lundi 5 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2102468 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL HADDAD-MOUTIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 mars 2021 et 22 avril 2022, M. A B, représenté par la SELARL Haddad Moutier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° PC 91129 20 10015 du 26 novembre 2020 par lequel le maire de la commune de Cerny a rejeté sa demande de permis de construire ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Cerny la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article N 2 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU).
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2022, la commune de Cerny, représentée par la SELARL Reynaud avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 12 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 mai 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Benoit, première conseillère,
- et les conclusions de M. Fraisseix, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté n° PC 91129 20 10015 du 26 novembre 2020, dont M. A B demande l'annulation, le maire de la commune de Cerny a rejeté sa demande de permis de construire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article N 1 du règlement de la zone naturelle et forestière (N) du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Cerny : " Toute construction et installation est interdite à l'exception des constructions autorisées sous condition à l'article 2 ". Aux termes de l'article N 2 du même règlement : " OCCUPATIONS ET UTILISATIONS DU SOL SOUMISES A DES CONDITIONS PARTICULIERES / Dans toute la zone / Les constructions et installations nécessaires à l'activité agricole, pastorale ou forestière à condition qu'elles ne portent pas atteinte à la sauvegarde des espaces naturels et des paysages ".
3. Pour vérifier qu'une construction ou installation est nécessaire à une exploitation agricole ou forestière, l'autorité administrative compétente doit s'assurer au préalable, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la réalité de cette exploitation, laquelle est caractérisée par l'exercice effectif d'une activité agricole ou forestière d'une consistance suffisante.
4. Pour prendre l'arrêté attaqué, le maire de la commune de Cerny a notamment estimé que le projet ne justifiait ni de la nécessité d'une nouvelle construction liée à l'activité, ni d'un besoin permanent d'une présence sur le terrain.
5. D'une part, il ressort de la demande de permis de construire en litige que le projet consiste en la réalisation d'une nouvelle construction comprenant 80 m2 de surface de plancher (SDP) à destination d'habitation " pour l'exploitant en charge de l'élevage ", et 222,50 m2 de SDP à destination d'exploitation agricole ou forestière. Cette dernière superficie se décompose en 142,50 m2 à " usage d'étable ", et 80 m2 " à usage de stockage lié à l'activité ". La notice du projet architectural précise que l'activité pastorale envisagée consiste en un élevage de chèvres. Toutefois, seul l'extrait K BIS du 28 juillet 2020 mentionne une activité d'exploitant pastoral, aucun élément n'étant par ailleurs fourni quant à la consistance réelle du projet. L'exercice effectif ou même seulement projeté d'une activité agricole ou pastorale, d'une consistance suffisante, n'est ainsi pas établi par les pièces du dossier.
6. D'autre part, la demande de permis précise que le terrain supporte déjà une construction à destination d'habitation présentant 135 m2 de SDP, constituant le domicile de M. B, ce que confirment tant la comparaison des plans de masse de l'état existant et de l'état projeté que l'attestation notariée du 30 septembre 1983 et les factures, produits aux débats par le requérant. Or, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'une deuxième habitation serait nécessaire pour exercer l'activité projetée, à la supposer effective. M. B a, d'ailleurs et à la fois, produit un extrait K BIS relatif à sa propre activité et indiqué dans sa demande de permis de construire que le bâtiment projeté était destiné à être loué.
7. Dans ces conditions, en rejetant la demande de permis de construire présentée par M. B pour les motifs cités au point 4, le maire de la commune de Cerny n'a commis ni erreur de droit, ni erreur d'appréciation. Ces moyens doivent être écartés.
8. Enfin, si le motif de l'arrêté attaqué tiré d'une atteinte par le projet à la sauvegarde des espaces naturels et des paysages n'est pas au nombre de ceux qui pouvaient légalement le justifier, il résulte toutefois de l'instruction que le maire de la commune de Cerny aurait légalement pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur le motif lié à l'absence de nécessité de la construction projetée à une activité agricole, pastorale ou forestière, qui n'est entaché ni d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Cerny, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B une somme de 1 800 euros en application des mêmes dispositions.
11. La présente instance ne comporte pas de dépens. Par suite, les conclusions présentées par M. B et la commune de Cerny au titre des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent en tout état de cause être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Cerny une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Cerny au titre de l'article R.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Cerny.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Benoit, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2023.
La rapporteure,
signé
C. Benoit
La présidente,
signé
N. Boukheloua
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026