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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2006289

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2006289

jeudi 15 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2006289
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation8ème chambre
Avocat requérantAARPI GARRIGUES BEAULAC ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 septembre 2020, Mme B F, représentée par Me Mazza, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 15 juillet 2020 par laquelle le directeur départemental des territoires de l'Essonne a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie ;

2°) d'enjoindre au directeur départemental des territoires de l'Essonne de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie à compter du 12 avril 2016, en procédant à la reconstitution de sa carrière ;

3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 30 000 euros en réparation du préjudice moral subi ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, en ce que la commission de réforme a sollicité l'avis du Dr A, expert agréé qui l'a examinée dans le cadre de la procédure devant le comité médical, alors que celui ne s'est jamais prononcé sur l'imputabilité au service de sa pathologie ;

- le Dr D n'était plus médecin agrée lorsqu'il a rendu son rapport d'expertise ;

- le rapport du médecin de prévention qui a été joint à la procédure n'est pas conforme, dès lors que ce médecin l'a rencontrée pour la dernière fois plus de neuf mois avant son arrêt maladie, et qu'il ne s'est pas prononcé sur l'imputabilité au service de sa maladie ;

- aucun médecin psychiatre ne siégeait à la commission de réforme, en méconnaissance de l'article 19 du décret du 14 mars 1986 ;

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation, alors que l'administration n'était pas liée par l'avis de la commission de réforme qu'elle se borne à reproduire ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, en ce que les éléments médicaux versés aux débats établissent le lien entre son symptôme dépressif et ses conditions de travail ;

- son employeur a commis plusieurs fautes de nature à engager sa responsabilité ;

- elle subit un préjudice moral à hauteur de 30 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2022, le préfet de l'Essonne, représenté par Me Beaulac, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme F en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les moyens soulevés par la requérante à l'encontre de la décision du 15 juillet 2020 ne sont pas fondés ;

- le directeur départemental des territoires de l'Essonne n'a commis aucune faute ;

- Mme F n'établit pas la réalité du préjudice moral allégué.

Par une ordonnance du 14 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 mai 2022.

Les parties ont été informées, le 11 juillet 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de substituer, à titre de base légale de la décision attaquée du 15 juillet 2020, les dispositions de l'article 34 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 à celles de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 sur lesquelles le préfet de l'Essonne s'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- le décret n° 2019-122 du 21 février 2019 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Caron, première conseillère,

- les conclusions de Mme Marc, rapporteure publique.

- les observations de Me Mazza, représentant Mme F, et celles de Me Beaulac, représentant le préfet de l'Essonne.

Une note en délibéré, présentée pour le préfet de l'Essonne, a été enregistrée le 5 septembre 2022.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B F, agent titulaire de catégorie A du corps des chargés d'études documentaires de la fonction publique d'Etat, exerçait les fonctions de chargée d'études documentaires au sein du musée national de la marine. En 2004, elle a bénéficié d'une mise en disponibilité pour convenances personnelles et a été reconnue travailleur handicapé en 2007 en raison de problèmes auditifs évolutifs. Elle a sollicité, par courrier du 26 avril 2011, sa réintégration à compter du 1er novembre 2011. Aucun poste adapté à son handicap n'ayant pu lui être proposé, Mme F a réitéré sa demande de réintégration le 23 juillet 2012. Par un arrêté du 20 novembre 2012, elle a été affectée à la direction départementale des territoires (DDT) de l'Essonne en qualité de chargée d'études " ville et habitat ", à compter du 1er novembre 2012. Par une décision du 2 mai 2013, elle a été affectée au service prospective aménagement urbanisme de la DDT de l'Essonne en qualité de chargée d'études documentaires " ville et habitat " par intérim. A compter du 12 avril 2016, elle a été placée en congé de longue maladie pour un syndrome anxio-dépressif. Par un courrier du 20 mars 2018, elle a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie. Cette demande a été rejetée par une décision du directeur départemental des territoires de l'Essonne du 15 juillet 2020. Mme F demande l'annulation de cette décision, ainsi que la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 30 000 euros en réparation de son préjudice moral.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. L'article 21 bis introduit, dans la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires par l'ordonnance du 19 janvier 2017, qui n'est entré en vigueur qu'avec l'intervention de son décret d'application du 21 février 2019, n'est pas applicable à la situation de Mme F, dont l'état dépressif a été diagnostiqué en avril 2016 et dont la demande de reconnaissance d'imputabilité au service a été présentée avant l'entrée en vigueur du décret du 21 février 2019. Sa situation est ainsi exclusivement régie par les conditions de forme et de fond prévues avant l'entrée en vigueur des dispositions législatives et réglementaires relatives au nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service et en particulier par l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa rédaction antérieure au décret du 21 février 2019. Aux termes de cet article : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident () ".

3. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.

