mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2006735 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | DECHELETTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2020 et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 10 et 13 octobre 2022, non communiqués, la SARL Arim Promotion, représentée par Me Dechelette, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 août 2020 par lequel le maire de la commune d'Evry-Courcouronnes a refusé de lui accorder le permis de construire sollicité ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune d'Evry-Courcouronnes de lui délivrer le permis de construire sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au maire de la commune d'Evry-Courcouronnes de produire l'avis émis par le réseau de transport d'électricité (RTE) le 12 octobre 2007 ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 8 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les motifs de l'arrêté attaqué méconnaissent l'autorité de chose jugée par le jugement n° 1407228 rendu le 10 juillet 2017 par le tribunal administratif de Versailles et l'arrêt n° 17VE02883 rendu le 28 février 2020 par la cour administrative d'appel de Versailles annulant l'arrêté du 21 juillet 2014 ;
- les risques pour la sécurité publique, au sens de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, ne sont pas avérés.
La commune d'Evry-Courcouronnes, représentée par Me Saint-Supery, a présenté des observations enregistrées le 28 janvier 2022, dans lesquelles elle conclut notamment à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maljevic, conseiller,
- les conclusions de M. Fraisseix, rapporteur public,
- les observations de Me Dechelette, représentant la SARL Arim Promotion,
- les observations de Mme A, représentant le préfet de l'Essonne,
- et les observations de Me Sautereau, substituant Me Saint-Supery, représentant la commune d'Evry-Courcouronnes.
Une note en délibéré, présentée pour la SARL Arim Promotion, a été enregistrée le 21 octobre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 21 juillet 2014, le maire de Courcouronnes a refusé de délivrer le permis de construire sollicité par la SARL Arim Promotion en vue de la construction d'une résidence de tourisme de 202 unités. Par un jugement n° 1407228 du 10 juillet 2017, le tribunal administratif de Versailles a annulé cet arrêté. Par un arrêt n° 17VE02883 du 28 février 2020, la cour administrative d'appel de Versailles a confirmé ce jugement et enjoint au maire de la commune de Courcouronnes de procéder au réexamen de la demande de permis de construire. Par un arrêté du 24 août 2020, le maire d'Evry-Courcouronnes, agissant au nom de l'Etat, a opposé un nouveau refus à la demande de délivrance du permis de construire. Par la présente requête, la SARL Arim Promotion demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'exception de chose jugée :
2. L'autorité de chose jugée s'attachant au dispositif d'un jugement d'annulation devenu définitif ainsi qu'aux motifs qui en sont le support nécessaire fait obstacle à ce que, en l'absence de modification de la situation de droit ou de fait, le permis de construire sollicité soit à nouveau refusé par l'autorité administrative ou que le permis accordé soit annulé par le juge administratif, pour un motif identique à celui qui a été censuré par le tribunal administratif.
3. Par son arrêté du 21 juillet 2014, le maire de la commune de Courcouronnes a refusé de délivré le permis de construire sollicité par la SARL Arim Promotion au motif que, dans son avis du 24 juin 2014, le réseau de transport d'électricité (RTE) a relevé que " le dossier ne permet pas d'implanter correctement leur ouvrage pour s'assurer des distances minimales prescrites par l'arrêté du 17 mai 2001 fixant les conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les distributions d'énergie électrique ".
4. Pour annuler pour excès de pouvoir ce refus de permis de construire, le tribunal administratif de Versailles, par son jugement du 10 juillet 2017, s'est fondé sur le motif tiré de ce que le maire avait commis une erreur de fait dès lors qu'il ne ressortait pas des pièces du dossier que le projet en litige serait de nature à méconnaître l'arrêté du 17 mai 2001. Pour confirmer l'annulation prononcée par le tribunal, la cour administrative d'appel de Versailles, dans son arrêt du 28 février 2020, devenu définitif, a retenu que ni l'avis défavorable émis par RTE, ni l'arrêté de refus de permis de construire ne précise la distance minimale réglementaire opposable au projet, ni davantage dans quelle mesure la réalisation de la construction litigieuse ferait obstacle au respect de l'arrêté du 17 mai 2001.
