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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2100350

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2100350

vendredi 6 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2100350
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantROCHEFORT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

La SCI 44 rue de Lorraine a demandé au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 août 2020 par lequel le maire de Mantes-la-Jolie a délivré à la SA Les Résidences Yvelines Essonne, au nom de l'Etat, un permis de construire n° PC 078 361 19 Y0037 pour la réhabilitation et l'extension d'un bâtiment en vue d'y installer une résidence sociale, un restaurant et un incubateur de " start-up " sur un terrain situé 17 avenue de la République, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 2 octobre 2020.

Par un jugement avant dire-droit du 3 décembre 2021, le tribunal a, en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, sursis à statuer sur cette demande, jusqu'à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la notification du jugement, pour permettre la notification au tribunal d'une mesure régularisant les illégalités qu'il a constatées.

Par des mémoires enregistrés les 13 octobre et 9 novembre 2022, la SA Les Résidences Yvelines Essonne, représentée par Me Hélène Cloëz, maintient les conclusions qu'elle a présentées avant que soit rendu le jugement avant dire-droit visé ci-dessus, versant à l'instance l'arrêté du 27 septembre 2022 délivrant le permis de construire de régularisation, le dossier de demande de ce permis de construire et l'arrêté du 3 octobre 2022 délivrant un permis de construire dit " rectificatif ".

Elle fait valoir que les illégalités constatées dans le jugement avant dire-droit sont régularisées par le permis de construire modificatif délivré le 3 octobre 2022 et que les moyens développés par la requérante contre le permis de construire de régularisation manquent en fait, tandis que ceux développés contre le permis initial, écartés par le jugement avant dire-droit, sont inopérants.

Par un mémoire enregistré le 30 octobre 2022, ainsi qu'un mémoire enregistré le 22 novembre 2022, non communiqué, la SCI 44 rue de Lorraine, représentée par Me Rochefort, maintient ses conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 7 août 2020, et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 2 octobre 2020 et demande, en outre, au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2022 délivrant à la SA Les Résidences Yvelines Essonne un permis de construire modificatif, ainsi que l'arrêté du 3 octobre 2022 portant délivrance d'un permis de construire dit " rectificatif " ;

2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Mantes- la-Jolie, de l'Etat et de la SA Les Résidences Yvelines Essonne, la somme de 4 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens de l'instance.

Elle soutient que :

- les arrêtés des 27 septembre et 3 octobre 2022 émanent d'une autorité incompétente en l'absence de preuve qu'une délégation de signature a été consentie au signataire et que celle-ci a été régulièrement publiée et transmise au contrôle de légalité ; en outre, alors que le maire de Mantes- la-Jolie est intéressé, à plusieurs titres, à la réalisation du projet, il n'est pas établi que l'adjoint au maire signataire des deux arrêtés aurait été spécialement désigné par le conseil municipal au titre de l'article L. 422-7 du code de l'urbanisme ;

- le permis de construire n'est pas régularisé dès lors que l'impossibilité technique d'accueillir les neuf emplacements de stationnement sur la parcelle d'emprise du projet n'est pas justifiée ; eu égard au caractère précaire et révocable des neuf places de stationnement consenties au pétitionnaire au terme de la convention d'amodiation versée au dossier, le vice constaté par le tribunal n'est pas régularisé ;

- en outre, cette convention ne prévoit aucune place équipée pour la recharge des véhicules électriques ou hybrides ; elle ne prévoit pas davantage de place pour les vélos ;

- elle ne donne aucun plan des accès au stationnement et des places de stationnement, en méconnaissance de l'article R. 431-26 et de l'article R. 431-8 f) du code de l'urbanisme.

Par une ordonnance du 10 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 25 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Maitre, rapporteur public,

- et les observations de Me Rochefort, représentant la SCI 44 rue de Lorraine.

