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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2008266

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2008266

vendredi 18 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2008266
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantBOUGASSAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistré les 8 décembre 2020 et 27 novembre 2021, ainsi qu'un mémoire enregistré le 6 janvier 2022, non communiqué, M. B D et M. C D, représentés par Me Bougassas, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 8 octobre 2020 du conseil municipal de Mareil-Marly portant approbation du nouveau plan local d'urbanisme en tant que celle-ci approuve le classement de la parcelle cadastrée section A n°879 en espace paysager à préserver sur le fondement de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme, ainsi que le classement de cette parcelle ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Mareil-Marly la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les habitants, au cours de l'enquête publique, et les membres du conseil municipal, lors du vote de la délibération attaquée, ont été induit en erreur dès lors que le dossier mis à leur disposition était incomplet, le plan de zonage comportant des zones dont l'identification est imprécise en raison soit de l'absence de légendes correspondantes, soit de légendes ambiguës ;

- la délibération contestée, en tant qu'elle approuve le classement de leur parcelle en espace paysager à préserver au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme, procède à une application erronée de ces dispositions et est donc entachée d'une erreur de droit ;

- elle est, dans la même mesure, entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît, dans la même mesure, l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme dès lors que, le règlement du plan local d'urbanisme ne fixant pas, au sein des règles applicables dans les zones UHb, celles précisément applicables aux espaces paysagers à préserver, et alors, en outre, que les opérations de division et de construction sont autorisées au sein de ces zones, aucune cohérence ne peut être établie entre le règlement et le plan d'aménagement et de développement durable (PADD) ; ce document est par ailleurs sommaire et imprécis et le règlement ne précise pas les règles destinées à encadrer les nouvelles constructions autorisées dans le secteur UHb ; l'incohérence entre ces documents est encore induite par le classement partiel de leur parcelle en espace à préserver ;

- il est porté une atteinte excessive à leur droit de propriété ;

- le principe d'égalité de traitement devant la loi a été méconnu.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 3 novembre 2021 et 15 décembre 2021, la commune de Mareil-Marly, représentée par Me Lherminier, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 16 décembre 2021, l'instruction a été close au 11 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Maitre, rapporteur public,

- et les observations de Me Bougassas, représentant les requérants, ainsi que celles de Me Baron, représentant la commune de Mareil-Marly.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération du 22 juin 2015, le conseil municipal de Mareil-Marly a prescrit la révision générale du plan local d'urbanisme de la commune. L'enquête publique s'est déroulée du 6 novembre au 13 décembre 2019. Le conseil municipal a arrêté le projet de plan local d'urbanisme par une délibération du 20 juin 2019. Par une délibération du 8 octobre 2020, le conseil municipal a approuvé le nouveau PLU. MM. Bernard et Jacques D demandent au tribunal d'annuler la délibération du 8 octobre 2020 en tant qu'elle approuve le classement de leur parcelle en espace paysager à préserver sur le fondement de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme, ainsi que le classement lui-même.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré de l'incomplétude du dossier d'enquête publique et du dossier soumis aux membres du conseil municipal au regard de la légende du plan de zonage :

2. La légende du plan de zonage fait apparaître des nuances de couleurs et de motifs. Celle-ci prévoit notamment que les zones situées en " Lisière des massifs boisés de plus de 100 hectares en site urbain constitué " sont représentées par un hachurage vertical, de couleur vert clair, tandis que les zones situées en " Lisière des massifs boisés de plus de 100 hectares hors site urbain constitué " sont représentées par un hachurage horizontal, de couleur vert foncé. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, le plan de zonage est, sur ce point, conforme à la légende, en particulier en ce qui concerne la bande longeant la limite entre la commune de Mareil-Marly et celle de l'Etang-la-Ville depuis la pointe du territoire communal située rue de la Tour d'Echelle et allant jusqu'au supermarché Auchan, qui est représentée par un hachurage vertical, de couleur vert clair. Il en va de même de la parcelle située en lisière des Bois de Marly, identifiée par un rectangle composé d'un hachurage horizontal, de couleur vert foncé. Compte tenu de ce choix de représentation, le chevauchement partiel de ces deux zones n'a pu engendrer d'ambigüité. La circonstance, invoquée par les requérants, qu'un hachurage par lignes obliques figure par ailleurs dans le plan de zonage et sa légende pour identifier les ensembles bâtis à préserver au titre de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme n'est pas davantage de nature à créer une ambigüité dès lors qu'ainsi que l'indiquent eux-mêmes les requérants, ces zones sont représentées par la couleur violette et ne peuvent donc être confondues avec celles de couleur verte. Dès lors, le plan de zonage et sa légende, précis et dépourvus d'ambiguïté, ont mis les habitants en mesure d'émettre, dans le cadre de l'enquête publique, un avis éclairé sur le classement des zones évoquées par les requérants, de même que les membres du conseil municipal lors du vote de la délibération approuvant le PLU, en ce qui concerne ces mêmes zones. Le moyen tiré du défaut d'information complète des habitants et des membres du conseil municipal doit donc être écarté.

