mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2001098 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SALGADO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 février 2020, M. E C et M. D A B, représentés par Me Salgado, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 août 2019 par lequel le maire de la commune de Coignières a prononcé un sursis à statuer sur leur demande de permis de construire et la décision implicite par laquelle leur recours gracieux a été rejeté ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Coignières de procéder au réexamen de leur demande de permis de construire, à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Coignières la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence dès lors qu'il ne comporte pas en annexe l'avis conforme du préfet saisi en application des dispositions de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme ni l'arrêté portant délégation de signature ;
- il doit être annulé du fait que le plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Coignières est lui-même entaché d'illégalité ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation dès lors que la réalisation de leur projet ne compromet pas la réalisation du PLU ni ne la rend plus onéreuse ; l'emplacement réservé en cause ne porte que sur une partie de la parcelle d'assiette de leur projet ;
- cette décision repose sur des considérations discriminatoires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2021, la commune de Coignières, représenté par Me Capiaux, conclut au rejet des conclusions de la requête et à ce que la somme de 1 800 euros soit mise à la charge des requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 17 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 juillet 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maljevic, conseiller,
- les conclusions de M. Fraisseix, rapporteur public,
- et les observations de Me Bernard-Chatelot pour la commune de Coignières.
Considérant ce qui suit :
1. M. E C et M. D A B ont déposé une demande de permis de construire en vue de réaliser deux constructions à usage d'activité commerciale et d'une station-service de lavage. Par un arrêté du 8 août 2019, le maire de la commune de Coignières a sursis à statuer sur leur demande. Par des courriers des 4 et 5 octobre 2019, M. C et M. A B ont formé un recours gracieux contre cet arrêté. Le silence gardé par le maire sur ces demandes a fait naitre des décisions implicites de rejet. Par la présente requête, ils demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 août 2019 et la décision implicite par laquelle leur recours gracieux a été rejeté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme : " Lorsque le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu () ". Aux termes de l'article R. 423-59 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 752-4, L. 752-14 et L. 752-17 du code de commerce et des exceptions prévues aux articles R*423-60 à R*423-71-1, les collectivités territoriales, services, autorités ou commissions qui n'ont pas fait parvenir à l'autorité compétente leur réponse motivée dans le délai d'un mois à compter de la réception de la demande d'avis sont réputés avoir émis un avis favorable ".
3. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 12 mars 2019, notifié le 14 mars suivant, le maire de la commune de Coignières a saisi le préfet des Yvelines d'une demande d'avis sur le fondement des dispositions de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme. Le silence gardé par le préfet sur cette demande a fait naitre un avis tacite favorable le 14 avril 2019 conformément à l'article R. 423-59. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué serait entaché d'incompétence au motif qu'aucun avis du préfet n'y aurait été joint, alors qu'il résulte de ce qui précède qu'il présentait, en l'espèce, un caractère tacite. Enfin, il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire que devrait figurer en annexe de la décision attaquée un arrêté portant délégation de signature. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté dans toutes ses branches.
4. En deuxième lieu, si les requérants soutiennent que l'arrêté attaqué devrait être annulé du fait que le PLU de la commune de Coignières est lui-même entaché d'illégalité, ils ne précisent pas quelles dispositions du règlement du PLU seraient illégales. Par suite, le moyen est dépourvu des précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis (). / Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus au 6° de l'article L. 102-13 et aux articles L. 121-22-3, L. 121-22-7, L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement () ". Aux termes de l'article L. 153-11 du même code : " L'autorité compétente mentionnée à l'article L. 153-8 prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme et précise les objectifs poursuivis et les modalités de concertation, conformément à l'article L. 103-3. () / L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ".
6. Aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : 1° Des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques () ".
7. Pour opposer un sursis à statuer à la demande de permis de construire des requérants, le maire de la commune de Coignières a retenu que le projet litigieux comportait des bâtiments, des aménagements de stationnement et des clôtures situés sur l'emplacement réservé n° 2, prévu par le projet de plan local d'urbanisme en cours d'adoption, et en empêcheraient la mise en œuvre. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du plan de masse, que 10 des 20 places de stationnement prévues pour la construction du bâtiment commercial projeté ainsi que l'un des accès au projet étaient situées sur l'emprise de cet emplacement réservé n° 2, qui était d'ores et déjà prévu par le règlement du projet de PLU adopté par délibération du conseil communautaire du 19 décembre 2019, soit quelques mois après la décision attaquée, et destiné à la création d'une contrallée le long de la route nationale 10. Ces places de stationnement et cet accès font partie intégrante du projet en litige et sont nécessaires pour que la construction soit régulièrement édifiée. La circonstance que les pétitionnaires auraient, dans une nouvelle demande de permis de construire postérieure à la demande ayant donné lieu à la décision attaquée, apporté des modifications à leur projet afin de tenir compte de l'emplacement réservé n° 2, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Dès lors, le maire de la commune de Coignières pouvait, sans entacher son arrêté d'erreur d'appréciation, estimer que le projet des requérants était de nature à compromettre l'exécution du future plan et, par suite, opposer un sursis à statuer à la demande de permis de construire litigieuse.
8. En dernier lieu, si les requérants soutiennent qu'ils font l'objet d'une discrimination raciale de différents responsables de la mairie de Coignières et que cette discrimination est en relation directe avec l'arrêté attaqué, ils n'apportent aucun élément ou précision suffisante de nature à étayer leur allégation alors qu'il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que la demande de permis de construire déposée par les requérants pouvait régulièrement faire l'objet du sursis à statuer litigieux.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 8 août 2019 par lequel le maire de la commune de Coignières a prononcé un sursis à statuer sur leur demande de permis de construire, ni la décision implicite par laquelle leur recours gracieux a été rejetée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que, au titre des frais exposés par les requérants, une somme soit mise à la charge de la commune de Coignières dès lors que celle-ci n'est pas partie perdante dans la présente instance. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants une somme globale de 1 500 euros à verser à la commune de Coignières au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. C et M. A B est rejetée.
Article 2 : M. C et M. A B verseront une somme globale de 1 500 euros à la commune de Coignières en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et M. D A B et à la commune de Coignières.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Benoit, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
Le rapporteur,
signé
S. Maljevic
La présidente,
signé
N. Boukheloua
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026