État à verser 1 200 € à la requérante au titre des frais irrépétibles.
Textes appliqués : Articles L. 521-3 (référé mesures utiles) et L. 761-1 (frais irrépétibles) du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 janvier 2026, Mme B... A..., représentée par Me Gozlan, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de la convoquer afin de procéder au retrait de son titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de somme de 1 500 euros au titre des frais irrépétibles sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que, de nationalité marocaine, elle a déposé le 28 août 2024 une demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale », que le préfet de Seine-et-Marne lui a délivré un récépissé valable jusqu’au 25 avril 2025, qu’elle n’a ensuite plus eu de nouvelles, qu’elle a saisi les services de la préfecture de Seine-et-Marne d’une demande d’information sur l’état de son dossier, qu’il lui a été répondu de manière manuscrite qu’elle devait prendre un rendez-vous pour le retrait de son titre, que cela est toutefois impossible en raison d’un dysfonctionnement de la plateforme de rendez-vous de la préfecture, que la condition d’urgence est satisfaite puisque son titre est disponible et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 janvier 2026, le préfet de Seine-et-Marne conclut au non-lieu à statuer l’intéressée étant convoquée le 3 février 2026 pour le retrait de son titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Mme A..., ressortissante marocaine née le 12 juillet 1970 à Douar Tabia (Région de Tadla-Azilal), a été titulaire en dernier lieu d’une carte de séjour pluriannuelle de deux ans délivrée par le préfet de Seine-et-Marne et valable jusqu’au 25 octobre 2024. Elle en a sollicité le renouvellement et le préfet de Seine-et-Marne lui a remis, le 25 août 2024, un récépissé de demande de titre de séjour valable huit mois qui n’a pas été renouvelé. Suite à une demande d’information de son conseil du 8 décembre 2025, il lui a été répondu de manière manuscrite en retour de son courrier qu’une décision favorable avait été prise le 6 septembre 2024, qu’une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu’au 25 octobre 2026 était disponible et qu’elle devait prendre rendez-vous sur la plateforme de la préfecture de Seine-et-Marne pour la retirer. Or, cela s’est révélé impossible, soit que cette plateforme ne délivre aucune date de rendez-vous soit que celle-ci ne reconnaisse pas son « numéro étranger ». Par une requête enregistrée le 28 janvier 2026, elle a demandé au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’ordonner au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer une convocation aux fins de retirer sa carte de séjour. Postérieurement à sa requête, soit le 3 février 2026, le préfet de Seine-et-Marne a remis à Mme A... sa nouvelle carte de séjour pluriannuelle, seize mois après son émission.
Sur les conclusions sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ».
Ainsi qu’il l’a été dit au point 1, le 3 février 2026, le préfet de Seine-et-Marne a remis à Mme A... sa nouvelle carte de séjour pluriannuelle, seize mois après son émission. Par suite, il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les frais du litige :
Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat (préfet de Seine-et-Marne) une somme de 1 200 euros à verser à Mme A... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A... présentées sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.
Article 2 : L’Etat (préfet de Seine-et-Marne) versera une somme de 1 200 euros à Mme A... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera communiquée au préfet de Seine-et-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Par une requête enregistrée le 28 janvier 2026, Mme B... A..., représentée par Me Gozlan, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de la convoquer afin de procéder au retrait de son titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de somme de 1 500 euros au titre des frais irrépétibles sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que, de nationalité marocaine, elle a déposé le 28 août 2024 une demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale », que le préfet de Seine-et-Marne lui a délivré un récépissé valable jusqu’au 25 avril 2025, qu’elle n’a ensuite plus eu de nouvelles, qu’elle a saisi les services de la préfecture de Seine-et-Marne d’une demande d’information sur l’état de son dossier, qu’il lui a été répondu de manière manuscrite qu’elle devait prendre un rendez-vous pour le retrait de son titre, que cela est toutefois impossible en raison d’un dysfonctionnement de la plateforme de rendez-vous de la préfecture, que la condition d’urgence est satisfaite puisque son titre est disponible et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 janvier 2026, le préfet de Seine-et-Marne conclut au non-lieu à statuer l’intéressée étant convoquée le 3 février 2026 pour le retrait de son titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Mme A..., ressortissante marocaine née le 12 juillet 1970 à Douar Tabia (Région de Tadla-Azilal), a été titulaire en dernier lieu d’une carte de séjour pluriannuelle de deux ans délivrée par le préfet de Seine-et-Marne et valable jusqu’au 25 octobre 2024. Elle en a sollicité le renouvellement et le préfet de Seine-et-Marne lui a remis, le 25 août 2024, un récépissé de demande de titre de séjour valable huit mois qui n’a pas été renouvelé. Suite à une demande d’information de son conseil du 8 décembre 2025, il lui a été répondu de manière manuscrite en retour de son courrier qu’une décision favorable avait été prise le 6 septembre 2024, qu’une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu’au 25 octobre 2026 était disponible et qu’elle devait prendre rendez-vous sur la plateforme de la préfecture de Seine-et-Marne pour la retirer. Or, cela s’est révélé impossible, soit que cette plateforme ne délivre aucune date de rendez-vous soit que celle-ci ne reconnaisse pas son « numéro étranger ». Par une requête enregistrée le 28 janvier 2026, elle a demandé au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’ordonner au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer une convocation aux fins de retirer sa carte de séjour. Postérieurement à sa requête, soit le 3 février 2026, le préfet de Seine-et-Marne a remis à Mme A... sa nouvelle carte de séjour pluriannuelle, seize mois après son émission.
Sur les conclusions sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ».
Ainsi qu’il l’a été dit au point 1, le 3 février 2026, le préfet de Seine-et-Marne a remis à Mme A... sa nouvelle carte de séjour pluriannuelle, seize mois après son émission. Par suite, il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les frais du litige :
Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat (préfet de Seine-et-Marne) une somme de 1 200 euros à verser à Mme A... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A... présentées sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.
Article 2 : L’Etat (préfet de Seine-et-Marne) versera une somme de 1 200 euros à Mme A... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera communiquée au préfet de Seine-et-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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