jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2101329 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ARVIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 février 2021 et un mémoire enregistré le 4 octobre 2022, Mme A B, représentée par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 décembre 2020 par laquelle la commune des Mureaux a refusé de lui accorder une demande d'autorisation de cumul d'activité ;
2°) de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de la commune des Mureaux une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une incompétence, le directeur général des services n'ayant pas la délégation de signature nécessaire ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires et pièces enregistrés les 15 septembre 2021 et 11 octobre 2022, le centre communal d'action sociale de la commune des Mureaux, représenté par Me de Faÿ, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
- à titre principal que la requête est irrecevable comme étant dirigée contre une décision ne faisant pas grief ;
- à titre subsidiaire, que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le décret n° 2020-69 du 30 janvier 2020 relatif aux contrôles déontologiques dans la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gosselin, président-rapporteur
- les conclusions de Mme Ozenne, rapporteure publique,
- les observations de Me Bourgeois, substituant Me Arvis pour le requérant,
- et les observations de Me Lesure, substituant Me de Faÿ pour le centre communal d'action sociale.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, attachée territoriale principale affectée au centre communal d'action sociale de la commune des Mureaux, a bénéficié en 2019-2020 d'une autorisation de cumul d'activité au profit du centre interdépartemental de gestion de la Grande couronne de la région d'Ile de France. L'année suivante, elle a adressé le 9 décembre 2020 une nouvelle demande d'autorisation de cumul d'activité à sa hiérarchie pour l'année 2020-2021. Par un courriel du 16 décembre suivant, elle a été informée du refus du directeur général des services de la commune. Mme B demande au tribunal l'annulation de ce courriel.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Le centre communal d'action sociale (CCAS) des Mureaux oppose à titre principal une fin de non-recevoir tirée de l'absence de caractère décisionnel du courriel. Elle soutient que seule la lettre qu'elle a adressée à Mme B en date du 16 mars 2021 fait grief.
3. Toutefois, il est constant que le courriel attaqué, qui indique très clairement que le directeur général des services " refuse (sa) demande de cumul d'activité pour la période du 15/12/20 au 14/12/21 " ne contient aucun élément indiquant qu'il s'agirait d'une réponse provisoire dans l'attente de pièces complémentaires. Le CCASdes Mureaux ne peut pas davantage invoquer le courrier du 16 mars 2021, adressé un mois après l'introduction de la requête et quatre mois après la formulation de la demande. Enfin, la circonstance que la requérante ait adressé tardivement sa demande, pour regrettable qu'elle soit, n'est pas de nature à ôter tout caractère décisionnel de la correspondance du 16 décembre 2020. Dès lors, ce courriel constitue bien une décision faisant grief et la requête est recevable.
Sur le fond :
4. La loi susvisée du 13 juillet 1983 dispose, en son article 25 septies dans sa version alors en vigueur, que " IV.-Le fonctionnaire peut être autorisé par l'autorité hiérarchique dont il relève à exercer à titre accessoire une activité, lucrative ou non, auprès d'une personne ou d'un organisme public ou privé dès lors que cette activité est compatible avec les fonctions qui lui sont confiées et n'affecte pas leur exercice ". De même les termes de l'article 10 décret susvisé précisent que " Sous réserve des interdictions prévues à l'article L. 123-1 du code général de la fonction publique et de celles prévues par le présent décret, l'agent peut être autorisé par l'autorité hiérarchique dont il relève à cumuler une activité accessoire avec ses fonctions. Cette activité ne doit pas porter atteinte au fonctionnement normal, à l'indépendance ou à la neutralité du service ni placer l'intéressé en situation de méconnaître l'article 432-12 du code pénal ". Enfin, l'article 11 de ce même décret dispose que : " Les activités exercées à titre accessoire susceptibles d'être autorisées sont les suivantes : " ( ) ; 2° Enseignement et formation ; () ".
5. Mme B a sollicité le 9 décembre 2020 une autorisation de cumul d'activités au centre communal d'action sociale des Mureaux pour une période allant du 15 décembre 2020 au 14 décembre 2021 sur un formulaire du centre interdépartemental de gestion de la Grande Couronne de la région d'Ile de France. Par un courriel du 16 décembre 2020, la direction des ressources humaines de la ville des Mureaux l'a informée du rejet de sa demande, sans demander aucun élément complémentaire. Or, il n'est pas contesté que les activités que Mme B se disposait à accomplir concernaient la préparation d'examens professionnels et de concours dispensée dans le cadre du centre interdépartemental de gestion, continuant ainsi partiellement les activités qu'elle avait déjà été autorisée à mener l'année précédente. La nature de cette activité, qui relève de la formation, est prévue par les dispositions précitées. Par suite, celles-ci relevaient des dispositions précitées de la loi du 13 juillet 1983. Alors que le centre communal d'action sociale ne soutient ni n'invoque aucun empêchement lié à l'intérêt du service ou à la bonne exécution du service public qu'il assure, la décision attaquée, et qui au demeurant est dépourvue de toute motivation, est entachée d'une erreur de droit. Pour ces motifs, Mme B est fondée à en demander l'annulation.
Sur les frais des instances :
6. Il y a lieu de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de la commune des Mureaux une somme de 1.500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à Mme B. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du CCAS de la commune des Mureaux présentées au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 16 décembre 2020 est annulée.
Article 2 : Le centre communal d'action sociale de la commune des Mureaux versera à Mme B une somme de 1.500 (mille cinq cents) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre communal d'action sociale de la commune des Mureaux.
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2021, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
Mme Vincent, première conseillère,
Mme Geismar, première conseillère.
Fait à Versailles le 10 novembre 202Le président-rapporteur,
signé
C. Gosselin L'assesseur le plus ancien,
signé
L. Vincent
La greffière,
signé
S. Burel
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026