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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2102513

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2102513

jeudi 20 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2102513
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantLAMOUROUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête n° 2102513 et un mémoire enregistrés le 25 mars 2021 et le 21 juillet 2022, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 10 mai 2021, Mme C A, représentée par Me Adeline-Delvolvé, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 25 janvier 2021 par laquelle le maire de Saclay a refusé de lui accorder la protection fonctionnelle ;

2°) d'enjoindre à la mairie de Saclay de lui accorder la protection fonctionnelle dans un délai de 15 jours à compter de la notification de jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Saclay une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu'une somme de 13 euros au titre des droits de plaidoirie.

Elle soutient que :

- la décision litigieuse est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation :

' elle est mise en cause par deux agents l'accusant de harcèlement et a, pour ce motif, fait l'objet d'une plainte et d'une audition à la gendarmerie ;

' elle est victime d'un harcèlement de la part du maire, qui s'illustre par les nombreux courriels de reproches avec un ton particulièrement sec, la modification de sa fiche de poste le 14 octobre 2020 qui supprime une partie importante de ses responsabilités ou encore l'impossibilité d'accéder à son bureau la matinée du 15 octobre 2020 ; en outre, elle a été privée de ses accès informatiques lorsqu'elle était en congé de maladie et recevait des messages professionnels à des heures tardives ; enfin, l'entretien préalable à sa décharge de fonction s'est déroulé dans des conditions humiliantes ;

- le maire, compte tenu des faits de harcèlement pour lesquels il est mis en cause, n'était pas compétent pour prendre la décision litigieuse.

Par deux mémoires en défense enregistrés le 6 juillet 2021 et le 13 septembre 2022, la commune de Saclay, représentée par Me Lamouroux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens y compris les droits de plaidoirie à hauteur de 13 euros par audience.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée au 1er décembre 2022 par une ordonnance du même jour.

Des pièces ont été produites pour Mme A le 7 février 2024 et n'ont pas été communiquées.

II. Par une requête n° 2102515 et deux mémoires enregistrés le 25 mars 2021, le 21 juillet 2022 et le 14 octobre 2022, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 10 mai 2021, Mme C A, représentée par Me Adeline-Delvolvé, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner la commune de Saclay à lui verser la somme correspondant à la perte des rémunérations subies depuis le 1er janvier 2021, soit 57 292, 13 euros, et jusqu'au jugement à intervenir, en réparation de son préjudice matériel, ainsi qu'une somme de 30 000 euros en réparation de son préjudice moral, avec intérêts au taux légal à compter de la demande indemnitaire du 3 décembre 2020 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saclay une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu'une somme de 13 euros au titre des droits de plaidoirie.

Elle soutient que :

- par ses agissements à son égard, constitutifs d'un harcèlement, la commune de Saclay a commis une faute ;

- cette faute a généré des préjudices matériel et moral ;

- son préjudice matériel résulte de l'absence de rémunération pendant son congé de maladie qui a débuté le 16 octobre 2020 et qui se poursuit encore ; elle perçoit depuis le 14 janvier 2021 un demi traitement seulement et subit ainsi une perte de traitement de 1 651,04 euros par mois, une perte de prime de fin d'année de 157,24 euros, une perte de la prime dite IFSE de 800 euros par mois, une perte de nouvelle bonification indiciaire de 140,58 euros, une perte de la prime de responsabilité de 478,68 euros ; ainsi, elle subit un préjudice matériel global de 57 292,13 euros depuis le 1er janvier 2021 ;

- son préjudice moral et ses troubles dans les conditions d'existence doivent être évalués à 30 000 euros.

Par trois mémoires en défense enregistrés le 6 juillet 2021, les 13 septembre et 17 octobre 2022, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 13, 16 septembre 2022 et 17 octobre 2022, la commune de Saclay, représentée par Me Lamouroux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens y compris les droits de plaidoirie à hauteur de 13 euros par mois.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée au 1er décembre 2022 par une ordonnance du même jour.

Des pièces ont été produites pour Mme A les 7 février et 18 mars 2024 et n'ont pas été communiquées.

III. Par une requête n°2306606 enregistrée le 10 août 2023 et un mémoire enregistré le 10 novembre 2023, Mme C A, représentée par Me Adeline-Delvolé, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 juin 2023 par laquelle le maire de Saclay a refusé de lui accorder la protection fonctionnelle ;

2°) d'enjoindre à la commune de Saclay de lui accorder la protection fonctionnelle ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Saclay une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens au nombre desquels figurent les droits de plaidoirie à hauteur de 13 euros par audience.

Elle soutient que :

- la décision est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'une insuffisante motivation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation.

