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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2007962

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2007962

mercredi 28 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2007962
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation9ème chambre
Avocat requérantSAIDI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 30 novembre 2020, 12 avril 2021 et 1er octobre 2021, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler le certificat d'urbanisme opérationnel négatif délivré par le maire de la commune de Brétigny-sur-Orge le 8 septembre 2020 pour la construction d'une maison d'habitation au 4 rue de la Pelle à Four sur le territoire de cette commune ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner la commune de Brétigny-sur-Orge au remboursement des frais indument exposés pour viabiliser le projet.

Il soutient que :

- le réseau d'assainissement existe à proximité de sa parcelle ;

- les caractéristiques de la voierie sont suffisantes ;

- les caractéristiques de l'aire de stockage poubelle sont suffisantes ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un détournement de pouvoir.

Par un mémoire, enregistré le 10 septembre 2021, la commune de Brétigny-sur-Orge, représentée par Me Saïdi, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête ne comprend ni conclusions ni moyens en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;

- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 17 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 novembre 2022 à 12 heures.

En application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, l'instruction a été rouverte pour les éléments demandés en vue de compléter l'instruction.

Un mémoire, produit par M. B, a été enregistré le 9 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boukheloua, présidente-rapporteure,

- les conclusions de M. Fraisseix, rapporteur public,

- les observations de M. B, et de M. C entendu en application du dernier alinéa de l'article R. 732-1 du code de justice administrative,

- et les observations de Me Galé, substituant Me Saïdi, représentant la commune de Brétigny-sur-Orge.

Considérant ce qui suit :

1. Le 9 juillet 2020, M. A B a déposé en mairie de Brétigny-sur-Orge une demande de certificat d'urbanisme opérationnel pour la réalisation d'un lot à bâtir avec servitude de passage concernant les parcelles cadastrées AB 171, 172 et 173, situées 4 rue de la Pelle à Four sur le territoire de cette commune. Cette demande a fait l'objet d'un certificat d'urbanisme opérationnel négatif délivré le 8 septembre 2020 par le maire de Brétigny-sur-Orge, dont M. B demande l'annulation.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Brétigny-sur-Orge :

2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".

3. Par sa requête, introduite le 30 novembre 2020, M. B dit " contester " le refus de son certificat d'urbanisme opérationnel et soutient que " l'égout () existe depuis plus de 50 ans sur un chemin public ". Il doit ainsi être regardé comme demandant au tribunal de prononcer l'annulation du certificat d'urbanisme opérationnel négatif du 8 septembre 2020, conclusions assorties d'un moyen relatif à l'existence d'un réseau d'assainissement en capacité de desservir ses parcelles. Par suite, contrairement à ce que soutient la défense, cette requête satisfait aux exigences de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Dès lors, la fin de non-recevoir soulevée par la commune de Brétigny-sur-Orge doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; / b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus () ".

5. La décision attaquée, rendue au visa notamment de l'avis défavorable du service de la domanialité de la commune de Brétigny-sur-Orge du 25 août 2020, est fondée sur les circonstances, d'une part, que le chemin de la Pelle à Four n'est pas desservi par un réseau d'assainissement collectif, d'autre part, qu'il ne présente pas les caractéristiques suffisantes pour le projet envisagé, enfin, que l'aire de stockage des ordures ménagères de ce chemin est insuffisante.

En ce qui concerne le motif tiré de l'absence de desserte par le réseau d'assainissement :

6. Aux termes des dispositions de l'article UFB 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Brétigny-sur-Orge : " 2- Assainissement / Les raccordements Eau-Assainissement doivent être effectués conformément au règlement d'assainissement intercommunal élaboré par Cœur d'Essonne Agglomération. / () / a. Eaux usées / Le branchement sur le réseau collectif d'assainissement est obligatoire pour toute construction nouvelle et extension des bâtiments existants ".

7. En retenant, comme premier motif du certificat d'urbanisme négatif attaqué, sur le fondement des dispositions de l'article UFB4 cité au point précédent, que le terrain d'assiette du projet n'était pas desservi par un réseau d'assainissement public, alors d'une part, que cet article se borne à imposer le branchement à un tel réseau et, d'autre part, qu'il ressort des pièces du dossier que sur une parcelle située à proximité de la parcelle litigieuse a été réalisé un tel raccordement jusqu'au réseau collectif situé avenue Salvador Allende, à environ trente mètres de distance, le maire de la commune de Brétigny-sur-Orge a méconnu les dispositions de cet article.

En ce qui concerne le motif tiré des caractéristiques de la voirie de desserte :

8. Aux termes des dispositions de l'article UFB 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Brétigny-sur-Orge : " () Les voies devront avoir des caractéristiques suffisantes pour assurer, dans des conditions de confort et de sécurité suffisante, la desserte des constructions projetées en tenant compte du nombre de logements déjà desservis. La construction peut être interdite si la voie présente des caractéristiques insuffisantes et risque de devenir dangereuse () ".

9. Il ressort des pièces du dossier que le chemin de la Pelle à Four, qui se termine sur un chemin de terre, peu emprunté, offrant une bonne visibilité, dessert déjà quelques constructions existantes qui sont peu nombreuses. Si le plan des lieux révèle que la voie est réduite, en certains points, à une largeur d'environ quatre mètres, ce qui rend le croisement de véhicules difficile, le projet, qui ne porte que sur la création d'une maison d'habitation, n'apparait pas susceptible d'aggraver notablement les conditions de circulation sur celle-ci. Par ailleurs, la commune ne peut utilement soutenir en défense que le projet devait prévoir une aire de manœuvre dès lors que cette voie n'est pas une voie nouvelle. En outre, les allégations avancées dans les écritures en défense selon lesquelles le dimensionnement de la voie ne permettrait pas l'accès sécurisé des véhicules de secours ne sont pas suffisamment étayées. Dans ces conditions et compte tenu du caractère modeste du projet en litige, M. B et fondé à soutenir que le deuxième motif de la décision attaquée est entaché d'erreur d'appréciation.

En ce qui concerne le motif tiré des caractéristiques de l'aire de stockage :

10. En se bornant à soutenir que l'aire de stockage pour les ordures ménagères " risque d'être insuffisante pour des logements supplémentaires ", alors qu'il est constant que le projet ne porte que sur la création d'une maison d'habitation, le maire de la commune de Brétigny-sur-Orge a commis une erreur d'appréciation.

11. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen de la requête n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation.

12. Il résulte de tout ce qui précède que le certificat d'urbanisme négatif du 8 septembre 2020 du maire de Brétigny-sur-Orge doit être annulé. Dès lors qu'il est fait droit aux conclusions présentées à titre principal par le requérant, il n'y a pas lieu d'examiner les conclusions qu'il a présentées à titre subsidiaire.

D E C I D E :

Article 1er : Le certificat d'urbanisme négatif du maire de Brétigny-sur-Orge du 8 septembre 2020 est annulé.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Brétigny-sur-Orge.

Délibéré après l'audience du 16 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Boukheloua, présidente-rapporteure,

Mme Benoit, première conseillère,

M. Maljevic, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2022.

La présidente-rapporteure,

signé

N. Boukheloua

L'assesseure la plus ancienne,

signé

C. Benoit

La greffière,

signé

B. Bartyzel

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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