lundi 11 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-1909140 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SELAS FIDAL DIRECTION PARIS 2 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 décembre 2019 et 8 décembre 2019, M. B A et Mme C A demandent au tribunal d'annuler la délibération n°30/2019 du conseil municipal de Vauhallan du 26 juin 2019, portant approbation du plan local d'urbanisme de la commune.
Ils soutiennent que :
- l'emprise au sol des constructions, limitée à 10% de l'unité foncière dans le secteur Uc de Favreuse selon l'acte attaqué, doit être supérieure à l'ancien coefficient d'occupation des sols (COS) de 0,10 ; elle doit donc être portée à 0,2 (20%) comme prévu dans le plan local d'urbanisme voté en 2016 puis abrogé ;
- l'élargissement des marges de reculement par rapport au ru de Vauhallan associé à celui de la marge en limite de la rue n'est pas motivé et rend impossible toute construction dans le bas de leur parcelle, ce qui les spolie ; ils demandent donc le rétablissement de la marge prévue par l'ancien plan d'occupation des sols (POS) à 4mL ;
- s'agissant de la modification des règles d'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques en zone Uc, les règles relatives à la " bande de 30 mètres " interdisent toute construction dans les 80 mètres arrière de leur parcelle ce qui les spolie ; ils demandent donc la suppression de ces règles ainsi que la suppression des 30 mètres dans la figure ;
- ils demandent que soit supprimée la phrase du règlement littéral relative à l'inconstructibilité des espaces boisés classés, ce qui est le cas de leur parcelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2021, la commune de Vauhallan, représentée par Me Massaguer, conclut à titre principal, au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et subsidiairement, à ce que le tribunal fasse usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme et ne prononce qu'une annulation partielle ou un sursis à statuer en vue de la régularisation du Plu litigieux.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kanté, première conseillère,
- les conclusions de Mme Mathou, rapporteure publique,
- et les observations de Me Massaguer, représentant la commune de Vauhallan.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A, habitants de la commune de Vauhallan, demandent l'annulation de la délibération du conseil municipal de Vauhallan du 26 juin 2019, portant approbation du plan local d'urbanisme (Plu) de la commune.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'article UC4 du règlement littéral du Plu approuvé prévoit que l'emprise au sol des constructions dans le secteur de Favreuse est limitée à 10% de l'unité foncière.
3. Si les requérants soutiennent que l'emprise au sol des constructions dans ce secteur doit être portée à 0,2 (20%) de l'unité foncière comme prévu dans le plan local d'urbanisme voté en 2016 puis abrogé, ce moyen n'est pas assorti des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Outre que la commune n'est pas tenue de reprendre les dispositions des documents d'urbanisme précédemment en vigueur, elle conserve la possibilité, en présence d'une séquence urbaine de qualité, de refuser ou d'assortir un permis de construire de prescriptions spéciales sur le fondement de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
4. En deuxième lieu, l'article UC2 du Plu précise que les constructions et installations ne doivent pas être situées à moins de 5 mètres d'une berge du ru de Vauhallan, du ru des Mittez, de la rigole de la Favreuse ou de la rigole domaniale.
5. D'une part, contrairement à ce que soutiennent M. et Mme A, cette marge de recul de 5 mètres d'une berge, en l'occurrence, du ru de Vauhallan, définie par le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) dans le cadre de l'enjeu n°2, est justifiée par la protection de la trame bleue. Elle constitue un des enjeux essentiels affichés par le Plu de Vauhallan. Et s'agissant des cours d'eau, et plus précisément du ru de Vauhallan, le rapport de présentation rappelle d'ailleurs, en cohérence avec le PADD que, le cours d'eau, " seul lien fonctionnel reliant la Bièvre à la ZNIEFF de type 1 des étangs de Saclay, [] présente un intérêt écologique majeur. Il traverse, en effet, de nombreuses zones d'habitat avec des berges souvent remplacées par des ouvrages maçonnés, berges où vivent les espèces typiques des milieux humides " d'autant qu'il est également préciséque " les labours des parcelles doivent cesser à 5 mètres de la berge pour préserver la biodiversité ".
6. D'autre part, la circonstance que l'élargissement des marges de reculement par rapport au ru de Vauhallan associé à celui de la marge en limite de la rue rendrait impossible toute construction dans le bas de la parcelle des requérants, à la supposer établie, n'est pas par elle-même, dès lors qu'elle ne procède d'aucune erreur manifeste d'appréciation, constitutive d'une illégalité. Et, ainsi qu'il a été dit au point 3, la commune n'est pas tenue de reprendre les dispositions des documents d'urbanisme précédemment en vigueur, ainsi que le demandent les requérants, s'agissant de cette marge de recul.
7. En troisième lieu, si les requérants demandent la suppression des règles d'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques en zone UC, relatives à la " bande de 30 mètres " qui interdisent, selon eux, toute construction dans les 80 mètres arrière de leur parcelle, ils n'assortissent pas ce moyen des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
8. Enfin, les requérants demandent la suppression de la phrase du règlement littéral du Plu relative à l'inconstructibilité des espaces boisés classés. Toutefois, outre qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que leur parcelle soit située en espace boisé classé, ils n'assortissent pas davantage ce moyen des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération du 26 juin 2019 portant approbation du plan local d'urbanisme de la commune de Vauhallan.
Sur les frais liés au litige :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme que demande la commune de Vauhallan au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Vauhallan présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et à la commune de Vauhallan.
Copie en sera adressée à la communauté d'agglomération de Paris Saclay.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Descours-Gatin, présidente,
M. Fraisseix, premier conseiller,
Mme Kanté, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2022.
La rapporteure,
signé
C. Kanté
La présidente,
signé
Ch. Descours-Gatin La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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