Considérant ce qui suit :

1. La SA Les Résidences Yvelines Essonne a sollicité, auprès des services de la commune de Mantes- la-Jolie un permis de construire pour la réhabilitation et l'extension d'un bâtiment en vue d'y installer une résidence sociale pour jeunes travailleurs, un restaurant et un incubateur de " start-up " sur un terrain situé 17 avenue de la République. Par un arrêté du 7 août 2020, le maire de Mantes-la-Jolie a accordé, au nom de l'Etat, ce permis de construire. Par une requête enregistrée le 18 janvier 2021, la SCI 44 de Lorraine a demandé au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté, ainsi que de la décision implicite de rejet du recours gracieux qu'elle a introduit contre cet arrêté.

2. Par un jugement avant dire-droit du 3 décembre 2021, le tribunal a constaté que l'arrêté du 7 août 2020 était entaché de plusieurs illégalités. Il a, d'une part, considéré que, faute de préciser qu'une autorisation complémentaire au titre de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation devrait être demandée et obtenue pour l'aménagement intérieur de la partie du bâtiment destinée à accueillir l'incubateur de start-up et le restaurant avant son ouverture au public, l'arrêté a méconnu les dispositions de l'article L. 425-3 du code de l'urbanisme. Il a considéré, d'autre part, qu'en ce qu'il autorise la réalisation de huit places de stationnement au lieu de neuf et en ce que les places de stationnement qu'il autorise sont situées à plus de 300 mètres à parcourir à pied des limites du terrain d'assiette du projet, l'arrêté attaqué a méconnu les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) relatives au stationnement. Considérant, enfin, que ces illégalités étaient susceptibles d'être régularisées en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, le tribunal a sursis à statuer, jusqu'à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la notification du jugement, pour permettre la notification au tribunal d'une mesure régularisant ces illégalités. Les 13 octobre et 9 novembre 2022, la SA Les Résidences Yvelines Essonne a versé à l'instance un arrêté du 27 septembre 2022 portant permis de construire de régularisation, le dossier de demande de ce permis de construire et un arrêté du 3 octobre 2022 délivrant un permis de construire dit " rectificatif ".

3. A compter de la décision par laquelle le juge recourt à l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, seuls des moyens dirigés contre la mesure de régularisation notifiée, le cas échéant, au juge peuvent être invoqués devant ce dernier. A ce titre, les parties peuvent, à l'appui de la contestation de l'acte de régularisation, invoquer des vices qui lui sont propres et soutenir qu'il n'a pas pour effet de régulariser le vice que le juge a constaté dans sa décision avant-dire droit. Elles ne peuvent en revanche soulever aucun autre moyen, qu'il s'agisse d'un moyen déjà écarté par la décision avant-dire droit ou de moyens nouveaux, à l'exception de ceux qui seraient fondés sur des éléments révélés par la procédure de régularisation.

Sur la régularisation des vices constatés par le jugement avant dire-droit :

4. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-3 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction en vigueur à la date de l'arrêté initial : " Lorsque le projet porte sur un établissement recevant du public, le permis de construire tient lieu de l'autorisation prévue par l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation dès lors que la décision a fait l'objet d'un accord de l'autorité administrative compétente qui peut imposer des prescriptions relatives à l'exploitation des bâtiments en application de l'article L. 123-2 du code de la construction et de l'habitation. Le permis de construire mentionne ces prescriptions. Toutefois, lorsque l'aménagement intérieur d'un établissement recevant du public ou d'une partie de celui-ci n'est pas connu lors du dépôt d'une demande de permis de construire, le permis de construire indique qu'une autorisation complémentaire au titre de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation devra être demandée et obtenue en ce qui concerne l'aménagement intérieur du bâtiment ou de la partie de bâtiment concernée avant son ouverture au public. ". Et aux termes de l'article R. 425-15, dans sa rédaction alors applicable : " Lorsque le projet porte sur un établissement recevant du public, le permis de construire tient lieu de l'autorisation prévue par l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation dès lors que la décision a fait l'objet d'un accord de l'autorité compétente. / Le permis de construire indique, lorsque l'aménagement intérieur de l'établissement recevant du public ou d'une partie de celui-ci n'est pas connu lors du dépôt de la demande, qu'une autorisation complémentaire au seul titre de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation devra être demandée et obtenue avant son ouverture au public en ce qui concerne l'aménagement intérieur du bâtiment ou de la partie de bâtiment concernée ".

