vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2007369 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ROCHEFORT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 9 novembre 2020, le 9 mars 2022, le 29 avril 2022 et un mémoire déposé le 1er janvier 2023 mais non communiqué, Mme A B, représentée par Me Rochefort, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, d'annuler pour excès de pouvoir la décision explicite du maire de la commune de Sartrouville du 3 août 2020, notifiée le 28 septembre 2020, rejetant sa demande indemnitaire ainsi que celle refusant de conclure un avenant à son contrat à durée indéterminée ;
2°) à titre également principal, de condamner la commune de Sartrouville à lui verser la somme de 188 130,32 euros à titre de dommages et intérêts et de compensation des rémunérations accessoires, avec intérêts au taux légal à compter de la demande indemnitaire préalable et capitalisation des intérêts ;
3°) à titre accessoire, d'enjoindre à la commune de Sartrouville de régulariser sa situation par la conclusion d'un avenant en réévaluant sa rémunération et en versant les parties de traitement, primes et accessoires non perçus avec leurs intérêts et capitalisation, en prenant en charge les cotisations sociales et patronales sur le rattrapage de ces éléments de rémunération ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Sartrouville la somme de 4 200 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 3 août 2020 est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît le principe d'égalité de traitements entre agents ;
- elle méconnaît le principe de non-discrimination ;
- la commune a commis une faute pour avoir rendu public ses données personnelles ;
- elle a également commis une faute en méconnaissant la réglementation sur le temps de travail ;
- elle a encore commis une faute pour ne pas lui avoir fait bénéficier de régime indemnitaire depuis le 1er janvier 2016 et l'avoir maintenue en situation précaire ;
- elle a commis une autre faute pour rémunération insuffisante, manifestant une rupture d'égalité de traitement et une erreur manifeste d'appréciation ;
- son préjudice se monte en définitive à 188 130, 32 euros :
*elle a droit à une indemnité de résidence de 125,12 euros sur 46 mois soit 5 750 euros, somme dont elle a été privée entre le 1er janvier 2016 et le 1er octobre 2019 ;
*elle a également droit à des dommages et intérêts correspondant au régime indemnitaire dont elle a été privée depuis le 1er octobre 2016, contrairement à ses confrères, à chiffrer exactement dès communication par la commune de toutes les délibérations sollicitées, soit, en l'état, une somme de 53 529,28 euros correspondant à une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) mensuelle de 1 163,68 euros sur 46 mois, auquel il convient de rajouter la demande de versement d'un complément indemnitaire annuel pour 100% d'IFSE soit 3 491,04 euros et le versement des 160 euros brut d'IFSE supplémentaire par mois que le maire a décidé de lui octroyer dans sa décision du 3 août 2020 à compter du 1er octobre 2016, soit 7 360 euros correspondant à 160 euros sur 46 mois ;
* elle a droit à des dommages et intérêts compensant les désagréments et atteintes et préjudices de toute nature d'un montant de 75 000 euros depuis le 1er janvier 2016, évalués, en avril 2022, à une perte de 1000 euros par mois sur 75 mois, à compléter d'un préjudice moral et de troubles dans les conditions d'existence, évalués à 10 000 euros, somme à parfaire, le préjudice s'aggravant ;
* elle a droit à des dommages et intérêts d'un montant de 13 000 euros au titre du rattrapage de la rémunération fixée, correspondant à une perte de 1 000 euros par mois sur 13 mois, somme à parfaire, ce poste de préjudice s'aggravant, ainsi qu'à une somme de 10 000 euros, au titre du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence associés ;
* elle a droit à des dommages et intérêts d'un montant de 10 000 euros au titre de la méconnaissance de la réglementation sur le temps de travail et l'atteinte à sa vie privée.
