jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2100565 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LAMOUROUX |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n°2100565 et deux mémoires enregistrés le 22 janvier 2021, le 21 juillet 2022 et le 13 septembre 2022, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 10 mai 2021, Mme D A, représentée par Me Adeline-Delvolvé, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 novembre 2020 par lequel le maire de Saclay a mis fin à son détachement sur l'emploi fonctionnel de directrice générale des services ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saclay une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu'une somme de 13 euros au titre des droits de plaidoirie.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure dès lors que le maire, en informant le conseil municipal de sa décision de mettre fin à ses fonctions le 29 octobre 2020, soit avant l'entretien préalable du 18 novembre 2020, montre qu'il a pris sa décision avant cet entretien, ce qui l'a donc privée d'une garantie ;
- il est entaché d'une erreur de fait :
' elle n'a pas manqué à son devoir de confidentialité mais a simplement transféré des documents comptables communicables vers la messagerie de son mari, qui dispose des logiciels utiles, afin de pouvoir travailler depuis son domicile ;
' elle n'a pas voulu transmettre les convocations au conseil municipal du 28 septembre 2020 tardivement, mais était dans l'attente d'un document graphique à fournir avec ces convocations, et avait alerté le maire des risques juridiques encourus ; de plus, elle a envoyé l'ordre du jour complet aux élus ; les pouvoirs accordés par les élus lors des séances ont toujours été pris en compte, seul l'un d'eux n'a pas été comptabilisé puisque le pouvoir ne précisait pas qu'il demeurait valable pour les séances suivantes ; les retranscriptions des séances ont été valablement effectuées ;
' elle n'a pas eu de difficultés à identifier les dossiers informatiques utiles à la réalisation de ses tâches ;
' si le dossier relatif au fonds de récupération pour la taxe sur la valeur ajoutée (dit B) transmis en préfecture était incomplet, elle a agi ainsi pour " prendre date " compte tenu des impératifs budgétaires de la commune, et avait alerté le maire de cette situation ; en outre le dossier en cause avait été effectué par son prédécesseur ;
' le marché public a été attribué après l'accord émis par le maire le 14 octobre 2020 ;
' elle a transmis tous les dossiers validés ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que le délai minimum de six mois suivant l'élection du maire ou sa nomination n'a pas été respecté ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation puisqu'elle a effectué correctement les missions confiées et qu'aucune perte de confiance ne peut être constatée ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir.
Par trois mémoires en défense enregistrés le 30 avril 2021, le 13 septembre 2022 et le 12 octobre 2022, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 16 septembre 2022, la commune de Saclay, représentée par Me Lamouroux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens y compris les droits de plaidoirie à hauteur de 13 euros par audience.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 1er décembre 2022 par une ordonnance du même jour.
Des pièces complémentaires ont été produites par Mme A le 7 février 2024 et n'ont pas été communiquées.
II. Par une requête n°2107030 et un mémoire enregistrés le 13 août 2021 et le 8 septembre 2022, Mme D A, représentée par Me Adeline-Delvolvé, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2021 par lequel le maire de Saclay a supprimé la bonification indiciaire qu'elle percevait ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saclay de régulariser sa situation et de lui verser la nouvelle bonification indiciaire à laquelle elle a droit dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saclay la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens au nombre desquels figurent les droits de plaidoirie à hauteur de 13 euros par audience.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut de base légale et est illégal en raison de l'illégalité de l'arrêté du 23 novembre 2021 mettant fin à son détachement qui le fonde ;
- il est entaché d'une erreur de droit en raison de sa rétroactivité.
Par deux mémoires en défense enregistré le 15 juillet et le 13 septembre 2022, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 16 septembre 2022 la commune de Saclay conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens, y compris les droits de plaidoirie à hauteur de 13 euros par audience.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 1er décembre 2022 par une ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Geismar, première conseillère,
- les conclusions de Mme Vincent, rapporteure publique,
- les observations de Me Adeline Delvolvé,
- et les observations de Me Lamouroux.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D A a été recrutée par la commune de Saclay pour occuper l'emploi de directrice générale des services à compter du 15 juin 2020. Recrutée en tant qu'attaché territorial, elle a alors été détachée sur l'emploi fonctionnel correspondant par un arrêté du 30 juin 2020, pour une durée de cinq ans. Elle a ensuite bénéficié d'arrêts de travail à partir du 16 octobre 2020. Puis, par un courrier du 2 novembre 2020, elle a été convoquée pour un entretien préalable visant à mettre fin à son détachement. Par un arrêté du 23 novembre 2020, le maire de Saclay a mis fin à son détachement sur l'emploi fonctionnel de directrice général des services. Mme A demande, par la requête n°2100565, l'annulation de cet arrêté.
