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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2002393

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2002393

lundi 18 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2002393
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation2ème chambre
Avocat requérantARVIS

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et un mémoire enregistrés les 1er avril 2020 et 6 septembre 2021, sous le n° 2002393, Mme E B D, représentée par Me Hubert, puis par Me Arvis, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 4 février 2020 par laquelle l'adjoint au maire de la commune de Vernouillet en charge des ressources humaines a rejeté sa demande tendant à être réaffectée sur un emploi vacant de son grade et à l'édiction d'un arrêté en ce sens, et, ce faisant, l'a implicitement placée en surnombre à compter du 1er février 2020 ;

2°) d'annuler, en tant que de besoin, l'arrêté du 27 janvier 2020 par lequel le maire de la commune de Vernouillet a mis fin à son détachement sur l'emploi fonctionnel de directrice générale des services, en tant que cet arrêté n'a pas procédé à sa réintégration effective sur un emploi conforme à son grade ;

3°) d'enjoindre à la commune de Vernouillet de l'affecter sur un poste correspondant à son grade dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Vernouillet une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée, dès lors qu'elle a été privée du bénéfice d'une affectation concrète sur un emploi vacant correspondant à son grade et qu'elle a ainsi implicitement mais nécessairement été placée en surnombre, de façon irrégulière, de sorte que la décision ne constitue pas une mesure d'ordre intérieur ; en outre, la décision du 4 février 2020 est discriminatoire car liée à son état de santé, celle-ci exposant que l'absence d'affectation concrète est liée à la position de congé de longue maladie dans laquelle elle se trouve ;

- la décision du 4 février 2020 est entachée d'incompétence ;

- cette décision et l'arrêté du 27 janvier 2020 ne répondent pas aux exigences de motivation prescrites par les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- les décisions attaquées sont entachées d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles 53, 67 et 97 de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984, son placement en congé de maladie à la fin de son détachement ne faisant pas obstacle à ce qu'elle soit affectée sur un emploi vacant correspondant à son grade, ainsi qu'elle en a fait la demande ; en outre, la commune ne peut se borner à faire valoir qu'elle aurait été affectée sur un tel emploi en l'absence de toute décision expresse d'affectation et de toute précision sur le poste ; la fiche afférente au poste de responsable des marchés publics produite en défense dans le cadre de la présente instance, pour les besoins de la cause, et qui ne lui a jamais été transmise, ne justifie pas de son affectation sur ce poste ;

- le refus de l'affecter sur un poste concret est fondé sur son état de santé et est donc empreint d'une discrimination, contraire à l'article 6 de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 avril 2021, la commune de Vernouillet, représentée par la SELARL BVK Avocats Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B D la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir de la requérante, qui est réintégrée sur un emploi conforme à son grade ; en outre, la décision ne lui fait pas grief dès lors qu'elle se trouvait en congé de longue durée ;

- à titre subsidiaire, les moyens sont inopérants et infondés.

L'instruction a été close au 15 novembre 2021.

II. Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 juillet 2020 et 17 août 2021, sous le n° 2004743, Mme E B D, représentée par Me Hubert, puis par Me Arvis, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 mars 2020 par lequel le maire de la commune de Vernouillet a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont elle a été victime sur son lieu de travail le 26 août 2019, ensemble la décision du 25 mai 2020 rejetant le recours gracieux formé contre cet arrêté le 10 avril 2020 ;

2°) d'enjoindre à la commune de Vernouillet de prendre une décision reconnaissant l'imputabilité au service de l'accident survenu le 26 août 2019 et des congés de maladie pris en conséquence, ou à tout le moins de réexaminer sa demande, dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Vernouillet une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;

- elles ne répondent pas aux exigences de motivation prescrites par les articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elles sont irrégulières dès lors que l'avis de la commission de réforme a été émis sans que le médecin de prévention ait remis son rapport écrit, ainsi que l'exige l'article 16 du décret du 30 juillet 1987 ;

- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation et d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article 57 de la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 dès lors que l'accident dont elle a été victime est imputable au service.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 août 2021, la commune de Vernouillet, représenté par la SELARL BVK Avocats Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B D la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens ne sont pas fondés et que la requérante ne peut se prévaloir de la présomption d'imputabilité instaurée à l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983.

