lundi 11 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-1909615 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SELAS FIDAL DIRECTION PARIS 2 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 décembre 2019, M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler la délibération n°30/2019 du conseil municipal de Vauhallan du 26 juin 2019, portant approbation du plan local d'urbanisme (Plu) de la commune.
Ils soutiennent que :
- les modalités de concertation prévues par la délibération d'élaboration du plan local d'urbanisme du 10 mars 2017 n'ont pas été respectées ;
- l'élaboration de ce Plu est caractérisée par un manque d'informations manifeste ;
- s'agissant des espaces boisés classés (EBC), doit être repris sur le règlement graphique le même tracé que sur le plan d'occupation des sols (POS) pour la parcelle AH 18 et doit être supprimée sur la carte en page 206 du rapport de présentation la partie bleue-claire rajoutée et repris l'espace boisé classé (EBC) du POS pour la parcelle AH 18 ;
- il y a une incompatibilité entre le plan de zonage et les espaces naturels sensibles (ENS), les zones recensées au titre des ENS devant être classées en zone N ;
- la mention selon laquelle la parcelle AH20 est boisée et fait partie des ENS, et celle selon laquelle la municipalité ne souhaite pas autoriser de défrichement, doit être supprimée sur la page 169 du rapport de présentation, ainsi que la couleur verte y pointant cette parcelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2021, la commune de Vauhallan, représentée par Me Massaguer, conclut à titre principal au rejet de la requête ainsi qu'à la mise à la charge des requérants de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à titre subsidiaire à ce que le tribunal fasse usage des pouvoirs qu'il détient en vertu de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme.
Elle soutient que :
- le moyen tiré du non-respect des modalités de concertation avec le public définies dans la délibération du 10 mars 2017 et plus particulièrement de celles relatives à " l'annonce par voie d'affichage et dans la presse locale de l'ouverture de la phase de concertation et de ses modalités " ainsi que de l'exposition en mairie des panneaux d'affichage correspondant au Plu abrogé n'est pas fondé eu égard aux dispositions des articles L. 153-11 alinéas 1 et 2 du code de l'urbanisme et L. 600-11 du même code ;
- le moyen tiré du manque d'information manifeste du public lors de l'élaboration du Plu contesté est insuffisamment précis pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé ;
- s'agissant des EBC, en ce qui concerne la parcelle AH n°18, si l'emprise a été légèrement accrue pour épouser les limites de celle-ci au nord, en limite de la parcelle AH n°19, il s'avère cependant que cette partie du terrain n'est pas boisée et que la commune n'avait pas souhaité créer de nouveaux EBC dépourvus de tout boisement existant, c'est donc au prix d'une erreur matérielle que la bande en question a été conservée en EBC, laquelle sera corrigée dans le cadre de la révision du Plu ; en second lieu, s'agissant de la parcelle AH n°20, l'examen combiné des documents graphiques du POS et du Plu ne permet pas de constater de différence de périmètre des EBC ; en tout état de cause, force est de constater que cette partie du terrain est boisée, en sorte qu'aucune erreur d'appréciation ne peut être imputée à la commune ;
- le moyen tiré de ce que les annotations relatives au recensement ENS doivent être supprimées sur leurs parcelles AH 19 et AH 20 dans les documents du Plu le mentionnant et notamment la carte des ENS et celle relative à l'" évaluation des parcelles potentiellement constructibles " n'est pas fondé ;
- la demande des époux A tendant à ce que la mention du rapport de présentation selon laquelle la parcelle AH 20 est boisée et fait partie des ENS et celle selon laquelle la municipalité ne souhaite pas autoriser de défrichement soient supprimées n'est pas un moyen d'annulation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kanté, première conseillère,
- les conclusions de Mme Mathou, rapporteure publique,
- et les observations de Me Massaguer, représentant la commune de Vauhallan.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A, habitants de la commune de Vauhallan, et propriétaires des parcelles cadastrées AH 17, AH 18, AH 19 et AH 20, demandent l'annulation de la délibération du 26 juin 2019 par laquelle le conseil municipal de Vauhallan a approuvé son plan local d'urbanisme.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente mentionnée à l'article L.L. 153-8 prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme et précise les objectifs poursuivis et les modalités de concertation, conformément à l'article L. 103-3. La délibération prise en application de l'alinéa précédent est notifiée aux personnes publiques associées mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 ". Et aux termes de l'article L. 600-11 du code de l'urbanisme : " Les documents d'urbanisme et les opérations mentionnées aux articles L. 103-2 et L. 300-2 ne sont pas illégaux du seul fait des vices susceptibles d'entacher la concertation, dès lors que les modalités définies aux articles L. 103-1 à L. 103-6 et par la décision ou la délibération prévue à l'article L. 103-3 ont été respectées ".
