mardi 18 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2102823 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Connin |
| Avocat requérant | RABBE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 6 avril 2021 et le 31 mars 2023, Mme C A, représentée par Me Rabbé, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir le compte rendu de son entretien professionnel au titre de l'année scolaire 2019-2020, ensemble la décision implicite par laquelle la rectrice de l'académie de Versailles a rejeté son recours hiérarchique du 3 décembre 2020 tendant à la révision de ce compte rendu ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Versailles de réviser le compte rendu de son entretien professionnel au titre de l'année scolaire 2019-2020 dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 550 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le compte rendu de son entretien professionnel au titre de l'année scolaire 2019-2020 est entaché d'un vice d'incompétence, dès lors que le principal du collège Arthur Rimbaud d'Aubergenville, M. Marc B, a signé ce compte rendu en qualité d'autorité hiérarchique, alors que seule la rectrice de l'académie de Versailles a cette qualité ;
- les décisions attaquées sont entachées d'un vice de procédure, dès lors que le principal du collège a visé le compte rendu en qualité d'autorité hiérarchique sans tenir compte des observations qu'elle a formulées sur son évaluation ;
- elles sont entachées d'un vice de forme, dès lors que M. B n'a pas mentionné sa qualité de principal du collège dans la rubrique " 9 - Signature de l'autorité hiérarchique " ;
- elles sont entachées d'un défaut de motivation ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de sa valeur professionnelle ;
- elles sont entachées d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2023, la rectrice de l'académie de Versailles conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 31 mars 2023, la clôture de l'instruction, initialement fixée au 3 avril 2023, a été reportée au 26 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Connin, conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, après présentation du rapport :
- les conclusions de Mme Marc, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Rabbé, pour Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A, attachée d'administration de l'État, est affectée depuis le 1er septembre 2011 au collège Arthur Rimbaud d'Aubergenville où elle exerce les fonctions de gestionnaire. L'entretien professionnel au titre de l'année scolaire 2019-2020 dont elle a bénéficié le 20 novembre 2020, conduit par le principal du collège, M. Marc B, a donné lieu à un compte rendu établi et signé par ce dernier le jour même. Le 3 décembre 2020, Mme A a saisi la rectrice de l'académie de Versailles, en application de l'article 6 du décret 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'État, d'une demande de révision du compte rendu de son entretien professionnel au titre de l'année scolaire 2019-2020. Le silence gardé par la rectrice sur cette demande, reçue le 7 décembre 2020, a fait naître une décision implicite de rejet le 22 décembre 2020. Mme A demande au tribunal d'annuler le compte rendu de son entretien professionnel au titre de l'année scolaire 2019-2020, ensemble la décision implicite du 22 décembre 2020 portant rejet de son recours hiérarchique tendant à la révision de ce compte rendu.
2. Aux termes de l'article 4 du décret 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'État : " Le compte rendu de l'entretien professionnel est établi et signé par le supérieur hiérarchique direct du fonctionnaire. Il comporte une appréciation générale exprimant la valeur professionnelle de ce dernier. / Il est communiqué au fonctionnaire qui le complète, le cas échéant, de ses observations. / Il est visé par l'autorité hiérarchique qui peut formuler, si elle l'estime utile, ses propres observations. / Le compte rendu est notifié au fonctionnaire qui le signe pour attester qu'il en a pris connaissance puis le retourne à l'autorité hiérarchique qui le verse à son dossier. "
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'éducation : " Les établissements publics locaux d'enseignement sont dirigés par un chef d'établissement. / Le chef d'établissement est désigné par l'autorité de l'Etat. / Il représente l'Etat au sein de l'établissement. / () ". L'article R. 421-8 du même code dispose que : " Les collèges () sont dirigés par un chef d'établissement nommé par le ministre chargé de l'éducation. / Le chef d'établissement représente l'Etat au sein de l'établissement. () ". L'article R. 421-10 du même code prévoit que : " En qualité de représentant de l'Etat au sein de l'établissement, le chef d'établissement : / 1° A autorité sur l'ensemble des personnels affectés ou mis à disposition de l'établissement. () ".
