lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2006437 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DELACHARLERIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er octobre 2020 et 7 avril 2022, le syndicat CFDT Interco 91 demande au tribunal :
1°) d'annuler l'article 2 de la délibération du 10 juin 2020 par laquelle le conseil municipal de Brétigny-sur-Orge a approuvé la modification du tableau des emplois permanents et des effectifs, ainsi que la décision du 24 juillet 2020 par laquelle le recours gracieux qu'il a formé contre cette délibération a été rejeté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Brétigny-sur-Orge la somme de 68,41 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la délibération attaquée est entachée d'un vice de procédure ;
- elle est entachée d'erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2022, la commune de Brétigny-sur-Orge, représentée par Me Delacharlerie, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge du syndicat CFDT Interco 91 en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors qu'elle sollicite l'annulation partielle d'un acte indivisible ;
- les moyens soulevés par le syndicat CFDT Interco 91 ne sont, en tout état de cause, pas fondés ;
- si la requête était accueillie, l'annulation prononcée devrait être dépourvue d'effet rétroactif afin de ne pas porter atteinte à la situation des agents, et ainsi assurer le respect du principe de sécurité juridique.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 ;
- le décret n° 85-565 du 30 mai 1985 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Benoit, rapporteure,
- les conclusions de Mme Florent, rapporteure publique,
- et les observations de M. Blanchet, secrétaire général du syndicat CFDT Interco 91.
Une note en délibéré présentée par le préfet de l'Essonne a été enregistrée le 4 juillet 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 10 juin 2020, le conseil municipal de Brétigny-sur-Orge a approuvé la modification du tableau des emplois permanents et des effectifs de la commune. Par une décision du 24 juillet 2020, le recours gracieux formé par syndicat CFDT Interco 91 contre cette délibération a été explicitement rejeté. Par la présente requête, le syndicat CFDT Interco 91 demande au tribunal d'annuler la délibération du conseil municipal du 10 juin 2020 et la décision du 24 juillet 2020.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Brétigny-sur-Orge :
2. Le juge administratif, lorsqu'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation partielle d'un acte dont les dispositions forment un ensemble indivisible, est tenu de rejeter ces conclusions comme irrecevables.
3. La délibération du conseil municipal attaquée du 10 juin 2020, qui modifie le tableau des emplois permanents, procède, d'une part, à la création d'emplois permanents en son article 1, d'autre part, à la suppression d'emplois de même nature en son article 2. Ses articles 3 à 6, et son article 8, ne concernent que la création d'emplois. Par suite, cette délibération ne constitue pas un acte indivisible dont, sous peine d'irrecevabilité, seule l'annulation totale pourrait être sollicitée. La fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 94 de la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique : " I. - (). / II. - A. - Les articles 4, 8 et 12 entrent en vigueur en vue du prochain renouvellement général des instances dans la fonction publique. / () ". Aux termes de l'article 32 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Un comité technique est créé dans chaque collectivité () employant au moins cinquante agents ainsi qu'auprès de chaque centre de gestion pour les collectivités et établissements affiliés employant moins de cinquante agents. (). / Les comités techniques sont présidés par l'autorité territoriale ou son représentant, qui ne peut être qu'un élu local. / () ". Aux termes de l'article 33 de la même loi : " Les comités techniques sont consultés pour avis sur les questions relatives : / 1° A l'organisation et au fonctionnement des services ; / 2° Aux évolutions des administrations ayant un impact sur les personnels ; / 3° Aux grandes orientations relatives aux effectifs, emplois et compétences ; / () ". Aux termes de l'article 34 de cette loi : " Les emplois de chaque collectivité () sont créés par l'organe délibérant de la collectivité (). / La délibération précise le grade ou, le cas échéant, les grades correspondant à l'emploi créé. (). / () ". Aux termes de l'article 97 de la même loi : " (). / I. - Un emploi ne peut être supprimé qu'après avis du comité technique sur la base d'un rapport présenté par la collectivité territoriale (). Le président du centre de gestion dans le ressort duquel se trouve la collectivité ou l'établissement est rendu destinataire, en même temps que les représentants du comité technique, du procès-verbal de la séance du comité technique concernant la suppression de l'emploi. (). / () ". Ces dispositions imposent la consultation du comité technique pour la suppression d'emplois d'agents titulaires des collectivités territoriales. Aux termes de l'article 1 du décret du 30 mai 1985 relatif aux comités techniques des collectivités territoriales et de leurs établissements publics : " I. - Les comités techniques comprennent des représentants du personnel et des représentants de la collectivité territoriale ou de l'établissement public. / () ". Par ailleurs, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie. L'application de ce principe n'est pas exclue en cas d'omission d'une procédure obligatoire, à condition qu'une telle omission n'ait pas pour effet d'affecter la compétence de l'auteur de l'acte.