3. En l'espèce, la délibération du 10 mars 2017 prescrivant l'élaboration du Plu a précisé les modalités de la concertation et il ressort des pièces du dossier, et notamment du bilan de la concertation approuvé et joint à la délibération du 29 juin 2018, que l'ensemble de ces modalités, y compris celles mises en cause par les requérants, ont bien été respectées.
4. Ainsi, d'une part, et s'agissant plus particulièrement des annonces liées à l'ouverture de la phase de concertation, la délibération du 10 mars 2017 a bien été affichée sur les panneaux habituels de la commune (mairie, rue des Grands-Prés, rue des Caves, route de Favreuse) pour une période de deux mois ainsi qu'il ressort du bilan de concertation dressé par la commune et de l'attestation du maire. En outre, la mention de la délibération du 10 mars 2017 prescrivant l'élaboration du Plu a été faite le 16 mars 2017 dans le Républicain de l'Essonne. La circonstance que cette publication du 16 mars 2017 ne fasse pas mention de l'organisation de la concertation est sans incidence sur la légalité de la délibération attaquée dès lors que le public a ainsi pu prendre connaissance d'une part, de l'engagement de la procédure d'élaboration du Plu par la publication dans la presse et par voie d'affichage, et d'autre part, de l'ouverture de la concertation par voie d'affichage.
5. D'autre part, ainsi qu'il ressort du bilan de concertation, une exposition publique a été organisée en mairie, ce que reconnaissent les requérants, et elle a suivi l'état du projet, au moyen notamment de panneaux d'affichage installés dans la salle d'attente de la mairie, au fur et à mesure de l'avancement du projet. Si les plans affichés étaient ceux de l'ancien Plu, la concertation dont l'objet consiste à recueillir les observations du public sur un projet en cours d'élaboration n'a pas, ainsi que le relève la commune, pour ambition de présenter un projet définitif comme c'est le cas au stade de l'enquête publique, une fois le projet arrêté. Par ailleurs, les différences n'étaient pas décelables dans les panneaux exposés qui n'avaient vocation qu'à tracer les grandes lignes du Plu. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que les intéressés auraient été privés d'une garantie, les autres modalités de concertation dont le respect n'est pas contesté leur ayant permis de prendre connaissance du Plu en cours d'élaboration et, le cas échéant, de le critiquer, ce qu'ils n'ont d'ailleurs pas manqué de faire, ainsi que le souligne la commune.
6. En outre, l'allégation des requérants selon laquelle l'élaboration du Plu litigieux serait caractérisée par un manque d'informations manifeste ne repose sur aucun fondement. La circonstance que le bulletin municipal n°41 de juin 2017 ne mentionne pas le lancement officiel de la concertation ou que la brochure " l'Actualité de Vauhallan " n'ait été distribuée que fin novembre, soit 15 jours avant la fin de l'enquête publique, sans incidence, n'est pas de nature à remettre en cause utilement la qualité de l'information délivrée au public. Et cette allégation est, de surcroît, contredite pas les pièces du dossier qui démontrent que les Vauhallanais ont été suffisamment informés tout au long de la procédure d'élaboration du Plu.
7. En deuxième lieu, aux termes, d'une part, de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues ". Et aux termes de l'article R. 151-25 du même code : " Peuvent être autorisées en zone N : 1° Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole et forestière, ou au stockage et à l'entretien de matériel agricole par les coopératives d'utilisation de matériel agricole agréées au titre de l'article L. 525-1 du code rural et de la pêche maritime ; 2° Les constructions, installations, extensions ou annexes aux bâtiments d'habitation, changements de destination et aménagements prévus par les articles L. 151-11, L. 151-12 et L. 151-13, dans les conditions fixées par ceux-ci ".
8. D'autre part, aux termes de l'article L. 113-8 du code de l'urbanisme : " Le département est compétent pour élaborer et mettre en œuvre une politique de protection, de gestion et d'ouverture au public des espaces naturels sensibles, boisés ou non, destinée à préserver la qualité des sites, des paysages, des milieux naturels et des champs naturels d'expansion des crues et d'assurer la sauvegarde des habitats naturels selon les principes posés à l'article L. 101-2 ".