4. Il résulte des dispositions précitées que Mme A est placée sous l'autorité hiérarchique de M. B, principal du collège Arthur Rimbaud d'Aubergenville, lequel est également son supérieur hiérarchique direct. M. B était de ce fait compétent pour signer le compte rendu attaqué tant en sa qualité de supérieur hiérarchique direct de Mme A que d'autorité hiérarchique. Le moyen d'incompétence invoqué par la requérante doit, par suite, être écarté.
5. En deuxième lieu, il ressort des mentions du compte rendu attaqué que Mme A a formulé les observations suivantes sur son évaluation : " Je conteste ce compte rendu de l'entretien professionnel. Un rapport suivra ". En l'absence de toute mention sur la date à laquelle la requérante a rédigé ces observations, la seule circonstance que M. B a signé le même jour le compte rendu en sa double qualité de supérieur hiérarchique direct et d'autorité hiérarchique n'est pas suffisante pour établir qu'il n'aurait pas tenu compte, lorsqu'il a visé ledit compte rendu en sa qualité d'autorité hiérarchique, des observations de Mme A, laquelle n'apporte aucune précision sur la date à laquelle elle aurait transmis le rapport évoqué dans lesdites observations. Dès lors, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
6. En troisième lieu, s'il est vrai que M. B, dans la rubrique " 9 - Signature de l'autorité hiérarchique ", n'a pas mentionné sa qualité de principal du collège, la seule mention de son prénom et de son nom permettait à Mme A de connaître la qualité du signataire, qui était d'ailleurs mentionnée dans la rubrique " 7 - Signature du supérieur hiérarchique direct ". Il suit de là que le moyen tiré du vice de forme ne peut qu'être écarté.
7. En quatrième lieu, la motivation des décisions attaquées n'est exigée par aucun texte ni aucun principe.
8. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en évaluant au niveau " maîtrisé " les compétences professionnelles et la technicité de Mme A, qui rencontre des difficultés avec l'outil informatique, M. B aurait entaché son appréciation d'une erreur manifeste.
9. Le principal du collège, qui a relevé que Mme A est " en lien avec les fournisseurs, les enseignants et le conseil départemental et est impliquée dans le montage financier des projets pédagogiques ", a évalué la contribution de l'intéressée à l'activité du service au niveau " maîtrisé ". La requérante soutient que sa contribution à l'activité du service aurait dû être appréciée au niveau " expert ", à l'instar des précédentes évaluations professionnelles au titre des années 2014-2015, 2015-2016, 2016-2017 et 2017-2018, et fait valoir, notamment, qu'elle a été particulièrement investie en 2020 dans le contexte de crise sanitaire liée à l'épidémie de covid-19 qui a eu des conséquences sur la logistique et l'organisation de l'établissement. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en estimant que Mme A dispose encore d'une marge de progression et en évaluant sa contribution à l'activité du service au niveau " maîtrisé ", qui est une cotation positive, le principal aurait commis une erreur manifeste d'appréciation.
10. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que M. B aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des capacités professionnelles et relationnelles de Mme A, qui ne conteste pas sérieusement rencontrer régulièrement des difficultés relationnelles avec les membres de la communauté scolaire, les partenaires extérieurs et les fournisseurs, en les évaluant au niveau " à développer ".
11. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'appréciation de l'aptitude de Mme A à l'encadrement et/ou à la conduite de projets au niveau " maîtrisé " serait entachée d'une erreur manifeste, alors même que l'intéressée avait obtenu une cotation " expert " lors des précédentes évaluations professionnelles.
12. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que les décisions attaquées seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de la valeur professionnelle de Mme A doit être écarté.
13. En dernier lieu, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la rectrice de l'académie de Versailles.
Copie en sera adressée pour information au principal du collège Arthur Rimbaud d'Aubergenville.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
signé
N. Connin
La greffière,
signé
G. Le Pré
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N° 1901371
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N° 1908679
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026