mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2005441 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | ROSSI-LANDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 août 2020, la société civile immobilière (SCI) Solitim, représentée par Me Rossi-Landi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la prescription figurant à l'article 1er de l'arrêté du 27 février 2020 par lequel la maire de la commune de Montgeron lui a accordé un permis de construire modificatif, en tant qu'elle prescrit que l'étage des combles en façade arrière ne devra pas comporter de balcons, et la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 juillet 2020 par lequel la maire de la commune de Montgeron a ordonné l'interruption des travaux ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Montgeron la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la prescription attaquée est entachée d'insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation ;
- elle traduit un détournement de pouvoir ;
- l'arrêté du 24 juillet 2020 par lequel la maire de la commune de Montgeron a ordonné l'interruption des travaux doit être annulé par voie de conséquence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2021, la commune de Montgeron, représentée par sa maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maljevic, conseiller,
- et les conclusions de M. Fraisseix, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 9 février 2018, la maire de la commune de Montgeron a délivré à la SCI Solitim un permis de construire un immeuble de quatre logements. Le 10 janvier 2020, la SCI Solitim a déposé une demande de permis de construire modificatif ayant pour objet la modification des façades, en particulier l'ajout d'un troisième niveau de balcon. Par un arrêté du 27 février 2020, la maire de Montgeron a accordé le permis de construire modificatif demandé en prescrivant que " l'étage des combles en façade arrière ne devra pas comporter de balcons, cette façade ne devant comporter de balcons qu'au premier et au deuxième étage, conformément aux autorisations précédemment délivrés ". Par un courrier du 12 mars 2020, la SCI Solitim a formé un recours gracieux contre cette prescription. Le silence gardé par la maire pendant deux mois a fait naitre une décision implicite de rejet. Par la présente requête, la SCI Solitim demande au tribunal d'annuler cette prescription, le rejet implicite de son recours gracieux et l'arrêté interruptif de travaux du 24 juillet 2020 de la maire de Montgeron.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 27 février 2020 :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. / La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ", et aux termes de son article L. 112-6 : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis () ". L'article L. 110-1 de ce code dispose : " Sont considérées comme des demandes au sens du présent code les demandes et les réclamations, y compris les recours gracieux ou hiérarchiques, adressées à l'administration ". Aux termes de l'article R. 112-5 de ce code : " L'accusé de réception prévu par l'article L. 112-3 comporte les mentions suivantes : 1° La date de réception de la demande et la date à laquelle, à défaut d'une décision expresse, celle-ci sera réputée acceptée ou rejetée ; () Il indique si la demande est susceptible de donner lieu à une décision implicite de rejet ou à une décision implicite d'acceptation. Dans le premier cas, l'accusé de réception mentionne les délais et les voies de recours à l'encontre de la décision. Dans le second cas, il mentionne la possibilité offerte au demandeur de se voir délivrer l'attestation prévue à l'article L. 232-3. ".
4. Il résulte de ces dispositions combinées qu'en l'absence de délivrance d'un accusé de réception d'un recours gracieux adressé à l'administration, le délais de recours contentieux contre une décision implicite de rejet n'est pas opposable à son destinataire.
5. La commune de Montgeron fait valoir, sans être contredite, que le recours gracieux formé par la SCI Solitim le 12 mars 2020 a été notifié le 16 mars 2020. Toutefois, la commune ne justifie, ni même n'allègue, avoir délivré à la SCI Solitim un accusé de réception de ce recours gracieux indiquant que le silence gardé par elle sur ce recours ferait naître une décision implicite de rejet et mentionnant les voies et délais de recours. Par suite, les délais de recours n'étant pas opposables à la SCI Solitim en application des dispositions citées au point 3, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête ne peut qu'être écartée.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté :
6. Aux termes de l'article 11 du règlement du PLU de la commune de Montgeron : " () Un cahier de recommandations architecturales et paysagères annexé au dossier de PLU vient compléter les prescriptions figurant ci-après () ". Aux termes du cahier de recommandation architectural du plan local d'urbanisme de la commune de Montgeron : " Les balcons, loggias et terrasses () devront donc être disposés prioritairement en façade arrière non visible depuis le domaine public et non exposés aux nuisance ".