2. Puis, par un arrêté du 29 décembre 2020, le maire a supprimé la nouvelle bonification indiciaire de 30 points dont bénéficiait Mme A en tant que directrice générale des services. Celle-ci avait alors intenté un recours contre cet arrêté, avant de se désister au motif que le maire l'avait finalement retiré. Puis, par un nouvel arrêté du 6 juillet 2021, dont elle demande l'annulation par la requête n°2107030, le maire a cessé de lui verser la bonification indiciaire.
3. Les deux requêtes présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer pour un même jugement.
Sur les conclusions en annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 : " () Il ne peut être mis fin aux fonctions des agents occupant les emplois mentionnés ci-dessus, sauf s'ils ont été recrutés directement en application de l'article 47, qu'après un délai de six mois suivant soit leur nomination dans l'emploi, soit la désignation de l'autorité territoriale. La fin des fonctions des agents mentionnés aux troisième à huitième alinéas du présent article est précédée d'un entretien de l'autorité territoriale avec les intéressés et fait l'objet d'une information de l'assemblée délibérante et du Centre national de la fonction publique territoriale ou du centre de gestion ; la fin des fonctions de ces agents prend effet le premier jour du troisième mois suivant l'information de l'assemblée délibérante. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. C a été élu maire de Saclay le 25 mai 2020 et que Mme A a été nommée sur l'emploi de directrice générale des services le 30 juin 2020. Il résulte des dispositions reproduites ci-dessus qu'il ne peut être mis fin à de telles fonctions qu'après un délai de six mois suivant soit leur nomination dans l'emploi, soit la désignation de l'autorité territoriale. Or, l'arrêté litigieux, qui met fin aux fonctions de la requérante a été pris le 23 novembre 2020, soit plus d'un mois avant l'échéance du délai exigé. Dès lors, Mme A est fondée à soutenir qu'il méconnait les dispositions précitées.
6. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête n°2100565, Mme A est fondée à solliciter l'annulation de l'arrêté du 23 novembre 2020 par lequel le maire de Saclay l'a déchargée de ses fonctions, qui est entaché d'une erreur de droit.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1 du décret du 18 juin 1993 : " La nouvelle bonification indiciaire est attachée à certains emplois comportant l'exercice d'une responsabilité ou d'une technicité particulière. Elle cesse d'être versée lorsque l'agent n'exerce plus les fonctions y ouvrant droit. ". Et selon l'article 1 du décret " Une nouvelle bonification indiciaire prise en compte pour le calcul de la retraite est versée mensuellement à raison de leurs fonctions aux fonctionnaires détachés sur l'un des emplois administratifs de direction mentionnés à l'article 7 du décret du 30 décembre 1987 susvisé suivants : () 7° Directeur général des services des communes de 2 000 à 10 000 habitants : 30 points ; ".
8. Par un arrêté du 23 novembre 2020, le maire de Saclay a mis fin au détachement sur emploi fonctionnel de Mme A, mettant ainsi fin à l'exercice de ses fonctions de directrice générale des services. Il est constant que cet arrêté, qui fait l'objet de la requête précitée, n'est pas définitif. En outre, le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire n'est pas lié au grade détenu mais dépend uniquement de l'exercice effectif des fonctions qui y ouvrent droit. Par suite, la décision litigieuse, qui met fin au versement de la nouvelle bonification indiciaire est fondée, ainsi que le fait valoir la requérante, sur l'arrêté du 23 novembre 2020 qui met fin à l'exercice de ses fonctions de directrice général des services. Or, il résulte de ce qui a été indiqué aux points 4 et 5 du présent jugement que cet arrêté, entaché d'une erreur de droit, est illégal. L'arrêté du 6 juillet 2021 supprimant la nouvelle bonification indiciaire de la requérante s'en trouve, par voie de conséquence, privé de base légale. Mme A est donc fondée à soutenir qu'il est illégal en raison de l'illégalité de l'arrêté du 23 novembre 2020 qui le fonde.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 6 juillet 2021, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de cette requête.
Sur les autres conclusions :
10. Le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire ne constitue pas un avantage statutaire, mais dépend seulement de l'exercice effectif des fonctions qui y ouvrent droit. Par suite, en l'absence de service fait, un fonctionnaire ne peut valablement en demander le versement alors même que la nouvelle bonification indiciaire lui aurait été retirée en conséquence d'une décision illégale. Ainsi, le sens du présent jugement n'implique pas qu'il soit enjoint, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, à la commune de Saclay de verser à Mme A, rétroactivement, le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire.
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens, y compris les droits de plaidoirie font obstacle à ce que la somme demandée par la commune de Saclay soit mise à la charge de la requérante. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune la somme de 2 000 euros à verser à Mme A en application de ces mêmes dispositions, qui incluent les droits de plaidoirie réclamés.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 23 novembre 2020 et l'arrêté du 6 juillet 2021 du maire de Saclay sont annulés.
Article 2 : La commune de Saclay versera une somme de 2 000 euros à Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et à la commune de Saclay.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
M. Maitre, premier conseiller,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
M. Geismar Le président,
Signé
C. Gosselin
La greffière,
Signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2100565
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026