LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2100831

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2100831

mercredi 19 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2100831
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantHOFFMANN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

A une requête, enregistrée le 11 janvier 2021 au tribunal administratif de Toulon et transmise A ordonnance de la présidente de ce tribunal le 29 janvier 2021 au tribunal administratif de Versailles où elle a été enregistrée le même jour, M. B C, représenté A Me Hoffmann, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions implicites de rejet nées du silence gardé A le préfet de police sur ses demandes des 15 janvier 2018, 31 décembre 2019, 30 août et 14 septembre 2020, tendant à l'octroi d'un congé de longue maladie ;

2°) d'annuler les arrêtés des 21 septembre 2018, 22 février et 30 septembre 2019 et 23 juillet 2020, A lesquels le préfet de police l'a placé et maintenu en position de disponibilité d'office pour raison de santé ;

3°) d'annuler les décisions implicites de rejet nées du silence gardé A le préfet de police sur ses demandes des 19 juin 2019, 1er juillet, 30 août et 14 septembre 2020, tendant à sa réintégration ;

4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de régulariser sa situation administrative et financière, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros A jour de retard ;

5°) de condamner l'Etat à lui verser les sommes de 109 903 euros en réparation de son préjudice de carrière, et de 50 000 euros en réparation de son préjudice moral ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions implicites de refus d'octroi d'un congé de longue maladie sont entachées d'un vice de procédure, en l'absence de saisine préalable du comité médical pour avis ;

- elles sont illégales, dès lors que son placement en congé de longue maladie était pleinement justifié compte-tenu du caractère invalidant de sa pathologie ;

- les arrêtés le plaçant et le maintenant en disponibilité d'office sont illégaux, dès lors qu'il n'a pas été informé, avant l'arrêté du 21 septembre 2018, de la réunion du comité médical départemental, et n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations devant ce comité ;

- ces arrêtés sont illégaux, dès lors qu'il n'a pas été invité à présenter une demande de reclassement préalablement à leur édiction ;

- les décisions implicites refusant sa réintégration sont illégales, dès lors qu'il avait un droit à être réintégré dès la fin de son congé de maladie ;

- il a subi, du fait des fautes commises A l'administration qui l'a maintenu dans une situation administrative illégale, un préjudice de carrière qui doit être indemnisé à hauteur de 109 903 euros, ainsi qu'un préjudice moral évalué à 50 000 euros.

A un mémoire, enregistré le 17 juin 2021, le ministre de l'intérieur informe le tribunal que la défense de l'Etat dans cette affaire relève du préfet de police de Paris.

A un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2023, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les conclusions dirigées contre les décisions implicites de rejet nées du silence gardé A le préfet de police sur les demandes de placement en congé de longue durée présentées A le requérant les 15 janvier 2018, 31 décembre 2019 et 30 août 2020, sont irrecevables pour tardiveté ;

- les conclusions dirigées contre les arrêtés de placement en disponibilité d'office des 21 septembre 2018, 22 février et 30 septembre 2019 sont également irrecevables pour tardiveté ;

- les moyens soulevés à l'encontre de l'arrêté du 23 juillet 2020, ainsi qu'à l'encontre des décisions de refus de placement de M. C en congé de longue maladie, ne sont pas fondés ;

- en l'absence d'illégalité fautive, les conclusions indemnitaires de M. C, qui en tout état de cause ne justifie ni de la réalité, ni du montant des préjudices allégués, doivent être rejetées.

Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité, pour tardiveté, des conclusions de la requête tendant à l'annulation des arrêtés des 21 septembre 2018, 22 février et 30 septembre 2019 A lesquels le préfet de police l'a placé et maintenu en position de disponibilité d'office pour raison de santé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 ;

- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 84-1051 du 30 novembre 1984 ;

- le décret n° 85-986 du 16 septembre 1985 ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Caron, première conseillère,

