lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2103745 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | ARVIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mai 2021 et un nouveau mémoire, enregistré le 2 mars 2023 et non communiqué, M. A C, représenté par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 mars 2021 par laquelle le préfet des Yvelines lui a refusé la délivrance d'une carte professionnelle de conducteur de voiture de transport avec chauffeur ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer la carte professionnelle qu'il sollicite ou, à tout le moins, de réexaminer sa demande, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à venir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros qui sera versée à Me Arvis en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et correspondant au montant de l'aide juridictionnelle octroyée à M. C ;
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il n'a jamais fait l'objet d'une condamnation pénale prévue par les dispositions de l'article R. 3120-8 du code des transports ;
- sa condamnation ne devrait plus figurer à son casier judiciaire en application des dispositions de l'article L. 133-13 du code pénal, ni au traitement des antécédents judiciaires en application de l'article R. 40-27 du code de procédure pénale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation familiale ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2021, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- il était en situation de compétence liée pour rejeter de la demande de M. C ;
- les moyens soulevés par M. C sont inopérants et, en tout état de cause, infondés.
Par une ordonnance du 17 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 mars 2023.
La demande d'aide juridictionnelle présentée par M. C a été rejetée pour caducité par une décision du 9 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code pénal ;
- le code des transports ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Ghiandoni, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 7 janvier 2021, M. A C a sollicité la délivrance d'une carte professionnelle de conducteur de voiture de transport avec chauffeur (VTC). Par une décision du 3 mars 2021, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande, au motif que les dispositions de l'article R. 3120-8 du code des transports s'opposaient à la délivrance de la carte professionnelle qu'il sollicitait. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cette décision du préfet des Yvelines.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 3120-1 du code des transports : " Le présent titre est applicable aux prestations de transport routier de personnes effectuées à titre onéreux avec des véhicules de moins de dix places, à l'exclusion des transports publics collectifs mentionnés au titre Ier de la présente partie et du transport privé routier de personnes mentionné au titre III ". L'article L. 3120-2-1 de ce même code prévoit que : " Les conducteurs des véhicules qui exécutent les prestations mentionnées à l'article L. 3120-1 répondent, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat, à des conditions d'aptitude et d'honorabilité professionnelles " et l'article L. 3120-2-2 impose aux conducteurs de véhicules exécutant les prestations mentionnées à l'article L. 3120-1 d'être titulaires d'une carte professionnelle délivrée par l'autorité administrative. Aux termes de l'article R. 3120-8 du même code : " Nul ne peut exercer la profession de conducteur de véhicule de transport public particulier si figure au bulletin n° 2 de son casier judiciaire, ou à son équivalent pour les non-nationaux, l'une des condamnations suivantes : 1° Une condamnation définitive pour un délit sanctionné en vertu du code de la route par une réduction de la moitié du nombre maximal de points du permis de conduire ; 2° Une condamnation définitive pour conduite d'un véhicule sans être titulaire du permis de conduire correspondant à la catégorie du véhicule utilisé ou pour conduite malgré l'annulation du permis de conduire ou malgré l'interdiction d'obtenir la délivrance du permis, ou encore pour refus de restituer son permis de conduire après l'invalidation ou l'annulation de celui-ci ; () ".
3. Par ailleurs, l'article 133-13 du code pénal dispose que : " La réhabilitation est acquise de plein droit à la personne physique condamnée qui n'a, dans les délais ci-après déterminés, subi aucune condamnation nouvelle à une peine criminelle ou correctionnelle : 1° Pour la condamnation à l'amende ou à la peine de jours-amende après un délai de trois ans à compter du jour du paiement de l'amende ou du montant global des jours-amende, de l'expiration de la contrainte judiciaire ou du délai de l'incarcération prévue par l'article 131-25 ou de la prescription accomplie ; 2° Pour la condamnation unique soit à un emprisonnement n'excédant pas un an, soit à une peine autre que la réclusion criminelle, la détention criminelle, l'emprisonnement, l'amende ou le jour-amende, après un délai de cinq ans à compter soit de l'exécution de la peine, soit de la prescription accomplie ; () ".
4. Pour refuser de délivrer à M. C la carte professionnelle de conducteur de voiture de transport avec chauffeur, le préfet des Yvelines s'est fondé sur la mention au bulletin n° 2 du casier judiciaire de l'intéressé d'une condamnation à une amende d'un montant de 600 euros, pour " conduite d'un véhicule à moteur malgré injonction de restituer le permis de conduire résultant du retrait de la totalité des points ", qui a été prononcée à son encontre, le 15 octobre 2012, par le tribunal correctionnel de Nanterre. En l'espèce, contrairement à ce que soutient le requérant, une telle infraction fait partie de celles qui, en vertu du 2° de l'article R. 3120-8 du code des transports, s'opposent, en cas de condamnation devenue définitive, à l'exercice de la profession de conducteur de véhicule de transport. Si M. C fait valoir toutefois qu'à la date à laquelle il a présenté sa demande de carte professionnelle, il bénéficiait, en application de l'article 133-13 du code pénal précité, d'une réhabilitation de plein droit, dès lors qu'un délai de trois ans s'était écoulé depuis sa condamnation, il ressort toutefois des pièces du dossier que le requérant, postérieurement à celle du 15 octobre 2012, a fait l'objet de plusieurs autres condamnations prononcées par le tribunal correctionnel de Nanterre. Il a notamment été condamné, le 17 novembre 2014, à une peine de 500 euros d'amende pour violence suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, ainsi que, le 19 décembre 2019, à une peine de trois mois d'emprisonnement avec sursis pour exercice illégal de l'activité d'exploitant de taxi. En tout état de cause, M. C n'établit pas la date à laquelle une réhabilitation de plein droit serait intervenue en application de l'article 133-13 du code pénal, ni qu'il se serait acquitté, conformément à ces dispositions, du montant de l'amende prononcée le 15 octobre 2022 par le tribunal correctionnel de Nanterre. Il n'établit pas non plus avoir demandé l'effacement de cette condamnation, alors qu'il est constant qu'elle figurait toujours au bulletin n° 2 de son casier judiciaire à la date de la décision attaquée. Ainsi, en application des dispositions précitées de l'article R. 3120-8 du code des transports, le préfet des Yvelines était tenu, par le seul constat de cette mention figurant au bulletin n° 2 de son casier judiciaire, de refuser au requérant la délivrance de la carte professionnelle qu'il sollicitait, la circonstance alléguée par celui-ci qu'aucune injonction de restituer son permis de conduire ne lui aurait été notifiée lorsqu'il a été contrôlé le 11 août 2011, étant, en tout état de cause, sans influence sur la légalité de la décision attaquée.
4. En second lieu, dès lors que le préfet des Yvelines se trouvait, en application des dispositions précitée du code des transports, en situation de compétence liée et devait par le seul constat de la mention figurant au bulletin n° 2 du casier judiciaire du requérant refuser au requérant la délivrance de la carte professionnelle qu'il sollicitait, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, du défaut de motivation ou de l'erreur manifeste d'appréciation, au demeurant non fondés, sont inopérants et doivent, par suite, être écartés.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du préfet des Yvelines du 3 mars 2021, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant, doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 20 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Blanc, président,
Mme Rivet, première conseillère,
M. Gibelin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 3 avril 2023.
La rapporteure,
signé
S. B
Le président,
signé
Ph. Blanc
La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026