6. Ainsi que l'a rappelé le tribunal dans le jugement avant dire-droit visé ci-dessus, il résulte de ces dispositions que lorsque, comme en l'espèce, l'aménagement intérieur de locaux constitutifs d'un établissement recevant du public, qui nécessite une autorisation spécifique au titre de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation, n'est pas connu lors du dépôt de la demande de permis de construire, l'autorité compétente, dont la décision ne saurait tenir lieu sur ce point de l'autorisation prévue par le code de la construction et de l'habitation, ne peut légalement délivrer le permis sans mentionner expressément l'obligation de demander et d'obtenir une autorisation complémentaire avant l'ouverture au public, et ce alors même que le contenu du dossier de demande de permis de construire témoignerait de la connaissance, par le pétitionnaire, de cette obligation.

7. Il ressort du dispositif de l'arrêté dit " rectificatif " pris, au nom de l'Etat, le 3 octobre 2022 par le 8ème adjoint au maire de Mantes-la-Jolie, modifiant le permis de construire de régularisation accordé le 27 septembre 2022 à la SA Les Résidences Yvelines Essonne, que les clauses, conditions et prescriptions contenues dans le permis d'origine sont maintenues et complétées d'une clause édictée en application des dispositions précitées de l'article R. 425-15 du code de l'urbanisme, lesquelles sont rappelées à l'article 2 de cet arrêté. Dès lors, l'illégalité entachant l'arrêté du 7 août 2020 en ce que celui-ci ne précisait pas qu'une autorisation complémentaire au titre de l'article L. 111-8 du code de la construction et de l'habitation devrait être demandée et obtenue, a été régularisée par le permis de construire de régularisation délivré le 27 septembre 2022 et modifié le 3 octobre 2022, ce que, d'ailleurs, la société requérante ne conteste pas.

8. En second lieu, l'article 5.2.1.1. du règlement de la zone UAb du PLUi de la communauté urbaine Grand Paris Seine-et-Oise (GPSEO) renvoie au chapitre 5 de la partie 1 " dispositions communes " du règlement en ce qui concerne les dispositions réglementaires relatives au stationnement et leurs modalités de calcul. L'article 5.2. des dispositions communes du règlement du PLUi prévoit, pour l'hébergement à caractère social, une place de stationnement pour six chambres, pour la restauration aucune place, et pour les bureaux, une place par tranche complète de 55 m² de surface de plancher. Pour les constructions à destination d'équipements d'intérêt collectif et services publics, le nombre de places est déterminé en fonction de la nature de l'équipement, son mode de fonctionnement, le nombre et le type d'utilisateurs et sa localisation dans la commune. L'article 5.2.1.3. des dispositions communes précise que : " Les résultats en nombre de places découlant des normes sont arrondis au nombre entier le plus proche. Pour l'application de cette disposition, si le résultat est égal ou supérieur à 1,5, le nombre de places requis est 2. Si le résultat est inférieur ou égal à 1,49, le nombre de places est 1. " Enfin, aux termes de l'article 5.2.3.5. des dispositions communes : " Les places de stationnement à réaliser peuvent être aménagées sur le terrain d'assiette de l'opération ou dans son environnement immédiat. / Lorsque le pétitionnaire ne peut pas satisfaire aux obligations de réalisation d'aires de stationnement sur le terrain d'assiette du projet, il peut être tenu quitte de ses obligations dans les conditions suivantes : / - en réalisant les places de stationnement sur un terrain situé, en tout ou partie, à une distance maximale de 300 mètres à parcourir à pied à compter des limites du terrain d'assiette du projet ; / - en justifiant de l'obtention d'une concession à long terme dans un parc public de stationnement existant ou en cours de réalisation et situé à une distance de 300 mètres à parcourir à pied ; / - en justifiant de l'acquisition de places dans un parc privé de stationnement existant ou en cours de réalisation et situé à une distance maximale de 300 mètres à parcourir à pied. () ".

