mardi 11 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2007023 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SIMON |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 26 octobre 2020, 23 février 2021 et 15 juin 2021, sous le n° 2007023, les sociétés Rovatti France, Fimocorp et Starfimo, représentées par Me Gauthier, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 février 2020 par lequel le maire de la commune de Palaiseau a délivré un permis de construire à l'association Pont de l'amitié franco arabe de Palaiseau en vue du changement d'affectation de locaux existants et de leur extension, l'autorisation de création d'un établissement recevant du public afférente à ces locaux délivrée le même jour et la décision implicite née le 25 août 2020 par laquelle le maire de la commune de Palaiseau a rejeté le recours gracieux formé contre ces décisions ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2020 par lequel le maire de la commune de Palaiseau a délivré un permis de construire modificatif à l'association Pont de l'amitié franco arabe de Palaiseau en vue de la création d'un local à vélo et l'intégration d'une cinquième place de stationnement et l'autorisation de modification d'un établissement recevant du public, y afférente, délivrée le même jour ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Palaiseau la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
En ce qui concerne les permis de construire :
- leur requête est recevable dès lors qu'elle a été introduite dans le délai de recours contentieux de deux mois ; dès lors qu'elles sont voisines immédiates du projet litigieux, elles bénéficient d'une présomption d'intérêt à agir ;
- il n'est pas justifié de la qualité et de l'identité du signataire de l'arrêté de permis de construire attaqué ;
- le permis de construire contesté a été délivré sur la base d'un dossier incomplet ; le formulaire Cerfa ne permet pas de connaître la destination des surfaces existantes du bâtiment ni celles des surfaces faisant l'objet de l'autorisation en litige ; le plan de masse n'est pas coté dans ses trois dimensions et ne fait apparaître les arbres existants supprimés et conservés ; les pièces du dossier ne permettent pas d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement ; le plan de coupe AA ne matérialise pas le terrain naturel ; le plan de coupe BB ne cote pas le niveau du terrain naturel ; la notice de présentation du dossier est insuffisante ; le dossier de demande ne comporte aucun plan de toiture et les plans de façades ne font pas apparaître les matériaux et les couleurs utilisées ; le dossier ne comporte aucune autorisation de démolition ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UR1 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) dès lors qu'il ne comporte aucune place de stationnement ;
- il méconnaît les dispositions du règlement du PLU relatives à l'emprise au sol des constructions et des espaces verts ;
- il méconnaît les dispositions du règlement du PLU relatives aux règles de hauteur ;
- il méconnaît les dispositions du règlement du PLU relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparative ;
- il méconnaît les dispositions du règlement du PLU relatives à l'insertion des constructions ;
- il méconnaît les dispositions du règlement du PLU relatives à la desserte des constructions par les réseaux ;
- il porte atteinte à la sécurité publique en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le permis de construire modificatif du 21 décembre 2020 a été accordé à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il a été délivré le lendemain de la réception des pièces manquantes ;
En ce qui concerne les autorisations de construire un établissement recevant du public :
- elles ont été délivrées sur la base d'un dossier incomplet ;
- elles méconnaissent les dispositions des articles R. 111-19-1 et R. 111-19-2 du code de l'urbanisme ;
- elle méconnaissent les dispositions de l'arrêté du 21 avril 1983.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2021, l'association Pont de l'amitié franco arabe de Palaiseau, représentée par Me Lepeu conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des sociétés requérantes au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en ce qui concerne les sociétés Fimocorp et Starfimo faute pour elles de justifier de la formation d'un recours gracieux ayant prorogé les délais de recours contentieux ; les sociétés Fimocorp et Starfimo ne justifient pas du caractère régulier de l'occupation de leur bien en application des dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 16 juin 2021 et 29 juillet 2022, la commune de Palaiseau, représentée par Me Simon, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des sociétés requérantes au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre l'autorisation de construire un établissement recevant du public sont irrecevables dès lors qu'il s'agit d'un acte préparatoire insusceptible de faire l'objet d'un recours contentieux ;
- la requête est irrecevable en ce qui concerne les sociétés Fimocorp et Starfimo faute pour elles de justifier de la formation d'un recours gracieux ayant prorogé les délais de recours contentieux ; les sociétés Fimocorp et Starfimo ne justifient pas du caractère régulier de l'occupation de leur bien en application des dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- l'ensemble des sociétés requérantes ne justifient pas d'un intérêt à agir contre les autorisations attaquées ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 12 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 janvier 2023 à 12 heures.
Un mémoire, présenté par l'association Pont de l'amitié franco arabe de Palaiseau, a été enregistré le 21 juin 2023.
