jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2103133 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL AXONE DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 janvier 2021, au tribunal administratif de Paris et transmise au tribunal administratif de Versailles par ordonnance n° 2100464 du 15 avril 2021, et trois mémoires enregistrés le 15 octobre 2021, le 25 novembre 2022 et le 27 avril 2023, la SCI Des Courants et des Arts, représentée par Me Normand, demande au tribunal :
1°) d'annuler les six avis des sommes à payer, émis à son encontre les 2 novembre 2020 et 2 décembre 2020, par le directeur territorial du bassin de la Seine de Voies navigables de France (VNF) en vue du recouvrement d'indemnités de stationnement d'embarcation, d'un montant total de 5 679,64 euros, au titre de la période du 12 juin au 30 novembre 2020
2°) de la décharger de l'obligation de payer ces sommes ;
3°) d'appeler en intervention forcée le Chantier naval de Seine et Oise et de mettre à sa charge les sommes demandées ;
4°) de mettre à la charge de l'établissement public Voies Navigables de France une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les frais de stationnement de la péniche ne pouvaient lui être facturés, dès lors qu'elle n'en avait pas la garde lors de la période concernée, la péniche étant alors confiée, pour travaux, au Chantier naval de Seine et Oise ;
- l'établissement public Voies Navigables de France ne lui a proposé aucune autre solution pour le stationnement de la péniche ;
- les sommes demandées ne peuvent être mises à sa charge, dès lors qu'elle n'a pas fait l'objet de poursuites ;
- il y a lieu d'appeler en intervention forcée le chantier naval qui est l'auteur de l'infraction de stationnement sans titre et de mettre à sa charge les sommes demandées.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 13 juillet 2021, 5 novembre 2021 et 20 décembre 2022, l'établissement public Voies navigables de France, représenté par Me Salles, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la SCI Des Courants et des Arts une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il oppose trois fins de non-recevoir tirées de l'absence de présentation de la requête par un avocat, de la méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative et de l'irrecevabilité des conclusions aux fins de suspension des titres contestés. L'établissement public fait en outre valoir que les moyens invoqués à l'appui de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lutz,
- les conclusions de Mme Bartnicki, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Des Courants et des Arts demande l'annulation des six avis des sommes à payer, émis à son encontre les 2 novembre 2020 et 2 décembre 2020, par le directeur territorial du bassin de la Seine de Voies navigables de France (VNF), pour le recouvrement d'indemnités de stationnement de la péniche " Cigogne " sur le domaine public fluvial d'un montant total de 5 679,64 euros, au titre de la période du 12 juin au 30 novembre 2020.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous ". Aux termes de l'article L. 2125-1 de ce code : " Toute occupation ou utilisation du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 donne lieu au paiement d'une redevance () ". Aux termes de l'article L. 2125-8 du même code : " Sans préjudice de la répression au titre des contraventions de grande voirie, le stationnement sans autorisation d'un bateau, navire, engin flottant ou établissement flottant sur le domaine public fluvial donne lieu au paiement d'une indemnité d'occupation égale à la redevance, majorée de 100 %, qui aurait été due pour un stationnement régulier à l'emplacement considéré ou à un emplacement similaire, sans application d'éventuels abattements ".
3. Dans l'hypothèse où le gestionnaire d'une dépendance du domaine public fluvial poursuit l'indemnisation du préjudice résultant de l'occupation sans titre de cette dépendance par un navire, il est fondé à mettre les sommes correspondantes à la charge soit de la personne qui est propriétaire de ce navire ou qui en a la garde, soit de la personne qui l'occupe, soit de l'une et de l'autre en fonction des avantages respectifs qu'elles ont retirés de l'occupation.
4. D'autre part, par sa décision n° 2013-341 QPC du 27 septembre 2013, le Conseil constitutionnel a jugé qu'en prévoyant une majoration de 100 % de l'indemnité d'occupation égale à la redevance qui aurait été due pour un stationnement régulier à l'emplacement considéré ou à un emplacement similaire, l'article L. 2125-8 du code général de la propriété des personnes publiques cité au point 2 instituait une sanction ayant le caractère d'une punition, réprimant le stationnement sans autorisation d'un bateau, navire, engin flottant ou établissement flottant sur le domaine public fluvial. Cette sanction peut être infligée aux personnes ayant commis l'infraction de stationnement sans autorisation, ou aux personnes pour le compte desquelles cette infraction a été commise, ou encore aux personnes ayant la garde effective du bateau.
5. Il résulte de l'instruction que les différents avis de sommes à payer contestés par la société requérante ont été émis à son encontre par l'établissement public Voies navigables de France pour lui réclamer le paiement de redevances d'occupation irrégulière du domaine public, dont le montant a été majoré de 100 % en application des dispositions précitées. Il est constant que la péniche " Cigogne ", dont la SCI Des Courants et des Arts était à l'époque propriétaire, a été irrégulièrement stationnée sur le domaine public fluvial au titre des périodes couvertes par les titres exécutoires en litige, soit du 12 juin au 30 novembre 2020. Si cette péniche avait été confiée, pour des travaux de réparation, à partir du 27 novembre 2018, au Chantier naval Seine et Oise, qui l'a finalement acquise le 30 avril 2021, la société requérante ne justifie pas qu'au titre de la période litigieuse, elle n'aurait pas conservé la garde effective de cette embarcation, alors qu'elle en était encore la propriétaire. Dans ces conditions, Voies navigables de France pouvait légalement mettre à sa charge les indemnités d'occupation dues au titre du stationnement irrégulier de la péniche sur le domaine public fluvial en application de l'article L. 2125-8 du code général de la propriété des personnes publiques précité, et ce, sans qu'y fasse obstacle l'absence de poursuites au titre des contraventions de grande voirie, ni l'absence de proposition de stationnement alternatif de la part de l'établissement public.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que la requête de la SCI Des courants et des arts doit être rejetée, y compris en ses conclusions tendant à la mise en cause du Chantier naval Seine et Oise et en ses conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la SCI Des courants et des arts la somme demandée par Voies navigables de France au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Des Courants et des Arts est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par Voies navigables de France au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Des Courants et des Arts et à l'établissement public Voies navigables de France.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Blanc, président,
- Mme Lutz, première conseillère,
- Mme Degorce, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.
La rapporteure,
signé
F. Lutz Le président,
signé
P. Blanc
La greffière,
signé
C. Delannoy
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2103133
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026