Par deux mémoires en défense enregistrés le 11 octobre 2023 et le 8 décembre 2023, la commune de Saclay, représentée par Me Lamouroux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens comprenant les droits de plaidoirie à hauteur de 13 euros par audience.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée au 3 avril 2024 par une ordonnance du 20 mars 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Geismar, première conseillère,

- les conclusions de Mme Vincent, rapporteure publique,

- les observations de Me Adeline Delvolvé,

- et les observations de Me Lamouroux.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C A a été recrutée par la commune de Saclay pour occuper l'emploi de directrice générale des services à compter du 15 juin 2020. Recrutée en tant qu'attaché territorial, elle a alors été détachée sur l'emploi fonctionnel correspondant par un arrêté du 30 juin 2020, pour une durée de cinq ans. Puis, par un courrier du 2 novembre 2020, elle a été convoquée pour un entretien préalable visant à mettre fin à son détachement. Par un arrêté du 23 novembre 2020, le maire de Saclay a mis fin à son détachement sur l'emploi fonctionnel de directrice générale des services. En parallèle, d'une part, Mme A a été mise en cause, ainsi que la directrice des ressources humaines et le maire, par deux agents les accusant de harcèlement. D'autre part, en arrêt de travail depuis le 16 octobre 2020, elle a sollicité la reconnaissance de sa maladie comme imputable au service, indiquant notamment subir un harcèlement de la part du maire. Elle a ainsi, pour ces deux éléments, sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle le 26 novembre 2020. Par une décision du 25 janvier 2021, dont elle demande l'annulation par la requête n°2102513, le maire a refusé de la lui accorder.

2. En outre, Mme A, estimant que de nouveaux éléments étaient intervenus, a déposé une nouvelle demande de protection fonctionnelle le 21 avril 2023. Par une décision du 12 juin 2023, dont elle demande l'annulation par la requête n°2306606, le maire de Saclay a également refusé de la lui accorder.

3. Puis, par la requête n°2102515, Mme A demande la condamnation de la commune de Saclay à l'indemniser des préjudices matériel et moral qu'elle estime avoir subis, en raison des faits de harcèlement qu'elle dénonce.

4. Les requêtes susvisées émanent de la même requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y répondre par un seul jugement.

Sur la décision du 25 janvier 2021 :

5. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

6. La décision par laquelle l'autorité administrative rejette la demande de protection fonctionnelle présentée par un agent public, qui doit être regardée comme refusant un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir, au sens des dispositions précitées de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, doit être motivée.

7. En l'espèce, la décision attaquée, qui refuse d'octroyer la protection fonctionnelle à Mme A, ne comporte aucune motivation en droit. Dès lors, la requérante est fondée à soutenir qu'elle est insuffisamment motivée.

8. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à soutenir que la décision refusant de lui accorder la protection fonctionnelle est illégale, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens.

Sur la décision du 12 juin 2023 :

9. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions applicables, notamment l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983, ainsi que certains décrets applicables et des décisions du Conseil d'Etat. En outre, elle précise que la requérante, entendue en tant que témoin, ne peut être regardée comme faisant l'objet de poursuites pénales au sens des dispositions applicables à la protection fonctionnelle. Elle conclut également que le harcèlement allégué par Mme A n'est pas constitué. La décision attaquée est donc suffisamment motivée.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 visée ci-dessus : " I.-A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. () / III.- Lorsque le fonctionnaire fait l'objet de poursuites pénales à raison de faits qui n'ont pas le caractère d'une faute personnelle détachable de l'exercice de ses fonctions, la collectivité publique doit lui accorder sa protection. ". Lorsqu'un agent public est mis en cause par un tiers à raison de ses fonctions, il incombe à la collectivité publique dont il dépend de le couvrir des condamnations civiles prononcées contre lui, dans la mesure où une faute personnelle détachable du service ne lui est pas imputable, de lui accorder sa protection dans le cas où il fait l'objet de poursuites pénales, sauf s'il a commis une faute personnelle, et, à moins qu'un motif d'intérêt général ne s'y oppose, de le protéger contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont il est l'objet.

11. D'une part, Mme A sollicite la protection fonctionnelle au motif, notamment, qu'elle fait l'objet de poursuites pénales en raison de la plainte de deux agents de la commune de Saclay l'accusant de harcèlement. Elle produit un courrier émanant d'un de ces agents sollicitant, le 18 septembre 2020, l'aide du préfet et précisant qu'il se " réserve le droit de saisir le tribunal pénal ". Mme A indique alors avoir été convoquée par les services de gendarmerie au sujet de cette affaire. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'elle ait été personnellement mise en cause dans le cadre d'une procédure pénale, ni que des poursuites pénales la visant ait été enclenchées. Ainsi, elle n'est pas fondée à soutenir qu'en refusant de lui accorder la protection fonctionnelle au motif qu'elle n'apportait pas d'élément susceptible d'établir l'existence de ces poursuites, le maire aurait commis une erreur de droit ou d'appréciation.

12. D'autre part, aux termes de l'article 6 quinquies de la même loi du 13 juillet 1983 alors applicable : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ". Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre, à l'appui de sa demande de protection fonctionnelle, des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Selon l'article 11 de cette loi : " A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. () La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté ".