Par des mémoires enregistrés le 24 mars 2022 et le 12 septembre 2022, la commune de Sartrouville, représentée par Me Poput, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 3 août 2020 sont irrecevables : cette décision réévalue le montant de l'IFSE allouée et ne lui fait donc pas grief ;
- les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision rejetant la conclusion de l'avenant, qui doivent être regardées comme dirigées contre le contrat à durée indéterminée n°2019-2304 du 8 octobre 2019 par lequel sa rémunération a été fixée par référence à l'indice HEA, correspondant à l'échelon 4 de la grille indiciaire des médecins territoriaux hors classe, sont tardives et dès lors également irrecevables ;
- sa demande, datée du 29 avril 2022, tendant à voir condamner la commune à lui verser, en plus des sommes déjà réclamées, la somme de 3 491,04 euros au titre du complément indemnitaire annuel (CIA) ainsi que la somme de 7 360 euros au titre d'un complément d'IFSE, versé annuellement, est irrecevable, le présent litige s'appréciant dans la limite des seuls chefs de préjudice formulés initialement par la requérante ;
- la commune n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en fixant sa rémunération par référence à l'échelon 4 de la grille indiciaire des médecins territoriaux hors classe, à compter du 1er octobre 2019 ;
- elle n'a pas méconnu le principe de non-discrimination et le principe d'égalité de traitement entre les agents publics ;
- elle n'a pas commis de fautes ;
- s'agissant du recours abusif au contrat à durée déterminée, sa demande indemnitaire se heurte, à titre principal, à l'exception de prescription quadriennale ; à titre subsidiaire, elle est infondée.
Par ordonnance du 6 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive (CE) n°1999/70/CE du Conseil du 28 juin 1999 concernant l'accord-cadre CES, UNICE et CEEP sur le travail à durée déterminée ;
- le règlement (UE) n° 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre-circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE ;
- le code civil ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- la loi n°2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique :
- le décret n°85-1148 du 24 octobre 1985 modifié relatif à la rémunération des personnels civils et militaires de l'Etat, des personnels des collectivités territoriales et des personnels des établissements publics d'hospitalisation ;
- le décret n°85-1250 du 26 novembre 1985 relatif aux congés annuels des fonctionnaires ;
- le décret n°88-145 du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale ;
- le décret n°92-851 du 28 août 1992 portant statut particulier du cadre d'emplois des médecins territoriaux ;
- le décret n°2000-815 du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat et dans la magistrature ;
- le décret n°2001-623 du 12 juillet 2001 pris pour l'application de l'article 7-1 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale ;
- le décret n°2007-1845 du 26 décembre 2007 relatif à la formation professionnelle tout au long de la vie des agents de la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vincent, première conseillère,
- et les observations de Me Allain, substituant Me Rochefort,
- les observations de Mme B,
- et les observations de Me Poput.
Connaissance prise de la note en délibéré présentée par Me Rochefort et enregistrée le 10 janvier 2023 et de la note en délibéré présentée par Me Poput et enregistrée le 12 janvier 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, docteur en chirurgie dentaire, a été recrutée par la commune de Sartrouville le 14 janvier 2002 pour exercer ses fonctions au centre de santé Yves Culot de la commune, à raison de deux jours par semaine. Son engagement a été renouvelé annuellement jusqu'en 2011, date à laquelle un contrat à durée indéterminée lui a été proposée avec effet au 14 janvier 2008. Le 8 octobre 2019, un nouveau contrat à durée indéterminée lui a été proposé que la requérante a d'abord refusé de signer, en contestant le montant de la rémunération octroyée, par courrier du 4 février 2020. Elle l'a finalement signé le 30 juillet 2020. Par courrier du 3 août 2020, elle a toutefois formé une demande indemnitaire préalable chiffrant son préjudice à la somme de 148 263,09 euros, demande à laquelle la commune lui a répondu par courrier daté du 3 août 2020 mais notifié seulement le 28 septembre 2020. Par la présente requête, elle demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal, d'annuler pour excès de pouvoir la décision explicite du maire de la commune de Sartrouville du 3 août 2020 rejetant sa demande indemnitaire et refusant de conclure un avenant à son contrat à durée indéterminée aux fins de régularisation de sa rémunération ainsi que de condamner la commune à lui verser en définitive la somme de 188 130,32 euros, avec intérêts au taux légal à compter de la demande indemnitaire préalable et capitalisation des intérêts.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 3 août 2020 en tant qu'elle refuse de revaloriser sa rémunération, conformément à sa demande :
2. La requérante soutient que la commune a choisi de lui donner un indice désavantageux, entachant la décision attaquée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait, d'une erreur manifeste d'appréciation et de rupture du principe d'égalité de traitement avec ses confrères médecins et dentistes exerçant leurs fonctions au sein de la commune de Sartrouville. A cet égard, elle s'est vue attribuer un indice identique à celui retenu pour ses confrères alors qu'ils n'ont pas la même ancienneté et expérience et n'exercent pas les mêmes responsabilités qu'elle. La requérante soutient qu'au contraire, au vu de son ancienneté, de ses responsabilités et de la durée de son temps de travail, elle pouvait prétendre à l'indice brut HEB bis 3.