9. Il ressort des pièces du dossier que la SA Les Résidences Yvelines Essonne a conclu, le 16 juin 2022, avec la société mantaise de stationnement, concessionnaire du service public du stationnement sur voirie et en ouvrage de la ville de Mantes-la-Jolie, en présence de la communauté urbaine GPSEO, compétente en matière de stationnement " en ouvrage ", une convention de vente par amodiation, de neuf places de stationnement situées au sein du parking dit " D ", lui-même situé place Henri Dunant à Mantes-la-Jolie. Cette convention, conclue pour une durée de 18 ans, figure au dossier de demande de permis de construire déposé par la société pétitionnaire le 3 juin 2022 en vue de régulariser le projet initial et est expressément visée dans l'arrêté du 27 septembre 2022 portant octroi du permis de construire de régularisation.

10. Il ressort, d'une part, des indications portées dans la notice consacrée au stationnement figurant en annexe du dossier de permis de régularisation, que ce parking est situé à une distance d'environ 150 mètres, à parcourir à pied, depuis le terrain d'assiette du projet, ce qui n'est d'ailleurs pas contesté par la société requérante.

11. Il ressort, d'autre part, des stipulations de l'article 6 de cette convention, relatif aux conditions d'utilisation des places que, contrairement à ce que fait valoir la société requérante, les places de stationnement concédées sont identifiées et réservées à l'usage de la SA Les Résidences Yvelines Essonne, amodiataire, la circonstance que ces places puissent être sous-louées ou cédées par l'amodiataire n'étant pas de nature à les rendre davantage précaires ou révocables que des emplacements dont le constructeur détiendrait la propriété. Dès lors, et eu égard à la durée de la convention, la condition, fixée par les dispositions précitées du PLUi tenant à l'existence d'une concession à long terme dans un parc public de stationnement est remplie.

12. Enfin, la société requérante ne peut plus utilement faire valoir, à ce stade de l'instance, que le pétitionnaire n'aurait pas justifié de l'impossibilité technique à accueillir, sur la parcelle d'emprise du projet, les neuf places de stationnement requises, ce moyen ayant déjà été écarté par le tribunal au point 30 du jugement avant dire-droit rendu le 3 décembre 2021.

13. Il résulte de ce qui précède que le permis délivré le 27 septembre 2022, et modifié le 3 octobre 2022, a également régularisé le vice entachant le permis initial, tenant à la méconnaissance des dispositions du règlement du PLUi relatives au stationnement.

Sur les nouveaux moyens soulevés dans le cadre de la régularisation :

14. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 30 mai 2022, le maire de Mantes-la-Jolie a donné à M. B C, huitième adjoint au maire, délégation de fonctions dans le domaine de l'urbanisme, habilitant ce dernier à signer, en particulier, les autorisations liées au droit des sols. Il ressort, par ailleurs, du certificat établi par le maire le 9 novembre 2022 que l'arrêté de délégation de fonction et de signature au bénéfice de M. C a été affiché sur les panneaux administratifs de la ville du 30 mai au 30 juillet 2022. Enfin, la société requérante ne conteste pas les modalités de publication, en ligne, de cet arrêté de délégation. Par suite, M. C était compétent pour signer les arrêtés des 27 septembre et 3 octobre 2022 délivrant à la SA Les Résidences Yvelines Essonne le permis de construire de régularisation et modifiant celui-ci, sans qu'une délibération du conseil municipal n'ait été nécessaire dès lors qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le maire aurait été personnellement intéressé au projet, au sens de l'article L. 422-7 du code de l'urbanisme. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués doit être écarté.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-26 du code de l'urbanisme : " Lorsque le constructeur demande à réaliser tout ou partie des aires de stationnement imposées par le plan local d'urbanisme sur un autre terrain que le terrain d'assiette du projet ou demande à être tenu quitte de tout ou partie de ces obligations en justifiant de l'obtention d'une concession à long terme dans un parc public de stationnement ou de l'acquisition de places dans un parc privé de stationnement, la demande comprend en outre : a) Le plan de situation du terrain sur lequel seront réalisées les aires de stationnement et le plan des constructions ou aménagements correspondants ; b) Ou la promesse synallagmatique de concession ou d'acquisition, éventuellement assortie de la condition suspensive de l'octroi du permis ".