II. Par une requête, enregistrée le 23 février 2021, sous le numéro n° 2101603, les sociétés Rovatti France, Fimocorp et Starfimo, représentées par Me Gauthier, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2020 par lequel le maire de la commune de Palaiseau a délivré un permis de construire modificatif à l'association Pont de l'amitié franco arabe de Palaiseau en vue de la création d'un local à vélo et l'intégration d'une cinquième place de stationnement et l'autorisation de modification d'un établissement recevant du public, y afférente, délivrée le même jour ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Palaiseau la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors qu'elle a été introduite dans le délai de recours contentieux de deux mois ; dès lors qu'elles sont voisines immédiates du projet litigieux, elles bénéficient d'une présomption d'intérêt à agir ;
- le permis de construire modificatif a été délivré au terme d'une procédure irrégulière ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UR1 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) dès lors qu'il doit être regardé comme ne comportant aucune place de stationnement ;
- l'autorisation de construire un établissement recevant du public a été délivré sur la base d'un dossier incomplet ;
- elle méconnaît les dispositions de l'arrêté du 21 avril 1983.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2021, la commune de Palaiseau, représentée par Me Simon conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge des sociétés requérantes au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre l'autorisation de construire un établissement recevant du public sont irrecevables dès lors qu'il s'agit d'un acte préparatoire insusceptible de faire l'objet d'un recours contentieux ;
- la requête est irrecevable en ce qui concerne les sociétés Fimocorp et Starfimo faute pour elles de justifier de la formation d'un recours gracieux ayant prorogé les délais de recours contentieux ; les sociétés Fimocorp et Starfimo ne justifient pas du caractère régulier de l'occupation de leur bien en application des dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- l'ensemble des sociétés requérantes ne justifient pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à l'association Pont de l'amitié franco arabe de Palaiseau qui n'a pas présenté d'observation.
Par une ordonnance du 16 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 janvier 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maljevic, conseiller,
- les conclusions de M. Fraisseix, rapporteur public,
- les observations de Me Gauthier, représentant les sociétés requérantes,
- et les observations de Me Simon, représentant la commune de Palaiseau.
Deux notes en délibéré, présentées pour les sociétés requérantes, ont été enregistrées le 5 juillet 2023 dans les dossiers n° 2007023 et n° 2101603.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 14 février 2020, le maire de la commune de Palaiseau a délivré à l'association Pont de l'amitié franco arabe de Palaiseau, au nom de la commune, un permis de construire, en vue du changement d'affectation de locaux existants et de leur extension. Par une décision du même jour, le maire de cette commune a délivré, au nom de l'Etat, une autorisation de création d'un établissement recevant du public en ce lieu. Par un courrier du 24 juin 2020, la société Rovatti France a formé un recours gracieux contre ces deux décisions. Le silence gardé par le maire de la commune sur cette demande a fait naître, le 25 août 2020, une décision implicite de rejet. Par un arrêté du 22 décembre 2020, le maire de la commune de Palaiseau a délivré un permis de construire modificatif à l'association Pont de l'amitié franco arabe de Palaiseau en vue de la création d'un local à vélo et l'intégration d'une cinquième place de stationnement. Par une décision du même jour, le maire de cette commune a délivré, au nom de l'Etat, une autorisation, y afférente, de modification d'un établissement recevant du public. Par les présentes requêtes, les sociétés requérantes demandent au tribunal l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
2. Les requêtes enregistrées sous les nos 2007023 et 2101603 sont relatives au même projet et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur la fin de non-recevoir tenant à la tardiveté des conclusions à fin d'annulation du permis de construire du 14 février 2020 :
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ". Aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai () ".
4. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des écritures des sociétés requérantes, que le permis de construire du 14 février 2020 a été affiché sur le terrain d'assiette du projet à compter du 16 juin 2020. Il n'est pas contesté que cet affichage a été continu pendant une durée de deux mois et qu'il faisait mention des voies et délais de recours. Dans ces conditions, le délai de recours contentieux à l'encontre du permis de construire contesté a commencé à courir à compter du 16 juin 2020. Si la SARL Rovatti justifie avoir formé un recours gracieux, dument notifié en application de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, contre cet arrêté le 24 juin 2020, lequel a interrompu le délai de recours contentieux à l'égard de cet arrêté, en ce qui la concerne, les sociétés Fimocorp et Starfimo ne justifient pas, quant à elles, d'une telle démarche. Par conséquent, la requête enregistrée le 26 octobre 2020, soit au-delà du délai de recours qui avait commencé à courir à compter de l'affichage du permis de construire du 14 février 2020, est tardive en ce qu'elle a été introduite par les sociétés Fimocorp et Starfimo et en ce qu'elle est dirigée contre cet arrêté. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être accueillie dans cette mesure de sorte que les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 2007023, en tant qu'elle émane des sociétés Fimocorp et Starfimo et en tant qu'elles sont dirigées contre l'arrêté de permis de construire du 14 février 2020, doivent être rejetées.