3. En premier lieu, aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, dans sa version applicable en l'espèce, par l'entremise de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, dans sa version applicable au litige : " () La rémunération des agents contractuels est fixée par l'autorité compétente en tenant compte des fonctions exercées, de la qualification requise pour leur exercice et de l'expérience de ces agents. Elle peut tenir compte de leurs résultats professionnels et des résultats collectifs du service. () ". De plus, aux termes de l'article 1-2 du décret du 15 février 1988 susvisé, dans sa version applicable au litige : " Le montant de la rémunération est fixé par l'autorité territoriale en prenant en compte, notamment, les fonctions occupées, la qualification requise pour leur exercice, la qualification détenue par l'agent ainsi que son expérience. La rémunération des agents employés à durée indéterminée fait l'objet d'une réévaluation au moins tous les trois ans, notamment au vu des résultats des entretiens professionnels prévus à l'article 1-3 ou de l'évolution des fonctions. () ".
4. Il est constant que, recrutée par la commune depuis janvier 2002, la requérante s'est vue proposer un nouveau contrat à durée indéterminée en 2019, avec une rémunération calculée, à compter du 1er octobre, par référence au cadre d'emplois des médecins territoriaux et au grade de médecin hors classe, échelon 4, soit l'indice brut HEA, pour une rémunération brute de 4 170,56 euros. Il ressort du contrat à durée indéterminée daté du 8 octobre 2019, auquel se réfère la commune dans la décision attaquée, que les éléments de rémunération proposés ont tenu compte des fonctions exercées, de sa qualification, de ses diplômes et de son expérience professionnelle, conformément aux textes précités. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit commis par la commune doit être écarté.
5. En deuxième lieu, si, en l'absence de dispositions législatives ou réglementaires relatives à la fixation de la rémunération des agents non titulaires, l'autorité compétente dispose d'une large marge d'appréciation pour déterminer, en tenant compte notamment des fonctions confiées à l'agent et de la qualification requise pour les exercer, le montant de la rémunération ainsi que son évolution, il appartient au juge, saisi d'une contestation en ce sens, de vérifier, qu'en fixant ce montant, l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
6. Aux termes de l'article 15 du décret du 28 août 1992 susvisé : " () Peuvent être inscrits au tableau d'avancement pour l'accès au grade de médecin hors classe, les médecins de 1re classe ayant atteint le 3e échelon de leur grade depuis au moins un an et justifiant de douze années de services effectifs en qualité de médecin dans un corps, cadre d'emplois ou emploi de fonctionnaire de l'Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent ". Il résulte en outre de l'article 14 du même décret que la durée du temps passé au 1er et 2ème échelon du grade de médecin hors classe est de 4 ans au total et de 3 ans au 3ème échelon.
7. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier et en particulier de ses bulletins de salaire que la commune ait commis une erreur de fait ou une erreur manifeste d'appréciation en la classant à cet indice alors qu'elle fait elle-même valoir qu'elle était rémunérée à un taux horaire de 31,25 euros en 2017, 2018 et jusqu'à la fin de l'année 2019, ce qui donne une valeur de traitement de base correspondant globalement à l'indice brut 813 pour un temps complet, à compter du 1er janvier 2016. Dès lors, ces deux moyens doivent être écartés.
8. En troisième lieu, le principe d'égalité n'implique pas que des personnes placées dans des situations différentes soient traitées de manière identique. Le principe d'égalité ne peut être invoqué et appliqué qu'en présence d'agents appartenant à un même corps ou à un même cadre d'emploi qui sont placés dans une situation identique.
