mardi 4 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2008383 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SCP VERBATEAM MONTPELLIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 décembre 2020, M. D C, représenté par Me Auche, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 juin 2020 par lequel le maire de la commune des Essarts-le-Roi a refusé de lui délivrer le permis de construire sollicité ;
2°) de mettre à la charge de la commune des Essarts-le-Roi la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente faute pour son signataire de justifier d'une délégation de signature régulière du maire ;
- l'article Um 9.2 du règlement du plan local d'urbanisme, tel qu'il a été modifié par la délibération du 12 février 2020, est illégal dès lors qu'il méconnaît les objectifs du projet d'aménagement et de développement durable et que la commune aurait dû faire usage de la procédure de révision prévue à l'article L. 153-31 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré 7 septembre 2021, la commune des Essarts-le-Roi, représentée par Me Panassac, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 3 000 euros à lui verser au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- à supposer que le motif tiré de la méconnaissance de l'article Um 9.2 du règlement du plan local d'urbanisme serait entaché d'illégalité, le motif tiré de la méconnaissance de l'article Um 10 du règlement est de nature à fonder la décision litigieuse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maljevic, conseiller,
- les conclusions de M. Fraisseix, rapporteur public,
- et les observations de Me Panassac, représentant la commune des Essarts-le-Roi.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C a déposé, le 25 février 2020, une demande de permis de construire portant sur une maison individuelle d'habitation. Par un arrêté du 22 juin 2020, le maire de la commune des Essarts-le-Roi a refusé de délivrer le permis de construire sollicité. Par un courrier du 17 août 2020, M. C a formé un recours gracieux contre cet arrêté, lequel a fait l'objet d'un refus exprès par décision du maire le 12 octobre 2020. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 juin 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué :
2. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 9 avril 2014, transmis au contrôle de légalité le 11 avril 2014, le maire de la commune des Essarts-le-Roi a délégué sa compétence à M. B A, aux fins de signer tous les documents concernant l'urbanisme et le développement durable. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué, en date du 22 juin 2020, signé par M. B A, l'aurait été par une autorité incompétente. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l'exception d'illégalité du plan local d'urbanisme de la commune des Essarts-le-Roi :
3. Si un permis de construire ne constitue pas un acte d'application de la réglementation d'urbanisme en vigueur et si, par suite, un requérant demandant son annulation ne saurait utilement se borner à soutenir, pour l'obtenir, qu'il a été délivré sous l'empire d'un document d'urbanisme illégal, mais doit faire valoir, en outre, que ce permis méconnaît les dispositions d'urbanisme pertinentes remises en vigueur en application de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, cette règle ne s'applique pas au refus de permis de construire, lorsqu'il trouve son fondement dans un document d'urbanisme. Dans ce cas, l'annulation ou l'illégalité de ce document d'urbanisme entraîne l'annulation du refus de permis de construire pris sur son fondement, sauf au juge à procéder à une substitution de base légale ou de motifs dans les conditions de droit commun.
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 151-5 du même code : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; 2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune. / Il fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain. / Il peut prendre en compte les spécificités des anciennes communes, notamment paysagères, architecturales, patrimoniales et environnementales, lorsqu'il existe une ou plusieurs communes nouvelles ". Aux termes de l'article L. 151-8 du même code : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols () ".
5. Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
6. Aux termes de l'article Um 1 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune des Essarts-le-Roi, dans sa rédaction issue de la modification adoptée par la délibération du 12 février 2020 du conseil municipal de cette commune : " Sont interdites les occupations et utilisations du sol suivantes : () - Dans le sous-secteur Um2 : les constructions nouvelles à destination d'habitation ou d'activité hors de la bande de constructibilité principale, à l'exception de la surélévation ou de l'extension des construction existante et de leurs annexes ". Aux termes de l'article Um 9.2 de ce règlement : " Une bande de constructibilité principale s'applique sur une profondeur de 20m. Dans cette bande, le coefficient d'emprise au sol des constructions est limité à 20% de la superficie de l'unité foncière concernée. / Hors de la bande de constructibilité principale, sont autorisées les extension, surélévations et création d'annexes aux logements existants. Il n'est pas possible d'y créer de nouveaux logement ".