9. En l'espèce, il est constant que, dans les documents du Plu, la carte des espaces naturels sensibles (ENS) mentionne les deux parcelles AH 19 et AH 20, classées par ailleurs en zone UC. Toutefois, la commune, en mentionnant lesdites parcelles au titre du " Recensement et zone de préemption ENS " sur la carte " Evaluation des parcelles potentiellement constructibles du rapport de présentation " n'a fait que retranscrire sur sa carte les ENS tels qu'ils ont été arrêtés sur le territoire de la commune par délibération du conseil départemental des 27 janvier 1994 et 16 novembre 2000. Elle n'a donc pas commis d'erreur de droit ni d'erreur de fait, ni, en tout état de cause, d'erreur manifeste d'appréciation.
10. En troisième lieu, les requérants soutiennent, s'agissant des espaces boisés classés (EBC), que le même tracé que celui figurant sur l'ancien POS doit être repris sur le règlement graphique du Plu litigieux, en ce qui concerne la parcelle AH 18, notamment sur la partie du terrain non boisée et en ce qui concerne la parcelle AH 20. Si la commune n'est pas tenue de reprendre les dispositions des documents d'urbanisme précédemment en vigueur, en l'espèce, elle reconnaît, s'agissant de la parcelle AH18, dont une partie est non boisée, que cette partie de la parcelle a été classée en EBC dans les documents graphiques à la suite d'une erreur de plume. Les requérants sont donc fondés à soutenir que le PLU est entaché sur ce point d'une erreur manifeste d'appréciation. En revanche, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment des documents graphiques et photographies aériennes produites par les parties, que le classement en EBC de la parcelle AH 20, abondamment boisée et entourée d'une vaste zone naturelle, serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
11. Enfin, les époux A ne sont pas recevables à demander, à titre principal, qu'il soit enjoint à la commune de supprimer du rapport de présentation la mention selon laquelle la parcelle AH 20 est boisée et fait partie des ENS et celle selon laquelle la municipalité ne souhaite pas autoriser de défrichement soient supprimées.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A sont seulement fondés à demander l'annulation de la délibération du 26 juin 2019 en tant qu'elle classe en espace boisé classé sur le règlement graphique du Plu la partie non-boisée de la parcelle AH 18.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme :
13. Aux termes de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme : " Si le juge administratif, saisi de conclusions dirigées contre un schéma de cohérence territoriale, un plan local d'urbanisme ou une carte communale, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'une illégalité entachant l'élaboration ou la révision de cet acte est susceptible d'être régularisée, il peut, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, surseoir à statuer jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation et pendant lequel le document d'urbanisme reste applicable, sous les réserves suivantes : 1° En cas d'illégalité autre qu'un vice de forme ou de procédure, pour les schémas de cohérence territoriale et les plans locaux d'urbanisme, le sursis à statuer ne peut être prononcé que si l'illégalité est susceptible d'être régularisée par une procédure de modification prévue à la section 6 du chapitre III du titre IV du livre Ier [pour la modification du SCOT] et à la section 6 du chapitre III du titre V du livre Ier [pour la modification du Plu, articles L. 153-36 à L. 153-48]; ()".
14. Les dispositions précitées de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme ont pour objet de permettre, sous le contrôle du juge, la régularisation d'un vice ayant entaché l'élaboration ou la révision d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme ou d'une carte communale, sous les réserves mentionnées à son 1° s'agissant d'une illégalité autre qu'un vice de forme ou de procédure, dès lors qu'aucun autre moyen n'est susceptible d'entraîner l'annulation de l'acte attaqué. Lorsque le juge estime qu'une telle régularisation est possible, il peut, de sa propre initiative ou à la demande d'une partie, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur le principe de l'application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme, constater, par une décision avant-dire droit, que les autres moyens ne sont pas fondés et surseoir à statuer jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour permettre, selon les modalités qu'il détermine, la régularisation du vice qu'il a relevé.
15. Eu égard à la nature et la portée de l'illégalité retenue à l'encontre de la délibération attaquée qui porte sur le classement en EBC au règlement graphique du Plu d'une partie de la parcelle AH 18, les conclusions de la commune tendant au prononcé d'un sursis à statuer en application des dispositions précitées doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Vauhallan demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération du 26 juin 2019 du conseil municipal de Vauhallan est annulée en tant qu'elle classe en espace boisé classé sur le règlement graphique du plan local d'urbanisme la partie non-boisée de la parcelle AH 18.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Vauhallan présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles présentées sur le fondement de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme sont rejetées.
Article 3 : le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et à la commune de Vauhallan.
Copie en sera adressée à la communauté d'agglomération de Paris Saclay.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Descours-Gatin, présidente,
M. Fraisseix, premier conseiller,
Mme Kanté, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2022.
La rapporteure,
signé
C. Kanté
La présidente,
signé
Ch. Descours-Gatin La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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01/06/2026