9. Au cas d'espèce, la requérante se prévaut tout d'abord de la méconnaissance du principe d'égalité de traitement entre elle et ses collègues médecins. Or, ses confrères, recrutés plus tardivement et moins expérimentés, bénéficient de l'indice de rémunération HEB3 selon les bulletins de salaire produits alors qu'elle est la seule à avoir la spécialité PCR, soit la compétence en matière de radio-protection, tandis qu'elle assure également l'ouverture et la fermeture du centre médical tout en le supervisant administrativement et en gérant notamment les stocks, depuis octobre 2019. Toutefois, il n'est pas contesté que les confrères en cause exercent les fonctions de médecins et appartiennent à un autre cadre, celui du cadre d'emplois des médecins territoriaux. Dès lors, la requérante ne peut invoquer la méconnaissance du principe d'égalité à leur égard.
10. De plus, si elle se prévaut d'une méconnaissance de ce même principe vis-à-vis de ses collègues dentistes, il ressort des pièces du dossier qu'ils bénéficient tous d'une rémunération brute de 4 170,56 euros brut, au prorata de la durée de leur temps de travail, correspondant ainsi au même indice de rémunération que la requérante. A ce titre, la circonstance que la commune n'aurait pas fixé leur niveau de rémunération, par la délibération créant l'emploi de la requérante et ceux des autres dentistes recrutés par la commune, en méconnaissance de l'article 22 de la loi n°94-1134 du 27 décembre 1994, n'est pas de nature à établir que le principe d'égalité de traitement aurait été méconnu. De plus, la circonstance qu'elle serait rémunérée à l'indice HEA2 pour les fonctions qu'elle exerce parallèlement pour la commune de Conflans-Sainte-Honorine, pour une ancienneté globalement identique et sans les responsabilités assumées à Sartrouville, est également sans incidence. Par suite, le moyen doit être écarté.
11. En quatrième lieu, à supposer que la requérante soutienne également que la décision méconnaisse le principe de non-discrimination tel que décliné par la clause n°4 de l'accord-cadre CES, UNICE et CEEP sur le travail à durée déterminée figurant en annexe de la directive 1999/70/CE du Conseil du 28 juin 1999, telle qu'interprétée par la Cour de justice de l'Union européenne, ce principe a pour seule portée de proscrire les différences de traitement opérées entre les travailleurs à durée déterminée et ceux à durée indéterminée placés dans une situation comparable. Dès lors, au regard de cette directive, les agents titulaires régis par un statut et les agents non titulaires recrutés par contrat ne sont pas placés dans une situation comparable. Par suite, le moyen doit être écarté.
12. Sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision attaquée, en tant qu'elle refuse la revalorisation de sa rémunération, conformément à sa demande doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction afférentes doivent être également rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne les fautes commises par la commune :
13. En premier lieu, la requérante soutient tout d'abord que la commune a commis une faute en rendant publiques ses données personnelles, en contrariété avec l'article 9 du code civil et l'article 82 du règlement général sur la protection des données (RGDP). Elle fait ainsi valoir qu'une fiche de paie " test ", mentionnant son numéro de sécurité sociale et son taux d'imposition, a été communiquée au sein du service à la responsable du centre de soins, comme le reconnaît au demeurant la commune, mais également à une personne en cours de recrutement, pour servir de base à une discussion sur sa future rémunération, qui l'a ensuite communiquée 'à une de ses connaissances pour avis, également collègue de la requérante.
14. Au cas d'espèce, la requérante établit que ces informations nominatives et liées à sa situation personnelle ont bien été communiquées. Cette communication est susceptible de porter atteinte à sa vie privée. Par suite, elle est fondée à soutenir que la commune a commis une faute au regard de l'article 9 du code civil. En revanche, elle n'établit pas en quoi la commune aurait ce faisant méconnu le RGPD ni quel est son préjudice.
15. En deuxième lieu, la requérante soutient que la commune de Sartrouville a également commis une faute à son encontre en méconnaissant la réglementation sur le temps de travail dans la mesure où son temps de travail est supérieur aux 1607 heures prescrites par l'article 1er du décret du 25 août 2000 susvisé, rendu applicable aux agents territoriaux par l'article 1er du décret n°2001-623 du 12 juillet 2001 susvisé. A cet égard, elle travaille 36 heures par semaine et bénéficie de moins de jours de congés annuels que ses collègues. En tout état de cause, elle aurait dû se voir attribuer six jours de réduction du temps de travail.
16. Aux termes de l'article 1er du décret du 26 novembre 1985 susvisé : " Tout fonctionnaire territorial en activité a droit, dans les conditions et sous les réserves précisées aux articles ci-après, pour une année de service accompli du 1er janvier au 31 décembre, à un congé annuel d'une durée égale à cinq fois ses obligations hebdomadaires de service. Cette durée est appréciée en nombre de jours effectivement ouvrés ".
17. Il est constant que la requérante bénéficie d'un aménagement de son temps de travail lui permettant d'effectuer sur quatre jours la durée hebdomadaire de travail de 36 heures en vigueur dans la commune de Sartrouville à la date de la décision attaquée, selon un accord-cadre du 14 décembre 2001 dérogatoire aux lois précitées et légal jusqu'au terme fixé par l'article 47 de la loi du 6 août 2019 précitée. Il n'est pas contesté que cet aménagement lui permettait de cumuler son emploi avec un autre emploi de chirurgien-dentiste pour la commune de Conflans-Sainte-Honorine. A ce titre, il résulte de l'instruction qu'elle bénéficie d'une récupération au titre de l'aménagement du temps de travail, en compensation de cette 36ème heure, à l'instar des autres agents à temps complet. De plus, la défenderesse fait valoir que Mme B bénéficie d'un nombre de congés annuels calculé au prorata des jours effectivement travaillés, soit 20 jours de congés annuels conformément au décret du 26 novembre 1985 précité. Dès lors, son temps de travail annuel s'élève à 1 557 heures, en conformité avec la législation relative au temps de travail et celle alors en vigueur à Sartrouville soit 1577 heures annuelles, comme le fait valoir le défendeur. Par suite, la commune n'a pas commis de faute.
18. En troisième lieu, elle soutient que la commune a commis une autre faute pour l'avoir maintenue en situation précaire et l'avoir privée de régime indemnitaire. Elle a ainsi été assimilée à un agent vacataire alors qu'elle occupe un emploi permanent depuis le 14 janvier 2002 et qu'elle exerce ses fonctions à temps plein depuis 2012, la privant en conséquence des avantages associés au statut d'agent non titulaire, tels que des formations et des évaluations annuelles. De même, rémunérée selon un taux horaire à la vacation jusqu'au 1er octobre 2019, elle a été privée de l'indemnité de résidence et du régime indemnitaire dont bénéficient les agents non titulaires de la commune conformément aux délibérations de la commune, soit la prime de technicité des médecins devenue l'indemnité liée aux fonctions, aux sujétions et à l'expertise (IFSE) et le complément indemnitaire annuel (CIA). Or, si elle a été dotée d'un contrat à durée indéterminée tardivement avec régularisation rétroactive, les primes et leurs accessoires n'ont cependant pas été régularisées.
19. Tout d'abord, aux termes de l'article L.332-8 du code général de la fonction publique : " Par dérogation au principe énoncé à l'article L. 311-1 et sous réserve que cette vacance ait donné lieu aux formalités prévues à l'article L. 313-1, des emplois permanents peuvent être également occupés de manière permanente par des agents contractuels territoriaux dans les cas suivants : 1° Il n'existe pas de cadre d'emplois de fonctionnaires territoriaux susceptibles d'assurer les fonctions correspondantes ; () ". Aux termes de l'article L.332-9 du même code : " Les agents contractuels recrutés en application de l'article L. 332-8 sont engagés par contrat à durée déterminée d'une durée maximale de trois ans. Le contrat est renouvelable dans la limite maximale de six ans. Au terme de cette durée, la reconduction ne peut avoir lieu que par décision expresse et pour une durée indéterminée ".