5. Pour rejeter, une nouvelle fois, la demande de permis de construire litigieuse, le maire de la commune d'Evry-Courcouronnes a retenu non seulement que le projet ne respectait pas la distance minimale par rapport aux lignes électriques aériennes prévue par les dispositions des articles 25 et 26 de l'arrêté interministériel du 17 mai 2001, mais également qu'il serait de nature à porter gravement atteinte à la sécurité publique, au sens des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, du fait de son implantation " à proximité immédiate de lignes électriques à très haute tension ". Ce second motif repose notamment sur la circonstance qu'en cas d'incendie de la construction projetée, la mise hors tension des lignes électriques à haute tension seraient nécessaires pour garantir la sécurité des services de secours, une telle mise hors tension étant de nature à retarder leur intervention sachant que ces lignes appartiennent à un couloir stratégique d'alimentation de la région Ile-de-France.
6. En l'absence de modification de la situation de droit ou de fait, le premier motif tiré de la méconnaissance de la distance minimale par rapport aux lignes électriques aériennes prévue par les articles 25 et 26 de l'arrêté interministériel du 17 mai 2001, identique au motif ayant fondé le premier refus, se heurte à l'autorité absolue de chose jugée qui résulte des motifs des jugement et arrêt précités du tribunal administratif et de la cour administrative d'appel de Versailles.
7. Néanmoins, si l'arrêté retient à tort ce motif, il résulte de l'instruction que le maire aurait pris la même décision, sans méconnaitre l'autorité de la chose jugée, en fondant sa décision uniquement sur le second motif tiré de l'atteinte à la sécurité publique en méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, ce motif ne se rattachant pas à la distance litigieuse, mais à la " proximité immédiate " des lignes électriques à haute tension par rapport au projet.
En ce qui concerne l'atteinte à la sécurité publique :
8. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
9. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent. Par ailleurs, en vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modification substantielle nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
10. Il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux, consistant en la construction d'une résidence de tourisme de 202 unités, est situé sur un terrain placé à proximité immédiate de lignes électriques à très haute tension. Dans le cadre de l'instruction de la demande de permis de construire, RTE a émis, le 20 juillet 2020, un avis défavorable au motif que la proximité du projet par rapport aux lignes électriques à très haute tension était de nature à présenter un risque important en cas d'incendie de la construction. En l'occurrence, ainsi qu'il est dit au point 5, l'avis de RTE mentionne que dans un tel scénario, la mise hors tension de ces lignes électriques serait nécessaire afin de garantir la sécurité des sapeurs-pompiers et aurait pour effet de ralentir considérablement leur intervention. En outre, ces lignes à très hautes tensions font partie d'un couloir de lignes stratégiques indispensable à l'alimentation de la région Ile-de-France en électricité. Or, la mise hors tension de ces lignes électriques, même de façon provisoire, aurait pour effet de priver près de 100 000 foyers d'électricité.
11. Si la société Arim Promotion fait état d'un avis favorable délivré par RTE le 12 octobre 2007, pour lequel elle a obtenu un précédent permis de construire délivré par un arrêté du 20 décembre 2007, cette circonstance ne saurait, par elle-même, suffire à écarter l'existence d'un tel risque alors qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la configuration du projet était la même à la date de cet avis, ni que les lignes électriques à très haute tension en cause présentaient les mêmes caractéristiques ou les mêmes enjeux stratégiques à cette époque. D'ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le projet autorisé en 2007 comprenait 172 couchages au lieu des 202 unités du projet litigieux. Dans ces conditions, eu égard notamment à la gravité des conséquences du risque incendie s'il se réalise, pour les occupants comme pour les tiers au projet, le maire de la commune d'Evry-Courcouronnes n'a pas, dans les circonstances de l'espèce, commis d'erreur d'appréciation, ni d'erreur de droit, en fondant la décision de refus sur la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
12. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'enjoindre à la commune d'Evry-Courcouronnes la production de l'avis du 12 octobre 2007, que la SARL Arim Promotion n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 4 août 2020 par lequel le maire de la commune d'Evry-Courcouronnes a refusé de lui délivrer le permis de construire sollicité.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Le présent jugement, dès lors qu'il rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants, n'implique la prescription d'aucune mesure d'exécution. Les conclusions présentées à cette fin par la société requérante doivent dès lors être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société requérante au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a en tout état de cause pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune d'Evry-Courcouronnes présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a donc lieu de les rejeter, sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Arim Promotion est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Evry-Courcouronnes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Arim Promotion et au préfet de l'Essonne.
Copie pour information en sera adressée à la commune d'Evry-Courcouronnes.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Benoit, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
Le rapporteur,
signé
S. Maljevic
La présidente,
signé
N. Boukheloua
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026