3. Par ailleurs, s'ils citent l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales imposant qu'une note explicative de synthèse accompagne la convocation adressée aux membres du conseil municipal dans les communes de 3 500 habitants et plus, les requérants ne contestent pas le caractère suffisant de la note explicative de synthèse accompagnant la délibération relative à l'approbation du PLU. Dès lors, ils ne contestent pas utilement le respect de ces dispositions, à supposer qu'ils aient entendu le faire.

En ce qui concerne la prétendue incohérence entre le règlement et le PADD :

4. Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. "

5. En premier lieu, le PADD a fixé, parmi ses objectifs, la valorisation de l'or vert et de l'or bleu du territoire communal. Cet objectif est décliné par la volonté de " préserver et mettre en valeur les espaces naturels, les milieux écologiques sensibles constituant la trame verte " et, à cette fin, de " préserver les principaux espaces verts urbains publics existants ainsi que les cœurs d'îlots verts principaux qui ont un double rôle : maintien de la biodiversité et qualité du cadre de vie ". Le PADD ajoute que ces cœurs d'îlots verts " offrent une qualité paysagère au village, qu'il conviendrait de conserver, tout en adaptant les mesures de protection à leur taille et leur nature (qu'ils soient publics ou privés). ". Contrairement à ce que font valoir les requérants, cette orientation du PADD est claire et n'est pas insuffisamment précise. Le rapport de présentation du PLU inclut, par ailleurs, dans sa trame verte, outre les espaces boisés et les alignements d'arbres remarquables, " quelques zones enherbées " et " les parcs et espaces publics et privés qui participent à la création de cœurs d'îlots complémentaires aux principales composantes de la trame verte ". Enfin, parmi ses dispositions générales (A), le règlement du PLU prévoit, au point 3 portant sur le " traitement environnemental et paysager des espaces non-bâtis et abords des constructions ", que, dans les espaces paysagers à préserver, les travaux ayant pour effet de détruire un élément du paysage et notamment les coupes et abattages d'arbres, doivent faire l'objet d'une autorisation préalable au titre des installations et travaux divers, ce, conformément aux dispositions de l'article R. 151-43 du code de l'urbanisme. Cette règle s'applique sans distinction selon la zone dans laquelle s'inscrit l'espace à préserver et elle n'a donc pas à être reprise au sein de chaque zone, en particulier au sein de la zone UHb qui regroupe le " secteur d'habitat individuel implanté de manière spontanée sur de grandes unités foncières dans le quartier des Sablons en limite du massif boisé des Bois Noir ", dans laquelle s'inscrit la parcelle des requérants. Ces derniers ne sont donc pas fondés à reprocher au règlement du PLU de ne pas fixer, parmi les règles applicables dans les zones UHb, celles qui régissent précisément les espaces paysagers à préserver. L'incohérence invoquée à ce titre entre le règlement et le PADD manque donc en fait.

6. En deuxième lieu, l'objectif de préservation des cœurs d'îlots verts fixé par le PADD n'est pas, par lui-même, mis en péril par les autorisations de division et de construction susceptibles d'être délivrées en zone UHb, ces autorisations pouvant être délivrées en respectant l'objectif de maintien d'espaces verts. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en tant qu'il autorise des constructions en zone UHb, le règlement serait incohérent avec le PADD, alors, en outre, que, si elles prennent place au sein d'espaces paysagers à préserver, ces constructions seront soumises au respect des règles applicables à ces zones.