20. Il est constant que la requérante occupe un emploi pour lequel il n'existe pas de cadre d'emplois de fonctionnaires territoriaux susceptibles d'assurer des fonctions correspondantes. Par suite, la commune pouvait légalement la recruter par contrat à durée déterminée, à raison de deux jours par semaine, pour occuper l'emploi de chirurgien-dentiste au sein du centre médical, conformément à l'article précité du code général de la fonction publique. Si la requérante soutient cependant que la commune a renouvelé les contrats à durée déterminée d'un an du 14 janvier 2002 au 20 mai 2011 de manière abusive, il est constant que la commune a régularisé sa situation en lui proposant un contrat à durée indéterminée signé le 20 mai 2011 qui a pris effet au 14 janvier 2008, soit au terme des six années de contrats à durée déterminée d'un an, conformément à l'article L.332-9 du code général de la fonction publique. Si elle soutient également qu'elle n'a pas bénéficié du droit à la formation en application du décret du 26 décembre 2007 susvisé, elle n'établit pas qu'elle aurait demandé des formations auxquelles son employeur se serait opposé alors que la commune défenderesse fait valoir qu'il lui a été accordé, voir financé, des formations en 2016, 2017, 2018 et 2019. De plus, le défendeur fait valoir qu'au vu de la spécificité de leurs missions, la compétence professionnelle des chirurgiens-dentistes ne fait pas l'objet d'évaluation administrative, comme précisé sur la fiche de poste de chirurgien-dentiste. Par suite, elle ne peut soutenir que la commune l'a maintenue illégalement en situation précaire et l'a privée des droits associés à la qualité d'agent non titulaire.
21. Ensuite, en application des dispositions combinées de l'article 136 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et de l'article 20 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 devenu l'article L.712-1 du code général de la fonction publique, les agents non titulaires des collectivités territoriales occupant un emploi permanent ont droit à un traitement fixé en fonction de cet emploi, à une indemnité de résidence, le cas échéant au supplément familial de traitement ainsi qu'aux indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. Les stipulations du contrat d'un agent qui fixent sa rémunération sur la base d'un taux horaire appliqué au nombre d'heures de travail effectuées et excluent le versement de tout complément de rémunération méconnaissent ces dispositions.
22. Il n'est pas contesté que la requérante occupe un emploi qui répondait à un besoin permanent de la collectivité au sens de l'article L.332-8 du code précité, au moins à compter du 1er janvier 2016. Il résulte en outre du contrat à durée indéterminée conclu le 20 mai 2011 que sa rémunération était fixée sur la base d'un taux horaire, mode de rémunération qui n'est pas illégale en soi, mais sans prévoir aucune autre rémunération. Dès lors, elle est fondée à soutenir qu'elle aurait dû percevoir l'indemnité de résidence, à compter de la date à laquelle elle en a fait la demande dans son courrier du 3 août 2020, soit le 1er janvier 2016, jusqu'à la date à laquelle elle a commencé à la percevoir conformément au contrat conclu le 8 octobre 2019, soit le 1er octobre 2019, selon les bulletins de paye produits. En conséquence, la commune a commis une faute susceptible d'engager sa responsabilité pour ne pas lui avoir accorder d'indemnité de résidence entre le 1er janvier 2016 et le 1er octobre 2019.
23. En revanche, si la requérante fait valoir qu'elle aurait également dû bénéficier de l'indemnité de technicité des médecins, conformément à la délibération de la commune du 16 décembre 2004, en l'absence de textes législatifs et réglementaires fixant un régime indemnitaire applicable de plein droit aux agents non titulaires de la fonction publique territoriale, la défenderesse fait valoir sans être sérieusement contestée qu'avant le 1er juillet 2018, les médecins contractuels ne percevaient pas de régime indemnitaire fixe assimilable à l'indemnité liée aux fonctions, aux sujétions et à l'expertise (IFSE).
24. En outre, si Mme B soutient qu'elle aurait dû bénéficier du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP) dont font partie l'IFSE et le complément indemnitaire annuel (CIA) à compter du 1er janvier 2016, le défendeur fait valoir dans ses écritures, sans être contesté, que le RIFSEEP n'a été mis en place dans la commune que progressivement, à compter de juillet 2018. En conséquence, en l'état des pièces versées au dossier qui n'incluent pas de délibération spécifique de la commune par laquelle elle aurait étendu l'application du RIFSEEP et donc de l'IFSE aux médecins territoriaux communaux, dans la limite du régime indemnitaire fixé pour les services de l'Etat, la commune a commis une faute en ne lui faisant pas bénéficier de l'IFSE mensuelle à compter du 1er juillet 2018 jusqu'au 1er octobre 2019. En revanche, il résulte de l'instruction que la commune a décidé de lui accorder 160 euros d'IFSE supplémentaire à compter du 1er octobre 2019 seulement. S'il n'est pas contesté que la somme équivalente n'a pas encore été versée, la requérante n'est toutefois pas fondée à soutenir que la commune a commis une faute en ne procédant pas encore au versement.