- et les conclusions de Mme Ozenne, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, gardien de la paix affecté à la sûreté départementale de l'Essonne où il occupait des fonctions de maintenance logistique au sein d'une cellule technique de surveillance, a été placé en arrêt maladie pour dépression le 11 octobre 2017. Cet arrêt maladie a été renouvelé à plusieurs reprises et le 15 janvier 2018, M. C a sollicité son placement en congé de longue maladie pour une durée de six mois. A un arrêté du préfet de police du 21 septembre 2018, M. C a été placé en disponibilité d'office pour raison de santé pour une durée de six mois à compter du 19 août 2018. Le 5 février 2019, le comité médical interdépartemental compétent à l'égard des fonctionnaires des services actifs de la police nationale relevant du secrétariat général pour l'administration de la police de la zone de défense et de sécurité de Paris a déclaré M. C inapte de manière définitive et absolue à toutes fonctions de police active. A un arrêté du 22 février 2019, son congé de disponibilité d'office pour raison de santé a été renouvelé pour une durée de six mois à compter du 19 février 2019. Au terme de sa séance du 22 mai 2019, le comité médical départemental a émis un avis favorable au reclassement de M. C dans le corps des personnels administratifs. A un courrier du 17 juin 2019, la direction des ressources humaines de la préfecture de police a invité le requérant à solliciter son reclassement, et A un courrier du 19 juin 2019, M. C a demandé son reclassement dans le corps des personnels administratifs, à l'indice détenu dans la police active. A un arrêté du préfet de police du 30 septembre 2019, M. C a été maintenu en position de disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 19 août 2019, pour une durée de six mois. M. C a formé un recours gracieux contre cette décision A un courrier du 31 décembre 2019, et a sollicité son placement en congé de longue maladie en lieu et place de la disponibilité d'office. A un courrier du 25 juin 2020, M. C a été informé qu'un renouvellement de sa disponibilité d'office pour raison de santé était envisagé pour une durée de 6 mois, à compter du 19 août 2020, et qu'une réunion du comité médical compétent était prévue le 7 juillet 2020. A un courrier du 1er juillet 2020, M. C a souhaité que le comité médical émette un avis sur son aptitude à postuler sur un poste technique. Au terme de sa séance du 7 juillet 2020, le comité médical départemental a émis un avis favorable au reclassement de M. C dans le corps des personnels administratifs et techniques. A un arrêté du préfet de police du 23 juillet 2020, M. C a été maintenu en position de disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 19 août 2020, pour une durée de six mois. M. C a formé un recours gracieux contre cette décision A un courrier du 30 août 2020, et a sollicité son placement en congé de longue maladie en lieu et place de la disponibilité d'office ainsi que sa réintégration. A courrier du 14 septembre 2020, l'intéressé a réitéré ses demandes, et a également sollicité l'indemnisation de son préjudice moral. M. C demande l'annulation des décisions implicites nées du silence gardé A l'administration sur ses demandes de placement en congé de longue maladie des 15 janvier 2018, 31 décembre 2019, 30 août et 14 septembre 2020, l'annulation des arrêtés des 21 septembre 2018, 22 février et 30 septembre 2019, et 23 juillet 2020 le plaçant puis le maintenant en disponibilité d'office pour raison de santé, ainsi que l'annulation des décision implicites de rejet de ses demandes des 19 juin 2019, 1er juillet, 30 août et 14 septembre 2020 tendant à sa réintégration. Il sollicite également la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 159 903 euros en réparation des préjudices moral et de carrière subis en raison des fautes commises A l'administration.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

En ce qui concerne les arrêtés des 21 septembre 2018, 22 février et 30 septembre 2019 A lesquels le préfet de police a placé puis maintenu M. C en position de disponibilité d'office pour raison de santé :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que A voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé A l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. () ".

3. Il ressort des pièces du dossier qu'aux termes de son recours gracieux adressé au préfet de police le 31 décembre 2019, M. C indique que les arrêtés des 21 septembre 2018, 22 février et 30 septembre 2019 lui ont été notifiés A lettre recommandée avec accusé de réception. M. C a ainsi nécessairement eu connaissance de ces arrêtés, qui comportent la mention des voies et délais de recours, au plus tard à la date de son recours gracieux du 31 décembre 2019. Dès lors, le recours formé A l'intéressé le 11 janvier 2021 devant le tribunal administratif de Toulon, tendant à l'annulation des arrêtés des 21 septembre 2018, 22 février et 30 septembre 2019, a été introduit postérieurement à l'expiration du délai de deux mois dont il disposait, à compter du 31 décembre 2019, pour former un tel recours. A suite, la fin de non-recevoir opposée en défense, tirée de l'irrecevabilité pour tardiveté des conclusions tendant à l'annulation de ces arrêtés, doit être accueillie.

En ce qui concerne les décisions implicites de rejet des demandes de placement en congé de longue maladie des 15 janvier 2018, 31 décembre 2019 et 30 août 2020 :

4. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées A l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés A le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.

5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C a présenté, le 15 janvier 2018, une demande de placement en congé de longue maladie. Il a formé, le 31 décembre 2019, un recours gracieux contre la décision implicite rejetant sa demande, qui établit qu'il avait connaissance, au plus tard à cette date, de la décision implicite de rejet née sur sa demande du 15 janvier 2018. Il disposait d'un délai raisonnable d'un an pour contester cette décision, soit jusqu'au 31 décembre 2020. A suite, les conclusions présentées le 11 janvier 2021 A M. C tendant à l'annulation de la décision implicite A laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de placement en congé de longue maladie du 15 janvier 2018, sont tardives et la fin de non-recevoir opposée en défense doit être accueillie.

6. En deuxième lieu, M. C a présenté, le 31 décembre 2019, une nouvelle demande tendant à obtenir son placement en congé de longue maladie. Le silence gardé A le préfet de police sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet. M. C a formé un recours gracieux contre cette décision, le 30 août 2020, qui établit qu'il avait connaissance, au plus tard à cette date, de la décision implicite de rejet née du silence gardé A le préfet de police sur sa demande du 31 décembre 2019. Il disposait, A suite, d'un délai raisonnable d'un an à compter du 30 août 2020 pour la contester. Ses conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet née sur sa demande du 31 décembre 2019, enregistrées le 11 janvier 2021, ne sont pas, en conséquence, tardives. La fin de non-recevoir opposée en défense doit, A suite, être écartée.

7. En dernier lieu, M. C a présenté, le 30 août 2020, une nouvelle demande de placement en congé de longue maladie. Une décision implicite de rejet est née le 30 octobre 2020 du silence gardé A l'administration sur cette demande. Cette décision est toutefois purement confirmative de la décision implicite de rejet née sur sa demande du 31 décembre 2019. A suite, les conclusions de la requête, enregistrée le 11 janvier 2021, tendant à l'annulation de la décision implicite A laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de placement en congé de longue maladie du 30 août 2020, sont irrecevables. La fin de non-recevoir opposée en défense doit donc être accueillie.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les décisions implicites de rejet des demandes de placement en congé de longue maladie des 31 décembre 2019 et 14 septembre 2020 :

8. Aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et qu'elle présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. () / 4° A un congé de longue durée, en cas de tuberculose, maladie mentale, affection cancéreuse, poliomyélite ou déficit immunitaire grave et acquis, de trois ans à plein traitement et de deux ans à demi-traitement. Le fonctionnaire conserve ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. / Sauf dans le cas où le fonctionnaire ne peut être placé en congé de longue maladie à plein traitement, le congé de longue durée n'est attribué qu'à l'issue de la période rémunérée à plein traitement d'un congé de longue maladie. Cette période est réputée être une période du congé de longue durée accordé pour la même affection. Tout congé attribué A la suite pour cette affection est un congé de longue durée. / Sur demande de l'intéressé, l'administration a la faculté, après avis du comité médical, de maintenir en congé de longue maladie le fonctionnaire qui peut prétendre à l'octroi d'un congé de longue durée ; () ".

9. Aux termes de l'article 7 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa rédaction alors en vigueur : " Les comités médicaux sont chargés de donner à l'autorité compétente, dans les conditions fixées A le présent décret, un avis sur les contestations d'ordre médical qui peuvent s'élever à propos de l'admission des candidats aux emplois publics, de l'octroi et du renouvellement des congés de maladie, de longue maladie et de longue durée et de la réintégration à l'issue de ces congés. / Ils sont consultés obligatoirement en ce qui concerne : / 1. La prolongation des congés de maladie au-delà de six mois consécutifs ; / 2. L'octroi des congés de longue maladie et de longue durée ; / 3. Le renouvellement des congés de longue maladie et de longue durée ; / 4. La réintégration après douze mois consécutifs de congé de maladie ou à l'issue d'un congé de longue maladie ou de longue durée ; / 5. L'aménagement des conditions de travail du fonctionnaire après congé ou disponibilité ; / 6. La mise en disponibilité d'office pour raison de santé et son renouvellement ; / 7. Le reclassement dans un autre emploi à la suite d'une modification de l'état physique du fonctionnaire, ainsi que dans tous les autres cas prévus A des textes réglementaires. / () Le secrétariat du comité médical informe le fonctionnaire : / - de la date à laquelle le comité médical examinera son dossier ; / - de ses droits concernant la communication de son dossier et la possibilité de faire entendre le médecin de son choix ; / - des voies de recours possibles devant le comité médical supérieur. / L'avis du comité médical est communiqué au fonctionnaire sur sa demande. / Le secrétariat du comité médical est informé des décisions qui ne sont pas conformes à l'avis du comité médical. ".

