jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2006509 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | PETIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 octobre 2020 et le 10 juin 2022, Mme B C, représentée par Me Petit, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 22 octobre 2019 par lequel le garde des sceaux, ministre de la justice, l'a placée en disponibilité d'office pour raison de santé du 14 janvier au 16 septembre 2019, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 27 janvier 2020 contre cet arrêté ;
2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de la réintégrer après avoir pris des mesures d'aménagement de ses conditions de travail compatibles avec son état de santé ou l'avoir reclassée ;
3°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de lui verser rétroactivement son traitement correspondant à la période comprise entre le 14 janvier 2019, date d'expiration de ses droits à congé de longue maladie et la date de sa réintégration ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué du 22 octobre 2019 a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'en méconnaissance de l'article 7 du décret du 14 mars 1986, elle n'a pas été informée, préalablement à la séance du 28 août 2019 au cours de laquelle le comité médical départemental a examiné son dossier, de la date de cette réunion, de ses droits concernant la communication de son dossier, de la possibilité de faire entendre le médecin de son choix et des voies de recours possibles devant le comité médical supérieur, et n'a pas reçu communication, en dépit de sa demande, de l'avis médical du Dr A ;
- elle n'a eu connaissance que le 27 novembre 2019 de l'arrêté contesté du 22 octobre 2019 la plaçant en disponibilité d'office pour raison de santé du 14 janvier au 16 septembre 2019, alors qu'en vertu de l'article 2 de cet arrêté, elle devait adresser une demande de renouvellement de la disponibilité ou de réintégration dans son corps d'origine trois mois au moins avant l'expiration de la disponibilité ;
- il n'a pas été donné suite à la demande qu'elle a adressée le 27 janvier 2020 au garde des sceaux, ministre de la justice, tendant à la saisine du comité médical supérieur d'une contestation de l'avis du 28 août 2019 du comité médical ;
- le garde des sceaux, ministre de la justice, a commis une erreur dans l'appréciation de son état de santé ;
- il a manqué à son obligation de reclassement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 10 juin 2022, la clôture de l'instruction, initialement fixée au 15 juin 2022, a été reportée au 30 juin 2022.
Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la tardiveté de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Connin, conseiller,
- et les conclusions de Mme Marc, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, adjointe administrative du ministère de la justice, affectée dans le ressort de la cour d'appel de Paris au tribunal judiciaire d'Évry, a été placée en congé de longue maladie à compter du 14 janvier 2016. Au vu de l'avis émis le 5 décembre 2018 par le comité médical départemental de l'Essonne, le garde des sceaux, ministre de la justice, par deux arrêtés du 4 janvier 2019, l'a réintégrée à compter du 14 janvier 2019, date d'expiration de ses droits à congé de longue maladie, et l'a autorisée à travailler à temps partiel à 50 % pour raison thérapeutique du 14 janvier au 13 avril 2019 inclus. Il n'est pas contesté que Mme C n'a pas repris ses fonctions, en dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée le 25 janvier 2019. Le comité médical a ensuite émis le 28 août 2019 un avis favorable au placement en disponibilité d'office de Mme C à compter du 14 janvier 2019 et à sa réintégration à temps plein à compter du 16 septembre 2019. Par un arrêté du 22 octobre 2019, le garde des sceaux, ministre de la justice, a placé l'intéressée en disponibilité d'office pour raison de santé du 14 janvier au 16 septembre 2019. Mme C demande au tribunal l'annulation de ce dernier arrêté, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux qu'elle a formé le 27 janvier 2020 et qui a été reçu le 28 février 2020.
2. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 110-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérées comme des demandes au sens du présent code les demandes et les réclamations, y compris les recours gracieux ou hiérarchiques, adressées à l'administration. ". En vertu de l'article L. 112-2 du même code, ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code aux termes desquelles : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception. ", ni celles de son article L. 112-6 dont le premier alinéa dispose que : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis () ". L'article L. 231-4 du même code prévoit, en outre, que le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre les autorités administratives et leurs agents.
4. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions qu'en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour former un recours contentieux contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent, les dispositions des articles L. 112-3 et L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicables aux agents publics.
5. Enfin, aux termes du I de l'article 15 de l'ordonnance du 25 mars 2020 portant adaptation des règles applicables devant les juridictions de l'ordre administratif : " Les dispositions de l'article 2 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 susvisée relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période sont applicables aux procédures devant les juridictions de l'ordre administratif. ".
6. Le I de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période, dans sa rédaction applicable en l'espèce, dispose que : " Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus. ". Le premier alinéa de l'article 2 de la même ordonnance prévoit que : " Tout acte, recours, action en justice, formalité, inscription, déclaration, notification ou publication prescrit par la loi ou le règlement à peine de nullité, sanction, caducité, forclusion, prescription, inopposabilité, irrecevabilité, péremption, désistement d'office, application d'un régime particulier, non avenu ou déchéance d'un droit quelconque et qui aurait dû être accompli pendant la période mentionnée à l'article 1er sera réputé avoir été fait à temps s'il a été effectué dans un délai qui ne peut excéder, à compter de la fin de cette période, le délai légalement imparti pour agir, dans la limite de deux mois. ".
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a reçu le 27 novembre 2019 notification de l'arrêté attaqué du 22 octobre 2019 du garde des sceaux, ministre de la justice, et que cette notification mentionnait les délais et les voies de recours ouverts à l'encontre de cet arrêté, y compris d'ailleurs en cas de silence gardé par l'administration sur un recours gracieux ou hiérarchique. L'intéressée a formé, par un courrier du 27 janvier 2020, reçu le 28 janvier 2020, soit dans le délai de recours contentieux ouvert contre l'arrêté du 22 octobre 2019, un recours gracieux, qui a été rejeté par une décision implicite du 28 mars 2020. Ainsi, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 6 du présent jugement, le délai de recours contentieux contre l'arrêté du 22 octobre 2019 a recommencé à courir dès le 28 mars 2020. En application des dispositions précitées de l'article 2 de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période, Mme C disposait d'un délai de deux mois à compter du 24 juin 2020 pour contester cet arrêté. La requête de Mme C n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 6 octobre 2020. Ainsi, elle a été présentée tardivement et n'est, par suite, pas recevable. Il suit de là que la requête de Mme C est rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience publique du 29 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Christine Grenier, présidente,
Mme Virginie Caron, première conseillère,
M. Nicolas Connin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
Le rapporteur,
signé
N. Connin
La présidente,
signé
C. Grenier
La greffière,
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N° 1901371
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026