Le Tribunal Administratif de Melun, statuant en référé, a été saisi par un ressortissant sénégalais demandant l'injonction au préfet de le convoquer pour le renouvellement de sa carte de résident, en invoquant un dysfonctionnement de la plateforme administrative. Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur cette demande principale, le préfet ayant convoqué le requérant postérieurement à l'introduction de la requête. Il condamne néanmoins l'État à verser 1 500 euros au requérant au titre des frais irrépétibles, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 février 2026, M. A... B..., représenté par Me Gozlan, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet du Val-de-Marne de le convoquer afin que soit examinée sa demande de renouvellement de carte de résident, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme 1 500 euros au titre des frais irrépétibles sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que, de nationalité sénégalaise, il est titulaire d’une carte de résident valable jusqu’au 20 mars 2026, qu’il a tenté d’en demander le renouvellement sur la plateforme de l’Administration numérique pour les étrangers en France mais que cela s’est révélé impossible en raison d’un dysfonctionnement de celle-ci, qu’il a saisi le service d’assistance de l’Agence nationale des titres sécurisés et de la préfecture du Val-de-Marne sans obtenir de réponse, que la condition d’urgence est satisfaite car il doit pouvoir demander le renouvellement de sa carte de résident et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 février 2026, le préfet du Val-de-Marne, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête, l’intéressé étant convoqué le 24 février 2026 en préfecture en vue du dépôt de sa demande de renouvellement de sa carte de résident.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
M. A... B..., ressortissant sénégalais né le 3 mars 1974 à Dakar, a été titulaire en dernier lieu d’une carte de résident délivrée par le préfet du Val-de-Marne et valable jusqu’au 20 mars 2026.Il a souhaité en demander le renouvellement sur la plateforme de l’Administration numérique pour les étrangers en France mais cela s’est révélé impossible en raison d’un dysfonctionnement de celle-ci. Il a alors saisi aussi bien les services d’assistance de l’Agence nationale des titres sécurisés que ceux de la préfecture du Val-de-Marne sans jamais recevoir de réponse. Par une requête présentée le 12 février 2026, il a donc demandé à nouveau au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet du Val-de-Marne de le convoquer afin que soit examinée sa demande de renouvellement de carte de résident. Postérieurement à sa requête, le préfet du Val-de-Marne a convoqué M. B... le 24 février 2026 « en vue du dépôt de la remise de son titre de séjour ».
Sur les conclusions sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ».
Ainsi qu’il l’a été dit au point 1, le préfet du Val-de-Marne a convoqué M. B... le 24 février 2026 « en vue du dépôt de la remise de son titre de séjour ». L’intéressé ne soutenant pas, plus d’un mois plus tard, que ce rendez-vous n’a pas été honoré, il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les frais du litige :
Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat (préfet du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros à verser à M. B... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B... présentées sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.
Article 2 : L’Etat (préfet du Val-de-Marne) versera une somme de 1 500 euros à M. B... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera communiquée au préfet du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. AYMARD
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,