4. Pour soutenir que le syndrome anxio-dépressif dont elle souffre et qui a justifié son placement en arrêt maladie à compter du 12 avril 2016, présente un lien direct avec l'exercice de ses fonctions ou avec ses conditions de travail, Mme F fait valoir que cette affection est liée aux conditions dans lesquelles elle a été réintégrée dans ses fonctions après sa disponibilité, à la dégradation de ses conditions de travail et à l'insuffisante prise en compte de son handicap.

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme F, qui a été affectée à compter du 1er novembre 2012 au sein de la DDT de l'Essonne, a fait l'objet, en mai 2013, d'une mutation sur un autre poste. Elle a alors fait part de son incompréhension, s'étant investie dans ses premières fonctions qu'elle espérait durables. Par la suite, dans le cadre de ses évaluations au titre des années 2014 et 2015, elle a fait état de la baisse importante de son volume d'activité, de l'insuffisance de ses responsabilités au regard de ses compétences, et de son sentiment d'inutilité. Il ressort également des pièces du dossier qu'alors même que Mme F a été reçue à plusieurs reprises par le médecin de prévention, dont les préconisations tenant notamment à ce que l'usage du téléphone soit limité, à ce qu'un temps partiel lui soit accordé et à l'apprentissage de la langue des signes ont été suivies par l'administration, elle s'est néanmoins trouvée dans l'impossibilité de travailler dans de bonnes conditions en raison de ses troubles auditifs, et notamment de l'absence de tout équipement pour les personnes malentendantes dans les salles de réunion, faisant obstacle à son accès à l'information et à sa participation aux réunions et aux actions de formation. De plus, il ressort des pièces du dossier que ses demandes d'équipements adaptés, micro et boucle magnétique notamment, n'ont pas été accueillies par " manque de moyens ". En outre, l'accompagnement personnalisé dont elle devait bénéficier de la part de sa hiérarchie s'est peu à peu réduit pour devenir inexistant en raison de la très forte charge de travail des cadres du service dans le cadre d'une réorganisation interne. Dans ce contexte de travail difficile, Mme F a progressivement été isolée. Elle a été placée en arrêt maladie le 12 avril 2016, puis en congé de longue durée à compter de cette date, pour un syndrome anxio-dépressif ayant pour origine une souffrance au travail, et n'a, par la suite, pas repris le travail.

6. La commission de réforme, au cours de sa séance du 10 juillet 2018, a sursis à statuer sur la demande d'imputabilité au service de la pathologie de la requérante dans l'attente d'une expertise psychiatrique. Dans son rapport du 18 septembre 2018, le Dr C, expert psychiatre, a conclu que Mme F présentait un épisode dépressif majeur d'intensité sévère, avec présomption d'imputabilité au service de l'évènement déclaré le 12 avril 2016. Le 29 janvier 2019, la commission de réforme a de nouveau sursis à statuer, et a sollicité du Dr C un complément d'expertise. Ce praticien a alors conclu à l'existence d'une " pathologie indépendante évoluant pour son propre compte ", non imputable au service, sans préciser les motifs pour lesquels il parvenait à cette conclusion alors qu'il avait précédemment estimé qu'il existait une " présomption d'imputabilité au service ". Réunie à nouveau le 16 avril 2019, la commission de réforme a sursis à statuer dans l'attente d'une seconde expertise de Mme F. Cette dernière a été examinée par le Dr H, qui a conclu le 20 mai 2019 à une évidente imputabilité au service de ses troubles. Ce médecin ayant quitté ses fonctions, la requérante a ensuite été examinée par le Dr D, lequel, dans son rapport du 17 octobre 2019, a estimé qu'il n'existait aucun élément prouvant l'imputabilité au service des troubles de Mme F, dont la souffrance psychique était liée à ses " difficultés d'adaptation à ses tâches compte-tenu de sa nouvelle fonction et de son handicap ", en ajoutant que tous les moyens lui ont été proposés pour lui permettre de s'adapter à ses fonctions. La commission de réforme a de nouveau sursis à statuer le 3 décembre 2019, et a sollicité l'avis du Dr A, médecin expert ayant examiné la requérante dans le cadre de la procédure d'attribution du congé de longue maladie. Toutefois, dans son avis du 3 décembre 2019, le Dr A s'est borné à répondre qu'il connaissait un peu le dossier et qu'il était difficile de statuer, sans faire état de son avis sur l'imputabilité au service du syndrome anxio-dépressif de Mme F. Au vu de l'ensemble de ces éléments, la commission de réforme a émis, le 25 février 2020, un avis défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de la pathologie de la requérante.

