lundi 3 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2102140 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | VIALA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 14 mars 2021, 9 février et 28 mars 2023, M. A B, représenté par Me Viala, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler son compte-rendu professionnel établi au titre de l'année 2018 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 9 000 euros à titre de dommages et intérêts ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- le mémoire en défense, enregistré après la clôture, est irrecevable ;
- un certain nombre de documents cités par son supérieur hiérarchique ne lui ont pas été communiqués malgré sa demande, ce qui constitue une atteinte à ses droits de la défense ;
- il n'a pas été tenu compte, dans son évaluation, de la lettre de félicitations qui lui a été adressée le 29 janvier 2018 ;
- son entretien d'évaluation n'a pas été mené par son supérieur hiérarchique direct, mais par le supérieur de celui-ci, assisté de son adjoint ;
- il n'a pas été convoqué au moins huit jours avant son entretien, en méconnaissance de l'article 2 du décret du 28 juillet 2010, ce qui l'a privé de la possibilité de préparer cet entretien ;
- son évaluation est entachée d'un détournement de pouvoir, et constitue une sanction déguisée de la part de l'autorité hiérarchique ;
- elle est entachée de nombreuses erreurs de fait ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation, et fait référence à des évènements survenus en 2019, soit postérieurement à la période évaluée ;
- son compte-rendu d'entretien professionnel ne correspond pas à sa valeur professionnelle au titre de l'année 2018.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2023, le ministre de l'intérieur et des Outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable pour tardiveté ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 29 mars 2023, la clôture de l'instruction a été reportée au 14 avril 2023.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions indemnitaires présentées par M. B sont irrecevables, en application de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, en l'absence de demande indemnitaire préalable.
Des observations sur le moyen communiqué, enregistrées le 16 juin 2023, ont été présentées pour M. B et communiquées au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caron, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Marc, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, capitaine de police, exerce depuis le 1er septembre 2017 les fonctions de chef de groupe enquêteur au sein de la circonscription de sécurité publique de Conflans-Sainte-Honorine. Le 15 avril 2019, il a reçu notification de son compte-rendu d'entretien professionnel pour l'année 2018. Il a formé un recours hiérarchique à l'encontre de cette évaluation le 18 avril 2019, et a été reçu le même jour en entretien par son supérieur hiérarchique direct. Le 9 mai 2019, un nouveau compte-rendu d'entretien professionnel lui a été notifié. Par un courrier du 15 juin 2019, reçu le 21 juin suivant, M. B a saisi le directeur des ressources et des compétences de la police nationale d'une demande de révision de sa notation et de saisine pour avis de la commission administrative paritaire nationale (CAPN). Lors de sa séance du 7 décembre 2020, la CAPN a émis un avis proposant la modification de certains éléments de l'évaluation litigieuse, et la reformulation de l'appréciation générale de l'évaluateur. Par un procès-verbal du 29 janvier 2021, le supérieur hiérarchique direct de M. B lui a notifié son refus de suivre l'avis de la CAPN et de modifier son compte-rendu d'évaluation professionnelle du 9 mai 2019. M. B sollicite l'annulation de son compte-rendu professionnel établi au titre de l'année 2018, et l'indemnisation du préjudice qu'il estime avoir subi.
Sur la recevabilité du mémoire en défense :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 613-1 du code de justice administrative : " Le président de la formation de jugement peut, par une ordonnance, fixer la date à partir de laquelle l'instruction sera close. () ". Aux termes de l'article R. 613-3 du même code : " Les mémoires produits après la clôture de l'instruction ne donnent pas lieu à communication, sauf réouverture de l'instruction ".
3. Si le mémoire en défense du ministre de l'intérieur et des Outre-mer a été enregistré le 13 mars 2023, soit postérieurement à la clôture de l'instruction fixée au 10 mars 2023 par une ordonnance du 10 février 2023, il ressort cependant des pièces du dossier que l'instruction a été rouverte par une ordonnance du 14 mars 2023, qui a reporté la clôture au 28 mars 2023. Par suite, l'exception d'irrecevabilité de ce mémoire en défense doit être écartée.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Aux termes de l'article 6 du décret du 18 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat : " L'autorité hiérarchique peut être saisie par le fonctionnaire d'une demande de révision du compte rendu de l'entretien professionnel. / Ce recours hiérarchique est exercé dans un délai de quinze jours francs à compter de la date de notification à l'agent du compte rendu de l'entretien. L'autorité hiérarchique notifie sa réponse dans un délai de quinze jours francs à compter de la date de réception de la demande de révision du compte rendu de l'entretien professionnel. / Les commissions administratives paritaires peuvent, à la requête de l'intéressé, sous réserve qu'il ait au préalable exercé le recours mentionné à l'alinéa précédent, demander à l'autorité hiérarchique la révision du compte rendu de l'entretien professionnel. Dans ce cas, communication doit être faite aux commissions de tous éléments utiles d'information. Les commissions administratives paritaires doivent être saisies dans un délai d'un mois à compter de la date de notification de la réponse formulée par l'autorité hiérarchique dans le cadre du recours. / L'autorité hiérarchique communique au fonctionnaire, qui en accuse réception, le compte rendu définitif de l'entretien professionnel. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le compte-rendu de l'entretien professionnel du requérant établi au titre de l'année 2018, comportant la mention des voies et délais de recours, lui a été notifié le 15 avril 2019. Le 18 avril 2019, l'intéressé a exercé un recours hiérarchique aux fins de révision de son compte rendu d'entretien professionnel, soit dans le délai de quinze jours prévu à l'alinéa 2 de l'article 6 du décret du 28 juillet 2010. A la suite de ce recours, un nouveau compte-rendu d'entretien professionnel, partiellement modifié, et comportant également la mention des voies et délais de recours, a été notifié à M. B le 9 mai 2019. Toutefois, M. B n'a saisi la commission administrative paritaire que le 21 juin 2019, soit après l'expiration du délai d'un mois courant à compter de la notification de la réponse formulée par l'autorité hiérarchique dans le cadre de son recours hiérarchique, fixé à l'alinéa 3 de l'article 6 précité du décret du 28 juillet 2010. Dès lors, cette saisine tardive de la commission administrative paritaire n'a pas eu pour effet d'interrompre le délai de recours contentieux à l'encontre du compte-rendu d'entretien d'évaluation, lequel a expiré deux mois après la notification de la décision rendue à la suite du recours hiérarchique du requérant, le 9 mai 2019. Il s'ensuit que les conclusions de la requête tendant à l'annulation du compte rendu d'évaluation au titre de l'année 2018 sont tardives, et par suite ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables. La fin de non-recevoir opposée en défense doit donc être accueillie.
Sur la recevabilité des conclusions indemnitaires :
6. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
7. Il résulte de l'instruction que M. B n'a pas adressé à l'Etat de demande préalable tendant à l'indemnisation du préjudice qu'il estime avoir subi en raison de l'évaluation dont il a fait l'objet au titre de l'année 2018. Ses conclusions indemnitaires tendant à la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 9 000 euros ne peuvent, en conséquence, qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Grenier, présidente,
Mme Caron, première conseillère,
M. Connin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2023.
La rapporteure,
signé
V. Caron
La présidente,
signé
C. Grenier
La greffière,
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026