vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2103505 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BAZIN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces et mémoires, enregistrés les 27 avril, 16 et 20 juillet 2021 ainsi que les 14 avril, 30 mai et 23 septembre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué car produit après la clôture de l'instruction, Mme I doit être regardée comme demandant au Tribunal :
1°) d'accepter sa plainte dirigée à l'encontre de M. C, maire de Croissy sur Seine et Mme A E, directrice des relations humaines de la ville pour avoir bloquer son compte bancaire ;
2°) d'annuler la décision de la caisse nationale des agents de collectivités locales du 19 mai 2021 refusant l'imputation au service de sa mise à la retraite ;
3°) d'enjoindre à la commune de Croissy sur Seine de lui verser ses salaires à compter de novembre 2017 et de lui indemniser le préjudice subi à hauteur de 5.000 euros par an.
Elle soutient que :
- son compte bancaire a été unilatéralement bloqué sans qu'elle puisse disposer d'une sommé décente pour vivre ;
- la décision attaquée méconnait l'article 17 du décret n° 87-602 car la commune devait préalablement à son licenciement, soumettre son dossier à la commission administrative paritaire ;
- elle ne peut être regardée comme ayant rompu le lien avec le service car elle n'avait pas de nouvel élément à faire valoir par rapport à la première mise en demeure et elle s'est pliée à toutes les demandes de la commune ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que la distance entre son domicile et son lieu de travail et ses trajets sont incompatibles avec son état de santé, en dépit de sa recherche de nouveau logement, et que son médecin traitant a reconnu impossible sa reprise de fonction.
Par deux mémoires enregistrés les 15 avril et 20 mai 2022, la commune de Croissy sur Seine, représentée par Me Bazin, conclut au rejet de la requête
Elle soutient s'agissant de la plainte, que la requête est irrecevable, la juridiction administrative étant incompétente ; s'agissant du contentieux indemnitaire, qu'il n'a pas été précédé d'une demande préalable.
Sur le fond, elle soutient que les moyens éventuellement exposés sont infondés.
Par un mémoire enregistré le 24 février 2022, le centre interdépartemental de gestion de la grande couronne, département expertise statutaire, informe le tribunal qu'il n'entend produire aucune observation dans ce dossier.
Par un mémoire enregistré le 10 mars 2022, la caisse des dépôts, gestionnaire de la caisse nationale des agents de collectivités locales, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens sont infondés.
Par une ordonnance du 7 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 septembre 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 87-602 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux ;
- le décret n°2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de
retraite des fonctionnaires affiliés à la caisse nationale des agents de collectivités locales.
- le code de justice administrative.
Arès avoir entendu au cours de l'audience :
- le rapport de Mme Gosselin, président-rapporteur,
- les conclusions de Mme Ozenne, rapporteure publique,
- et les observations de Mme I.
Considérant ce qui suit :
Sur la recevabilité des conclusions :
1. Mme I, adjoint technique auprès de la commune de Croissy sur Seine, porte plainte contre le maire de Croissy, M. D C et contre Mme J A E, directrice des relations humaines de la commune, au motif que ces personnes auraient bloqué son compte bancaire. Toutefois, il n'appartient pas à la juridiction administrative de connaître de telles conclusions. Par suite, celles-ci sont irrecevables.
2. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. () ". Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".
3. Mme I demande la condamnation de la commune de Croissy sur Seine à l'indemniser des fautes commises depuis novembre 2017 dans le traitement de son dossier personnel. La commune a conclu dans son mémoire enregistré le 15 avril 2022 en relevant l'absence de liaison du contentieux, Mme I n'ayant pas produit à l'appui de sa requête de décision administrative expresse ou tacite lui refusant l'indemnité qu'elle sollicite. En dépit de la communication de ce mémoire, Mme I n'a pas produit, à la clôture de l'instruction, de décision du maire de Croissy sur Seine rejetant la demande indemnitaire préalable qu'elle aurait formée ni de pièce justifiant du dépôt d'une telle demande préalable auprès du maire. Par suite, les conclusions indemnitaires de la requête, qui n'ont pas été précédées d'une décision préalable, comme l'exige l'article R. 421-1 du code de justice administrative, sont entachées d'irrecevabilité et doivent être rejetées.