7. Toutefois, si le Dr D, chargé par la commission de réforme de la seconde expertise de Mme F, a estimé qu'il n'y avait pas de lien entre la pathologie développée par cette dernière et le service, en relevant ses difficultés d'adaptation compte-tenu de ses nouvelles fonctions et de son handicap, les évaluations professionnelles de la requérante versées aux débats font état de ses bons résultats, de ses compétences, de son investissement professionnel et de la qualité constante de son travail, sans qu'il ne soit fait état de difficultés particulières d'adaptation. Par ailleurs, si cet expert soutient que tous les moyens lui ont été proposés pour lui permettre de s'adapter à ses fonctions, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que l'accompagnement dont la requérante devait bénéficier, afin de compenser les difficultés liées à ses troubles auditifs, n'a pu être mis en place que très ponctuellement avant d'être interrompu. Dans un courrier adressé à la commission de réforme le 2 décembre 2019, Mme F a en outre indiqué que les aménagements de son poste de travail n'étaient pas suffisants, et que même les solutions les plus simples, telles que l'usage d'un micro durant les réunions ou l'établissement de comptes rendus écrits, n'avaient pas été mises en œuvre. La requérante verse par ailleurs aux débats des certificats médicaux établis les 5 juillet 2017 et 25 mai 2018 par le Dr G, médecin psychiatre en charge de son suivi, qui atteste qu'elle souffre de troubles psychiques liés à ses conditions de travail, ainsi qu'un certificat médical établi le 11 avril 2019 par le Dr E, psychiatre, qui relève que " Mme B F est atteinte d'un état anxieux et dépressif lié à des évènements professionnels traumatisants. () L'imputabilité des troubles de Mme B F est évidente. ". Dans ces conditions, au regard de l'ensemble de ces éléments, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que l'état dépressif de Mme F résulterait d'un fait personnel ou de toute autre circonstance particulière conduisant à détacher la survenance ou l'aggravation de sa maladie du service, sa pathologie doit être regardé comme directement en lien avec l'exercice de ses fonctions.

8. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, Mme F est fondée à demander l'annulation de la décision du 15 juillet 2020 par laquelle le directeur départemental des territoires de l'Essonne a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. L'annulation de la décision attaquée implique nécessairement que le directeur départemental des territoires de l'Essonne reconnaisse l'imputabilité au service de l'état dépressif ayant justifié les arrêts de travail de Mme F à compter du 12 avril 2016. Il y a lieu d'enjoindre au directeur départemental des territoires de l'Essonne d'y procéder en reconstituant sa carrière dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les conclusions indemnitaires :

10. Mme F demande, sur le fondement de la responsabilité pour faute de l'Etat, le versement de la somme de 30 000 euros au titre du préjudice moral qu'elle a subi du fait de la dégradation de ses conditions de travail ayant conduit à son arrêt de travail du 12 avril 2016 pour syndrome anxio-dépressif, en raison des multiples fautes commises par son employeur.

11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 8 que la décision du 15 juillet 2020 par laquelle le directeur départemental des territoires de l'Essonne a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie de Mme F est entachée d'illégalité. Cette illégalité est de nature à engager la responsabilité pour faute de l'Etat.

12. En second lieu, si la requérante reproche à l'administration d'avoir commis un certain nombre de fautes, il ne résulte pas de l'instruction que les comportements et actes allégués, à les supposer avérés, soient distincts de ceux invoqués en l'espèce pour contester la décision par laquelle le directeur départemental des territoires de l'Essonne a refusé de reconnaître l'imputabilité de sa pathologie au service. Ainsi qu'il a été dit au point précédent, cette décision est entachée d'illégalité et ouvre droit à l'indemnisation du préjudice en résultant pour Mme F, sans qu'il ne résulte de l'instruction que la requérante a subi un préjudice moral, y compris de santé, distinct de celui dont elle demande déjà à être indemnisée en raison de l'illégalité fautive du refus d'imputer sa pathologie au service.

13. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par la requérante en raison du refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie en l'évaluant à la somme de 2 000 euros.

Sur les frais liés à l'instance :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de Mme F, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement des sommes que demande le préfet de l'Essonne au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme F d'une somme de 1 500 euros au titre des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du directeur départemental des territoires de l'Essonne du 15 juillet 2020 refusant de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie de Mme F est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au directeur départemental des territoires de l'Essonne de reconnaître l'imputabilité au service de l'état dépressif ayant justifié les arrêts de travail de Mme F depuis le 12 avril 2016 et de procéder à la reconstitution de sa carrière, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat est condamné à verser à Mme F la somme de 2 000 euros en réparation de son préjudice.

Article 4 : L'Etat versera à Mme F une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Les conclusions présentées par le préfet de l'Essonne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme B F et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée pour information au préfet de l'Essonne.

Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Grenier, présidente,

Mme Caron, première conseillère,

M. Connin, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2022.

Le rapporteur,

signé

V. Caron

La présidente,

signé

C. Grenier

La greffière,

signé

G. Le Pré

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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