5. Par une délibération du 6 février 2020, le conseil municipal de Brétigny-sur-Orge a notamment décidé, après consultation du comité technique le 5 février 2020, de supprimer 19 emplois permanents. Par l'article 2 de la délibération attaquée du 10 juin 2020, ce conseil a décidé de supprimer 6 emplois de nature différente de ceux supprimés par délibération du conseil municipal du 6 février 2020. Ceux supprimés par la délibération attaquée sont des emplois à temps complet d'agents titulaires, relevant des catégories A à C et de divers grades. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le comité technique de la commune aurait été consulté sur ces suppressions d'emplois. Cette omission a privé d'une garantie les représentants du personnel qui sont membres du comité technique. Le moyen tiré d'un vice de procédure doit, par suite, être accueilli.
6. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, le syndicat CFDT Interco 91 est fondé à demander l'annulation de l'article 2 de la délibération du conseil municipal du 10 juin 2020, ensemble de la décision du 24 juillet 2020 rejetant le recours gracieux.
Sur les conclusions à fin de modulation dans le temps des effets de l'annulation :
7. L'annulation d'un acte administratif implique en principe que cet acte est réputé n'être jamais intervenu. Toutefois, s'il apparaît que cet effet rétroactif de l'annulation est de nature à emporter des conséquences manifestement excessives en raison tant des effets que cet acte a produits et des situations qui ont pu se constituer lorsqu'il était en vigueur que de l'intérêt général pouvant s'attacher à un maintien temporaire de ses effets, il appartient au juge administratif après avoir recueilli sur ce point les observations des parties et examiné l'ensemble des moyens, d'ordre public ou invoqués devant lui, pouvant affecter la légalité de l'acte en cause - de prendre en considération, d'une part, les conséquences de la rétroactivité de l'annulation pour les divers intérêts publics ou privés en présence et, d'autre part, les inconvénients que présenterait, au regard du principe de légalité et du droit des justiciables à un recours effectif, une limitation dans le temps des effets de l'annulation. Il lui revient d'apprécier, en rapprochant ces éléments, s'ils peuvent justifier qu'il soit dérogé à titre exceptionnel au principe de l'effet rétroactif des annulations contentieuses et, dans l'affirmative, de prévoir dans sa décision d'annulation que, sous réserve des actions contentieuses engagées à la date de celle-ci contre les actes pris sur le fondement de l'acte en cause, tout ou partie des effets de cet acte antérieurs à son annulation devront être regardés comme définitifs ou même, le cas échéant, que l'annulation ne prendra effet qu'à une date ultérieure qu'il aura déterminée.
8. La commune de Brétigny-sur-Orge se borne à soutenir de manière non circonstanciée que la disparition rétroactive de l'article 2 de la délibération attaquée risquerait d'exposer des agents bénéficiaires de décisions individuelles à une " possible remise en cause de leur position statutaire ". Or, cet article n'a pour objet que de supprimer des emplois. Il ne concerne pas le cadre d'emplois ni le grade d'agents de la commune. Il supprime seulement 6 emplois. Il ne ressort pas, dans ces conditions, des pièces du dossier que la disparition rétroactive de l'article 2 de la délibération du conseil municipal de Brétigny-sur-Orge du 10 juin 2020 entraînerait des conséquences manifestement excessives, eu égard aux intérêts en présence et aux inconvénients que présenterait une limitation dans le temps des effets de son annulation. Il n'y a pas lieu, par suite, d'assortir l'annulation de ces dispositions d'une telle limitation.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à que soit mise à la charge du syndicat CFDT Interco 91, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme que demande la commune de Brétigny-sur-Orge au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Bretigny-sur-Orge une somme que demande le syndicat CFDT Interco 91 au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : L'article 2 de la délibération du conseil municipal de Brétigny-sur-Orge du 10 juin 2020, et la décision du maire de Bretigny-sur-Orge du 24 juillet 2020 rejetant le recours gracieux formé contre cette décision, sont annulés.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat CFDT Interco 91 et à la commune de Brétigny-sur-Orge.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Le Gars, président,
Mme Rivet, première conseillère,
Mme Benoit, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet2022.
La rapporteure,
Signé
C. Benoit
Le président,
Signé
J. Le Gars
La greffière,
Signé
C. Delannoy
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026