mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2101464 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | HOUSSAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 février 2021, la SARL Lindsey et Partners demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 août 2020 par lequel le maire de Chatou a refusé de lui délivrer un permis de construire en vue de la démolition d'une clôture et l'édification d'une maison individuelle sur un terrain cadastré AK n°506 situé passage sous-bois ;
2°) d'enjoindre au maire de Chatou de réexaminer sa demande et de lui délivrer sans délai le permis de construire sollicité en l'assortissant de prescriptions spéciales ;
3°) d'enjoindre au maire de Chatou de procéder aux travaux nécessaires dans le passage sous-bois, au besoin en installant à ses frais des poteaux incendie ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Chatou une somme de 3 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée méconnait l'article UV 3.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de Chatou dès lors que le passage sous-bois, qui dessert le projet, présente une largeur suffisante pour permettre l'approche du matériel de lutte contre l'incendie ; en effet, aucune disposition du règlement de ce plan n'impose une largeur minimale de 3 mètres pour les voies de desserte ; le règlement du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Yvelines n'impose pas davantage de telles conditions de desserte pour un projet de construction d'une seule maison d'habitation disposant d'un plancher haut situé à moins de 8 mètres de hauteur ; enfin, la nouvelle clôture sera située au même niveau que celle existante, de sorte qu'elle ne viendra pas réduire la largeur du passage sous-bois au droit du terrain qui oscille entre 4,10 mètres et 4,74 mètres ;
- le refus qui lui est opposé est discriminatoire et méconnait le principe d'égalité de traitement dès lors que la commune a autorisé de nombreuses constructions desservies par le passage sous-bois, dont certaines sont plus éloignées d'une voie-engins que son terrain ;
- l'article UV 3.1.2 du règlement du PLU de Chatou sur lequel est fondée la décision attaquée méconnait le règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie des Yvelines approuvé par l'arrêté préfectoral n° DDSIS-2017-033 du 4 août 2017 ;
- le maire ne pouvait sans contradiction considérer qu'un terrain classé en zone urbaine n'est pas constructible en raison de ses conditions de desserte.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 décembre 2021, la commune de Chatou conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- aucun des moyens soulevés n'est fondé ;
- l'arrêté contesté aurait également pu être fondé sur les dispositions des articles R. 111-2 et R. 111-5 du code de l'urbanisme, au regard des risques que présente le projet pour la sécurité publique et notamment pour les usagers du passage sous-bois.
Par une ordonnance du 16 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 juillet 2022, en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Par courrier du 4 août 2022, les parties ont été invitées, sur le fondement de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire le règlement de la zone UV du plan local d'urbanisme de Chatou ainsi que le lexique de ce plan, le dossier de demande de permis de construire (formulaire et pièces) et les avis recueillis dans le cadre de l'instruction de cette demande.
Des pièces ont été produites en réponse le 18 août 2022 par la commune de Chatou et les 18 et 19 août par la société requérante.
Un mémoire a été produit le 22 août 2022 pour la SARL Lindsey et Partners, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les conclusions de M. Maitre, rapporteur public.
- les observations de Me Houssais, représentant la SARL Lindsey et Partners et de Mme B, dûment mandatée pour représenter la commune de Chatou.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 17 août 2020, le maire de Chatou a refusé de délivrer à la SARL Lindsey et Partners un permis de construire, en vue de la démolition d'une clôture et l'édification d'une maison individuelle sur un terrain cadastré AK n°506 situé passage sous-bois. Par la présente requête, la SARL Lindsey et Partners demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, aux termes de l'article UV 3 du règlement du PLU de Chatou : " 3.1 - Conditions de desserte par les voies publiques ou privées / 3.1 .1 - Définition La voie constitue la desserte du terrain sur lequel est implantée la construction. Il s'agit des voies ouvertes à la circulation générale, de statut public ou privé à l'exception des pistes cyclables, sentiers, voie ferrée, à partir desquels aucune opération ne peut avoir un accès automobile. / 3.1.2- Règle générale / Les voies existantes : Les voies existantes doivent avoir les caractéristiques suffisantes pour desservir l'opération projetée et pour permettre, notamment, l'approche du matériel de lutte contre l'incendie. () ".