7. En dernier lieu, dès lors que, pour les raisons exposées au point 12 ci-dessous, la partie de la propriété des requérants classée comme espace paysager à préserver présente un intérêt pour la préservation des continuités écologiques, à la différence de l'autre partie de la propriété, qui accueille déjà une construction, la circonstance que cette parcelle n'a été classée que de façon partielle ne saurait davantage caractériser l'incohérence alléguée entre le règlement et le PADD en ce que celui-ci fixe pour objectif la préservation des espaces verts.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme s'agissant de la servitude instaurée sur la parcelle des requérants :

8. Aux termes de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les sites et secteurs à protéger pour des motifs d'ordre écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état des continuités écologiques et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres. / Il peut localiser, dans les zones urbaines, les terrains cultivés et les espaces non bâtis nécessaires au maintien des continuités écologiques à protéger et inconstructibles quels que soient les équipements qui, le cas échéant, les desservent ". L'article R. 151-43 du même code dispose que : " Afin de contribuer à la qualité du cadre de vie, assurer un équilibre entre les espaces construits et les espaces libres et répondre aux enjeux environnementaux, le règlement peut : () / 5° Identifier, localiser les éléments de paysage et délimiter les sites et secteurs à protéger au titre de l'article L. 151-23 pour lesquels les travaux non soumis à un permis de construire sont précédés d'une déclaration préalable et dont la démolition est subordonnée à la délivrance d'un permis de démolir, et définir, s'il y a lieu, les prescriptions nécessaires pour leur préservation ; / 6° Délimiter dans les documents graphiques les terrains et espaces inconstructibles en zone urbaine en application du second alinéa de l'article L. 151-23 ".

9. D'une part, si les dispositions précitées du second alinéa de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme s'appliquent exclusivement en zone urbaine, celles du premier alinéa ne trouvent pas exclusivement à s'appliquer en milieu naturel, des espaces paysagers à préserver pouvant être identifiés en zone urbaine sur leur fondement, pour qu'y soient définies des prescriptions appropriées à leur protection, sans nécessairement imposer l'inconstructibilité prévue par le second alinéa de l'article L. 151-23. Cette première branche du moyen tiré de l'erreur de droit soulevée par les requérants doit donc être écartée.

10. D'autre part, les dispositions précitées de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme autorisent le classement en espace paysager à préserver de tout secteur à protéger pour des motifs d'ordre écologique, en vue notamment de contribuer à la préservation, au maintien ou à la remise en état des continuités écologiques. A cet égard, la préservation des continuités écologiques ne saurait être résumée à celle des corridors écologiques, ainsi que le suggèrent les requérants. Dès lors, la circonstance que la zone classée en espace paysager à préserver n'est pas située sur le tracé de l'un des corridors écologiques identifiés dans le plan de zonage du PLU communal ne saurait, par elle-même établir que ce classement procède d'une erreur de droit. De même, ni la circonstance que le secteur concerné n'est pas situé à la lisière des massifs forestiers, ni celles tirées de l'absence de zone humide à proximité, ou encore de cours d'eau, ripisylves, espaces verts ou arbres remarquables, ou même d'espèces bénéficiant d'un statut particulier de protection n'est de nature à faire obstacle au classement comme espace paysager à préserver.

