lundi 28 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2006666 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | DEBORD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 octobre 2020, M. A E, représenté par Me Debord, demande au tribunal :
1°) condamner le centre hospitalier de la Mauldre à lui verser la somme de 40 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis suite à l'accident de service du 7 février 2017 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de la Mauldre la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le centre hospitalier de la Mauldre a commis une faute en négligeant de prendre les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité lors de la journée d'immersion au service de blanchisserie ;
- il existe un lien de causalité direct et certain entre le préjudice qu'il a subi et la négligence fautive de son administration ;
- aucune cause exonératoire ne saurait être caractérisée en l'espèce ;
- il a subi un préjudice tenant à des problèmes cardiaques et de tension qui peut être chiffré à la somme de 40 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2021, le centre hospitalier de la Mauldre conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D ;
- les conclusions de Mme Ghiandoni, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. Monsieur A E est agent des services hospitaliers au centre hospitalier de la Mauldre depuis le 1er août 1987. Le 7 février 2017, alors qu'il effectue une journée d'immersion au service de blanchisserie de l'établissement en vue d'un nouveau poste, il est victime d'un accident de service à la suite d'une irradiation sciatique droite s'étendant du bas du dos jusqu'aux talons. Il a alors été placé en arrêt maladie jusqu'au 14 janvier 2021 puis en congé de longue maladie du 15 janvier 2021 au 14 janvier 2022. Le centre hospitalier a reconnu l'imputabilité au service de l'accident par une décision du 24 avril 2017. Le 10 juillet 2020,
M. E a demandé au centre hospitalier de l'indemniser du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de cet accident. Son employeur ayant gardé le silence sur cette demande, il sollicite du tribunal la condamnation du centre hospitalier à l'indemniser de son préjudice.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité pour faute :
2. Aux termes de l'article L. 136-1 du code général de la fonction publique : " Des conditions d'hygiène et de sécurité de nature à préserver leur santé et leur intégrité physique sont assurées aux agents publics durant leur travail () ".
3. M. E soutient que le centre hospitalier de la Mauldre a commis une négligence fautive en ne prenant pas les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité lors de la journée d'immersion au service de blanchisserie. Le requérant produit trois documents médicaux datant de 2008, dont notamment un certificat médical du Dr B du 26 août, qui précise que " du fait de la pathologie qu'il présente, le port de charges d'un poids supérieur à 10kg est définitivement interdit. Idem pour les travaux de " force " ". D'une part, outre que ce dernier document ne contient pas de mention relative à l'identité du patient dont il est question, les trois certificats datés de 2008 produits à l'appui de la requête sont très antérieurs à la visite du service de blanchisserie en 2017. D'autre part, la preuve n'est pas rapportée que le centre hospitalier en ait eu connaissance. Ainsi, à considérer que le moyen tiré de la méconnaissance par le centre hospitalier de ses obligations de sécurité soit assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, il ne résulte pas de l'instruction que l'état de santé de M. E constituait une contre-indication à la visite du service de blanchisserie de l'établissement en vue d'un nouveau poste, visite de découverte dont rien n'indique d'ailleurs qu'elle impliquait nécessairement le port de charges. Dans ces conditions, quand bien même le requérant aurait fait l'objet le 9 mars 2017 d'une décision non suivie d'effet d'affectation au service de blanchisserie, il n'est pas fondé à soutenir que le centre hospitalier de la Mauldre aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité. Le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le lien de causalité entre le préjudice allégué et l'accident du 7 février 2017 :
4. Le 7 février 2017, M. E visitait le service de blanchisserie du centre hospitalier de La Mauldre en vue d'un futur changement de poste et a été victime à cette occasion d'un accident, dont le caractère imputable au service, reconnu le 24 avril 2017, n'est pas contesté par le centre hospitalier. Il résulte de la déclaration administrative d'accident de travail rédigée le 8 février 2017, qu'au cours de la matinée de visite, l'intéressé a ressenti des douleurs lombaires après avoir manipulé du linge et de l'expertise médicale du Dr C du 12 octobre 2017, que ces douleurs trouvent leur origine dans des " mouvements répétitifs de flexion du tronc " lors de la visite. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, contrairement aux allégations du requérant, que cet accident soit à l'origine de problèmes cardiaques ni de tension artérielle dont il souffre. D'une part, les quatre expertises menées à la suite de l'accident de service ainsi que les attestations médicales produites par le requérant, si elles concluent toutes à l'inaptitude de l'intéressé à un poste impliquant un port de charges lourdes, ne font aucunement état de problèmes cardiaques ou de tension en lien avec l'accident. D'autre part, il résulte des pièces produites, et notamment du compte-rendu de consultation du 25 octobre 2018 du Dr F de Loubresse, que l'intéressé est en situation de surcharge pondérale importante nécessitant une prise en charge spécifique. Dans ces conditions, à supposer même qu'il ait entendu se prévaloir dans ses écritures de la responsabilité sans faute du centre hospitalier,
M. E, sur qui repose la charge de la preuve, n'établit pas que les préjudices qu'il invoque, dont la réalité n'est au demeurant pas établie, trouvent leur cause directe et certaine dans l'accident de service survenu le 7 février 2017.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander que le centre hospitalier de la Mauldre soit condamné à lui verser la somme de 40 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subis du fait de l'accident de service du 7 février 2017.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de la Mauldre, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. E demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et au centre hospitalier de la Mauldre.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Sylvie Mégret, présidente,
Mme Sabine Rivet, première conseillère,
M. Gibelin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
S. D
La présidente,
signé
S. MégretLa greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2006666
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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01/06/2026