7. Le requérant soutient que la modification du PLU des Essarts-le-Roi, adoptée par la délibération du 12 février 2020 du conseil municipal de cette commune, a introduit à l'article Um 9.2 du règlement une interdiction de construire contraire aux objectifs du projet d'aménagement et de développement durables () tendant à " respecter l'enveloppe urbaine existante " et " permettre une densification adaptée ". Toutefois, ce PADD, dont le tribunal a pris directement connaissance sur le site internet de la commune des Essarts-le-Roi accessible à tous, retient également un objectif tendant à " concilier développement urbain et préservation de la qualité du cadre de vie " en favorisant " au sein du tissu bâti, la présence du végétal, composante essentielle de la qualité du cadre de vie et support de biodiversité " et en veillant " à assurer un traitement réfléchi des transitions () en lisières avec les zones agricoles et naturelles ". Ainsi, le règlement litigieux pouvait, sans incohérence avec les diverses orientations combinées du PADD, exclure un certain nombre de parcelles bâties situées en limite de l'enveloppe urbaine et en bordure d'une zone agricole, de la bande de constructibilité prévue par l'article Um 9.2. Par suite, le moyen tiré de l'incohérence du règlement du PLU des Essarts-le-Roi avec le PADD doit être écarté.
8. En deuxième lieu, il appartient à l'autorité locale de définir les partis d'urbanisme que traduit PLU dans le respect des dispositions du code de l'urbanisme. Dès lors, la légalité des prescriptions d'un PLU ayant pour effet d'interdire dans une zone U la plupart des constructions nouvelles s'apprécie au regard du parti d'urbanisme retenu, défini notamment par les orientations générales et par les objectifs du PADD.
9. Si le requérant entend se prévaloir de l'erreur de droit ou de l'erreur manifeste d'appréciation qui entacheraient les dispositions de l'article Um 1 cité au point 6, en ce qu'elles créent une inconstructibilité des parcelles exclues par la bande de constructibilité prévue par l'article Um 9.2, et dès lors que cette bande serait décorrélée de l'enveloppe urbaine existante et ne tiendrait pas compte du bâti existant, il résulte de ce qui est dit aux points 6 et 7 que l'interdiction prescrite ne concerne pas les extensions, surélévations et créations d'annexes aux logements existants et, qu'elle trouve sa justification dans le parti d'urbanisme retenu par les auteurs du PLU des Essarts-le-Roi défini par les orientations générales et par les objectifs du PADD de ce PLU.
10. Au demeurant, aux termes de l'article Um 1 du règlement du PLU de la commune des Essarts-le-Roi, dans sa rédaction antérieure à la modification litigieuse : " Sont interdites les occupations et utilisations du sol suivantes : () - Les constructions nouvelles à destination d'habitation ou d'activité au-delà du deuxième rang par rapport à la voirie publique sur laquelle débouche le terrain, à l'exception de la surélévation ou de l'extension des construction existante et de leurs annexes ". Ainsi, la réalisation de constructions nouvelles à destination d'habitation n'était déjà pas permise au-delà d'une certaine distance de la voie publique avant la modification litigieuse, en particulier en ce qui concerne la parcelle ayant fait l'objet de la décision attaquée, qui se situe en troisième rang par rapport à la rue de la Haie aux Vaches. Ainsi, l'éventuel moyen tiré de l'erreur de droit ou de l'erreur manifeste d'appréciation doit en toute hypothèse être écarté.
11. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 153-31 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme est révisé lorsque () la commune décide : / 1° Soit de changer les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables () ".
12. Il résulte de ce qui est dit au point 7 que, contrairement à ce que soutient M. C, la modification litigieuse du PLU n'a pas eu pour objet, ni pour effet, de modifier les orientations du PADD, ni même de le priver de son sens ou de sa portée. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la modification du PLU des Essarts-le-Roi est entachée d'erreur de droit à défaut d'usage de la procédure de révision prévue par l'article L. 153-31 du code de l'urbanisme.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 22 juin 2020 par lequel le maire de la commune des Essarts-le-Roi a rejeté sa demande de permis de construire.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que, au titre des frais exposés par le requérant, une somme soit mise à la charge de la commune des Essarts-le-Roi dès lors que celle-ci n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C le versement à la commune des Essarts-le-Roi de la somme de 1 500 euros au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera une somme de 1 500 euros à la commune des Essarts-le-Roi en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et à la commune des Essarts-le-Roi.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Mathou, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.
Le rapporteur,
signé
S. Maljevic
La présidente,
signé
N. Boukheloua
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026