10. Il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative est tenue de saisir le comité médical avant de se prononcer sur l'octroi d'un congé de longue maladie.

11. Il ressort des pièces du dossier que le 31 décembre 2019 et le 14 septembre 2020, M. C a saisi le préfet de police d'une demande de placement en congé de longue maladie. Ces décisions ont fait l'objet de décisions implicites de rejet et M. C a été maintenu en position de disponibilité d'office pour raison de santé, en dernier lieu A un arrêté du 23 juillet 2020. Il ressort également des pièces du dossier que, le 5 février 2019, le comité médical s'est prononcé en faveur d'une inaptitude absolue et définitive de M. C à la fonction policière active. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce comité, qui s'est uniquement prononcé sur le renouvellement de la disponibilité d'office du requérant pour raisons de santé, se soit prononcé sur sa demande de placement en congé de longue maladie. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que le comité médical a été saisi avant que l'administration refuse implicitement de faire droit à la demande de congé de longue maladie présentée A l'intéressé. Dans ces conditions, M. C, qui a été privé d'une garantie, est fondé à soutenir que les décisions implicites de rejet de ses demandes de placement en congé de longue maladie des 31 décembre 2019 et 14 septembre 2020 sont entachées d'un vice de procédure.

12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation des décisions implicites de rejet de ses demandes de placement en congé de longue maladie des 31 décembre 2019 et 14 septembre 2020.

En ce qui concerne l'arrêté du 23 juillet 2020 :

13. En premier lieu, M. C ne peut utilement faire valoir, au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 23 juillet 2020, qu'il n'a pas été informé, préalablement à l'arrêté du 21 septembre 2018, de la réunion du comité médical départemental et qu'il n'a pas été mis en mesure de pouvoir formuler des observations devant ce comité.

14. En second lieu, aux termes de l'article 51 la loi du 11 janvier 1984, dans sa rédaction alors en vigueur : " () La disponibilité est prononcée, soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés prévus aux 2°, 3° et 4° de l'article 34. Le fonctionnaire mis en disponibilité qui refuse successivement trois postes qui lui sont proposés en vue de sa réintégration peut être licencié après avis de la commission administrative paritaire. ". Aux termes de l'article 63 de la même loi, alors en vigueur, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Lorsque les fonctionnaires sont reconnus, A suite d'altération de leur état physique, inaptes à l'exercice de leurs fonctions, le poste de travail auquel ils sont affectés est adapté à leur état physique. Lorsque l'adaptation du poste de travail n'est pas possible, ces fonctionnaires peuvent être reclassés dans des emplois d'un autre corps s'ils ont été déclarés en mesure de remplir les fonctions correspondantes. / () Un décret en Conseil d'Etat détermine les conditions dans lesquelles le reclassement, qui est subordonné à la présentation d'une demande A l'intéressé, peut intervenir () ". Aux termes de l'article 2 du décret du 30 novembre 1984 relatif au reclassement des fonctionnaires de l'État reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, dans sa rédaction applicable aux faits de l'espèce : " Lorsque l'état de santé d'un fonctionnaire, sans lui interdire d'exercer toute activité, ne lui permet pas de remplir les fonctions correspondant aux emplois de son corps, l'administration, après avis du comité médical, propose à l'intéressé une période de préparation au reclassement en application de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée. / La période de préparation au reclassement débute à compter de la réception de l'avis du comité médical si l'agent est en fonction ou à compter de sa reprise de fonctions si l'agent est en congé de maladie lors de la réception de l'avis du comité médical. / La période de préparation au reclassement prend fin à la date de reclassement de l'agent et au plus tard un an après la date à laquelle elle a débuté. Toutefois, l'agent qui a présenté une demande de reclassement peut être maintenu en position d'activité jusqu'à la date à laquelle celui-ci prend effet, dans la limite de la durée maximum de trois mois mentionnée à l'article 3 du présent décret. / L'agent qui fait part de son refus de bénéficier d'une période de préparation au reclassement présente une demande de reclassement en application des dispositions du même article 3 (). ". Aux termes de l'article 43 du décret du 16 septembre 1985 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires de l'Etat, à la mise à disposition, à l'intégration et à la cessation définitive de fonctions, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " La mise en disponibilité ne peut être prononcée d'office qu'à l'expiration des droits statutaires à congés de maladie prévus au premier alinéa du 2°, au premier alinéa du 3° et au 4° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée et s'il ne peut, dans l'immédiat, être procédé au reclassement du fonctionnaire dans les conditions prévues à l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée. () ".

15. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'agent qui, à l'expiration de ses droits statutaires à congé, est reconnu inapte, définitivement ou non, à l'exercice de ses fonctions, ne peut être mis en disponibilité d'office sans avoir, au préalable, été invité à présenter une demande de reclassement.

16. Il ressort des pièces du dossier que, A un courrier du 17 juin 2019, le préfet de police a informé M. C que le comité médical interdépartemental compétent à l'égard des fonctionnaires des services actifs de la police nationale relevant du secrétariat général pour l'administration de la police de la zone de défense et de sécurité de Paris, réuni le 5 février 2019, l'avait déclaré inapte de manière définitive et absolue à toutes fonctions de police active. Il l'a également informé que le comité médical de la direction départementale et de la cohésion sociale de Paris, compétente pour statuer sur le reclassement des fonctionnaires de police dans le corps des personnels administratifs, l'a déclaré, lors de sa séance du 22 mai 2019, apte au reclassement, et l'a invité à solliciter son reclassement. A suite, le moyen tiré de ce que le requérant n'aurait pas été invité, préalablement à l'arrêté du 23 juillet 2020 le maintenant en disponibilité d'office, à présenter une demande de reclassement, doit être écarté.

17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 23 juillet 2020 doivent être rejetées.

En ce qui concerne les décisions implicites de rejet des demandes de réintégration des 19 juin 2019, 1er juillet, 30 août et 14 septembre 2020 :

18. Il ressort des pièces du dossier que A un courrier du 19 juin 2019, M. C a demandé son reclassement dans le corps des personnels administratifs et autres, puis, A un courrier du 1er juillet 2020, sur un poste technique. Au terme de sa séance du 7 juillet 2020, le comité médical départemental a émis un avis favorable au reclassement de M. C dans le corps des personnels administratifs et techniques. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des échanges de mails produits en défense A le préfet de police, que l'administration a bien entrepris une procédure de reclassement de l'intéressé, en lui proposant notamment plusieurs postes administratifs auxquels M. C n'a pas donné suite. A suite, le moyen tiré de ce que le préfet de police aurait illégalement refusé sa réintégration doit être écarté.

19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation des décisions A lesquelles le préfet de police a implicitement rejeté les demandes de réintégration présentées A le requérant les 19 juin 2019, 1er juillet, 30 août et 14 septembre 2020, doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner leur recevabilité.

20. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est seulement fondé à demander l'annulation des décisions implicites A lesquelles le préfet de police a rejeté ses demandes de placement en congé de longue maladie des 31 décembre 2019 et 14 septembre 2020.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

21. Eu égard au motif d'annulation des décisions implicites de rejet des demandes de placement en congé de longue maladie des 31 décembre 2019 et 14 septembre 2020 retenu au point 11, le présent jugement implique seulement le réexamen de la situation de M. C A le préfet de police, selon les dispositions désormais en vigueur et notamment celles relatives aux conseils médicaux. Dès lors, il y a lieu d'enjoindre au préfet de police d'y procéder, dans le délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions indemnitaires :

22. En premier lieu, la réalité du préjudice moral subi A M. C n'est pas établie, dès lors que M. C se borne à invoquer l'illégalité de la situation administrative dans laquelle il a été placée sans établir qu'il aurait subi, de ce fait, un préjudice moral.

23. En second lieu, la seule production, A le requérant, d'un tableau réalisé A ses soins, sans justificatif ni explication, ne permet pas d'établir la réalité du préjudice de carrière dont il demande réparation.

24. Les conclusions indemnitaires que M. C présente doivent, en conséquence, être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

25. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés A M. C et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions implicites A lesquelles le préfet de police a rejeté les demandes de placement en congé de longue maladie présentées A M. C les 31 décembre 2019 et 14 septembre 2020, sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de réexaminer la demande de placement en congé de longue maladie de M. C, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à M. C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au préfet de police et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Grenier, présidente,

Mme Caron, première conseillère,

M. Connin, conseiller.

Rendu public A mise à disposition au greffe le 19 avril 2023.

Le rapporteur,

signé

V. Caron

La présidente,

signé

C. Grenier

La greffière,

signé

G. Le Pré

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions