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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-1909810

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-1909810

lundi 11 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-1909810
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation9ème chambre
Avocat requérantSELAS FIDAL DIRECTION PARIS 2

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 20 décembre 2019, 22 avril 2021 et 25 octobre 2021, M. B A demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération n°30/2019 du conseil municipal de Vauhallan du 26 juin 2019, portant approbation du plan local d'urbanisme de la commune et de la délibération n°58/2019 du 21 octobre 2019, par laquelle le conseil municipal de Vauhallan a modifié le plan local d'urbanisme approuvé par la délibération du 26 juin 2019.

2°) de mettre à la charge de la commune de Vauhallan la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la délibération du 26 juin 2019 :

- elle est entachée d'un vice de procédure, l'avis du commissaire-enquêteur n'est ni personnel ni motivé ; son rapport est insuffisant et son ton manque parfois de modération ; le tableau de ses commentaires sur les avis des personnes publiques associées a été rempli par la commune et n'émane pas de lui ; on peut avoir des doutes également sur la synthèse de ces avis ; il en va de même de ses conclusions ;

- le plan local d'urbanisme (Plu) est insuffisamment motivé en ce qui concerne les modifications substantielles du règlement d'urbanisme par rapport au plan d'occupation des sols (POS), en particulier en ce qui concerne la valeur retenue du coefficient d'emprise au sol (CES) dans les différentes zones, l'adoption d'une zone unique couvrant 80% de la commune, la suppression de la limitation des toits plats à 10% de la surface de la construction et la suppression de l'obligation de reculement sur une grande partie de la commune ;

- il conteste le principe d'unification de la zone UB et l'instauration d'un CES unique de 0,30 pour l'ensemble de la zone ;

- le règlement de la zone UB induit une augmentation extrêmement importante des droits à construire incompatible avec les objectifs du Plu de " limiter la densification " ;

- il aboutit à une inégalité de traitement entre les différents propriétaires, entre +87% et +650% d'augmentation de la surface de plancher constructible ;

- et les règles d'alignement pour la zone UB (UB4) sont impuissantes à empêcher la construction d'un bâtiment d'une emprise au sol de 30% de la surface du terrain compte tenu des caractéristiques des parcelles ; par ailleurs, les conditions économiques sont favorables à une urbanisation très rapide ;

- il conteste les règles d'alignement issues de l'article UB4 ;

- s'agissant de la possibilité de créer des toitures-terrasses prévue par l'article UB5, elle porte le risque de modifier considérablement l'aspect du village ;

- ce qui est dit pour la zone UB vaut également pour la zone UC ;

- s'agissant des espaces boisés classés (EBC), le principe de classer systématiquement toutes les parcelles boisées n'est pas justifié et aucune explication n'est avancée sur le plan écologique ou urbanistique pour justifier le principe et la méthodologie n'est pas décrite en détail ;

- le classement de certaines propriétés de la commune en particulier au sommet du coteau Nord, dans la zone classée de la vallée de la Bièvre, en zone N est erroné.

En ce qui concerne la délibération du 21 octobre 2019 :

- le recours gracieux du sous-préfet de Palaiseau est entaché de vice de forme ;

- les déclassements sans justification des parcelles AH 64, AH 93, AH 95 et AH 96 qui étaient constructibles dans le POS et leur classement en zone Na est erroné ;

- le classement en EBC sur le coteau Nord des zones libres autour des bâtiments en zone Na est erroné.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 juin 2021 et 19 janvier 2022, la commune de Vauhallan, représentée par Me Massaguer, conclut à titre principal au rejet de la requête à la mise à la charge de M. A de la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à titre subsidiaire à ce que le tribunal fasse usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la délibération du 26 juin 2019 :

- le moyen tiré de l'irrégularité de l'enquête publique en ce que le rapport du commissaire-enquêteur ne serait ni personnel ni motivé manque en fait ;

- le moyen tiré du défaut de motivation du Plu s'agissant de quatre éléments du règlement relatifs à la valeur du coefficient d'emprise au sol (CES) retenue dans les différentes zones, à l'adoption d'une zone unique couvrant 80% de la commune, à la suppression de la limitation des toits plats à 10% de la surface de la construction et à la suppression de l'obligation de reculement qui, selon lui, auront des conséquences majeures sur l'urbanisation de la ville n'est pas fondé :

- le moyen tiré d'un potentiel de constructibilité trop élevé en zone UB n'est pas fondé ;

- si M. A considère que le règlement est entaché d'erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il irait au-delà des objectifs fixés par le SDRIF, le moyen manque en droit, seul un rapport de compatibilité est requis eu égard aux dispositions des articles L. 131-1 et L. 131-5 du code de l'urbanisme et de la jurisprudence ;

