LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2008700

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2008700

vendredi 25 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2008700
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantJUFFROY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 21 décembre 2020 et le 17 juillet 2021, M. B A demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision de la commune de Brétigny-sur-Orge du 11 mai 2020 refusant de renouveler son contrat au-delà du 30 juin 2020 ainsi que la décision implicite de rejet née du silence gardé sur son recours gracieux formé le 21 août 2020 ;

2°) d'enjoindre à la commune de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et de le réintégrer dans ses fonctions, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Brétigny-sur-Orge la somme de 200 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'un vice de forme, en l'absence de signature de son auteur ;

- le refus de renouveler le contrat n'est pas motivé par l'intérêt du service ou des considérations liées à sa personne ;

- elle méconnait l'article 38-1 du décret du 15 février 1988, en l'absence de respect du délai de prévenance ;

- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.

Par un mémoire enregistré le 16 juin 2021, la commune de Brétigny-sur-Orge, représentée par Me Juffroy, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable ; le courriel du 11 mai 2020 ne revêt pas le caractère d'une décision faisant grief ;

- les autres moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 4 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 mars 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n°88-145 du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Vincent, première conseillère,

- les conclusions de Mme Ozenne, rapporteure publique,

- et les observations de Me Juffroy pour la commune de Brétigny-sur-Orge.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A a été recruté par la commune de Brétigny-sur-Orge en qualité d'adjoint territorial technique, dans le cadre d'un contrat à durée déterminée d'un an du 3 juin 2019 au 2 juin 2020. Il a été affecté dans les fonctions de gardien au sein du complexe sportif Auguste Delaune. Le 8 août 2019, il a été victime d'un accident reconnu imputable au service et placé ensuite en arrêt de travail à plusieurs reprises. Par courriel daté du 11 mai 2020, la commune de Brétigny-sur-Orge l'a informé que son contrat serait renouvelé pour un mois mais qu'il ne serait pas renouvelé au-delà du 30 juin 2020. Après avoir consulté son dossier administratif, le requérant a formé un recours gracieux par courrier du 21 août 2020 demandant notamment à ce que son contrat soit reconduit à compter du 5 mai 2020, courrier resté sans réponse. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler la décision du 11 mai 2020 et la décision implicite née du silence gardé sur son recours gracieux formé le 21 août 2020.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense et l'étendue du litige :

2. Aux termes de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 susvisé : " Lorsqu'un agent contractuel a été engagé pour une durée déterminée susceptible d'être renouvelée en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité territoriale lui notifie son intention de renouveler ou non l'engagement au plus tard : (). -un mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée égale ou supérieure à six mois et inférieure à deux ans () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 11 mai 2020 dont se prévaut le requérant se borne à l'avertir, par un courriel, de l'intention de la commune de ne pas renouveler son contrat au-delà du 30 juin 2020. Elle n'a donc pas le caractère d'une décision, au-delà de la date du 30 juin, faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir, comme le fait valoir le défendeur. En conséquence, les conclusions du requérant à fin d'annulation de cette décision sont irrecevables et doivent être rejetées. Par suite, le requérant ne peut utilement soutenir que cette décision est entachée d'un défaut de motivation au regard de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration.

4. Toutefois, le requérant doit être regardé comme demandant également l'annulation de la décision de ne pas renouveler son contrat au-delà du 30 juin 2020 révélée par la lecture combinée des articles 1er et 7 du nouveau contrat à durée déterminée transmis par bordereau d'envoi daté du 13 mai 2020 et excluant tout renouvellement ultérieur au 30 juin 2020. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre cette décision ainsi qu'à l'encontre de la décision implicite née du silence gardé sur son recours gracieux formé le 21 août 2020 doivent être accueillies.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

5. Le requérant soutient que la décision de ne pas le renouveler est fondée sur des motifs étrangers à l'intérêt du service ou à des considérations tenant à sa personne. A cet égard, il fait valoir que la commune était à la recherche de gardiens communaux au moment où elle a décidé de ne pas renouveler son contrat, comme en atteste l'annonce parue en juin 2020. De plus, il a donné ample satisfaction, comme en témoigne son compte-rendu d'évaluation pour l'année 2019 tandis qu'il est patent que la décision a été prise en raison de son état de santé.

6. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie ni d'un droit au renouvellement de son contrat ni, à plus forte raison, d'un droit au maintien de ses clauses si l'administration envisage de procéder à son renouvellement. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent.

7. Au cas d'espèce, si la commune de Brétigny-sur-Orge fait valoir que les absences de l'intéressé pour congés maladie pendant une durée cumulée de 171 jours ont eu un impact important sur le fonctionnement du service, au vu de ses fonctions, il est constant que le requérant a été victime d'un accident du travail à peine plus de deux mois après avoir été recruté, à l'origine de nombreux arrêts maladie. Ces absences ne peuvent donc établir l'intérêt du service à ne pas renouveler le contrat du requérant. Si la commune de Brétigny-sur-Orge fait valoir en outre que cet impact a été accru par les manquements du requérant à ses obligations de prévenance de ses absences dans les délais réglementaires, dans un contexte de manque chronique d'effectifs au sein du centre sportif, elle se borne à produire un courriel unique de son supérieur hiérarchique signalant une seule absence sans justification, le 29 octobre 2019, alors que le requérant soutient, sans être contredit et bulletin de salaire à l'appui, qu'il s'agissait en réalité d'une journée de congé dont son supérieur hiérarchique avait oublié l'existence. De plus, si la commune fait valoir que le requérant était, du fait de ses blessures, dans l'incapacité de remplir les tâches inhérentes à ses fonctions, le requérant justifie sans être contredit avoir demandé sans succès et à plusieurs reprises de rencontrer le médecin du travail, la commune se bornant à lui opposer l'absence de médecin du travail à disposition de la commune, sans établir les diligences accomplies pour y remédier. Enfin, si la commune de Brétigny-sur-Orge fait valoir que sa décision a aussi été prise en considération de son moindre investissement dans ses fonctions à la suite de cet accident, obligeant ses collègues à réaliser son travail à sa place, elle n'en justifie qu'en produisant un extrait du registre de sécurité daté du 15 décembre 2015 dans lequel le requérant signale de fortes douleurs aux côtes, au dos et aux cervicales, l'ayant empêché de remplir les tâches physiques assignées, signalement à la suite duquel il a d'ailleurs été placé en arrêt maladie. Par conséquent, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation commis par la commune doit être accueilli.

8. Sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre les deux décisions attaquées doivent être accueillies.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

9. L'exécution du présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint à la commune de Brétigny-sur-Orge de réexaminer la situation administrative de M. A, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée. Dès lors, les conclusions de M. A tendant à sa réintégration dans ses fonctions ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Brétigny-sur-Orge la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens et qu'il ne justifie au demeurant pas. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que les sommes demandées à ce titre par la commune de Brétigny-sur-Orge soient mises à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : La décision de la commune de Brétigny-sur-Orge refusant de renouveler son contrat à durée déterminée ainsi que la décision implicite née du silence gardé sur son recours gracieux sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint à la commune de Brétigny-sur-Orge de réexaminer la situation administrative de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.

Article 3 : Le surplus des conclusions des deux parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Brétigny-sur-Orge.

Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Gosselin, président,

Mme Vincent, première conseillère,

Mme Geismar, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2022.

La rapporteure,

Signé

L. Vincent

Le président,

Signé

C. GosselinLa greffière,

Signé

S. Lamarre

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions