jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2100755 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Connin |
| Avocat requérant | IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 29 janvier 2021 et le 21 juin 2022, M. B C, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision référencée 48SI par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 28 septembre 2020 contre cette décision, et les décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions constatées le 4 février 2019, le 6 mars 2019 et le 4 avril 2019 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés de son permis de conduire dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- les décisions de retrait de points attaquées, consécutives aux infractions constatées les 4 février, 6 mars et 4 avril 2019, ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière, dans la mesure où le ministre de l'intérieur a méconnu l'obligation d'information découlant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité de ces infractions n'est pas établie ;
- la décision référencée 48SI constatant la perte de validité de son permis de conduire est illégale en conséquence de l'illégalité des décisions de retrait de points.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juin 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Connin, conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat statuant seul a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions du 1° de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision référencée 48SI, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. B C pour solde de points nul résultant des retraits de points consécutifs à plusieurs infractions au code de la route commises par l'intéressé. Par un courrier du 28 septembre 2020, reçu le 30 septembre 2020, M. C a formé contre cette décision un recours gracieux qui n'a été rejeté que par une décision implicite acquise le 30 novembre 2020. M. C demande au tribunal l'annulation de la décision référencée 48SI, ensemble la décision implicite du 30 novembre 2020 de rejet de son recours gracieux, et des décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions constatées les 4 février, 6 mars et 4 avril 2019.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. " L'article R. 421-5 du même code précise que : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. "
3. Il résulte de la combinaison des dispositions des articles R. 421-1 et R. 421-5 du code de justice administrative que le destinataire d'une décision administrative individuelle dispose, pour déférer cette décision devant la juridiction administrative, d'un délai de deux mois à compter de sa notification qui n'est opposable qu'à la condition que les délais et les voies de recours aient été indiqués dans cette notification. Pour l'application de ces dispositions, les décisions référencées 48SI constatant la perte de validité du permis de conduire pour solde de points nul, dont l'administration n'est pas en mesure d'éditer des copies, doivent être regardées, sauf preuve contraire, comme conformes au modèle qui sert de base à leur édition automatisée par l'Imprimerie nationale, lequel comporte la mention des délais et voies de recours.
4. Il ressort des pièces du dossier, en particulier de l'avis de réception produit en défense, que la décision attaquée référencée 48SI a été présentée le 12 octobre 2019 à l'adresse qui correspond effectivement à une résidence de M. C, par le préposé du service postal qui a laissé, conformément à la réglementation en vigueur, un avis de mise en instance du pli. Un tel avis de mise en instance n'est remis qu'au destinataire, et le requérant n'établit pas que l'avis de mise en instance déposé à son intention ne mentionnait pas le bureau de poste dans lequel le pli pouvait être retiré. Ainsi, alors même que le pli recommandé a été retourné au service expéditeur, faute d'avoir été retiré dans le délai imparti, la décision qu'il contenait doit être regardée comme ayant été régulièrement notifiée à M. C. Ce dernier n'apporte pas la preuve, dont la charge lui incombe, que la décision attaquée référencée 48SI ne comportait la mention des délais et voies de recours. Le délai de recours prévu à l'article R. 421-1 du code de justice administrative a donc commencé à courir le 12 octobre 2019, date du dépôt de l'avis de mise en instance. Ainsi, la requête de M. C, enregistrée au greffe du tribunal le 29 janvier 2021, a été présentée tardivement. La circonstance que le requérant a formé contre la décision contestée un recours gracieux le 28 septembre 2020, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux ouvert contre elle, est sans incidence à cet égard. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée en défense doit être accueillie.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée pour information au préfet des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
signé
N. A
La greffière,
signé
G. LE PRÉ
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
4
N° 1901371
9
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026