3. Il n'est pas contesté que le passage sous-bois, qui dessert le projet, est d'une largeur inégale depuis le boulevard de la République jusqu'au terrain d'assiette, limitée à 2,84 mètres en certains endroits, présente deux coudes importants sur cette portion de voie et se termine en impasse, sans comporter d'aire de retournement. Par ailleurs, les photographies versées au dossier montrent la présence dans ce passage de lampadaires, dont la présence est de nature à réduire la largeur utile de la voie pour le passage des véhicules de secours. Si la société requérante fait valoir que le projet est conforme aux règles fixées, pour les maisons individuelles, par le règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie des Yvelines approuvé par l'arrêté préfectoral n° DDSIS-2017-033 du 4 août 2017, elle ne peut utilement invoquer de telles dispositions qui relèvent d'une législation distincte du droit de l'urbanisme et qui ne sont pas opposables aux autorisations d'urbanisme, en application du principe de l'indépendance des législations. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce qui est soutenu, l'accès au terrain d'assiette du projet est prévu à environ 90 mètres du boulevard de la République tandis que l'entrée de la future maison est située à plus de 100 mètres de cette même voie, soit à des distances supérieures à celles mentionnées dans le document d'information élaboré par le service départemental d'incendie et de secours des Yvelines, intitulé " règles à respecter dans le cadre de la construction de maison(s) individuelle(s) ", dont se prévaut la société requérante. Par ailleurs, si la SARL Lindsey et Partners fait valoir qu'il existe une voie-engins à moins de 50 mètres de la limite arrière du terrain, il ressort des pièces du dossier que le projet ne comporte aucun accès sur cette limite. Dans ces conditions et bien que ni le règlement du PLU de Chatou ni aucun autre texte opposable à la demande déposée par la SARL Lindsey et Partners n'imposent que la voie de desserte d'une construction ait une largeur supérieure ou égale à 3 mètres, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le maire de Chatou a estimé que le projet est desservi par une voie qui ne présente pas, en l'espèce, les caractéristiques suffisantes pour permettre l'approche du matériel de luttre contre l'incendie et qu'il méconnait ainsi les dispositions de l'article UV 3.1.2 du règlement du PLU de la commune. Une parcelle pouvant, par ailleurs, contrairement à ce qui est soutenu, légalement être classée en zone urbaine tout en étant, de par ses caractéristiques propres, inconstructible, le moyen tiré de l'existence d'une contradiction sur ce point doit également être écarté.
4. En deuxième lieu, la société requérante ne peut utilement faire valoir que l'article UV 3.1.2 du règlement du PLU de Chatou sur lequel est fondée la décision attaquée méconnait le règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie des Yvelines approuvé par l'arrêté préfectoral n° DDSIS-2017-033 du 4 août 2017 qui relève d'une législation distincte du droit de l'urbanisme et n'est pas opposable aux documents d'urbanisme.
5. En troisième lieu, la circonstance que des permis de construire ont été accordés sur des parcelles voisines également desservies par le passage sous-bois est par elle-même sans incidence sur la légalité de la décision de refus contestée. Par suite, les moyens tirés d'une méconnaissance du principe d'égalité et du caractère discriminatoire de la décision de refus attaqué doivent être écartés comme inopérants.
6. Par suite et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les nouveaux motifs opposés en défense pour fonder la décision attaquée, les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de la SARL Lindsey et Partners est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Lindsey et Partners et à la commune de Chatou.
Délibéré après l'audience du 14 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rollet-Perraud, présidente,
Mme Milon, première conseillère,
Mme Amar-Cid, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
J. A
La présidente,
Signé
C. Rollet-Perraud
La greffière,
Signé
A. Lloria
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026