vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2100871 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | AARPI NOVEIR & BENSASSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 3 février 2021 et le 1er mars 2022, M. A B, représenté par Me Bensasson, demande au tribunal :
1°) de condamner le département de l'Essonne à lui verser une indemnité de 20 000 euros en réparation des préjudices subis, assortie des intérêts de droit à compter de la réclamation préalable, et de leur capitalisation ;
2°) de mettre à la charge du département de l'Essonne la somme de 3 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le département de l'Essonne, par ses agissements à son égard, a dégradé ses conditions de travail, commettant ainsi une faute ; plus précisément un reproche injustifié lui a été adressé dans le seul but de ne pas, finalement, lui proposer un stage avant une éventuelle titularisation comme cela était pourtant envisagé début janvier 2020 ;
- il a également commis une faute en prenant la décision illégale du 30 janvier 2020, de ne pas renouveler son engagement, alors qu'aucun contrat n'avait formellement été signé, sans respecter le délai de prévenance ni l'assortir d'une motivation, précisant également que cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation compte tenu du seul fait isolé lui étant reproché ;
- il a subi un préjudice de santé, souffrant d'un syndrome anxio-dépressif réactionnel et a dû suivre un traitement médicamenteux, précisant également qu'il n'a pas été mis en mesure de retrouver un emploi et que sa situation professionnelle en a pâti.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 février 2022, le département de l'Essonne conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que l'indemnité soit limitée à 150 euros maximum.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 5 octobre 2022 par une ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n°88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents de la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Geismar, première conseillère,
- les conclusions de Mme Ozenne, rapporteure publique,
- les observations de Mme C, représentant le département de l'Essonne.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été recruté par le département de l'Essonne, par un contrat à durée déterminée conclu le 11 février 2019, pour une période allant du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2019. Il occupait les fonctions de chargé d'accueil au sein de la maison départementale du handicap de l'Essonne, correspondant à un emploi de catégorie C. Il a été maintenu en fonction à l'issue de ce contrat et a été informé, le 29 janvier 2020 qu'il était finalement mis fin à ses fonctions. Par une réclamation du 5 octobre 2021, M. B a demandé au département de lui verser une indemnité de 20 000 euros en raison des préjudices qu'il estime avoir ainsi subis. En l'absence de réponse expresse du département, il demande au tribunal de condamner ce dernier à lui verser cette somme.
Sur les fautes alléguées :
2. En premier lieu, M. B soutient que le département de l'Essonne a commis une faute en lui adressant un reproche injustifié, conduisant à une dégradation de ses conditions de travail. Il précise, qu'alors en poste depuis un an, son sérieux et ses qualités professionnelles étaient reconnus lorsqu'il a été convoqué par sa supérieure, le 10 janvier 2020, au sujet d'une plainte émise par une usagère. Il résulte de l'instruction que, d'une part, le requérant a, par courriel du 16 décembre 2019 adressé à une usagère, précisé qu'il serait " ravi de l'inviter à déjeuner ", et que celle-ci, après avoir refusé cette invitation, s'est inquiétée des conséquences éventuelles sur le traitement de son dossier. D'autre part, la directrice du service, qui a convoqué l'intéressé à un entretien afin d'évoquer ce message et d'éclaircir la situation, n'a pas excédé les prérogatives lui incombant visant à assurer le bon fonctionnement du service. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction, et indépendamment de l'intention que M. B entendait par cette invitation, que le département de l'Essonne lui ait adressé des reproches disproportionnés. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que le département aurait, sur ce fondement, commis une faute susceptible d'engager sa responsabilité.
3. En second lieu, il résulte de l'instruction que M. B a, à l'échéance de son contrat à durée déterminée le 31 décembre 2019, été maintenu en fonction et qu'il n'a pas signé un autre contrat avant le courrier du 30 janvier 2020 mettant fin à son engagement. Or, son maintien en fonction à l'issue du contrat initial a eu pour effet de donner naissance à un nouveau contrat, conclu lui aussi pour une période déterminée et dont la durée est, à défaut, celle qui était assignée au contrat initial. Dès lors, la décision du 30 janvier 2020 doit être regardée comme une décision de licenciement
4. M. B soutient que le département de l'Essonne a commis une faute en mettant fin à son engagement, précisant que le seul fait reproché, et résumé aux points précédents, ne saurait justifier la décision de mettre fin à son engagement, qui apparait disproportionnée.
5. Il résulte de l'instruction que M. B a été licencié au seul motif qu'il a, par courriel, invité une usagère à déjeuner. Or, il résulte également de l'instruction qu'hormis ce fait isolé, pour lequel le requérant s'est immédiatement excusé en clarifiant la situation avec l'intéressée, il donnait satisfaction dans sa manière de servir et que le département envisageait d'ailleurs de le nommer stagiaire dans l'attente d'une possible titularisation. Ainsi, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres motifs d'illégalité, M. B est fondé à soutenir que la décision du 30 janvier 2020 qui met fin à son engagement est entachée d'une erreur d'appréciation.
Sur le préjudice allégué et lien de causalité avec la faute :
6. Toute illégalité commise par l'administration, quelle qu'en soit sa nature, constitue une faute susceptible d'engager sa responsabilité, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain. En outre, la responsabilité d'une personne publique n'est susceptible d'être engagée que s'il existe un lien de causalité direct entre les fautes qu'elle a commises et le préjudice subi par la victime.
7. M. B soutient que la décision, illégale, mettant fin à son engagement a généré un préjudice de santé qu'il évalue à 20 000 euros. Il fait valoir qu'il a " craqué " après avoir été convoqué le 10 janvier 2020 et qu'il a dû être transporté aux urgences en raison " d'importantes palpitations ", et explique qu'il souffre d'un syndrome anxio dépressif réactionnel avec traitement médicamenteux. Il résulte de l'instruction que le requérant a fait l'objet d'arrêts de travail, qu'il est médicalement suivi et prend un traitement médicamenteux. M. B produit un compte-rendu médical du 20 octobre 2021, précisant qu'il souffre de multiples pathologies incluant des " céphalées récurrentes en lien avec épisodes dépressifs dû au licenciement de l'administration " en février 2020. Il évoque également avoir subi un préjudice puisqu'il n'a pas été en mesure de retrouver un emploi.
8. Toutefois, d'une part, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que le département de l'Essonne n'a pas commis de faute en convoquant le requérant le 10 janvier 2020 et en émettant certaines critiques. D'autre part, il ne résulte pas de l'instruction que le préjudice de santé qu'il invoque soit directement imputable à l'illégalité de la décision du 30 janvier 2020 mettant fin à son engagement. Enfin, si le requérant affirme n'avoir pas été en mesure de retrouver un emploi, il ne précise pas en quoi, alors qu'il était en arrêt de travail, cela serait imputable aux illégalités affectant la décision du 30 janvier 2022.
9. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à solliciter la condamnation du département de l'Essonne.
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département de l'Essonne la somme demandée par le requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Gosselin, président,
- Mme Vincent, première conseillère,
- Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
La rapporteure,
signé
M. Geismar Le président,
signé
C. Gosselin
La greffière,
signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No2100871
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026