7. Pour assortir l'arrêté du 27 février 2020 de la prescription litigieuse refusant l'installation de balcons à l'étage des combles en façade arrière, la maire de la commune de Montgeron, après avoir rappelé les dispositions du cahier de recommandation architectural du plan local d'urbanisme, a retenu que " la modification n'est en rien imposée par le rattachement de la parcelle n° 476 et nuirait à la composition de la façade arrière en modifiant le raccord entre la façade et le toit et serait visible depuis le domaine public (avenue de la République) compte tenu de l'implantation des bâtiments sur la propriété voisine ". Toutefois, non seulement la disposition du cahier de recommandation architectural dont s'est prévalu la maire, à la supposer opposable aux autorisations d'urbanismes, ne fait pas obstacle à la visibilité depuis la voie publique des balcons situés en façade arrière, mais il ne ressort pas des pièces du dossier, en particulier des plans de situation, que la façade arrière du bâtiment projeté serait visible depuis la voie publique. Dans ces conditions, la SCI Solitim est fondée à soutenir qu'en adoptant la prescription litigieuse figurant à l'article 1er de l'arrêté du 27 février 2020, la maire de la commune de Montgeron a commis une erreur d'appréciation.
8. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen de la requête n'est susceptible, en l'état du dossier soumis au tribunal, de fonder l'annulation de l'arrêté attaqué.
9. Il résulte de ce qui précède que la SCI Solitim est fondée à demander l'annulation de la prescription figurant à l'article 1er de l'arrêté du 27 février 2020 de la maire de la commune de Montgeron.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 24 juillet 2020 :
10. En raison des effets qui s'y attachent, l'annulation pour excès de pouvoir d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, emporte, lorsque le juge est saisi de conclusions recevables, l'annulation par voie de conséquence des décisions administratives consécutives qui n'auraient pu légalement être prises en l'absence de l'acte annulé ou qui sont en l'espèce intervenues en raison de l'acte annulé. Il en va ainsi, notamment, des décisions qui ont été prises en application de l'acte annulé et de celles dont l'acte annulé constitue la base légale. Il incombe au juge de l'excès de pouvoir, lorsqu'il est saisi de conclusions recevables dirigées contre de telles décisions consécutives, de prononcer leur annulation par voie de conséquence, le cas échéant en relevant d'office un tel moyen qui découle de l'autorité absolue de chose jugée qui s'attache à l'annulation du premier acte.
11. L'arrêté du 24 juillet 2020, par lequel la maire de Montgeron a ordonné l'interruption des travaux, a été pris sur le fondement de ce qu'en dépit de la prescription figurant à l'article 1er de l'arrêté du 27 février 2020, la SCI Solitim a réalisé la construction de balcons à l'étage des combles en façade arrière. Dès lors, eu égard à l'annulation de cette prescription prononcée par le présent jugement, il y a lieu d'annuler, par voie de conséquence, l'arrêté du 24 juillet 2020 de la maire de Montgeron.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SCI Solitim, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la commune de Montgeron au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens alors qu'elle n'est au demeurant pas représentée par un avocat. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Montgeron une somme de 1 000 euros à verser à la SCI Solitim en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La prescription figurant à l'article 1er de l'arrêté du 27 février 2020, par laquelle la maire de la commune de Montgeron a refusé l'installation de balcons à l'étage des combles en façade arrière de la construction projetée, et la décision de rejet du recours gracieux la SCI Solitim sont annulées.
Article 2 : L'arrêté du 24 juillet 2020, par lequel la maire de Montgeron a ordonné l'interruption des travaux, est annulé.
Article 3 : La commune de Montgeron versera à la SCI Solitim une somme de 1 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Montgeron au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Solitim et à la commune de Montgeron.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Mathou, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
Le rapporteur,
signé
S. Maljevic
La présidente,
signé
N. Boukheloua
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026