L'instruction a été close au 15 octobre 2021.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de Mme Ozenne, rapporteure publique,

- et les observations de Me Bourgeois, représentant Mme B D, et celles de Me Gérard, représentant la commune de Vernouillet.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E B D, attachée territoriale, a été recrutée par la commune de Vernouillet le 16 juillet 2018 pour y occuper l'emploi de directrice générale des services. Elle a été placée en congé de maladie à compter du 24 janvier 2019. Le 26 août 2019, alors qu'elle était en congé de maladie, Mme B D a été convoquée à un entretien organisé dans le cadre de la procédure engagée par la commune pour mettre fin à son détachement. Elle a été victime d'un malaise à l'issue de cet entretien. Les services de secours ont été sollicités et Mme B D a été transportée au service des urgences. Elle a déclaré un accident de service le 5 septembre 2019.

2. Par un arrêté du 27 janvier 2020, le maire de la commune de Vernouillet a mis fin au détachement de Mme B D sur l'emploi de directrice générale des services à compter du 1er février 2020 et l'a réintégrée dans le cadre d'emploi des attachés territoriaux. Par décision du 4 février 2020, l'autorité territoriale a rejeté la demande de Mme B D tendant à ce que ses fonctions et le régime indemnitaire qui lui est attribué soient formalisés dans le cadre d'un arrêté, précisant que ces éléments seraient évoqués à son retour du congé de longue maladie dans lequel elle était placée.

3. Par un arrêté du 9 mars 2020, le maire de la commune de Vernouillet a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident déclarée par Mme B D et, par décision du 25 mai 2020, a rejeté le recours gracieux formé par cette dernière le 10 avril 2020.

4. Par la requête enregistrée sous le n° 2002393, Mme B D demande au tribunal d'annuler la décision du 4 février 2020 par laquelle l'adjoint au maire de la commune de Vernouillet en charge des ressources humaines a rejeté sa demande tendant à être réaffectée sur un emploi vacant de son grade et à l'édiction d'un arrêté en ce sens, et, ce faisant, l'aurait, d'après elle, implicitement placée en surnombre à compter du 1er février 2020. Elle demande également l'annulation de l'arrêté du 27 janvier 2020 par lequel le maire de la commune de Vernouillet a mis fin à son détachement sur l'emploi fonctionnel de directrice générale des services, en tant que cet arrêté n'a pas procédé à sa réintégration effective sur un emploi conforme à son grade.

5. Par la requête enregistrée sous le n° 2004743, Mme B D demande l'annulation de l'arrêté du 9 mars 2020 par lequel le maire de la commune de Vernouillet a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident dont elle a été victime sur son lieu de travail le 26 août 2019, ainsi que de la décision du 25 mai 2020 rejetant le recours gracieux qu'elle a formé contre cet arrêté.

Sur la jonction des requêtes :

6. Les requêtes susvisées n° 2002393 et n° 2004743 présentées par Mme B D concernent sa situation administrative et ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions dirigées contre les décisions des 27 janvier et 4 février 2020 en tant que celles-ci refusent d'affecter Mme B D sur un poste à l'issue de son détachement :

