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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2002466

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2002466

lundi 18 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2002466
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation2ème chambre
Avocat requérantCABINET HUGLO LEPAGE AVOCATS SAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 7 avril 2020 et 21 mai 2021, M. C B, représenté par Me Lepage, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du président de l'université Paris-Saclay entérinant le vote du conseil académique, réuni en formation restreinte le 20 juin 2019, portant sur la promotion à la hors-classe du corps des maîtres de conférences, ensemble la décision rejetant implicitement le recours gracieux qu'il a formé contre cette décision le 11 décembre 2019 ;

2°) d'enjoindre à l'université Paris-Saclay de réexaminer sa demande d'avancement ;

3°) de mettre à la charge de l'université Paris-Saclay une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision attaquée est irrégulière dès lors qu'en dépit du précédent jugement rendu par le tribunal le 28 janvier 2019, l'université n'a pas rendu publics les critères d'examen des candidatures à l'avancement de classe des enseignants-chercheurs ;

- cette décision est illégale dès lors que l'université n'a pas rendu publique la liste des enseignants-chercheurs promus à la hors-classe ;

- le vote du conseil académique, entériné par le président de l'université, comporte des éléments occultés, qui ne permettent pas de connaître les critères retenus pour l'avancement, et ne mentionne ni l'avis du rapporteur, ni l'avis de la " CCSU " biologie ; il n'est donc pas motivé, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ; à cet égard, l'université n'établit pas que les éléments occultés l'auraient été pour garantir le respect de l'article L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration, notamment s'agissant du nom des rapporteurs de son dossier devant la CCSU ;

- la décision est irrégulière dès lors qu'elle repose sur les avis émis par le conseil académique et la CCSU au cours de l'année 2016 alors que, pour les autres candidats, ces organes consultatifs ont émis leurs avis respectifs en 2019 ; il n'a, par ailleurs, pas été mis en mesure d'actualiser son dossier au regard des critères de sélection mis en ligne par l'université suite au précédent jugement rendu, contrairement aux autres candidats, et sa demande a donc été examinée sur la base du dossier présenté en 2016, le privant d'une garantie substantielle ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et procède de la prise en compte d'une donnée erronée des rapports remis devant la CCSU, qui omettent de mentionner ses trois dernières publications parues en 2016 ;

- son exclusion de la liste des promus ne repose sur aucun critère scientifique ou pédagogique et procède de la prise en compte, discriminatoire, des activités qu'il exerce au sein de la société civile, en particulier son engagement sur le sujet des OGM, en méconnaissance de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 et de l'article 6 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 octobre 2020, l'université Paris-Saclay conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 55,36 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens de l'instance.

Elle fait valoir que les moyens développés par M. B ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 5 juillet 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 15 septembre 2021.

Par un courrier du 10 juin 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions en annulation, dirigées contre une décision du président de l'université de Paris-Saclay portant refus d'avancement à la hors-classe du corps des maîtres de conférences, inexistante.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 84-431 du 6 juin 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- et les conclusions de Mme Ozenne, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, maître de conférences spécialisé en génétique moléculaire, métabolisme et biotechnologies, a déposé le 16 février 2016 un dossier de candidature en vue d'obtenir son avancement à la hors-classe du corps des maîtres de conférences. Son dossier n'a alors été proposé à l'avancement ni par le conseil national des universités, ni par la commission consultative de spécialistes de l'université de Paris Sud, devenue l'université de Paris-Saclay, au sein de laquelle il exerce, ni, enfin, par le conseil académique de l'université, réuni en formation restreinte. Par une requête enregistrée le 23 janvier 2017 sous le n° 1700476, M. B a saisi le tribunal d'un recours dirigé contre la décision du conseil académique de l'université en date du 22 juin 2016 prononçant l'avancement des maîtres de conférences à la hors-classe, ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux qu'il a formé contre cette décision. Par un jugement rendu le 28 janvier 2019, la 9ème chambre du tribunal a annulé cette décision au motif que l'université n'avait pas rendu public les critères de sélection de la commission consultative des spécialistes de l'université et que M. B avait ainsi été privé d'une garantie substantielle. Le tribunal a également enjoint à l'université de procéder au réexamen de la candidature de M. B à l'avancement à la hors-classe du corps des maîtres de conférence.

2. Par un jugement rendu le 11 janvier 2021 sous le n° 2006028, le tribunal a constaté que le jugement rendu précédemment avait été entièrement exécuté, l'université ayant procédé le 5 février 2019 à la publication des critères de sélection relatifs à l'examen des demandes d'avancement à la hors-classe du corps des maîtres de conférence, sur lesquels se fondent la commission consultative spécialisée et le conseil académique, lequel s'est réuni en formation restreinte le 20 juin 2019, pour examiner les dossiers de candidature, refusant à cette occasion de proposer l'avancement de M. B à la hors-classe.

3. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du président de l'université Paris-Saclay entérinant le vote du conseil académique, réuni en formation restreinte le 20 juin 2019, portant sur la promotion à la hors-classe du corps des maîtres de conférences, ensemble la décision rejetant implicitement le recours gracieux qu'il a formé contre cette décision le 11 décembre 2019. Il demande également au tribunal d'enjoindre à l'université Paris-Saclay de réexaminer sa demande d'avancement.

Sur les conclusions en annulation et en injonction :

4. Aux termes de l'article 40 du décret du 6 juin 1984 fixant les dispositions statutaires applicables notamment aux maîtres de conférences : " I. - L'avancement de la classe normale à la hors-classe des maîtres de conférences a lieu au choix parmi les maîtres de conférences remplissant les conditions prévues à l'article 40-1 ci-après. Il est prononcé selon les modalités suivantes : 1°. - L'avancement a lieu, pour moitié, sur proposition de la section compétente du Conseil national des universités ou de la section compétente du Conseil national des universités pour les disciplines médicales, odontologiques et pharmaceutiques, dans la limite des promotions offertes par discipline au plan national et pour moitié sur proposition du conseil académique ou de l'organe compétent pour exercer les attributions mentionnées au IV de l'article L. 712-6-1 du code de l'éducation, siégeant en formation restreinte, dans la limite des promotions offertes dans l'établissement, toutes disciplines confondues. () / Cet avancement a lieu sur la base de critères rendus publics, d'une part, par les sections du Conseil national des universités et, d'autre part, par les établissements ". Il résulte de ces dispositions que le refus du conseil national des universités ou du conseil académique de proposer à l'avancement une candidature fait obstacle à ce que le président de l'université d'affection fasse bénéficier un enseignant de cette promotion. Ces dispositions n'impliquent pas, par ailleurs, que le président de l'université prenne une décision tirant les conséquences du refus du conseil national des universités ou du conseil académique de proposer à l'avancement une candidature.

5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'au terme de sa séance du 20 juin 2019, le conseil académique de l'université, réuni en formation restreinte, a refusé de proposer l'avancement de M. B à la hors-classe du corps des maîtres de conférences. A l'inverse, il ne ressort pas des pièces du dossier que le président de l'université Paris-Saclay aurait pris une décision entérinant ce refus du conseil académique de proposer l'avancement de M. B. Dès lors, les conclusions en annulation présentées par le requérant, non contre la décision du conseil académique refusant de proposer son avancement à la hors-classe, mais contre une prétendue décision en ce sens du président de l'université, dont l'existence n'est cependant pas établie, sont irrecevables.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation présentées par M. B sont rejetées, de même, par voie de conséquence, que ses conclusions en injonction.

Sur les frais d'instance :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'université de Paris-Saclay, qui n'est pas la partie perdante, soit condamnée à verser à M. B la somme qu'il demande à ce titre. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par l'université de Paris-Saclay au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par l'université de Paris-Saclay sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Copie en sera adressée au président de l'université Paris-Saclay.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Le Gars, président,

- Mme Milon, première conseillère,

- Mme Lutz, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.

La rapporteure,

signé

A. A

Le président,

signé

J. Le Gars

La greffière,

signé

L. Segrétain

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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