13. Mme A soutient que les agissements du maire, compte tenu de ses reproches injustifiés, du ton employé et de la fréquence de certains messages sont constitutifs d'un harcèlement justifiant l'octroi de la protection fonctionnelle. Elle explique ainsi avoir, contrairement à ce qu'indique le maire, réalisé les tâches qui lui été confiées, et se prévaut de la teneur de certains messages, qu'elle qualifie de secs, afin d'étayer ses allégations. Sur ce point, elle ajoute que ces messages, critiquant son travail, étaient nombreux, notamment la journée du 13 octobre 2020 où elle a été sollicitée y compris tard dans la soirée.

14. Il ressort des pièces du dossier, composé notamment de plusieurs messages échangés entre la requérante et le maire, que leurs relations se sont dégradées, le maire n'apparaissant pas satisfait des tâches effectuées par Mme A. Le ton employé par ces deux personnes s'est ainsi durci. Dans ses messages, le maire adressait plusieurs reproches à la requérante, évoquant par exemple " une faute grave de management " au sujet d'une réunion qu'elle a organisé où plusieurs agents contestaient l'attitude d'un supérieur. De même, le maire a sollicité la transmission de documents budgétaires ou relatifs au personnel à plusieurs reprises, estimant que certains documents transmis correspondaient à " un brouillon de l'état des finances de la ville sans aucune explication ". Or, si les échanges illustrent l'existence de relations professionnelles tendues et délicates, le ton employé n'apparait pas outrepasser les prérogatives d'un supérieur hiérarchique. En outre, si de nombreux messages ont été envoyés par le maire lors de la journée du 13 octobre 2020 afin de solliciter Mme A sur différents sujets, il ressort du dossier qu'elle y apportait une réponse à bref délai, de sorte que ces messages s'inscrivaient dans un échange cohérent et qu'ils ne peuvent être regardés comme constituant des agissements répétitifs susceptibles de faire présumer l'existence d'un harcèlement. Dès lors, Mme A, qui n'apporte pas d'éléments susceptibles de faire présumer l'existence d'un harcèlement, n'est pas fondée à soutenir que la décision litigieuse serait entachée d'une erreur de droit ou d'une erreur d'appréciation.

15. En troisième lieu, Selon l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. ".

16. Par un arrêté du 19 janvier 2023, le maire de Saclay a donné délégation à M. B, 5e adjoint, pour intervenir dans le domaine des ressources humaines et pour signer, notamment " tout document concernant la protection fonctionnelle des agents ". En outre, et en tout état de cause, en l'absence de faits permettant de faire présumer l'existence d'un harcèlement, le moyen tiré de l'incompétence, notamment en raison de l'impartialité de l'auteur de la décision attaquée, doit être écarté.

17. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 12 juin 2023 refusant de lui accorder la protection fonctionnelle.

Sur les conclusions indemnitaires :

18. Pour les mêmes motifs que ceux évoqués ci-dessus, il ne résulte pas de l'instruction que les agissements du maire de Saclay auraient excédé les agissements d'un supérieur hiérarchique en désaccord avec une subornée. Plus précisément, les différents courriels, bien qu'ils montrent l'existence de désaccords et d'une mésentente entre le maire et la requérante, ne caractérisent ni pas leur ton ni par leur teneur des faits qualifiables de harcèlement. En outre, les reproches que le maire a prononcé à l'encontre de la requérante portaient sur des tâches précises et étaient dénués de portée outrancière ou humiliante. Dès lors, Mme A n'est pas fondée à soutenir que par ces agissements à son égard, la commune aurait commis une faute.

19. En l'absence de faute imputée à la commune, Mme A n'est pas fondée à demander sa condamnation à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis.

20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme A doivent être rejetées.

Sur les autres conclusions :

21. En dépit de l'illégalité, pour vice de forme, de la décision du 25 janvier 2021, le sens du présent jugement n'implique pas de mesure d'exécution dès lors que la décision du 12 juin 2023 refusant le bénéfice de la protection fonctionnelle n'apparait pas entachée d'illégalité. Les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative doivent donc être rejetées.

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme, demandée par Mme A, soit mise à la charge de la commune de Saclay. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A une somme de 2 000 euros à verser à la commune de Saclay au titre de ces mêmes dispositions et des dépens, incluant les droits de plaidoirie réclamés.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 25 janvier 2021 du maire de Saclay est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2102513 ainsi que les requêtes n° 2102515 et n°2306606 sont rejetées.

Article 3 : Mme A versera une somme de 2 000 euros à la commune de Saclay au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la commune de Saclay.

Délibéré après l'audience du 7 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Gosselin, président,

M. Maitre, premier conseiller,

Mme Geismar, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.

La rapporteure,

Signé

M. Geismar Le président,

Signé

C. Gosselin

La greffière,

Signé

S. Lamarre

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2102513

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