Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, a rejeté la requête de M. A... qui demandait une injonction au préfet pour instruire sa demande de carte professionnelle VTC. Le juge a considéré que, le délai d'instruction de trois mois étant écoulé sans réponse, sa demande était implicitement rejetée par le silence de l'administration. Par conséquent, l'injonction sollicitée ferait obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet, ce qui est contraire aux conditions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 mars 2026, M. B... A... doit être regardé comme demandant au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de procéder à l’instruction de sa demande de carte professionnelle « VTC », dans un délai de quinze jours à compter de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat les dépens.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’il a déposé sa demande de carte professionnelle depuis plus de six mois, que son dossier est bloqué, qu’il ne peut pas exercer son activité professionnelle, qu’il se retrouve sans revenus ;
- la mesure sollicitée est utile, dès lors que son dossier était complet.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code des transports ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Vérisson, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
Aux termes de l’article L. 3120-2-2 du code des transports : « Les conducteurs des véhicules qui exécutent les prestations mentionnées à l'article L. 3120-1, à l'exclusion des conducteurs de cycles à pédalage assisté, sont titulaires d'une carte professionnelle délivrée par l'autorité administrative ». L’article R. 3122-10 du même code dispose que : « L'autorité administrative compétente pour délivrer la carte professionnelle de conducteur de voiture de transport avec chauffeur, mentionnée à l'article L. 3120-2-2, est le préfet du département dans lequel le demandeur a élu domicile ou, s'il a élu domicile dans la commune de Paris, le préfet de police ». Aux termes de l’article L. 231-4 du code des relations entre le public et l’administration : « Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : (…) 4° Dans les cas, précisés par décret en Conseil d'Etat, où une acceptation implicite ne serait pas compatible avec le respect des engagements internationaux et européens de la France, la protection de la sécurité nationale, la protection des libertés et des principes à valeur constitutionnelle et la sauvegarde de l'ordre public (…) ». Aux termes de l’article L. 231-6 du même code : « Lorsque l'urgence ou la complexité de la procédure le justifie, un délai différent de ceux prévus aux articles L. 231-1 et L. 231-4 peut être fixé par décret en Conseil d'Etat ». Aux termes de l’article R. 3120-6 du code des transports : « (…) L'autorité administrative compétente remet la carte professionnelle dans un délai maximum de trois mois suivant la date de la demande (…) ».
Il résulte de l’instruction qu’après avoir déposé sa demande de carte professionnelle le 12 août 2025, le service instructeur a demandé plusieurs compléments au requérant, avant de considérer que sa demande était en état d’être examinée le 3 novembre 2025. Cependant, en l’absence de réponse à sa demande dans un délai de trois mois, et conformément aux dispositions de l’article R. 3120-6 du code des transports, et à défaut de décision explicite, la demande de carte professionnelle de M. A... doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par le préfet, alors même que le service instructeur aurait clôturé puis réouvert son dossier à plusieurs reprises.
Dans ces conditions, la mesure sollicitée par M. A... est de nature à faire obstacle à l’exécution de la décision de rejet née du silence gardé par le préfet sur sa demande de carte professionnelle. Par suite, la condition posée à l’article L. 521-3 du code de justice administrative, tenant à ce que la mesure demandée ne fasse pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative, n’est manifestement pas remplie.
Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A... doivent être rejetées en application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Copie pour information sera adressée au préfet de Seine-et-Marne.
Fait à Melun, le 3 avril 2026.
Le juge des référés,
Signé : D. VERISSON
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,