lundi 30 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2102409 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CUBELLS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 22 mars 2021 enregistrée le même jour, la présidente de la 9ème chambre du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a renvoyé au tribunal la requête de Mme B A, enregistrée le 20 janvier 2021.
Par cette requête, Mme A, représentée par Me Cubells, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision du 11 avril 2018 par laquelle le directeur du centre hospitalier Théophile Roussel de Montesson l'a radiée des cadres pour abandon de poste ;
2) de condamner le centre hospitalier à lui payer la somme de 73 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis ;
3) d'enjoindre au centre hospitalier Théophile Roussel de la réintégrer dans ses fonctions, avec versement de son traitement depuis la date de sa radiation, et de reconstituer sa carrière dans le délai de huit jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard.
Elle soutient que :
- le centre hospitalier ne justifie ni de la réalité ni de la réception d'une mise en demeure préalable à la mesure de radiation des cadres ;
- la décision de radiation des cadres ne lui a pas été notifiée ;
- sa maladie l'a empêchée de rejoindre son poste ;
- l'illégalité de cette décision lui a causé un préjudice financier à hauteur de 63 000 euros et un préjudice moral pouvant être évalués à 10 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 octobre 2021, le centre hospitalier Théophile Roussel de Montesson, représenté par Me Mauvenu, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation sont irrecevables en raison de leur tardiveté ;
- les moyens ne sont pas fondés.
Par une décision du 25 novembre 2019, le bureau de l'aide juridictionnelle près le tribunal de grande instance de Pontoise a accordé l'aide juridictionnelle totale à Mme A.
Par une ordonnance du 3 octobre 2020, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 octobre 2020.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gibelin, rapporteur,
- les conclusions de Mme Ghiandoni, rapporteure publique,
- et les observations de Me Messin, représentant le centre hospitalier Théophile Roussel de Montesson.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, recrutée en qualité d'infirmière titulaire par voie de mutation par le centre hospitalier Théophile Roussel à compter du 2 janvier 2018, absente sans justification depuis le 13 mars 2018, a été mise en demeure de reprendre son poste avant le 26 mars 2018 par un courrier du 20 mars 2018. Un deuxième courrier, du 26 mars 2018 lui a été envoyé, la mettant en demeure de rejoindre son poste avant le 30 mars 2018. Enfin, un troisième courrier du 30 mars 2018 l'a mise en demeure de rejoindre son poste au plus tard le 5 avril 2018. N'ayant pas déféré à cette mise en demeure, elle a été radiée des cadres pour abandon de poste par une décision du 11 avril 2018. Par un courrier du 14 janvier 2021, elle a présenté un recours gracieux à l'encontre de cette décision et a sollicité le versement d'une indemnité de 73 000 euros. Par la présente requête, Mme A sollicite l'annulation de la décision du 11 avril 2018 et la condamnation du centre hospitalier à lui payer la somme de 73 000 euros au titre de ses préjudices.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la décision du 11 avril 2018 par laquelle le directeur du centre hospitalier Théophile Roussel de Montesson a radié Mme A des cadres pour abandon de poste, qui mentionnait les voies et délais de recours, lui a été notifiée le 13 avril 2018. Si Mme A a présenté une demande d'aide juridictionnelle, celle-ci a été enregistrée par le tribunal de grande instance de Pontoise le 5 mars 2019, postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux le 14 juin 2018. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de cette décision, enregistrées le 20 janvier 2021, sont tardives.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation de la décision du 11 avril 2018 doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. En premier lieu, une mesure de radiation des cadres pour abandon de poste ne peut être régulièrement prononcée que si l'agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai qu'il appartient à l'administration de fixer. Une telle mise en demeure doit prendre la forme d'un document écrit, notifié à l'intéressé et l'informant du risque qu'il encourt d'une radiation des cadres sans procédure disciplinaire préalable. Lorsque l'agent ne s'est ni présenté ni n'a fait connaître à l'administration aucune intention avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure, et en l'absence de toute justification d'ordre matériel ou médical, présentée par l'agent, de nature à expliquer le retard qu'il aurait eu à manifester un lien avec le service, cette administration est en droit d'estimer que le lien avec le service a été rompu du fait de l'intéressé.
6. Si Mme A soutient qu'aucune mise en demeure ne lui a été notifiée, il résulte de l'instruction que les trois courriers des 20, 26 et 30 mars 2018, la mettant en demeure de rejoindre son poste dans le délai qu'ils ont fixé, et qu'à défaut elle serait radiée des cadres pour abandon de poste sans accomplissement des formalités prescrites en matière disciplinaire, ont été envoyés à l'adresse de l'intéressée, que ces plis ont été présentés les 21, 28 et 31 mars 2018 et n'ont pas été retirés, ainsi qu'en attestent les mentions figurant sur les avis de réception " pli avisé et non réclamé ". Dans ces conditions, ces courriers doivent être regardés comme ayant été régulièrement notifiés à Mme A préalablement à la décision du 11 avril 2018.
7. En deuxième lieu, les conditions dans lesquelles il est procédé à la notification des décisions administratives sont sans incidence sur leur légalité. En tout état de cause, il résulte de l'instruction, en particulier de l'avis de réception produit par le centre hospitalier, que la décision du 11 avril 2018 a été notifiée à Mme A le 13 avril 2018.
8. En dernier lieu, si Mme A soutient que son état de santé la mettait dans l'impossibilité de rejoindre son poste dans les délais qui lui avaient été impartis, il résulte de l'instruction qu'étant absente sans justification depuis le 13 mars 2018, elle a été mise en demeure à trois reprises de rejoindre son poste au plus tard le 5 avril 2018, et a été radiée des cadres pour abandon de poste par une décision qui lui a été régulièrement notifiée le 13 avril 2018. Or, ce n'est que par un courrier du 3 juillet 2018, près de trois mois après qu'elle a eu connaissance de cette décision, qu'une assistante sociale a transmis au centre hospitalier un arrêt de travail couvrant la période en cause ainsi qu'un bulletin d'hospitalisation du 12 avril au 8 juin 2018 puis du 8 juin au 3 juillet 2018. Par ailleurs, ni le certificat médical établi le 17 avril 2018 par lequel un psychiatre du centre hospitalier d'Argenteuil indique avoir examiné l'intéressée le 12 avril 2018 et relate que le jour de son absence de poste elle a été prise de panique l'empêchant de se rendre sur son lieu de travail puis s'est enfermée chez elle, ni aucune autre pièce du dossier n'est de nature à établir que l'état de santé de Mme A l'aurait mise dans l'impossibilité de faire connaître à l'administration son intention avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure ou à expliquer le retard qu'elle a eu à manifester un lien avec le service. Dans ces conditions, le centre hospitalier était fondé à constater que le lien avec le service avait été rompu du fait de l'agent et à prononcer la radiation de Mme A.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A, n'implique aucune mesure d'exécution au sens des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A le versement au centre hospitalier de la somme qu'il demande au titre des frais de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier Théophile Roussel au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Cubells et au centre hospitalier Théophile Roussel de Montesson.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mégret, présidente,
Mme Rivet, première conseillère,
M. Gibelin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2023.
Le rapporteur,
signé
F. GibelinLa présidente,
signé
S. Mégret
La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026