- le moyen tiré de ce que la disparition des marges de recul obligatoire par rapport à l'alignement en zone UB serait contraire à l'objectif annoncé de limiter l'urbanisation et génèrerait un préjudice esthétique en contradiction avec l'objectif du Plu de garder " un aspect rural de village " n'est pas fondé ;

- et si le règlement de la zone UB (qui a unifié les zones UG et UH du POS) laisse désormais le choix au constructeur entre une implantation à l'alignement ou " en retrait d'au moins 2 mètres par rapport à l'alignement ", ce n'est pas critiquable ;

- le moyen tiré de ce que la possibilité de créer des toitures terrasses en zone UB sur l'intégralité, désormais, de l'emprise de la construction serait en contradiction avec l'objectif affiché de préserver " l'aspect rural du village " n'est pas fondé :

- le moyen tiré de ce que l'instauration au Plu d'un CES de 0,10 et 0.15 en zone UC pour les deux secteurs Favreuse et des Caves qui conduirait, selon M. A, à une augmentation massive de la surface constructible, contraire aux prescriptions du Plu et non justifiée dans les documents, pas plus que la différence de traitement entre les deux secteurs n'est pas fondé ;

- le moyen tiré de ce que le classement systématique des parcelles boisées en EBC, outre qu'il complique la production de logements sociaux (en particulier sur la zone de l'abbaye) n'est pas justifié et que la méthode retenue pour procéder à ce classement n'est pas davantage exposée, ce qui constitue une erreur manifeste d'appréciation n'est pas fondé :

- le moyen tiré de ce que certains terrains bâtis " hors de la zone urbaine ", en particulier au sommet du coteau Nord, et classés en zone N devraient " être classés dans une zone spécifique et bénéficier de règles d'urbanisme adaptées et équitables " n'est pas assorti des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé ;

En ce qui concerne la délibération du 21 octobre 2019 :

- la circonstance que le préfet dans son recours gracieux ait sollicité le déclassement de trois parcelles sans préciser lesquelles alors que la délibération litigieuse en déclasse quatre est sans incidence sur la légalité de celle-ci ;

- s'agissant du reclassement illégal en secteur Na des parcelles AH 64, AH 93, AH 95 et AH 96 au détriment de la zone UB, à la suite de la délibération litigieuse, sur demande du préfet, la commune acquiesce aux faits ;

- la modification des EBC sur le coteau Nord n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Kanté, première conseillère,

- les conclusions de Mme Mathou, rapporteure publique,

- les observations de M. A et Me Massaguer, représentant la commune de Vauhallan.

Considérant ce qui suit :

1. M. Levrat, conseiller municipal de Vauhallan demande l'annulation de la délibération du 26 juin 2019 par laquelle le conseil municipal de Vauhallan a approuvé son plan local d'urbanisme de la commune et de la délibération du 21 octobre 2019 approuvant les modifications du plan local d'urbanisme.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la délibération du 26 juin 2019 :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 153-19 du code de l'urbanisme, " Le projet de plan local d'urbanisme arrêté est soumis à enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement par le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou le maire.". Et aux termes de l'article L. 123-15 du code de l'environnement : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête rend son rapport et ses conclusions motivées dans un délai de trente jours à compter de la fin de l'enquête. () Le rapport doit faire état des observations et propositions qui ont été produites pendant la durée de l'enquête ainsi que des réponses éventuelles du maître d'ouvrage. () ". Aux termes de l'article R. 123-19 de ce code : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet () ".

3. Il résulte de ces dispositions que la mission du commissaire-enquêteur consiste à établir un rapport adressé au maire relatant le déroulement de l'enquête et examinant les observations recueillies et à consigner, dans un document séparé, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables ou non au projet. En outre, si les dispositions précitées n'imposent pas au commissaire enquêteur de répondre à chacune des observations présentées lors de l'enquête publique, elles l'obligent à indiquer, au moins sommairement, en donnant son avis personnel, les raisons qui déterminent le sens de cet avis.