Sur la fin de non-recevoir tenant à la méconnaissance de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme :
5. Aux termes de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l' article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation , du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant ".
6. Les sociétés Fimocorp et Starfimo ne versent aucun titre de propriété ni aucun contrat de bail ou tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention des biens dont elles se prévalent. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la défense, tenant à la méconnaissance de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme par ces sociétés, doit être accueillie. Dès lors, ces sociétés ne sont, en tout état de cause, pas recevables à demander l'annulation des arrêtés de permis de construire délivrés les 14 février 2020 et 22 décembre 2020.
Sur la fin de non-recevoir tenant au défaut d'intérêt à agir des sociétés requérantes :
7. D'une part, aux termes de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Les travaux qui conduisent à la création, l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public ne peuvent être exécutés qu'après autorisation délivrée par l'autorité administrative qui vérifie leur conformité aux règles prévues aux articles L. 111-7, L. 123-1 et L. 123-2 ". Aux termes de l'article R. 111-19-14 de ce code : " L'autorisation ne peut être délivrée que si les travaux projetés sont conformes : / a) Aux règles d'accessibilité aux personnes handicapées prescrites, pour la construction ou la création d'un établissement recevant du public, à la sous-section 4 de la présente section ou, pour l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public existant, à la sous-section 5 de la même section ; / b) Aux règles de sécurité prescrites aux articles R. 123-1 à R. 123-21 ".
8. D'autre part, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Il résulte des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Il appartient ensuite au juge de l'excès de pouvoir de former sa conviction sur la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
9. Pour justifier de leur intérêt à agir contre les quatre actes attaqués, les sociétés requérantes se prévalent des troubles de jouissance et d'exploitation de leur activité, qui résultent de l'utilisation de leurs places de stationnement privées par les usagers de la salle de prière située à proximité des biens qu'elles occupent. Elles soutiennent que l'autorisation litigieuse est de nature à aggraver de tels troubles compte tenu de l'augmentation des capacités d'accueil de cette salle prévue par le projet. Toutefois, pour établir les troubles allégués, les sociétés requérantes se bornent à produire deux photographies dépourvues d'indication quant à leurs dates et dont les éléments mentionnés, de façon manuscrite, quant à la localisation des prises de vue sont peu explicites. Dans ces conditions, les trois sociétés requérantes ne justifient pas, d'une part, d'un intérêt leur donnant qualité à agir contre les arrêtés du 14 février et du 22 décembre 2020 par lesquels le maire de la commune de Palaiseau a délivré, au nom de l'Etat, à l'association Pont de l'amitié franco arabe de Palaiseau, une autorisation de création, puis une autorisation de modification, d'un établissement recevant du public en ce lieu. D'autre part, ces seuls éléments ne sauraient être regardés comme suffisants pour établir que l'atteinte invoquée par la société Rovatti France est susceptible d'affecter, de manière directe, les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance des biens qu'elle occupe. Dès lors, elle ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir à l'encontre des permis de construire attaqués, délivrés les 14 février 2020 et 22 décembre 2020 par le maire de Palaiseau à l'association Pont de l'amitié franco-arabe de Palaiseau. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Palaiseau doit être accueillie.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes des sociétés requérantes ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais d'instance :
11. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Palaiseau qui n'est pas, dans les présentes instances, la partie perdante, le versement de la somme que les sociétés requérantes demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de ces sociétés, le versement à la commune de Palaiseau et à l'association Pont de l'amitié franco arabe de Palaiseau d'une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
12. D'autre part, la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions de la requête formulées par l'association Pont de l'amitié franco arabe de Palaiseau à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes nos 2007023 et 2101603 des sociétés Rovatti France, Fimocorp et Starfimo sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Palaiseau et de l'association Pont de l'amitié franco arabe de Palaiseau présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié aux sociétés Rovatti France, Fimocorp et Starfimo, à la commune de Palaiseau et à l'association Pont de l'amitié franco arabe de Palaiseau.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Benoit, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2023.
Le rapporteur,
signé
S. Maljevic
La présidente,
signé
N. Boukheloua
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2007023, 2101603
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026