25. De plus, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense quant à l'irrecevabilité de sa demande indemnitaire portant sur le complément d'IFSE versé annuellement et sur le complément indemnitaire annuel (CIA), il ne résulte pas de l'instruction que la commune a commis une autre faute en ne lui en faisant pas bénéficier, la requérante n'établissant pas remplir les conditions posées respectivement par les articles 2.3.2 et 3 de la délibération du 5 avril 2018 pour en bénéficier. De même, s'il résulte du contrat à durée déterminée conclu le 1er octobre 2019 qu'elle peut bénéficier de ces deux indemnités à compter de cette date, elle n'établit pas non plus qu'elle en remplissait les conditions.
26. Par ailleurs, si Mme B fait valoir que la rémunération accordée depuis le 1er octobre 2019 ne tient pas compte des fonctions qui lui sont confiées ainsi que de la qualification requise pour les exercer, il résulte de ce qui précède que la commune n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en fixant son indice par référence au cadre d'emplois des médecins territoriaux et au grade de médecin hors classe, échelon 4, soit l'indice brut HEA. De plus, la commune fait valoir, sans être contestée, qu'elle n'était pas l'unique personne compétente en matière de radio-protection au sein du centre de santé et qu'elle n'assure la gestion des stocks et des commandes que depuis mars 2020. En tout état de cause, à la suite de sa demande préalable, le maire de la commune a décidé de lui accorder un complément de rémunération par courrier du 3 août 2020, en revalorisant son IFSE, fixée, pour sa part fixe, à 1 163,68 euros, de 160 euros brut mensuels, à compter du 1er octobre 2019.
27. Enfin, si la requérante soutient que sa rémunération manifeste une rupture d'égalité de traitement, une erreur manifeste d'appréciation et un maintien en situation précaire, il résulte de tout ce qui précède que tel n'est pas le cas, alors qu'elle ne peut, en outre, utilement se prévaloir des dispositions applicables aux médecins territoriaux titulaires dont le recrutement intervient après avoir été admis à un concours sur titre avec épreuve et inscrit sur une liste d'aptitude et qui se voient appliquer le principe d'avancement d'échelon.
28. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante est fondée à soutenir que la commune a commis une première faute, en ne respectant pas son droit au respect de sa vie privée, et une autre faute, pour l'avoir privée du bénéfice de l'indemnité de résidence entre le 1er janvier 2016 et le 1er octobre 2019 ainsi que, en l'état des seules pièces versées au dossier, l'IFSE entre le 1er juillet 2018 et le 1er octobre 2019.
En ce qui concerne les préjudices invoqués :
29. Il résulte de ce qui précède que la commune n'a pas commis de faute au regard de la réglementation sur le temps de travail. Elle n'a pas non plus commis de faute en ne lui faisant pas bénéficier du complément annuel d'IFSE et du complément indemnitaire annuel demandés depuis le 1er janvier 2018. Par suite, en l'absence de faute, la requérante n'est pas fondée à se prévaloir des préjudices associés.
30. De plus, il résulte de l'instruction que la commune n'a décidé de revaloriser son IFSE de 160 euros par mois qu'à compter du 1er octobre 2019, pour témoigner de sa reconnaissance vis-à-vis de sa fidélité et de son engagement professionnel. Dès lors, elle ne peut être considérée comme ayant commis une faute en ne lui versant pas les 160 euros d'IFSE mensuelle supplémentaire à compter du 1er janvier 2016.
S'agissant du préjudice financier relatif à l'absence de versement d'indemnité de résidence :
31. La requérante soutient que son préjudice doit être évalué à la somme de 5 750 euros sur 46 mois en prenant comme base de calcul le montant de l'indemnité de résidence qu'elle perçoit depuis octobre 2019, soit 125,12 euros par mois. Toutefois, le défendeur fait valoir qu'en application de l'article 9 du décret du 24 octobre 1985 susvisé, l'indemnité de résidence dont elle se prévaut ne peut être calculée par référence à l'indice dont elle bénéficie depuis octobre 2019. Seul pourrait être retenu, selon lui, le taux de vacation appliqué jusqu'au 30 septembre 2019. Toutefois, en l'absence de modalités de calcul pertinentes, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par la requérante en le fixant à 5 000 euros brut.