7. Aux termes de l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsqu'il est mis fin au détachement d'un fonctionnaire occupant un emploi fonctionnel mentionné aux alinéas ci-dessous et que la collectivité ou l'établissement ne peut lui offrir un emploi correspondant à son grade, celui-ci peut demander à la collectivité ou l'établissement dans lequel il occupait l'emploi fonctionnel soit à être reclassé dans les conditions prévues aux articles 97 et 97 bis, soit à bénéficier, de droit, du congé spécial mentionné à l'article 99, soit à percevoir une indemnité de licenciement dans les conditions prévues à l'article 98. / Ces dispositions s'appliquent aux emplois : / () de directeur général des services, de directeur général adjoint des services des communes de plus de 2 000 habitants (). / () La fin des fonctions des agents mentionnés aux troisième à huitième alinéas du présent article est précédée d'un entretien de l'autorité territoriale avec les intéressés et fait l'objet d'une information de l'assemblée délibérante et du Centre national de la fonction publique territoriale ou du centre de gestion ; la fin des fonctions de ces agents prend effet le premier jour du troisième mois suivant l'information de l'assemblée délibérante () ". Aux termes de l'article 67 de la même loi, dans sa rédaction applicable au litige : " () A l'expiration d'un détachement de longue durée, le fonctionnaire est () réintégré dans son corps ou cadre d'emplois et réaffecté à la première vacance ou création d'emploi dans un emploi correspondant à son grade relevant de sa collectivité ou de son établissement d'origine. () / Lorsqu'aucun emploi n'est vacant, le fonctionnaire est maintenu en surnombre pendant un an dans sa collectivité d'origine dans les conditions prévues à l'article 97. Si, au terme de ce délai, il ne peut être réintégré et reclassé dans un emploi correspondant à son grade, le fonctionnaire est pris en charge dans les conditions prévues à l'article 97 soit par le Centre national de la fonction publique territoriale pour les fonctionnaires relevant des cadres d'emplois de la catégorie A mentionnés à l'article 45 et les ingénieurs territoriaux en chef, soit par le centre de gestion dans le ressort duquel se trouve la collectivité ou l'établissement qui les employait antérieurement à leur détachement pour les autres fonctionnaires. Le fonctionnaire a priorité pour être affecté dans un emploi correspondant à son grade de la collectivité ou de l'établissement d'origine. / Le fonctionnaire détaché qui est remis à la disposition de sa collectivité ou de son établissement d'origine avant l'expiration normale de la période de détachement pour une cause autre qu'une faute commise dans l'exercice de ses fonctions et qui ne peut être réintégré dans son corps ou cadre d'emplois d'origine faute d'emploi vacant continue d'être rémunéré par l'organisme de détachement au plus tard jusqu'à la date à laquelle le détachement devait prendre fin () ".

8. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'il est mis fin au détachement d'un fonctionnaire territorial sur un emploi fonctionnel mentionné à l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984, à l'initiative de la collectivité ou de l'établissement au sein de laquelle ou duquel il est détaché sur un tel emploi, que cette fin de fonctions intervienne avant le terme normal du détachement ou résulte du non-renouvellement de celui-ci, ce fonctionnaire est en principe réintégré dans son corps ou cadre d'emplois et réaffecté à la première vacance ou création d'emploi dans un emploi correspondant à son grade relevant de sa collectivité ou de son établissement d'origine. Si sa collectivité ou son établissement d'origine n'est pas en mesure, à la date à laquelle la fin du détachement prend effet, de le réaffecter sur un tel emploi, le fonctionnaire est en droit, dans les conditions prévues par l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984, de demander à la collectivité ou à l'établissement dans lequel il occupait l'emploi fonctionnel de bénéficier d'un reclassement, d'un congé spécial ou d'une indemnité de licenciement.

9. Dans le cas où le fonctionnaire territorial est détaché sur un emploi fonctionnel relevant de sa collectivité ou de son établissement d'origine, il appartient à celle-là ou à celui-ci, pour mettre en œuvre l'obligation de réintégration qui lui incombe en principe, de prendre en compte, sous réserve des nécessités du service, les emplois vacants à la date à laquelle cette collectivité ou cet établissement informe son organe délibérant, en application de l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984, de la fin du détachement, ainsi que ceux qui deviennent vacants ultérieurement. Dans le cas où le fonctionnaire territorial est détaché sur un emploi fonctionnel ne relevant pas de sa collectivité ou de son établissement d'origine, il appartient à celle-là ou à celui-ci, pour mettre en œuvre l'obligation de réintégration qui lui incombe en principe, de prendre en compte, sous réserve des nécessités du service, les postes vacants à la date où cette collectivité ou cet établissement est informé de la fin du détachement, ainsi que ceux qui deviennent vacants ultérieurement.

