mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2008239 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GUERIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 7 décembre 2020, 28 janvier 2022 et 28 février 2022, M. A E et Mme B D, représentés par Me Guérin, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 juillet 2020 par lequel le maire de Saint-Germain-en-Laye a refusé de leur délivrer un permis de construire pour l'extension d'une construction principale sur deux façades, l'extension d'une construction annexe en limite séparative et la création d'une pergola, sur des parcelles cadastrées ainsi que la décision du 12 octobre 2020 rejetant leur recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de Saint-Germain-en-Laye, sous astreinte, de leur délivrer le permis de construire sollicité dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer leur demande dans les mêmes conditions ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Germain-en-Laye le versement de la somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Ils soutiennent que :
- la procédure d'instruction est viciée, faute pour la commune de leur avoir demandé de déposer une déclaration préalable alors que leur demande de travaux relevait de ce régime et non de celui du permis de construire, en application des articles R. 421-14 et R. 421-17 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé dès lors qu'aucun avis n'y est visé ni annexé ;
- le garage existant a été édifié, conformément au permis de construire obtenu le 26 novembre 2009 et au plan local d'urbanisme (PLU) alors en vigueur ;
- la commune n'ayant pas contesté dans le délai imparti la déclaration, reçue le 23 mars 2011, attestant l'achèvement et la conformité des travaux réalisés en exécution de ce précédent permis de construire, elle ne peut se fonder sur l'irrégularité de ces travaux pour refuser la délivrance d'un nouveau permis de construire ;
- l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme prévoit, en outre, que lorsqu'une construction est achevée depuis plus de dix ans, le refus de permis de construire ou la décision d'opposition à déclaration préalable ne peut être fondé sur l'irrégularité de la construction initiale au regard du droit de l'urbanisme ;
- le dernier alinéa de l'article UG.7 du règlement du PLU prévoit les règles applicables aux constructions existantes, faisant obstacle à l'application de la jurisprudence Sekler du Conseil d'Etat ;
- l'extension du garage est conforme au dernier alinéa de cet article dès lors qu'elle s'inscrit bien en prolongement linéaire horizontal de la façade existante ;
- le projet respecte, par ailleurs, les conditions posées par le c) de cet article permettant l'implantation de constructions en limites séparatives dans le cas de parcelles situées entre deux propriétés bâties et dont la façade sur rue est inférieure à 16 mètres ;
- le garage existant s'élève à 2,50 mètres et non à 2,68 mètres à l'acrotère ;
- le maire de Saint-Germain-en-Laye a commis une erreur de fait dans l'appréciation de la consistance du projet qui ne prévoit aucune extension de la construction principale en limite séparative pour l'agrandissement d'une cuisine mais l'extension du garage implanté sur cette limite ;
- au surplus, le projet pouvait être accepté au bénéfice d'adaptations mineures des règles de hauteur, en raison des caractéristiques du terrain en légère pente.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 décembre 2021 et le 17 février 2022, la commune de Saint-Germain-en-Laye conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés dans la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 18 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 7 mars 2022, en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- les conclusions de M. Maitre, rapporteur public ;
- les observations de Me Guérin, représentant les requérants, et de Mme F pour la commune de Saint-Germain-en-Laye.