Sur le surplus des conclusions :
Sur la légalité de la décision du 9 avril 2021 plaçant la requérante en retraite :
4. Aux termes de l'article 31 du décret du 26 décembre 2003 susvisé : "Une commission de réforme est constituée dans chaque département pour apprécier la réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, les conséquences et le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions (). Le pouvoir de décision appartient dans tous les cas à l'autorité qui a qualité pour procéder à la nomination, sous réserve de l'avis conforme de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales." Par ailleurs, l'article 37 de ce texte précise que "I- Les fonctionnaires qui ont été mis à la retraite dans les conditions prévues à l'article 36 ci-dessus bénéficient d'une rente viagère d'invalidité cumulable,avec la pension rémunérant les services prévus à l'article précédent ". Enfin, l'article 30 de ce décret dispose que : "Le fonctionnaire qui se trouve dans l'impossibilité définitive et absolue de continuer ses fonctions par suite de maladie, blessure ou infirmité grave dûment établie peut être admis à la retraite soit d'office, soit sur demande."
5. Il résulte de l'instruction que le dossier de Mme I a été examiné par la commission de réforme de l'Essonne le 9 juillet 2020, qui a émis un avis selon lequel l'état de santé de la requérante la rend inapte aux fonctions de façon totale et définitive. Il résulte notamment des rapports du docteur F de 2017 et 2018, du docteur G, psychiatre de 2020 et du docteur B, spécialiste de la réparation des dommages corporels de 2020 que le lien de causalité entre la pathologie de Mme I et l'activité de cette dernière n'est pas établi. Par suite, en prenant la décision de la mettre à la retraite en application des dispositions susvisées des articles 30 et 31, la caisse nationale des agents de collectivités locales n'a entaché la décision attaquée d'aucune irrégularité. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur le harcèlement :
6. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, issu de la loi du 17 janvier 2002 de modernisation sociale : "Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la formation, la notation, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération : /1° Le fait qu'il ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa ; / 2° Le fait qu'il ait exercé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces agissements ; / 3° Ou bien le fait qu'il ait témoigné de tels agissements ou qu'il les ait relatés. / Est passible d'une sanction disciplinaire tout agent ayant procédé ou ayant enjoint de procéder aux agissements définis ci-dessus. () ".
7. D'une part, il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
8. D'autre part, que, pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui.
9. Mme I soutient qu'elle a subi une situation de harcèlement de la part de la commune de Croissy sur Seine. Elle estime que cette situation est illustrée par le blocage de son compte bancaire, les mauvaises notes et évaluations qui lui ont été attribuées, des actes de maltraitance, le refus de reconnaître son expérience sportive par la procédure de la valorisation des acquis, alors qu'elle a été affectée à des fonctions d'agent d'entretien en milieu scolaire.
10. Toutefois, Mme I ne produit aucun élément s'agissant de ses notations et évaluations ou des actes de maltraitance. Si elle estime qu'une collègue l'a accusée à tort de vol, elle ne produit aucune pièce établissant que la commune employeur, dûment informée, n'aurait pas agi. Par ailleurs, la commune rappelle que la requérante a refusé de se rendre à des expertises médicales demandées soit par le comité médical soit par la commission de réforme, qu'elle a refusé de communiquer plusieurs documents pour monter son dossier de retraite et qu'elle a annulé une demande de rendez-vous avec le maire. Dès lors, compte tenu de l'attitude de Mme I, les faits évoqués ne sont pas constitutifs de harcèlement et la commune n'a donc commis aucun agissement fautif.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme I doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme I est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme I, à la caisse des dépôts gestionnaire de la caisse nationale des agents de collectivités locales,à la commune de Croissy sur Seine et au centre interdépartemental de gestion de la grande couronne.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
Mme Vincent, première conseillère,
Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 202Le président - rapporteur,
Signé
C. GosselinL'assesseure la plus ancienne,
Signé
L. Vincent
La greffière,
Signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026