10. En l'espèce, la décision attaquée du 4 février 2020 refuse, d'une part, et de façon explicite, la formalisation par arrêté des fonctions confiées à Mme B D suite à sa réintégration dans le cadre d'emplois des attachés territoriaux, prononcée par l'arrêté du 27 janvier 2020, et, d'autre part, l'attribution du régime indemnitaire. Cette décision est motivée par la position de congé de longue maladie dans laquelle se trouvait alors l'intéressée, une demande de prolongation dans le cadre d'un congé de longue durée étant en outre en cours d'instruction. Il ressort par ailleurs des motifs de l'arrêté du 27 janvier 2020 qu'au terme du détachement de l'intéressée sur l'emploi fonctionnel de directrice générale des services, un emploi correspondant à son grade était vacant. La commune fait valoir, en défense, que Mme B D a bien été réintégrée sur un emploi vacant correspondant à son grade. Elle se prévaut à cet effet des indications figurant aux tableaux des effectifs respectivement établis en novembre 2019 et en juin 2020, dont il ressort, d'une part, qu'un emploi d'attaché était vacant en 2019 et, qu'au contraire, aucun emploi d'attaché était vacant en juin 2020. Toutefois, la comparaison des deux tableaux ne permet pas, à elle seule, d'établir que Mme B D a été réintégrée sur un emploi précis. Par ailleurs, la fiche du poste de responsable des marchés publics de la commune, produite en défense, ne saurait davantage établir l'affectation de Mme B D sur ce poste, la commune précisant d'ailleurs que cette fiche de poste avait vocation à être remise à l'intéressée au terme de son congé de maladie. Enfin, il est constant qu'aucune mesure n'est intervenue pour procéder à la nomination de Mme B D sur l'un des emplois de la collectivité. Dès lors, il n'est pas établi que Mme B D a bénéficié, lors de sa réintégration au terme de son détachement, d'une affectation effective dans un emploi correspondant à son grade. Le motif initialement opposé par la commune, qui tient, non à l'absence de poste vacant, mais au placement de l'intéressée en congé de longue maladie, ne saurait justifier l'absence d'affectation dans un emploi. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que la décision du 4 février 2020 procède d'une inexacte application des dispositions précitées des articles 53 et 67 de la loi du 26 janvier 1984, de même que l'arrêté du 27 janvier 2020 en tant qu'il se borne à la réintégrer dans son cadre d'emplois, sans l'affecter sur un emploi précis, et alors qu'il est constant qu'aucune mesure distincte n'a été concomitamment prise aux fins de préciser cette affectation.

11. Il résulte de ce qui vient d'être dit que, d'une part, la commune n'est pas fondée à soutenir que la requérante aurait été réintégrée sur un emploi conforme à son grade. D'autre part, l'absence d'affectation sur un emploi au terme d'un détachement fonctionnel a privé l'intéressée de l'une de ses prérogatives statutaires. Dès lors, en ce qu'elles refusent de l'affecter sur un emploi précis, les décisions des 27 janvier et 4 février 2020 font grief à la requérante, nonobstant la circonstance que celle-ci se trouvait en congé de longue durée à la date à laquelle ces décisions ont été prises et la fin de non-recevoir opposée, à cet égard, par la commune, tirée de l'absence d'intérêt à agir de la requérante, doit être écartée.

12. Mme B D est, par suite, fondée à demander l'annulation de la décision du 4 février 2020, ainsi que de l'arrêté du 27 janvier 2020 en tant qu'il se borne à la réintégrer dans son cadre d'emplois, sans l'affecter sur un emploi précis, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête n° 2002393 développés à l'encontre de ces décisions.

Sur les conclusions dirigées contre les décisions des 9 mars 2020 et 25 mai 2020 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 26 août 2019 :