4. En l'espèce, la circonstance que le commissaire enquêteur n'aurait pas répondu aux observations formulées, dès lors que, pour nombre d'entre elles, ce qui est avéré, il aurait adhéré aux réponses de la commune ou " pris acte " de ses réponses, n'est pas de nature à entacher son rapport d'irrégularité, aucune disposition n'imposant au commissaire de répondre précisément ou de prendre position sur chacune des observations. En outre, les observations du public et réponses de la commune, recensées au point 14 du rapport, dont le commissaire enquêteur s'est borné à "prendre acte ", ont cependant été globalement analysées par celui-ci au point 14.4 de son rapport, exprimant ainsi au travers de ses observations, parfois avec maladresse, son avis personnel et motivé. Pareillement, les raisons pour lesquelles il a émis un avis favorable, trois réserves et quelques recommandations sont bien exposées dans ses conclusions, lesquelles ont fait l'objet d'une présentation séparée, conformément aux dispositions précitées, et sont suffisamment motivées. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis et des conclusions du commissaire-enquêteur doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement.". Et aux termes de l'article R. 151-2 du même code : " Le rapport de présentation comporte les justifications de : 1° La cohérence des orientations d'aménagement et de programmation avec les orientations et objectifs du projet d'aménagement et de développement durables ; 2° La nécessité des dispositions édictées par le règlement pour la mise en œuvre du projet d'aménagement et de développement durables et des différences qu'elles comportent, notamment selon qu'elles s'appliquent à des constructions existantes ou nouvelles ou selon la dimension des constructions ou selon les destinations et les sous-destinations de constructions dans une même zone ; 3° La complémentarité de ces dispositions avec les orientations d'aménagement et de programmation mentionnées à l'article L. 151-6 ; 4° La délimitation des zones prévues par l'article L. 151-9 ; 5° L'institution des zones urbaines prévues par l'article R. 151-19, des zones urbaines ou zones à urbaniser prévues par le deuxième alinéa de l'article R. 151-20 lorsque leurs conditions d'aménagement ne font pas l'objet de dispositions réglementaires ainsi que celle des servitudes prévues par le 5° de l'article L. 151-41 ; 6° Toute autre disposition du plan local d'urbanisme pour laquelle une obligation de justification particulière est prévue par le présent titre. Ces justifications sont regroupées dans le rapport. ".

6. S'il résulte des dispositions précitées que le rapport de présentation du Plu doit expliquer les choix retenus pour le règlement et notamment faire apparaître le choix de la délimitation des zones, en vertu de l'article R. 151-2 du code de l'urbanisme, il n'entre toutefois pas dans les obligations de la commune de justifier de ces choix parcelle par parcelle ni d'expliquer les motifs de chaque disposition du règlement.

7. En l'espèce, le rapport de présentation comporte une partie dédiée à la justification des choix retenus pour établir le règlement du Plu qui précise que la commune de Vauhallan s'articule autour de trois secteurs distincts, dont une zone urbaine centrale dans la vallée, un secteur agricole occupant essentiellement les plateaux (Saclay et Favreuse) et, à la frontière de ces deux secteurs, un ensemble d'espaces boisés et d'espaces naturels, bien souvent classés qui structurent fortement le paysage. C'est à partir de cette structure géographique particulière qu'ont été définies les différentes zones du Plu, U (espaces urbanisés et équipés aptes à recevoir de nouvelles constructions), A (réservées à l'agriculture, pour la plupart incluses dans la ZPNAF) et N, ainsi que le règlement littéral et graphique. Dans cette partie du rapport de représentation, la commune justifie notamment la délimitation des zones. Elle précise s'agissant de la zone UB qui correspond aux zones pavillonnaires de moyenne densité, l'évolution par rapport au POS (anciennes zones UG et UH), notamment du coefficient d'emprise au sol (CES) fixé à 30%, en cohérence avec le PADD, plus particulièrement son enjeu n°3 " Développer et varier l'offre de logements et soutenir le développement économique". Et la commune n'était pas tenue, eu égard aux dispositions précitées (qui restent générales), d'indiquer de manière précise et détaillée la raison pour laquelle elle a institué une zone UB au CES unique en lieu et place de plusieurs zones comprenant des COS différents. En ce qui concerne les toitures-terrasses, le rapport de présentation précise qu'elles sont autorisées dans toutes les zones U afin de favoriser une diversité architecturale et sous condition d'une insertion possible dans le paysage. Si la suppression de l'obligation de reculement sur une grande partie de la commune n'est pas directement évoquée dans le rapport de présentation, les choix retenus en matière d'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques y figurent, notamment pour limiter l'impact des nouvelles constructions sur le voisinage et empêcher la création de nouvelles parcelles de taille très réduite, et sont suffisamment expliqués. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que les choix retenus par la commune pour établir le règlement de son Plu seraient insuffisamment motivés, eu égard aux dispositions précitées.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles ".

9. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est pas démontré que la circonstance que le Plu ne compte plus qu'une zone, la zone UB (qui a unifié les zones UG et UH du POS) avec un coefficient d'emprise au sol (CES) uniforme, au lieu de 13 zones sous l'empire de l'ancien POS rendrait le PLU illégal ou incompatible avec le SDRIF qui recommande pour Vauhallan une densification minimale de 10%. Et il n'est pas davantage démontré que la densification dans la zone unique UB serait déraisonnable. Il en va de même de la suppression dans le Plu approuvé des marges de recul de 4 ou 6 mètres par rapport à l'emprise publique (sous l'empire de l'ancien POS) ainsi que de la possibilité de construire des toits terrasses dans toute la zone UB alors qu'elle était limitée à 10% de la construction sous l'empire du POS. Outre que la commune n'est pas tenue de reprendre les dispositions des documents d'urbanisme précédemment en vigueur, elle conserve la possibilité, en présence d'une séquence urbaine de qualité de refuser ou d'assortir un permis de construire de prescriptions spéciales sur le fondement de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies ou des plantations d'alignements ". Et aux termes de l'article L. 113-2 du même code : " Le classement interdit tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements. Nonobstant toutes dispositions contraires, il entraîne le rejet de plein droit de la demande d'autorisation de défrichement prévue au chapitre Ier du titre IV du livre III du code forestier ".

11. En l'espèce, en matière d'espace boisé classé (EBC), le rapport de présentation du Plu précise que cette protection très forte n'est utilisée que dans les cas où les terrains sont effectivement boisés après vérification sur photographie aérienne et sur le terrain. Ce qui n'implique pas, contrairement à ce que soutient le requérant, un classement systématique des parcelles boisées en EBC. Le parti retenu par la commune est ainsi, en la matière, suffisamment exposé et justifié. Enfin, dans le secteur de l'Abbaye, la ville a déclassé une partie des EBC situés sur les jardins de Cocagne et a substitué à l'Est des " espaces verts évolutifs ", ainsi qu'il ressort du rapport de présentation. Il n'est, dès lors, pas davantage démontré que la présence d'EBC compliquerait la production de logements sociaux dans ce secteur.

12. En cinquième et dernier lieu, le moyen tiré de ce que certains terrains bâtis " hors de la zone urbaine ", en particulier au sommet du coteau Nord, et classés en zone N devraient " être classés dans une zone spécifique et bénéficier de règles d'urbanisme adaptées et équitables ", n'est pas assorti des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé, le requérant n'identifiant pas précisément les parcelles ou terrains bâtis en cause.

En ce qui concerne la délibération du 21 octobre 2019 :

13. En premier lieu, la circonstance que le recours gracieux du préfet du 27 août 2019 serait vicié dès lors que celui-ci demande le déclassement de 3 parcelles sans préciser lesquelles, est sans incidence sur la légalité de la délibération attaquée.

14. En deuxième lieu, par les moyens qu'il invoque en l'espèce, M. A n'établit pas que le classement en zone Na des parcelles AH 64, AH 93 AH 95 et AH 96, serait entaché d'erreur manifeste.

15. En troisième lieu, les terrains classés en zone Na (inconstructible) auxquels se réfère le requérant, situés sur le coteau Nord de la commune, font partie d'un secteur particulièrement sensible de la ville, cumulant des protections liées à leur sensibilité environnementale et paysagère. Ces coteaux sont à la fois classés dans la ZPNAF, inclus dans le site de la Bièvre et dans les ENS du département. Ils sont, de plus, reconnus au SDRIF et au SRCE comme des réservoirs de biodiversité et font par ailleurs partie intégrante d'un massif plus large qui se poursuit au Nord vers les territoires d'Igny et de Bièvres. Si les photographies aériennes des lieux permettent de constater que malgré le caractère massivement arboré des parcelles des coteaux Nord classées en zone Na, certaines d'entre elles, visées globalement par M. A, sont construites, et seulement partiellement boisées, ce dernier n'identifie cependant pas précisément ces parcelles. Dans ces conditions, il ne met pas le tribunal en mesure d'apprécier en quoi le choix de conserver en EBC ces parcelles partiellement boisées sur lesquelles sont édifiées des constructions serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation, faute d'identification desdites parcelles.

16. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

17. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme que demande la commune de Vauhallan au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Vauhallan présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Vauhallan.

Copie en sera adressée à la communauté d'agglomération de Paris Saclay.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Descours-Gatin, présidente,

M. Fraisseix, premier conseiller,

Mme Kanté, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2022.

La rapporteure,

signé

C. Kanté

La présidente,

signé

Ch. Descours-Gatin

La greffière,

signé

B. Bartyzel

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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