16. Si la société requérante reproche au dossier de demande de permis de régularisation de ne pas comporter de plan des accès au stationnement et des places de stationnement, il résulte de ce qui a été dit au point 9 ci-dessus que la société pétitionnaire a joint à son dossier de demande de permis la convention de vente par amodiation des neuf places de stationnement qui lui ont été consenties au sein du parking situé place Henri Dunant à Mantes-la-Jolie. Dès lors, s'il ne comporte pas de plan représentant le terrain sur lequel seront réalisées les aires de stationnement, le dossier de demande de permis de construire de régularisation comprend la convention de concession de ces emplacements de stationnement, ainsi que le prévoient les dispositions b) précité de l'article R. 431-26 du code de l'urbanisme. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit donc être écarté.

17. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".

18. Il résulte de ce qui a été dit au point 9 ci-dessus que le dossier de demande de permis de construire de régularisation comporte une notice consacrée au stationnement, laquelle expose les modalités, ci-dessus décrites, d'organisation des aires de stationnement au sein du parking situé à proximité du projet. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du f) de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme doit donc être écarté.

19. En quatrième lieu, aux termes de l'article 5.2.3.2 des dispositions communes du règlement du PLUi de la communauté urbaine GPSEO, relatives aux normes de stationnement propres aux véhicules électriques ou hybrides, auxquelles renvoie l'article 5.2.1.1 du règlement de la zone UAb dans laquelle se situe le terrain d'assiette du projet : " Les parcs de stationnement des constructions à destination de logement et de bureau comportent des places équipées pour la recharge des véhicules électriques ou hybrides. / Pour les constructions à destination de logement ces dispositions s'imposent pour les parcs de stationnement liés à un programme comportant plus de 2 logements. / Le nombre de places équipées à réaliser est conforme aux dispositions des articles R. 111-14-2 et R. 111-14-3 du code de la construction et de l'habitation () ".

20. Il résulte des dispositions du PLUi citées au point précédent que les exigences fixées en terme d'équipements permettant la recharge de véhicules électriques et hybrides concernent les parcs de stationnement crées à l'occasion et pour les besoins d'un projet de construction, sans exiger la mise à disposition de tels équipements dans le cas où, comme en l'espèce, les emplacements de stationnement sont acquis, ou loués, par le porteur du projet au sein d'un parc de stationnement existant. La société requérante ne peut donc utilement reprocher à la SA Les Résidences Yvelines Essonne de ne pas avoir prévu la mise à disposition d'équipements permettant la recharge des véhicules électriques ou hybrides, dès lors que les emplacements nécessaires au projet en litige se situent au sein d'un parking existant. Le moyen tiré du non-respect des dispositions précitées de l'article 5.2.3.2 des dispositions communes du règlement du PLUi de la communauté urbaine GPSEO doit être écarté comme inopérant.

21. En dernier lieu, aux termes de l'article 5.2.4.1 des dispositions communes du règlement du PLUi de la communauté urbaine GPSEO : " Pour les nouvelles constructions, un espace est aménagé pour stationner les vélos, et réservé à cet usage, selon les modalités précisées par le code de la construction et de l'habitation (). / Le dimensionnement à prendre en compte pour le stationnement vélo est au minimum de 1,50 m² pour une place ". L'article 5.2.4.2 précise, sous forme de tableau, les " normes minimales pour les constructions nouvelles selon les destinations et sous-destinations ", en reprenant les catégories visées aux articles R. 151-27 à R. 151-29 du code de l'urbanisme. Enfin, il ressort de l'article 1.1.2 des dispositions communes du PLUi que, conformément à l'article R. 151-28 du code de l'urbanisme, la destination " habitation " comprend les deux sous-destinations " logement " et " hébergement " et que cette seconde sous-destination comprend les constructions destinées à l'hébergement dans des résidences ou foyers avec services, notamment les foyers de travailleurs.