Considérant ce qui suit :
1. M. E et Mme D ont déposé, le 25 février 2020, une demande de permis de construire en vue de l'extension d'une construction principale sur deux façades, l'extension d'une construction annexe en limite séparative et la création d'une pergola sur des parcelles cadastrées . Par un arrêté du 22 juillet 2020, le maire de Saint-Germain-en-Laye a refusé de leur délivrer le permis de construire sollicité. M. E et Mme D demandent au tribunal l'annulation de cette décision ainsi que celle de la décision du 12 octobre 2020 par laquelle le maire de Saint-Germain-en-Laye a rejeté leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article UG.7 du règlement du PLU de Fourqueux : " En UG : / Les constructions doivent être implantées en retrait de toutes les limites séparatives. / () c) Toutefois, l'implantation en limite séparative est autorisée dans les cas suivants : / * seules sont autorisées en limite séparative, les constructions annexes qui respectent les conditions cumulatives suivantes : / - ne pas excéder 30m² d'emprise au sol ; / - ne pas excéder une hauteur fixée à 2.5m à l'égout du toit ou à l'acrotère et 4,5m au faîtage ; / Dans les autres cas, les constructions annexes doivent respecter les règles générales de retrait applicables pour les constructions principales. / * lorsqu'il s'agit d'une parcelle située entre deux propriétés bâties et dont la façade sur rue est inférieure à 16 mètres : dans ce cas, les constructions peuvent s'implanter sur les limites séparatives aboutissant aux voies, sur une profondeur de 15 mètres à partir de l'alignement.() / Pour l'ensemble de la zone : / Toutefois, s'il existe déjà une construction implantée en tout ou partie dans la marge de retrait, l'extension de cette construction est autorisée en prolongement linéaire, vertical ou horizontal de la façade existante, dans le respect des autres articles du présent règlement ".
3. Il ressort de ces dispositions qu'en zone UG, les constructions doivent, en principe, être implantées en retrait de toutes les limites séparatives, sauf exceptions définies au c) de cet article. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le projet ne rentre pas dans le champ de ces exceptions, faute de remplir les conditions cumulatives prévues par ces dispositions pour bénéficier de cette règle dérogatoire. Le dernier alinéa de l'article UG.7 du règlement du PLU édicte néanmoins une règle spécialement applicable en zone UG aux constructions déjà implantées en tout ou partie dans la marge de retrait, en autorisant, dans le respect des autres articles du règlement du PLU, l'extension en prolongement linéaire, vertical ou horizontal de la façade existante. En l'occurrence, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit une extension en prolongement linéaire horizontal du garage existant implanté en limite séparative. Ainsi, en dépit de la non-conformité du garage existant aux règles de retrait, citées au point 2, actuellement en vigueur et dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier ni n'est même allégué que cette extension ne respecterait pas un autre article du règlement du PLU, le maire de Saint-Germain-en-Laye ne pouvait, sans commettre d'erreur de droit, refuser de délivrer le permis de construire sollicité au seul motif que l'implantation de cette extension méconnait l'article UG.7 de ce règlement.
4. Par suite, M. E et Mme D sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 22 juillet 2020 du maire de Saint-Germain-en-Laye et de la décision du 12 octobre 2020 par laquelle ce dernier a rejeté leur recours gracieux.
5. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens de la requête n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de la décision contestée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
6. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation d'urbanisme après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui, eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme, demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date de la décision juridictionnelle y fait obstacle.
7. Il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de l'arrêté annulé interdisaient la délivrance du permis de construire sollicité pour un autre motif que celui que le présent jugement censure. Il ne résulte pas non plus de l'instruction qu'un changement dans les circonstances de fait se soit produit depuis l'édiction de l'arrêté annulé, ni à plus forte raison que la situation de fait existant à la date du présent jugement fasse obstacle à la délivrance de ce permis. Dès lors, il y a lieu d'enjoindre au maire de Saint-Germain-en-Laye de délivrer à M. E et Mme D le permis de construire pour le projet dont il s'agit, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Germain-en-Laye le versement à M. E et Mme D d'une somme de 1500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
9. En revanche, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par ces derniers au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, l'instance n'ayant donné lieu à aucun dépens.
DECIDE :
Article 1er : L'arrêté du 22 juillet 2020 et la décision du 12 octobre 2020 du maire de Saint-Germain-en-Laye sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Saint-Germain-en-Laye de délivrer à M. E et Mme D le permis de construire sollicité, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Saint-Germain-en-Laye versera à M. E et Mme D une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et Mme B D et à la commune de Saint-Germain-en-Laye.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Rollet-Perraud, présidente,
- M. Jauffret, premier conseiller,
- Mme Amar-Cid, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
J. C
La présidente,
Signé
C. Rollet-Perraud
La greffière,
Signé
A. Lloria
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026