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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2602024

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2602024

mardi 31 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2602024
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMOLOTOALA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, a examiné une requête visant à obtenir l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle et une injonction au préfet pour l'obtention d'un rendez-vous en préfecture. Le juge a prononcé l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle (article 20 de la loi du 10 juillet 1991) et a donné acte du désistement du requérant concernant l'injonction, rendant celle-ci sans objet. Les autres conclusions, notamment la demande de condamnation de l'État à des frais, ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 février 2026, M. B... A..., représenté par Me Molotoala, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
de prononcer son admission provisoire à l’aide juridictionnelle ;
d’enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui communiquer une date de rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour en qualité de membre de famille de réfugié dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.
Il soutient que :
-
il tente d’obtenir un rendez-vous en préfecture depuis le 16 janvier 2026 pour déposer sa demande de titre de séjour en qualité de parent d’un enfant français ;
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’il est dans l’impossibilité matérielle d’obtenir un rendez-vous auprès des services préfectoraux, ce qui porte atteinte à ses droits, le maintient en situation de séjour irrégulier, alors même qu’il a droit à un titre de séjour en qualité de membre de famille de réfugiée ;
- la mesure sollicitée est utile eu égard aux dysfonctionnements des services de la préfecture et dès lors qu’elle vise à l’exercice de son droit de faire examiner sa demande de titre de séjour ;
- elle ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.


Par un mémoire en défense, enregistré le 18 février 2026, le préfet du Val-de-Marne, représenté par le cabinet Actis avocats, conclut rejet de la requête.
Il fait valoir que, postérieurement à l’enregistrement de la requête, M. A... a pu déposer sa demande de titre de séjour le 17 février 2026 et qu’il a été mis en possession d’une attestation de prolongation d’instruction valable jusqu’au 16 mai 2026.
Par un mémoire, enregistré le 22 février 2026, M. A... déclare se désister de ses conclusions à fin d’injonction et maintenir le surplus de ses conclusions.

Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
-
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
-
le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Duhamel, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :
Sur la demande d’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :
Aux termes du premier alinéa de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence, sous réserve de l’application des règles relatives aux commissions ou désignations d’office, l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. »
En application de ces dispositions, il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de prononcer l’admission provisoire de M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. »
M. A... a déclaré se désister de ses conclusions à fin d’injonction. Ce désistement partiel est pur et simple. Rien ne s’oppose à ce qu’il en soit donné acte.
Sur les frais liés au litige :
Aux termes du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l’aide juridictionnelle, à payer à l’avocat du bénéficiaire de l’aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu’il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l’État, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l’aide aurait exposés s’il n’avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation. »
Dans les circonstances particulières de l’espèce, il y n’y a pas lieu de faire application de ces dispositions en mettant à la charge de l’État la somme demandée par M. A... au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er :
M. A... est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 :
Il est donné acte du désistement des conclusions présentées par M. A... au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 3 :
Les conclusions de la requête de M. A... sont rejetées pour le surplus.

Article 4 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., au ministre de l’intérieur et à Me Molotoala.

Copie en sera adressée pour information au préfet du Val-de-Marne.


Fait à Melun, le 31 mars 2026.

Le juge des référés,




Signé : B. DUHAMEL


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


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