jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2005281 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | LEVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 août 2020, Mme C A B, représentée par Me Levy, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 12 avril 9 mai et 3 juin 2019 par lesquelles les services préfectoraux ont refusé d'instruire sa demande de titre de séjour ;
2°) d'annuler la décision née du silence gardé par le préfet des Yvelines sur sa demande de délivrance d'un titre de séjour du 14 octobre 2019, dont il a été accusé réception le 28 octobre suivant ;
3°) d'enjoindre au préfet des Yvelines, à titre principal de lui délivrer un titre de séjour ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation, le tout dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les décisions de refus d'instruire sa demande de titre de séjour sont entachées d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- la décision rejetant implicitement sa demande de titre de séjour est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- les décisions méconnaissent l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les refus verbaux d'instruire le dossier méconnaissent l'article R. 311-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation individuelle ;
- les décisions sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet des Yvelines le 20 août 2020, qui n'a pas présenté d'écritures en défense et n'a pas répondu à la mise en demeure qui lui a été adressée le 19 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. de Miguel a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A B, ressortissante comorienne née le 24 août 1998, déclare être entrée en France le 12 novembre 2017 où elle se maintient et vit auprès de ses parents de nationalité française. Elle s'est présentée en préfecture les 12 avril, 9 mai et 3 juin 2019 afin de solliciter la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où des refus verbaux lui ont été opposés. Le 14 octobre 2019, elle a adressé au préfet une demande de titre de séjour, dont il a été accusé réception le 28 octobre suivant. Le préfet n'ayant pas répondu à cette demande, elle sollicite du tribunal l'annulation de ce rejet implicite.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les décisions des 12 avril, 9 mai et 3 juin 2019 :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".
3. Il est allégué par la requérante qu'elle s'est présentée auprès des services de la préfecture les 12 avril, 9 mai et 3 juin 2019 pour déposer une demande de titre et que son dossier n'a pas été enregistré car elle s'est heurtée à des refus de rendez-vous pour déposer son dossier de demande de titre de séjour au titre de la vie privée et familiale. Ces éléments sont étayés par les copies des échanges de courriers électroniques entre l'avocat de la requérante et la préfecture. La requérante n'est pas contredite en dépit d'une mise en demeure adressée le 19 mai 2022 au préfet des Yvelines. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence de l'agent de guichet pour refuser l'enregistrement de la demande de renouvellement de titre de séjour doit être accueilli et les décisions de refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour, des 12 avril 9 mai et 3 juin 2019, doivent être annulées.
En ce qui concerne la décision rejetant la demande de titre de séjour du 14 octobre 2019 :
4. Aux termes de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () " et aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. ".
5. Il ressort des pièces du dossier, que par un courrier adressé en recommandé avec accusé de réception, daté du 14 octobre 2019 et dont le préfet des Yvelines a accusé réception le 28 octobre suivant, Mme A B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Face au silence gardé pendant plus de quatre mois sur cette demande, Mme A B a de nouveau sollicité le préfet, par un courrier du 13 mars 2020, reçu en préfecture le 16 mars suivant afin d'obtenir la communication des motifs de cette décision de rejet implicite. Le préfet des Yvelines a de nouveau opposé le silence à cette demande, de sorte qu'en l'état de l'instruction et en l'absence de défense de la part du préfet à qui la requête a été communiquée, Mme A B est fondée à soutenir que la décision attaquée est dépourvue de motivation et à en demander l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement implique seulement que le préfet de l'Essonne réexamine la demande de délivrance d'un titre de séjour présentée par Mme A B dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Sur les frais d'instance :
7. La somme de 1 000 euros, à verser à Mme A B, est mise à la charge de l'Etat au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du préfet des Yvelines des 12 avril 2019, 9 mai 2019, 3 juin 2019 refusant d'enregistrer la demande de titre de séjour de Mme A B, sont annulées.
Article 2 : La décision par laquelle le préfet des Yvelines a implicitement rejeté la demande de titre de séjour, formulée par Mme A B le 14 octobre 2019, est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Yvelines de réexaminer la demande de titre de séjour de Mme A B dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Article 4 : L'Etat est condamné à verser à Mme A B la somme de 1 000€ (mille euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A B et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Ouardes, président,
- M. de Miguel, premier conseiller,
- Mme Mathé, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
Le rapporteur,
signé
F-X de Miguel Le président,
signé
P. Ouardes
La greffière,
signé
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026