jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2007732 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL HOURCABIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 novembre 2020 et le 27 septembre 2022, la société Arche de Noé Architecture, représenté par Me Aymeric Hourcabie, demande au tribunal :
1) d'annuler les titres de recette n° 10500 2020 69 2019, n° 10500 2020 69 2014, n° 10500 2020 69 2011, n° 10500 2020 69 2010, n° 10500 2020 69 2020, n° 10500 2020 69 2012 et n° 10500 2020 69 2013 d'un montant total de de 13.974,15 euros émis par la commune de Montgeron le 14 août 2020, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux tendant à la décharge des sommes mises à sa charge par ces titres de recette ;
2) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 13.974,15 euros à laquelle elle a été assujettie par ces titres de recette ;
3) de mettre à la charge de la commune de Montgeron une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les titres de recette ne sont pas signés ;
- l'émetteur du titre apparaissant sur les titres de recette n'est pas la même personne que le signataire du bordereau récapitulant les titres ;
- les bases de la liquidation ne sont pas indiquées ;
- les créances inscrites sur les titres de recette ne sont ni certaines ni exigibles ;
- la commune de Montgeron a émis deux titres de recette portant sur la même prétendue occupation du domaine public.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2021, la commune de Montgeron conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société requérante en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2021, le directeur départemental des finances publics de l'Essonne conclut à sa mise hors de cause.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 16 décembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative ;
- le décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les conclusions de Mme Bartnicki, rapporteure publique,
- les observations de Me Rouikha, représentant la société Arche de Noé Architecture.
Considérant ce qui suit :
1. La société Arche de Noé Architecture a effectué des travaux en 2019 au 144 avenue de la République à Montgeron (91). A l'occasion de ces travaux, la commune de Montgeron lui a accordé plusieurs autorisations d'occupation du domaine public successives pour la pose d'une palissade au 144 avenue de la République et d'une base vie au 2 rue René Cassin. Sept titres de recettes, émis le 14 août 2020, lui ont été adressés pour paiement des redevances d'occupation du domaine public afférentes à ces autorisations, pour un montant total de 13.974,15 euros. La société Arche de Noé Architecture demande l'annulation de ces titres de recettes et celle du rejet du recours gracieux exercée auprès de la maire de Montgeron, ainsi que la décharge des sommes mises à sa charge.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge :
En ce qui concerne le titre de recette n° 10500 2020 69 2020 du 14 août 2020 :
2. Il résulte de l'instruction que, comme le reconnaît la commune elle-même, le titre n° 10500 2020 69 2020 émis le 14 juin 2019, qui porte sur la même somme de 1 079,70 euros que le titre n° 10500 2020 69 2014 du même jour et concerne la même occupation du domaine public, constitue un doublon et résulte d'une erreur. Si la commune de Montgeron fait valoir que le nécessaire a été fait auprès de la direction départementale des finances publiques pour annuler ce titre portant sur une somme qui n'est pas due, elle n'en justifie pas.
3. Il en résulte que la société Arche de Noé Architecture est fondée à demander l'annulation du titre de recette n° 10500 2020 69 2020 du 14 août 2020 ainsi que la décharge de l'obligation de payer la somme correspondante de 1 079,70 euros.
En ce qui concerne les titres de recette n° 10500 2020 69 2019, n° 10500 2020 69 2014, n° 10500 2020 69 2011, n° 10500 2020 69 2010 et n° 10500 2020 69 2012, n° 10500 2020 69 2013 :
S'agissant de la régularité formelle de ces titres :
4. D'une part, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public vaut notification de ladite ampliation. / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. "
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ".
6. Il résulte des dispositions citées au point 4, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d'allègement des procédures d'où les deux derniers alinéas sont issus, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif doivent mentionner les nom, prénoms et qualité de l'auteur de cette décision, au sens des dispositions citées au point 3, de même, par voie de conséquence, que l'ampliation adressée au redevable, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur. Lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les nom, prénoms et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.
7. En l'espèce, les titres de recettes litigieux mentionnent que leur émetteur est Mme A C, maire de Montgeron. Toutefois, le bordereau récapitulant les titres de recettes a été signé électroniquement par Mme E B, adjointe au maire, en l'absence de Mme C et des autres adjoints en raison des congés estivaux. Or les nom, prénoms et qualité de cette personne ne figurent pas sur les titres de recettes litigieux adressés à la redevable. Ainsi, les prescriptions des dispositions des articles L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ont été méconnues.
8. Il résulte de ce qui précède que la société Arche de Noé Architecture est fondée à demander l'annulation des titres de recette n° 10500 2020 69 2019, n° 10500 2020 69 2014, n° 10500 2020 69 2011, n° 10500 2020 69 2010, n° 10500 2020 69 2012 et n° 10500 2020 69 2013, irréguliers en la forme.
S'agissant de la demande de décharge de l'obligation de payer les sommes correspondantes :
9. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre : statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.
10. En l'espèce, eu égard au motif exposé au point 7 et alors qu'aucun des moyens susceptibles de justifier le prononcé de la décharge ne peut être accueilli, l'annulation des titres de recette n° 10500 2020 69 2019, n° 10500 2020 69 2014, n° 10500 2020 69 2011, n° 10500 2020 69 2010, n° 10500 2020 69 2012 et n° 10500 2020 69 2013 n'implique pas la décharge de des sommes de respectivement 1 451,40 euros, 1 079,70 euros, 3 407,25 euros, 1 460,25 euros, 4 911,75 euros et 584,10 euros, dont le paiement est réclamé à la société requérante.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Arche de Noé Architecture, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la commune de Montgeron, qui au demeurant ne justifie d'aucun frais en l'absence de ministère d'avocat, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la société Arche de Noé Architecture tendant à l'application de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Les titres de recette n° 10500 2020 69 2019, n° 10500 2020 69 2014, n° 10500 2020 69 2011, n° 10500 2020 69 2010, n° 10500 2020 69 2020, n° 10500 2020 69 2012 et n° 10500 2020 69 2013, émis par la commune de Montgeron le 14 août 2020, sont annulés.
Article 2 : La société Arche de Noé Architecture est déchargée de l'obligation de payer la somme de 1079,70 euros correspondant au titre de recettes n°10500 2020 69 2020.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Arche de Noé Architecture est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Montgeron au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Arche de Noé Architecture, à la commune de Montgeron et au directeur départemental des finances publiques de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Blanc, président,
M. Jauffret, premier conseiller,
Mme Degorce, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le rapporteur,
signé
E. D
Le président,
signé
P. Blanc
La greffière,
signé
C. Delannoy
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026