jeudi 12 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2007294 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BOIARDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 novembre 2020, M. A B, représenté par Me Boiardi, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 51 321,85 euros, sauf à parfaire, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Boiardi en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- l'arrêté du 27 juillet 2016 par lequel le préfet des Yvelines a refusé de renouveler son titre de séjour a été annulé par le tribunal de céans par un jugement du 30 décembre 2016 ; l'illégalité de cet arrêté engage ainsi la responsabilité de l'Etat et ouvre droit à réparation ;
- la période de responsabilité de l'Etat doit être regardée comme s'étendant du 27 juillet 2016 au 16 juillet 2018 ;
- il sera fait une juste appréciation de ses préjudices en lui octroyant une indemnité de 24 535,5 euros au titre de sa perte de chance de pouvoir bénéficier de l'allocation aux adultes handicapés, la majoration pour la vie autonome et l'aide personnalisée au logement, une indemnité de 10 458,68 euros au titre de son préjudice financier lié à ses dettes locatives, une indemnité de 1 013,10 euros au titre des frais d'hospitalisation non pris en charge en raison de la perte de la couverture maladie universelle, une indemnité de 314,57 euros au titre de ses frais bancaires et une indemnité de 10 000 euros en réparation de son préjudice moral et de ses troubles dans les conditions d'existence.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 novembre 2020, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 13 janvier 2020.
Par une ordonnance du 16 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience sur ce litige en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant kosovare né le 15 mars 1974 à Smire Viti, est entré en France le 22 décembre 2008. Il a obtenu, en décembre 2011, un titre de séjour en qualité d'étranger malade, qui a été renouvelé à plusieurs reprises. En février 2015, M. B a sollicité le renouvellement de son admission au séjour. Toutefois, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande par un arrêté du 27 juillet 2016, qui a été annulé par le tribunal de céans par jugement n°1606265 du 30 décembre 2016. Pour obtenir réparation des préjudices qu'il estime avoir subi en raison du refus de renouvellement de son titre de séjour, il a adressé, le 14 août 2020, une demande préalable d'indemnisation à laquelle le préfet des Yvelines n'a pas répondu. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser une indemnité d'un montant total de 51 321,85 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. Il résulte de l'instruction que l'arrêté du 27 juillet 2016 refusant au requérant le renouvellement de son titre de séjour a été annulé par le jugement précité du 30 décembre 2016 au motif que, malgré l'invitation qui lui avait été faite, le préfet des Yvelines n'avait pas produit l'avis du médecin de l'agence régionale de santé et ne pouvait donc être regardé comme apportant des éléments de faits susceptibles de faire présumer l'existence d'un état de santé de nature à justifier le refus d'un titre de séjour. Eu égard au motif d'annulation retenu par le tribunal, il n'est pas établi que le préfet des Yvelines aurait pour autant méconnu les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, dès lors que, ainsi que ce dernier le rappelle, le tribunal ne l'a enjoint qu'à réexaminer la situation du requérant et qu'il n'était pas tenu de statuer favorablement sur la demande de délivrance de titre de séjour présentée par l'intéressé.
3. Il résulte de ce qui précède que l'illégalité ayant justifié l'annulation de l'arrêté du 27 juillet 2016 ne saurait donner lieu à réparation. Par suite, M. B n'est pas fondé à demander la condamnation de l'Etat à lui verser une somme de 51 321,85 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis.
Sur les frais d'instance :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Blanc, président,
- Mme Lutz, première conseillère,
- Mme Degorce, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 janvier 2023.
La rapporteure,
Signé
Ch. CLe président,
Signé
Ph. Blanc
La greffière,
Signé
C. Delannoy
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026