11. Enfin, il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.

12. Il ressort certes des pièces du dossier que la parcelle des requérants est située à l'écart du corridor écologique identifié dans la zone naturelle du secteur, dont l'extrémité est elle-même située à environ 500 mètres de cette propriété. Toutefois, parmi les éléments caractéristiques des continuités écologiques, le PADD vise notamment les " continuum " écologiques qui, comme les corridors écologiques sont, d'après le PADD, des " voies de déplacement empruntées par la faune et la flore qui relient les réservoirs de biodiversité, ceux-ci pouvant jouer le rôle de réservoirs de biodiversité et/ou de corridors ; ils ne sont pas nécessairement linéaires, et peuvent exister sous la forme d'habitats discontinus mais suffisamment proches ". Il ressort des pièces du dossier que la parcelle des requérants, d'une superficie étendue, est composée en grande partie de verdure et de haies de clôture et que, si elle n'est pas située à proximité immédiate de la zone naturelle jouxtant la forêt de Marly, cette propriété forme, avec celles qui lui sont proches et qui sont également grevées d'une telle servitude, une " enfilade de jardins " ainsi, par conséquent qu'une continuité écologique depuis la zone naturelle située au nord, de sorte que l'ensemble des parcelles classées constitue un espace favorable au déplacement ou à l'habitat des espèces notamment présentes dans cette zone naturelle. Il n'est en outre pas contesté que ces parcelles constituent des espaces verts non bâtis en cœur d'îlots, ce, en cohérence avec les orientations fixées par le PADD. La circonstance que la parcelle des requérants soit située en limite du territoire de la commune ne signifie pas que la continuité écologique ne pourrait y être maintenue ou restaurée, celle-ci ne s'arrêtant d'ailleurs pas aux limites administratives d'un territoire communal. De même, s'ils font valoir qu'aucune des six orientations d'aménagement et de programmation référencées dans le PLU n'est située dans le sud du territoire communal où se trouve leur propriété, les requérants ne donnent aucune explication permettant au tribunal d'examiner en quoi cette circonstance serait de nature à remettre en cause le classement en espace paysager à préserver d'une partie de leur parcelle. Enfin, la circonstance que des constructions auraient été autorisées, au cours de la procédure de révision du PLU, dans un secteur situé à proximité de leur parcelle et sur des parcelles désormais identifiées comme espace paysager à préserver, n'est pas de nature à remettre en cause le bien-fondé du classement de leur parcelle, ni la cohérence du choix des auteurs de PLU, dès lors notamment qu'il n'est ni établi, ni même allégué, que ces constructions seraient de nature à remettre en cause l'enfilade de jardins ayant vocation à maintenir la continuité écologique avec la zone naturelle située à proximité des bois de Marly. Les requérants ne peuvent davantage utilement faire valoir, au soutien de leur contestation, que la commune aurait dû surseoir à statuer sur ces demandes d'autorisation de construire, ni que ces autorisations seraient illégales. Dans ces conditions, la commune de Mareil-Marly n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en classant la parcelle litigieuse en espace paysager à préserver au titre de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme.

13. Il résulte de ce qui a été dit aux points 9 à 12 ci-dessus que le moyen tiré du non-respect des dispositions de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme doit être écarté, en toutes ses branches.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'atteinte excessive portée au droit de propriété :

14. D'une part, il résulte de ce qui a été exposé ci-dessus que le classement partiel de la propriété des requérants comme espace paysager à préserver est justifié au regard de l'objectif d'intérêt général de préservation et de mise en valeur des espaces naturels fixé à l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme. Par ailleurs, cette servitude n'apparaît pas disproportionnée dès lors qu'elle ne concerne pas l'ensemble du terrain des requérants et que, sur la partie classée, elle n'interdit pas toute construction.

15. D'autre part, s'ils font valoir que leur parcelle est en outre grevée d'une servitude au titre de l'obligation de mixité sociale prévue à l'article L. 151-15 du code de l'urbanisme, contraignant les constructions neuves à compter au moins 45% de logements sociaux, à l'instar d'ailleurs de ce qui prévaut sur une large part du territoire communal, et qu'en cas de projet de vente du terrain, la commune y est susceptible d'exercer son droit de préemption urbain, les requérants ne démontrent pas que ce cumul de servitudes caractériserait une atteinte excessive portée à leur droit de propriété.

16. Le moyen tiré de l'atteinte prétendument excessive portée au droit de propriété doit donc être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la rupture d'égalité devant la loi :

17. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de zonage, que les parcelles voisines de celle des requérants font l'objet d'une servitude équivalente au titre de l'obligation de mixité sociale, et qu'elles sont classées, au moins pour partie, comme espace paysager à préserver sur le fondement de l'article L. 151-23 du code de l'urbanisme. La rupture d'égalité devant la loi invoquée, à cet égard, par les requérants n'est donc, en tout état de cause, pas établie.

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

19. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "

20. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire de MM. Bernard et Jacques D une somme totale de 1 500 euros à verser à la commune de Mareil-Marly sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce que la commune de Mareil-Marly, qui n'est pas la partie perdante, soit condamnée à verser aux requérants la somme qu'ils demandent au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de MM. D est rejetée.

Article 2 : MM. Bernard et Jacques D verseront à la commune de Mareil-Marly, solidairement, une somme totale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, représentant unique des requérants, et à la commune de Mareil-Marly.

Copie en sera adressée à la communauté d'agglomération Saint-Germain Boucles de Seine.

Délibéré après l'audience du 28 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

- Mme Rollet-Perraud, présidente,

- Mme Féjerdy, première conseillère,

- Mme Milon, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2022.

La rapporteure,

signé

A. A

La présidente,

signé

C. Rollet-Perraud La greffière,

signé

K. Dupré

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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