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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2103319

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2103319

jeudi 2 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2103319
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantMAILLARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 avril 2021 et 9 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Maillard, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 11 août 2020 par lequel le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, le tout dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en fait ;

- il est entaché d'un vice de procédure, dès lors que l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas été émis dans des conditions régulières ;

- il est entaché d'un défaut d'examen complet de sa situation ;

- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors que le préfet des Yvelines s'est cru à tort en situation de compétence liée par l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- il méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet des Yvelines a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cet arrêté sur sa situation personnelle et médicale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2022, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 9 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 novembre 2022.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er février 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Connin, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant malien né le 31 décembre 1993, déclare être entré en France le 1er août 2019. Il a demandé, le 14 janvier 2020, son admission au séjour pour raison de santé sur le fondement des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, désormais reprises par l'article L. 425-9 du même code. Au vu de l'avis émis le 10 juin 2020 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, le préfet des Yvelines, par un arrêté du 11 août 2020, a rejeté sa demande de titre de séjour. M. A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, par l'arrêté attaqué, le préfet des Yvelines indique, en s'appropriant les motifs de l'avis rendu le 10 juin 2020 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé au Mali, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, et qu'en outre, son état de santé lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine. Cet arrêté ne pouvait comporter davantage de précisions sur l'état de santé de l'intéressé, dès lors que le respect des règles du secret médical interdisait au collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de révéler des informations sur la pathologie dont il souffre et la nature des traitements médicaux qu'elle nécessite. L'arrêté contesté fait par ailleurs état des conditions d'entrée et de séjour du requérant en France, ainsi que des principales caractéristiques de sa situation personnelle et familiale, le préfet n'étant pas tenu de préciser tous les éléments relatifs à sa situation. L'arrêté attaqué est ainsi suffisamment motivé en fait, sa motivation s'appréciant indépendamment du bien-fondé des motifs retenus. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation en fait de cet arrêté doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, applicable au présent litige, désormais repris à l'article L. 425-9 du même code : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : () / 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". L'article R. 313-22 du même code, alors en vigueur, applicable au présent litige, désormais repris par l'article R. 425-11 de ce code, dispose que : " Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / () ". L'article R. 313-23 du même code, alors en vigueur, applicable au présent litige, désormais repris par les articles R. 425-12 et R. 425-13 de ce code, prévoient que : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 313-22 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (). Il transmet son rapport médical au collège de médecins. / () Le collège à compétence nationale, composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'office. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. () ".

4. Aux termes du premier alinéa de l'article 5 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport. ". Selon l'article 6 du même arrêté: " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté () / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. ".

5. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

6. D'une part, il ressort des mentions de l'avis du 10 juin 2020 du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration versé au dossier par le préfet de l'Essonne, en particulier de l'indication du nom du médecin qui a établi le rapport médical sur l'état de santé de M. A, que ce rapport a été établi par un premier médecin et a été transmis à un collège composé de trois autres médecins. Dès lors, l'avis a été émis dans le respect de la règle selon laquelle le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège.

7. D'autre part, il ressort des mentions de l'avis du 10 juin 2020 du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, laquelle n'est pas apportée en l'espèce, que cet avis a été émis après une délibération du collège constitué de trois médecins, dont l'identité est précisée. Aucune pièce du dossier ne permet en outre de douter du caractère régulier de la délibération de ce collège. S'il est vrai que la copie de l'avis du 10 juin 2020 produite par le préfet ne comporte pas la signature entièrement visible de deux des trois médecins du collège, la signature du troisième médecin étant, quant à elle, à moitié effacée, cette circonstance n'a pas, dans les circonstances de l'espèce, privé le requérant d'une garantie et n'a pas été susceptible d'exercer une influence sur le sens de l'arrêté attaqué.

8. Enfin, le Dr D C a été désigné, par une décision du 18 novembre 2019 du ministre de l'intérieur, pour participer au collège à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Il était, dès lors, compétent pour participer au collège de médecins ayant émis l'avis du 10 juin 2020, alors même que cet avis comporte une erreur matérielle dans l'orthographe de son prénom.

9. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été pris à l'issue d'une procédure irrégulière doit être écarté.

10. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de l'arrêté attaqué que le préfet des Yvelines n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation de M. A au regard des éléments dont il avait connaissance.

11. En quatrième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de l'arrêté attaqué que le préfet des Yvelines se serait cru lié par l'avis du 10 juin 2020 du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. A. Dès lors, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur de droit en se croyant en situation de compétence liée ne saurait être accueilli.

12. En cinquième lieu, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et s'il peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, la possibilité ou l'impossibilité pour ce dernier de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

13. Il ressort des pièces du dossier que M. A est atteint d'épilepsie myoclonique juvénile. Dans son avis du 10 juin 2020, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé au Mali, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et, qu'en outre, son état de santé lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine.

14. Pour démontrer qu'il est dans l'impossibilité de bénéficier effectivement d'un traitement approprié au Mali, le requérant produit un certificat médical du 26 septembre 2020 d'un neurologue du centre médical Europe à Paris qui relève que l'état de santé de M. A nécessite " un suivi régulier et un traitement spécifique ", indique que l'" on observe une bonne réponse clinique sous le traitement par Dépakine Chrono 500 " mais que " la persistance de pointes-ondes et de polypointes à haut risque de traduction clinique invite à renforcer le traitement par l'introduction de Fycompa, qui n'existe pas au Mali où il ne peut pas donc bénéficier du traitement approprié ". Il souligne que " des pratiques culturelles particulières dans son pays le mettent en situation de danger, car il est considéré comme ensorcelé et a subi des tortures pour cela ". Le requérant produit également deux certificats médicaux des 3 mars et 7 avril 2021 d'un même médecin généraliste selon lequel M. A a été maltraité au Mali " pour ses manifestations épileptiques qu'on attribuait, là-bas, à des causes quasi diaboliques ", et qui ajoute que son état de santé nécessite " un traitement adapté très spécifique que son pays d'origine ne peut lui assurer ".

15. Il ressort des pièces du dossier que l'acide valproïque, composant du médicament Dépakine chrono, figure, parmi d'autres antiépileptiques, dans la liste annexée à l'arrêté n° 2019-2521 du 26 août 2019 fixant la liste nationale des médicaments essentiels par niveau au Mali au titre de l'année 2019, comme disponible dans les hôpitaux et les centres de santé de référence au Mali. En outre, le valproate de sodium, substance active du médicament Dépakine chrono, était inclus dans l'édition 2018 de la liste des médicaments et dispositifs médicaux admis à la prise en charge de l'assurance maladie obligatoire dans le secteur pharmaceutique privée au Mali. M. A fait valoir que la région de Kayes dont il est originaire est distante de plusieurs centaines de kilomètres de Bamako où sont établis les quatre seuls neurologues présents sur le territoire malien. Toutefois, il n'est pas établi que son état de santé serait susceptible de rendre indispensable la consultation en urgence d'un neurologue. Si les pièces versées par M. A établissent que le contexte culturel malien est marqué par l'exclusion sociale des personnes atteintes d'épilepsie, considérées comme ensorcelées et qui peuvent être victimes de violences, cette circonstance, pour dramatique qu'elle soit, n'établit pas l'impossibilité pour le requérant de bénéficier d'un traitement approprié au Mali. En outre, les documents généraux sur l'état du système de soins au Mali ne sont pas suffisamment circonstanciés pour établir que M. A ne pourrait pas bénéficier d'un traitement adapté à son état de santé dans son pays d'origine. Ainsi, les éléments produits par M. A ne sont pas suffisants pour remettre en cause tant l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration que l'appréciation portée par le préfet des Yvelines sur la possibilité pour l'intéressé de bénéficier effectivement d'un traitement approprié à Mali. Dès lors, en estimant que M. A ne remplissait pas les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade, le préfet des Yvelines a fait une exacte application des dispositions précitées du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

16. En sixième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

17. M. A n'apporte aucun élément relatif aux liens personnels et familiaux qu'il aurait noués en France. Il ressort du questionnaire qu'il a complété le 13 janvier 2020 à l'occasion de sa demande de titre de séjour qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où résident son enfant mineur, sa mère et ses deux frères ou sœurs. Dans ces conditions, eu égard au caractère récent de sa présence sur le territoire français et compte tenu de ce qui a été dit aux points 13 à 15 du présent jugement, l'arrêté attaqué ne porte pas au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations précitées, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, il ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

18. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 13 à 15 et 17 du présent jugement, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur la situation de M. A doit être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fonde´ a` demander l'annulation de l'arrêté du 11 août 2020 du préfet des Yvelines.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

20. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions de M. A aux fins d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

21. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Yvelines.

Délibéré après l'audience publique du 19 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Christine Grenier, présidente,

Mme Audrey Milon, première conseillère,

M. Nicolas Connin, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.

Le rapporteur,

signé

N. CONNIN

La présidente,

signé

C. GRENIER

La greffière,

signé

A. ESTEVES

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

4

N° 1901371

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