22. Par ailleurs, s'il ressort de l'article 5.2.4.2 des dispositions communes du règlement du PLUi que lorsque l'habitation comporte au moins deux logements, l'espace vélo " possède une superficie de 0,75 m² par logement pour les logements jusqu'à deux pièces principales et 1,50 m² par logement dans les autres cas, avec une superficie minimale de 3 m² ", les 53 chambres du projet en cause sont destinées, ainsi que l'a jugé le tribunal dans le jugement avant dire-droit rendu le 3 décembre 2021, à l'accueil de jeunes travailleurs au sein d'un foyer, et relèvent, par suite, de la sous-destination " hébergement " au sens de l'article R. 151-28 du code de l'urbanisme et de l'article 1.1.2 des dispositions communes du règlement du PLUi. Dès lors, la règle précitée de l'article 5.2.4.2 encadrant la surface du local vélos attaché à une construction de plus de deux logements n'est pas applicable au projet en cause, qui concerne la construction d'hébergements. La société requérante ne peut donc utilement s'en prévaloir pour contester la surface du local vélos prévue en l'espèce.

23. L'article 5.2.4.2 ne fixant aucune règle spécifique concernant la superficie du local vélos attaché à une construction nouvelle destinée à de l'hébergement, la superficie du local vélos est, dans une telle hypothèse, déterminée par l'application des règles applicable à la catégorie résiduelle prévue au même article intitulée " Autres destinations et sous-destinations ", aux termes de laquelle : " Le nombre de places de stationnement pour vélos (avec les équipements associés) doit répondre aux besoins induits par la nature, la fonction, le type d'utilisateurs et la localisation des constructions ou ouvrages réalisés ". Il en va de même du restaurant prévu au sein du projet, dès lors que sa superficie est inférieure à 500 mètres carrés de surface de plancher. Le même article 5.2.4.2 prévoit enfin, pour les équipements d'intérêt collectif, que l'espace vélos " est dimensionné pour accueillir une place pour 10 employés " et que " des stationnements sont également prévus pour les visiteurs ".

24. Il résulte des indications, non contestées, apportées en défense qu'eu égard à sa superficie, l'espace dit de " co-working " et de " Fab-Lab " (atelier), composant la partie " incubateur d'entreprise " du projet, qualifiée d'équipement d'intérêt collectif au sens du PLUi par le jugement avant dire-droit évoqué ci-dessus, ne pourra accueillir plus de quinze personnes de manières simultanée. Il résulte également des écritures en défense, non contestées, que la superficie du local destiné au stationnement des vélos, prévu au rez-de-chaussée de l'extension créée sur le terrain d'assiette du projet, est légèrement supérieure à 20 mètres carrés. Il ne ressort pas des pièces du dossier que cette surface ne permettrait pas de répondre aux besoins des différentes sous-destinations de la construction en cause. Dès lors, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le local vélos ne serait pas conforme aux exigences de l'article 5.2.4.2 des dispositions communes du règlement du PLUi.

25. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en annulation présentées par la SCI 44 rue de Lorraine doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

26. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge, à parts égales, de la SA Les Résidences Yvelines Essonne et de la commune de Mantes-la-Jolie une somme globale de 1 500 euros, à verser à la SCI 44 rue de Lorraine, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, il n'y a pas lieu de faire application de ces mêmes dispositions au bénéfice de la SA Les Résidences Yvelines Essonne.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions en annulation présentées par la SCI 44 rue de Lorraine sont rejetées.

Article 2 : La SA Les Résidences Yvelines Essonne et la commune de Mantes-la-Jolie verseront, chacune à parts égales, à la SCI 44 rue de Lorraine une somme globale de 1 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SCI 44 rue de Lorraine, à la commune de Mantes-la-Jolie, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la SA Les Résidences Yvelines Essonne.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 16 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

- Mme Rollet-Perraud, présidente,

- Mme Amar-Cid, première conseillère,

- Mme Milon, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2023.

La rapporteure,

Signé

A. A

La présidente,

Signé

C. Rollet-Perraud La greffière,

Signé

A. Lloria

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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