LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2006887

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2006887

lundi 24 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2006887
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre
Avocat requérantSELARL MAYET-PERRAULT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 octobre 2020, M. B A F, représenté par Me Perrault, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° A-20-00006 du 13 janvier 2020 par lequel le préfet des Yvelines l'a mis en demeure de mettre fin à la mise à disposition à fin d'habitation du local n° 68, escalier 2, situé au sous-sol d'un immeuble sis 57 rue Exelmans à Versailles (78) dans un délai maximum de deux mois ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il méconnaît les dispositions des articles L. 1331-22 et L. 1337-4 du code de la santé publique ;

- il y a une contradiction entre le rapport du service communal d'hygiène et de santé établi le 28 octobre 2019 et le constat d'huissier du 9 juillet 2020.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2021, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête et à ce que M. A F soit condamné aux dépens en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est tardive ;

- les moyens soulevés par M. A F ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de Mme Ghiandoni, rapporteure publique,

- les observations de Me Perrault, représentant M. F.

Considérant ce qui suit :

1. Depuis le 28 juin 2017, M. B A F loue à Mme D E, aux fins d'habitation, pour un loyer mensuel de 720 euros charges comprises, un local situé au sous-sol d'un immeuble sis 57 rue Exelmans à Versailles (78). A la suite d'une plainte adressée par la locataire au service d'hygiène de la Ville de Versailles le 19 juin 2019, les agents communaux ont effectué une enquête sur place. Suite à cette enquête, le maire de Versailles a demandé au préfet des Yvelines de mettre en œuvre les dispositions de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique afin de faire cesser la mise à disposition à fin d'habitation de ce local. En application des dispositions de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique, M. A F, en a été informé par courrier du 29 novembre 2019, un délai de 15 jours lui étant imparti pour faire part de ses éventuelles observations. M. A F a produit ses observations le 16 décembre 2019. Par l'arrêté attaqué du 13 janvier 2020, régulièrement notifié le 27 janvier 2020, le préfet des Yvelines a mis en demeure M. A F de cesser la mise à disposition du local d'habitation n° 68, escalier 2, situé au sous-sol d'un immeuble sis 57 rue Exelmans à Versailles (78) dans un délai maximum de deux mois. Le 12 mars 2020, le requérant a formé un recours hiérarchique auquel l'administration n'a pas donné suite. Par la présente requête, enregistrée le 21 octobre 2020, M. A F demande au tribunal d'annuler l'arrêté n° A-20-00006 du 13 janvier 2020.

Sur la légalité de l'arrêté attaqué :

2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé par M. Vincent Roberti, secrétaire général de la préfecture des Yvelines, qui disposait d'une délégation de signature consentie par un arrêté 20 septembre 2018 du préfet des Yvelines, publié le 21 septembre 2018 au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 78-2018-130, à l'effet de signer " tous actes, arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'État dans le département des Yvelines ", à l'exception de certains actes dont la décision contestée ne fait pas partie. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté, qui manque en fait, doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Selon l'article L. 211-2 de ce code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". La décision portant interdiction de mise à disposition d'un local à fin d'habitation est au nombre de celles qui doivent être motivées en application des dispositions citées ci-dessus.

4. L'arrêté attaqué vise notamment le code de la santé publique et, en particulier, son article L. 1331-22 dont il reprend les dispositions, ainsi que le rapport d'enquête du service communal d'hygiène et de sécurité (SCHS) de la ville de Versailles établi le 28 octobre 2019. Même si le préfet n'a pas joint à sa décision le rapport du service communal d'hygiène et de sécurité de Versailles (SCHS) établi le 28 octobre 2019, il mentionne précisément les non conformités sanitaires relevées dans le local lors de l'enquête d'insalubrité contradictoire diligentée le jour même et justifiant la mise en œuvre de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique. Par suite, l'arrêté attaqué comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Il n'est par ailleurs pas contesté que le rapport d'enquête circonstancié du SCHS auquel l'arrêté fait référence avait régulièrement été notifié à M. A F le 3 décembre 2019. Enfin, la circonstance que les constats opérés par le service seraient en contradiction avec ceux établis par procès-verbal d'huissier le 9 juillet 2020 est sans incidence sur le caractère suffisant de la motivation de l'arrêté attaqué. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cet arrêté doit être écarté comme manquant en fait.

5. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique, dans sa rédaction alors applicable au litige : " Les caves, sous-sols, combles, pièces dépourvues d'ouverture sur l'extérieur et autres locaux par nature impropres à l'habitation ne peuvent être mis à disposition aux fins d'habitation, à titre gratuit ou onéreux. Le représentant de l'État dans le département met en demeure la personne qui a mis les locaux à disposition de faire cesser cette situation dans un délai qu'il fixe. Il peut prescrire, le cas échéant, toutes mesures nécessaires pour empêcher l'accès ou l'usage des locaux aux fins d'habitation, au fur et à mesure de leur évacuation. () Ces mesures peuvent faire l'objet d'une exécution d'office. La mise en demeure prévue au premier alinéa précise que, à l'expiration du délai fixé, en cas de poursuite de la mise à disposition des locaux impropres à l'habitation ou, le cas échéant, de non-réalisation des mesures prescrites, la personne qui a mis les locaux à disposition est redevable d'une astreinte par jour de retard dans les conditions prévues à l'article L. 1331-29-1. Les dispositions de l'article L. 521-2 du code de la construction et de l'habitation sont applicables aux locaux visés par la mise en demeure. La personne qui a mis les locaux à disposition est tenue d'assurer le relogement des occupants dans les conditions prévues par l'article L. 521-3-1 du même code ; à défaut, les dispositions de l'article L. 521-3-2 sont applicables ". Le recours dont dispose le propriétaire ou le locataire d'un immeuble contre la décision par laquelle l'autorité préfectorale déclare le logement impropre à l'habitation, en application de ces dispositions, est un recours de plein contentieux. Il appartient par suite au juge saisi d'un tel recours de se prononcer sur le caractère impropre de l'habitation des locaux en cause d'après l'ensemble des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa décision. Une ouverture sur l'extérieur, au sens des dispositions de l'article L. 1331-22 du CSP, doit donner sur l'air libre et permettre une aération et un éclairement suffisants pour prévenir toute atteinte à la santé des occupants.

6. Il résulte de l'instruction que le local susvisé occupé actuellement par Mme E est situé au sous-sol d'un immeuble. Il est enterré et enfoui à 100% par rapport au niveau du sol. Il n'est éclairé que grâce à des fenêtres donnant sur une cour anglaise, dont la paroi se trouve à une distance nettement inférieure à 4 mètres, en méconnaissance des normes du règlement sanitaire départementale des Yvelines. Le rapport d'enquête du service communal d'hygiène et de sécurité (SCHS) de la commune de Versailles établi le 28 octobre 2019 indique que l'éclairement naturel, qui se fait donc exclusivement par une fosse grillagée résultant de la cour anglaise, est insuffisant du fait de l'encaissement important du local et de la surface des fenêtres, inférieure à 10% de la surface totale de la pièce. Il résulte également de ce rapport que les murs n'assurent pas une protection suffisante contre l'humidité et que le local n'est pas correctement ventilé. Le requérant se prévaut des conclusions d'un procès-verbal, réalisé à sa demande et établi par huissier de justice le 9 juillet 2020. Toutefois, ce document, qui fait lui-même état de ce que le local est situé en " sous-sol ", se borne à mentionner les dimensions des fenêtres de la pièce, sans établir qu'elles permettraient d'assurer un éclairement naturel du local suffisant. Il ne ressort pas davantage de ce procès-verbal que l'huissier aurait vérifié le bon fonctionnement des bouches d'aération ni mesurer avec un appareil approprié le taux réel d'humidité des murs. Par ailleurs, le fait que le bail conclu avec l'occupante mentionne " studio loué " est sans incidence sur la qualification du local au regard de la réglementation sanitaire. Ainsi, les prétendues contradictions relevées par le requérant ne sont pas de nature à remettre en question la légalité de l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, le préfet n'a ni méconnu les dispositions précitées, ni commis d'erreur d'appréciation en estimant que le local était, de par sa structure et sa configuration, impropre à l'habitation et en décidant de mettre en demeure M. A F de cesser sa mise à disposition à fin d'habitation.

7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que M. A F n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté

n° A-20-00006 du 13 janvier 2020 par lequel le préfet des Yvelines l'a mis en demeure de mettre fin à la mise à dispositions d'habitation du local (lot n° 68), escalier 2, situé au sous-sol d'un immeuble sis 57 rue Exelmans à Versailles (78) dans un délai maximum de deux mois.

Sur les frais liés au litige :

8. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens. "

9. Le préfet des Yvelines ne justifiant pas avoir exposé de dépens, ses conclusions présentées tendant à leur remboursement ne peuvent dès lors qu'être rejetées.

10. Aux termes de l'article L. 761-1 du CJA : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. A F au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. A supposer que le préfet ait entendu formuler des conclusions au titre des mêmes dispositions, il n'établit pas avoir eu recours aux services d'un avocat. Dans ces conditions, ces conclusions ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. A F est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du préfet des Yvelines sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A F et au préfet des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 10 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Mégret, présidente,

Mme Rivet, première conseillère,

M. Gibelin, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition du greffe le 24 octobre 2022.

La rapporteure,

signé

S. C

La présidente,

signé

S. MégretLa greffière,

signé

G. Le Pré

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions