vendredi 27 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2102688 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LAFAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 mars 2021, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 2 février 2021 par laquelle le maire du Vésinet a refusé de lui accorder la protection fonctionnelle.
Il soutient que :
- la décision litigieuse est entachée d'une erreur d'appréciation en raison de la présomption d'innocence et dès lors qu'il conteste avoir commis une faute personnelle ;
- la décision litigieuse est discriminatoire puisqu'il était, lors des faits en cause, sous la tutelle d'un agent de la commune qui a, elle, bénéficié de la protection fonctionnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 mai 2022, la commune du Vésinet, représentée par Me Lafay, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés, l'intéressé ayant commis une faute personnelle.
La clôture de l'instruction a été fixée au 2 novembre 2022 par une ordonnance du même jour.
Vu la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 28 janvier 2022 constatant la caducité de la demande d'aide juridictionnelle présentée le 31 mars 2021.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 relative aux droits et obligations des fonctionnaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Geismar, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Ozenne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B est agent de police municipale. Il a fait l'objet, le 6 janvier 2021, d'une comparution immédiate au tribunal judiciaire de Versailles pour des faits commis en mars 2015 alors qu'il était agent de police stagiaire de la commune du Vésinet. Il a sollicité auprès du maire, le 8 janvier et le 3 février 2021, le bénéfice de la protection fonctionnelle. Par deux décisions du 25 janvier 2021 et du 10 février 2021, le maire du Vésinet a refusé de la lui accorder. Après avoir effectué un recours gracieux, M. B demande l'annulation de la décision du 10 février 2021 par laquelle le maire du Vésinet a refusé de lui octroyer la protection fonctionnelle.
2. Aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1083 susvisée, dans sa version alors applicable : " () III. Lorsque le fonctionnaire fait l'objet de poursuites pénales à raison de faits qui n'ont pas le caractère d'une faute personnelle détachable de l'exercice de ses fonctions, la collectivité publique doit lui accorder sa protection. Le fonctionnaire entendu en qualité de témoin assisté pour de tels faits bénéficie de cette protection. La collectivité publique est également tenue de protéger le fonctionnaire qui, à raison de tels faits, est placé en garde à vue ou se voit proposer une mesure de composition pénale. () " .
3. Ces dispositions, qui sont relatives à un droit statutaire à protection qui découle des liens particuliers qui unissent une collectivité publique à ses agents, instituent en faveur des fonctionnaires qui font l'objet de poursuites pénales une protection à laquelle il ne peut être dérogé, sous le contrôle du juge, que pour des motifs d'intérêt général ou si les faits en relation avec les poursuites ont le caractère d'une faute personnelle. À cet égard, une faute commise par un fonctionnaire ou agent public qui, eu égard à sa nature, aux conditions dans lesquelles elle a été commise, aux objectifs poursuivis par son auteur et aux fonctions exercées par celui-ci est d'une particulière gravité doit être regardée comme une faute personnelle justifiant que la protection fonctionnelle soit refusée à l'agent, alors même que, commise à l'occasion de l'exercice des fonctions, elle n'est pas dépourvue de tout lien avec le service. L'autorité administrative se prononce au vu des éléments dont elle dispose à la date de sa décision en se fondant le cas échéant, d'une part, sur ceux recueillis dans le cadre de la procédure pénale, sans attendre l'issue de cette dernière ou de la procédure disciplinaire, ainsi que, d'autre part, sur les éléments objectifs postérieurs.
4. Pour refuser le bénéfice de la protection fonctionnelle, le maire du Vésinet a considéré que M. B avait commis une faute personnelle ayant conduit à des poursuites pénales. Il précise à cet égard que l'intéressé a été mis en examen pour des faits de modification de l'état des lieux d'un crime ou délit en altérant, falsifiant, effaçant des traces ou indices ou en apportant, déplaçant, ou supprimant des objets quelconques en vue de faire obstacle à la manifestation de la vérité. Ces faits apparaissent, compte tenu de leur gravité et des fonctions d'agent de police municipale stagiaire qu'occupait l'intéressé, comme relevant d'une faute personnelle. Or, si le requérant conteste avoir commis une telle faute personnelle, il n'apporte à l'appui de son affirmation aucun document ni allégation étayée permettant de l'établir. Dès lors, et en l'état du dossier, le maire du Vésinet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en refusant de lui accorder la protection fonctionnelle.
5. En outre, le refus opposé à sa demande ne saurait être constitutif d'une atteinte à la présomption d'innocence, dès lors que le maire n'avait pas à attendre l'issue de la procédure pénale pour prendre la décision litigieuse.
6. Enfin, le requérant fait valoir que le refus litigieux est discriminatoire au motif que la cheffe de son service au moment des faits en cause a bénéficié de la protection fonctionnelle. Toutefois, l'agent n'apporte aucun élément étayé de nature à démontrer, ni l'existence d'une discrimination, ni l'équivalence des situations avec l'intéressée.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 10 février 2021 par laquelle le maire du Vésinet a refusé de lui accorder la protection fonctionnelle.
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme que la commune réclame en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune du Vésinet tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune du Vésinet.
Délibéré après l'audience du 13 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
Mme Vincent, première conseillère,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2023.
La rapporteure,
Signé
M. Geismar Le président,
Signé
C. Gosselin
La greffière,
Signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2102688
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026