S'agissant du préjudice financier relatif à l'absence de versement de l'IFSE mensuelle :
32. La requérante allègue que son préjudice doit être évalué à la somme de 53 529,28 euros correspondant au montant d'IFSE octroyé depuis le 1er octobre 2019 soit 1 163,68 euros sur 46 mois, auquel il convient d'ajouter la somme de 7 360 euros, correspondant aux 160 euros d'IFSE supplémentaire annoncée par le maire de la commune dans sa décision du 3 août 2020 sur 46 mois. Toutefois, il résulte de ce qui précède que la commune n'a commis une faute en refusant de lui octroyer une IFSE mensuelle qu'entre le 1er juillet 2018, date à laquelle le RIFSEEP a été mis en œuvre au sein de la collectivité au vu des seules pièces versées au dossier, et le 1er octobre 2019 soit 1 163,68 euros sur 13 mois. Dès lors, il sera fait une exacte appréciation de son préjudice en condamnant la commune à l'indemniser d'une somme de 15 127,84 euros brut à ce titre.
S'agissant du préjudice moral subi pour atteinte à sa vie privée :
33. Si la requérante allègue qu'elle a subi un préjudice à ce titre qu'elle évalue à 10 000 euros, elle n'établit par aucune pièce l'existence de ce préjudice, comme le fait valoir la commune. Par suite, elle n'est pas fondée à demander l'indemnisation de ce poste de préjudice.
S'agissant des dommages et intérêts réclamés :
34. La requérante fait valoir qu'elle a droit des dommages et intérêts compensant les désagréments et atteintes et préjudices de toute nature d'un montant de 75 000 euros depuis le 1er janvier 2016, évalués, en avril 2022, à une perte de 1 000 euros par mois sur 75 mois, à compléter d'un préjudice moral et de troubles dans les conditions d'existence, évalués à 10 000 euros, somme à parfaire, le préjudice s'aggravant. Elle a également droit à des dommages et intérêts d'un montant de 13 000 euros au titre du rattrapage de la rémunération fixée, correspondant à une perte de 1 000 euros par mois sur 13 mois, somme à parfaire, ce poste de préjudice s'aggravant ainsi qu'à une somme de 10 000 euros, au titre du préjudice moral et les troubles dans les conditions d'existence associés.
35. Toutefois, il résulte de ce qui précède que la requérante n'est fondée à se prévaloir d'un préjudice financier total relatif à l'absence de versement d'indemnité de résidence et d'IFSE mensuel qu'à hauteur de 20 127, 84 euros brut. Dès lors, elle n'est pas fondée à se prévaloir de dommages et intérêts d'un montant de 75 000 euros et de 13 000 euros.
36. En revanche, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral allégué en condamnant la commune à lui verser la somme totale de 500 euros net à ce titre.
37. Il résulte de tout ce qui précède que la commune est condamnée à verser à la requérante la somme de 20 127, 84 euros brut et de 500 euros net.
Sur les intérêts moratoires et leur capitalisation :
38. La requérante a droit aux intérêts au taux légal correspondant à une indemnisation d'un montant de 20 127,84 euros brut et de 500 euros net à compter du 3 août 2020, date de réception de sa demande par la commune.
39. La capitalisation des intérêts a été demandée le 9 novembre 2020. A cette date, il était dû au moins une année d'intérêts. Dès lors, conformément aux dispositions de l'article 1343-2 du code civil, il y a lieu de faire droit à cette demande.
Sur les frais liés au litige :
40. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Sartrouville demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Sartrouville une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Sartrouville est condamnée à verser à Mme B la somme totale de 20 127,84 euros brut avec intérêts moratoires et capitalisation des intérêts, au titre du préjudice financier subi.
Article 2 : La commune de Sartrouville est condamnée à verser à Mme B la somme de 500 euros net avec intérêts moratoires et capitalisation des intérêts, au titre du préjudice moral subi.
Article 3 : La commune de Sartrouville versera à Mme B la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Sartrouville.
Délibéré après l'audience du 6 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
Mme Vincent, première conseillère,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2023.
La rapporteure,
signé
L. Vincent
Le président,
signé
C. GosselinLa greffière,
signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026