vendredi 2 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2101764 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LERAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 1 mars 2021 et 5 octobre 2022, Mme B A C, représentée par Me Lerat, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision défavorable du centre interdépartemental de gestion de la Grande Couronne de la région Ile-de-France du 1er décembre 2020, ensemble la délibération du jury par laquelle celui-ci a arrêté la liste des candidats admis au concours externe d'accès au grade de Directeur de police municipale session 2020 et la déclarant non admise, ainsi que la décision du centre interdépartemental de gestion de la Grande Couronne de la région Ile-de-France du 9 décembre 2020 portant rejet du recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au centre interdépartemental de gestion de la Grande Couronne de la région Ile-de-France de rétablir sa note de natation conformément au barème applicable ;
3°) de mettre à la charge du centre interdépartemental de gestion de la Grande Couronne de la région Ile-de-France la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions des 1er et 9 décembre 2021 sont entachées d'incompétence ;
- les décisions sont entachées d'un vice de procédure dès lors que la notation n'a pas été assurée par un groupe de correcteurs nommés à titre d'experts sous l'autorité du président du jury et de l'incompétence de leur auteur ;
- les décisions sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le jury a méconnu le principe général du droit d'égal accès à l'emploi public, a délibéré dans des conditions irrégulières et a inexactement apprécié les résultats à l'épreuve de natation.
Par deux mémoires enregistrés les 10 juin 2021 et 9 novembre 2022, le centre interdépartemental de gestion de la Grande Couronne de la région Ile-de-France conclut au rejet de la requête à titre principal en raison de son irrecevabilité et, à titre subsidiaire, comme étant mal fondée ; il conclut également à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 18 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée le même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gosselin, président,
- les conclusions de Mme Ozenne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Sanches, substituant Me Lerat.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A C s'est inscrite à la session 2020 du concours externe de directeur de police municipale organisée par le centre interdépartemental de gestion de la Grande Couronne de la région Ile-de-France (CIG), conformément à l'arrêté du vice-président du Centre du 18 juin 2019 portant ouverture des concours externe et interne de directeur de police municipale, session 2020. Elle a été déclarée admissible à l'issue des épreuves écrites des 13 et 14 janvier 2020. Elle a ensuite passé le test psychotechnique, les épreuves orales d'admission et les épreuves d'exercice physique dont l'épreuve de natation, le 30 septembre 2020. Par courrier du 1er décembre 2020 notifié le même jour, le Centre Interdépartemental de gestion l'a informée qu'elle n'avait pas été admise. Par un courrier du 4 décembre 2020, la requérante a sollicité le réexamen de ses résultats d'admission au concours. Par un courrier du 9 décembre 2020, le Centre interdépartemental a rejeté le recours gracieux formulé par Mme A C. Par la présente requête, celle-ci demande au tribunal l'annulation de la décision défavorable du Centre interdépartemental du 1er décembre 2020, ensemble la délibération du jury par laquelle celui-ci a arrêté la liste des candidats admis au concours externe d'accès au grade de Directeur de police municipale session 2020 et la décision du Centre interdépartemental du 9 décembre 2020 portant rejet du recours gracieux.
Sur la fin de non-recevoir opposée aux conclusions dirigées contre le courrier du 1er décembre 2020 :
2. La requérante demande au tribunal d'annuler le courrier du 1er décembre 2020 du centre interdépartemental de gestion de la Grande Couronne de la région Ile-de-France l'informant de sa non admission au concours externe de directeur de police municipale. Or, si, en tant que simple mesure d'information, cette lettre ne peut faire grief, en revanche, la requête porte également sur la non inscription sur la liste d'aptitude, ensemble la délibération du jury du 30 novembre 2020. Dès lors, contrairement à ce que soutient le défendeur, ces décisions font grief, comme d'ailleurs il est indiqué sur ce courrier. Par suite, le centre interdépartemental de gestion de la Grande Couronne de la région Ile-de-France n'est pas fondé à opposer cette fin de non-recevoir.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. D'une part, la décision défavorable du Centre interdépartemental du 1er décembre 2020 ainsi que la décision de rejet du recours gracieux datée du 9 décembre 2020 ont été signées par Mme Anne Pelletier-Le Barbier, vice-présidente du centre interdépartemental de gestion de la Grande Couronne de la région Ile-de-France, en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté du président du Centre interdépartemental en date du 20 novembre 2020 produite par la défense. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées doit être écarté.
4. D'autre part, si la requérante allègue que la notation n'a pas été assurée par un groupe de correcteurs nommés à titre d'experts sous l'autorité du président du jury, elle ne l'établit par aucune pièce. Au surplus, le procès-verbal de déroulement des épreuves physiques d'admission passées le 30 septembre 2020 ainsi que la feuille d'émargement des correcteurs ont été produits par le Centre interdépartemental. Le moyen tiré de l'irrégularité de la composition du jury doit être écarté comme manquant en fait.
5. Mme A C conteste ensuite la note éliminatoire de 4.25/20 obtenue à l'épreuve physique, indiquant que la décision serait entachée d'une erreur de droit. S'il n'appartient pas au juge de l'excès de pouvoir de contrôler l'appréciation souveraine portée par le jury sur la valeur d'un candidat à un examen, il exerce en revanche son contrôle sur la correcte application des textes et sur les erreurs de faits. Dès lors, la requête de Mme A C doit être regardée comme tendant à l'annulation de la délibération du jury proclamant les résultats des épreuves d'admissibilité à ce concours en tant seulement qu'elle ne l'a pas déclarée admise.
7. En l'espèce, Mme A C soutient en premier lieu que dès lors qu'elle a nagé la distance de 50 mètres en une minute vingt-et-une secondes, elle devait obtenir une note supérieure à 7/20, celle-ci étant réservée aux candidates ayant parcouru la distance en une minute vingt secondes. Toutefois, la note de 7/20 est applicable à toute performance comprise entre 1'20" et 1'46".
8. En deuxième lieu, la requérante estime qu'elle aurait dû bénéficier de deux points de bonification en raison de son âge, le barème octroyant une bonification de 0,5 point par an au-delà de 28 ans alors qu'elle avait 32 ans au moment des épreuves sportives, celles-ci ayant été retardées suite à la crise sanitaire. Cependant, cette bonification doit s'interpréter à la date d'ouverture du concours, soit le 18 juin 2019, alors que Mme A C n'avait pas 32 ans. Dès lors, le centre interdépartemental de gestion de la Grande Couronne de la région Ile-de-France n'a commis aucune erreur de droit dans l'application des textes en vigueur
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la délibération défavorable rendue par le jury doivent être rejetées.
Sur les autres conclusions :
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Mme A C étant la partie perdante, elle ne peut prétendre à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A C la somme demandée par le centre interdépartemental de gestion de la Grande Couronne de la région Ile-de-France sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre interdépartemental de gestion de la Grande Couronne de la région Ile-de-France présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A C et au centre interdépartemental de gestion de la Grande Couronne de la région Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Gosselin, président,
- Mme Vincent, première conseillère,
- Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juin 2023.
Le président-rapporteur,
signé
C. Gosselin,
L'assesseure la plus ancienne,
signé
L. Vincent
La greffière,
signé
S. Burel
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Île-de-France en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026