jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2002926 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | SAIDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 18 mai 2020 et le 26 avril 2022, M. C B, représenté par Me Saïdi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 10 mars 2019 par laquelle le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de carte de séjour temporaire, ensemble le refus de communication des motifs de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer une carte de séjour temporaire et, dans l'attente, un récépissé avec autorisation de travail, ou à défaut de réexaminer sa situation administrative dans le délai de deux mois à compter du jugement à intervenir et de lui délivrer sans délai un récépissé avec autorisation de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
M. B soutient que :
- la décision implicite rejetant sa demande de titre de séjour n'est pas suffisamment motivée ;
- elle n'est pas signée ;
- elle ne procède pas à un examen particulier approfondi de sa situation personnelle ;
- le préfet a méconnu l'étendue du champ de sa compétence et a donc commis une erreur de droit en ne procédant pas à l'examen particulier de sa situation personnelle ;
- le préfet a également commis une erreur manifeste d'appréciation et méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ne prenant pas en considération sa situation familiale ainsi que l'ensemble des liens qu'il a développés sur le sol français.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 juin 2020, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable dès lors qu'aucune décision de rejet de la demande de titre de séjour de M. B ne lui a été opposée, son dossier étant encore en cours d'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que M. C B, ressortissant guinéen né le 2 février 1980, a sollicité le 4 octobre 2018 du préfet de l'Essonne la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Il n'est pas contesté qu'il lui a été remis à cette occasion une attestation de dépôt de dossier au lieu d'un récépissé de demande de titre de séjour. Le préfet ayant gardé le silence sur cette demande pendant plus de quatre mois, l'intéressé lui a demandé, par un courrier en date du 4 octobre 2019, reçu le 24 février 2020, la communication des motifs de la décision rejetant sa demande en application de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Faute de réponse à cette demande, M. B demande l'annulation de la décision de rejet de sa demande de titre de séjour.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet :
2. En premier lieu, en application de l'article R. 311-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. " L'article R. 311-12-1 du même code, dans sa rédaction applicable au litige, précise que : " La décision implicite mentionnée à l'article R. 311-12 naît au terme d'un délai de quatre mois. "
3. Comme il a été dit au point 1, M. B a sollicité le 4 octobre 2018 du préfet de l'Essonne la délivrance d'un titre de séjour. Contrairement à ce que soutient le préfet, le silence gardé par l'administration pendant plus de quatre mois sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet, dont le requérant est recevable à demander l'annulation.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a sollicité du préfet de l'Essonne la communication des motifs de la décision de rejet de sa demande de titre de séjour par un courrier en date du 4 octobre 2019, reçu le 24 février 2020, qui est demeurée sans réponse. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être accueilli.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement, qui accueille les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, implique seulement, eu égard au motif d'annulation retenu et après examen de l'ensemble des autres moyens de la requête, que le préfet de l'Essonne procède au réexamen de la demande de l'intéressé dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et lui délivre, dans l'attente de ce réexamen, un récépissé de demande de titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement. Il y a donc lieu de l'y enjoindre sans toutefois assortir cette injonction d'une astreinte et de rejeter le surplus des conclusions à fin d'injonction de M. B.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. B sur le foncement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative
D E C I D E:
Article 1er : La décision implicite du préfet de l'Essonne, rejetant la demande de titre de séjour de M. B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Essonne de réexaminer la demande de M. B dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et lui délivre, dans l'attente de ce réexamen, un récépissé de demande de titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
Mme Mathé, conseillère,
M. Thivolle, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le président rapporteur,
signé
L. A
L'assesseure la plus ancienne dans le grade,
signé
C. Mathé
La greffière,
signé
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026