13. Il ressort des termes de l'arrêté du 18 septembre 2019 du maire de la commune de Vernouillet, que celui-ci a consenti à M. A de Montgolfier, 6ème adjoint au maire, en charge des ressources humaines, de la qualité des services et du guichet unique, délégation de fonction et de signature concernant les actes individuels pris pour : " - Préparer, organiser et annoncer le recrutement du personnel ; / - Valider les conditions de mobilité interne et externe des agents territoriaux et signer les arrêtés en découlant ; / - Valider les conditions et modalités d'avancement de carrière des agents territoriaux ; / - Organiser et suivre les modalités d'attribution et de versement du régime indemnitaire ; / - Préparer et mettre en œuvre toutes les mesures disciplinaires et signer tous les arrêtés et documents en découlant ; / - Préparer et mettre en œuvre toutes les mesures relatives aux licenciements et signer tous les arrêtés et documents en découlant ; / - Préparer et mettre en œuvre toutes les mesures relatives à la qualité des services ; / - Suivi et accompagnement du Guichet Unique ; / - Représentant de la commune auprès des instances liées aux compétences déléguées ; / - Être en lien, en concertation avec le Maire-adjoint chargé des Finances, NTIC et Vie associative, avec les associations des domaines délégués ; / - Signer les courriers relevant des domaines délégués ; / - Signer les engagements de dépenses et bons de commande relevant des domaines délégués jusqu'à 4 000 HT ; / - Assurer la Vice-présidence des commissions et comités consultatifs des domaines délégués ". Aucun des domaines visés par la délégation de signature et de fonction consentie à M. A de Montgolfier ne peut être regardé comme comportant l'octroi ou le refus des congés de maladie des agents de la commune, en particulier ceux imputables au service. Dès lors, l'arrêté du 9 mars 2020 et la décision du 25 mai 2020 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident déclaré par Mme B D suite à son entretien du 26 août 2019 ne peuvent être regardés comme émanant d'une autorité disposant, pour ce faire, d'une délégation de signature ou de compétence et le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ces décisions doit être accueilli. Mme B D est ainsi fondée à en demander, pour ce motif, l'annulation, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête développés contre cette décision.

Sur les conclusions en injonction :

14. D'une part, eu égard au motif d'annulation énoncé au point 10 ci-dessus, le présent jugement implique nécessairement que la commune de Vernouillet prononce l'affectation de Mme B D sur un emploi vacant correspondant à son grade et que celle-ci procède à la reconstitution de sa carrière à compter de la prise d'effet de sa réintégration dans le cadre d'emplois des attachés territoriaux au terme de son détachement sur un emploi fonctionnel. Il y a lieu d'enjoindre à la commune de procéder à ces mesures d'exécution dans un délai de trois mois suivant la notification du présent jugement.

15. D'autre part, eu égard au motif d'annulation énoncé au point 13 ci-dessus, le présent jugement n'implique pas nécessairement que la commune de Vernouillet reconnaisse l'imputabilité au service de l'accident déclaré par la requérante suite à l'entretien du 26 août 2019. Il implique, en revanche, qu'il soit procédé à un nouvel examen de la demande de l'intéressée, par l'autorité compétente à cet effet. Il y a lieu d'enjoindre à la commune d'y procéder, dans un délai de trois mois suivant la notification du présent jugement.

Sur les frais des instances :

16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Vernouillet une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce que Mme B D, qui n'est pas la partie perdante, soit condamnée à verser à la commune de Vernouillet la somme qu'elle demande à ce titre.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 4 février 2020, et l'arrêté du 27 janvier 2020 en tant qu'il refuse d'affecter Mme B D sur un emploi d'attaché correspondant à son grade à l'issue de son détachement, ainsi que les décisions des 9 mars 2020 et 25 mai 2020 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident déclaré par Mme B D suite à son entretien du 26 août 2019 sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint à la commune de Vernouillet, d'une part, de procéder à un nouvel examen de la demande de Mme B D tendant à la reconnaissance d'un accident de service suite à l'entretien du 26 août 2019, d'autre part, de prononcer son affectation sur un emploi vacant correspondant à son grade, et enfin de procéder à la reconstitution de sa carrière à compter de la prise d'effet de sa réintégration dans le cadre d'emplois des attachés territoriaux au terme de son détachement sur un emploi fonctionnel. L'ensemble de ces mesures d'exécution devra intervenir dans un délai de trois mois suivant la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune de Vernouillet versera à Mme B D une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B D et à la commune de Vernouillet.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Le Gars, président,

- Mme Milon, première conseillère,

- Mme Lutz, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.

La rapporteure,

signé

A. C

Le président,

signé

J. Le Gars

La greffière,

signé

L. Segrétain

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°s 2002393 et 2004743

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