vendredi 21 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2103775 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SCHNEIDER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 5 mai 2021, 12 novembre 2021 et 1er avril 2022, M. G C, Mme B D et Mme F C, représentés par Me Schneider, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 novembre 2020 par laquelle le maire de la commune d'Arnouville-les-Mantes ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par Mme A en vue de la division d'un terrain en quatre lots, dont trois à bâtir, et la décision du 12 mars 2021 par laquelle leur recours gracieux formé contre cette décision a été rejetée ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Arnouville-les-Mantes la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors qu'elle a été introduite dans le délai de recours contentieux et qu'ils justifient d'un intérêt à agir en leur qualité de voisins immédiats du projet de construction ;
- la décision attaquée est entachée de vices de formes dès lors qu'elle ne prend pas la forme d'un arrêté et qu'elle vise le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) approuvé le 16 janvier 2020 alors qu'elle fait application du plan local d'urbanisme (PLU) communal ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le projet en litige relève du permis d'aménagement et non de la déclaration préalable conformément aux dispositions de l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme ;
- le certificat d'urbanisme délivré le 6 décembre 2019 ne pouvait avoir pour effet de cristalliser les dispositions du PLU dès lors qu'à la date de délivrance de ce certificat, les conditions du sursis à statuer étaient réunies ; le projet en litige était de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur PLUi en cours d'élaboration à la date de délivrance de ce certificat ;
- seules les dispositions du PLUi approuvé le 16 janvier 2020 étaient applicables à la déclaration préalable qui ne pouvait être instruite sous l'empire des dispositions du PLU ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions générales du PLUi relatives aux occupations autorisées en cœur d'îlot, la division en vue de la construction d'une maison individuelle n'entrant pas dans la liste de ces occupations ;
- elle méconnaît les dispositions du point 1.2.2 du règlement du PLUi.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 13 septembre 2021 et 28 décembre 2022, Mme E A, représentée par Me Bernard-Chatelot, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;
- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 2 mars 2022 et 29 décembre 2022, la commune d'Arnouville-les-Mantes, représentée par Me Piquet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- le moyen tiré de la méconnaissance du point 1.2.2 du règlement du PLUi soulevé pour la première fois le 1er avril 2022, est irrecevable en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.
Par une ordonnance du 29 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 janvier 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maljevic, conseiller ;
- les conclusions de M. Fraisseix, rapporteur public ;
- les observations de Me Schneider, représentant les requérants,
- les observations de Me Piquet, représentant la commune d'Arnouville-les-Mantes,
- et les observations de Me Bernard-Chatelot, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E A, propriétaire des parcelles cadastrées section B n° 246 et n° 296, d'une superficie totale de 3 335 mètres carrés situées à Arnouville-les-Mantes, a déposé, le 13 novembre 2020, une déclaration préalable en vue de procéder à la division de cette unité foncière en quatre lots A, B, C et D dont trois à bâtir. Par une décision du 21 novembre 2020, le maire de la commune d'Arnouville-les-Mantes ne s'est pas opposé à cette déclaration préalable. Par la présente requête, M. G C et Mme B D d'une part, et Mme F C d'autre part, demandent au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'une autorisation d'occupation du sol de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance et à la localisation du projet de construction.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'ensemble des requérants sont les voisins immédiats du terrain d'assiette du projet consistant en la division d'une unité foncière en quatre lots, dont trois à bâtir. Ils font notamment valoir que les futures constructions, qu'ont vocation à accueillir chacun des trois lots à bâtir issus de la division, seront directement visibles depuis leur propriété et que la proximité sera de nature à réduire leur intimité. Dans ces conditions, les requérants établissent que la réalisation du projet porte atteinte aux conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leur maison. Dès lors, les requérants présentent un intérêt à agir suffisant à l'encontre de la décision attaquée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le cadre juridique du litige :
5. Aux termes de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ". Aux termes de l'article L. 442-1-2 du même code : " Le périmètre du lotissement comprend le ou les lots destinés à l'implantation de bâtiments ainsi que, s'ils sont prévus, les voies de desserte, les équipements et les espaces communs à ces lots. Le lotisseur peut toutefois choisir d'inclure dans le périmètre du lotissement des parties déjà bâties de l'unité foncière ou des unités foncières concernées ".
6. Une opération ayant pour effet la division d'une propriété foncière en plusieurs lots constitue un lotissement, au sens de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme, s'il est prévu d'implanter des bâtiments sur l'un au moins de ces lots. Une telle opération doit respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme et les documents locaux d'urbanisme. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de s'opposer à la déclaration préalable sollicitée lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, le projet de lotissement prévoit l'implantation de constructions dont la conformité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
En ce qui concerne la légalité externe :
7. Aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable () ". Aux termes de l'article A. 424-2 du même code, l'arrêté de non opposition à déclaration préalable : " a) Indique la collectivité au nom de laquelle la décision est prise ; / b) Vise () la déclaration et en rappelle les principales caractéristiques : nom et adresse du demandeur, objet de la demande, numéro d'enregistrement, lieu des travaux ; / c) Vise les textes législatifs et réglementaires dont il est fait application () ".
8. La circonstance que la décision attaquée ne comporte pas en intitulé le terme " arrêté " est dépourvue de toute incidence sur sa légalité en l'absence de toute ambiguïté quant à sa nature et sa portée. Par ailleurs, celle-ci comporte les indications exigées par les a) et b) de l'article A. 424-2 précité du code de l'urbanisme. Enfin, si cette décision vise le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) approuvé le 16 janvier 2020 par la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise tout en faisant application du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune d'Arnouville-les-Mantes, cette circonstance, qui constitue une simple erreur matérielle, ne saurait davantage en affecter la légalité alors, au demeurant, qu'il s'agit d'une décision favorable. Par suite, le moyen tiré des vices de forme de la décision attaquée ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
9. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme : " Doivent être précédés de la délivrance d'un permis d'aménager : / a) Les lotissements : / - qui prévoient la création ou l'aménagement de voies, d'espaces ou d'équipements communs à plusieurs lots destinés à être bâtis et propres au lotissement. Les équipements pris en compte sont les équipements dont la réalisation est à la charge du lotisseur ; / -ou qui sont situés dans un secteur sauvegardé, dans un site classé ou en instance de classement () ".
10. Il ressort du plan de division joint à la déclaration préalable litigieuse que chacun des lots issu de la division fera l'objet d'un accès distinct. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet en litige relève du permis d'aménager dès lors que la division projetée prévoit un accès et une voie commune pour les lots B et C, ne peut qu'être écarté.
11. En deuxième lieu, et d'une part, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; / b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. / Lorsqu'une demande d'autorisation ou une déclaration préalable est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme, les dispositions d'urbanisme, le régime des taxes et participations d'urbanisme ainsi que les limitations administratives au droit de propriété tels qu'ils existaient à la date du certificat ne peuvent être remis en cause, à l'exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique ".
12. D'autre part, aux termes de l'article L. 424-1 de ce code : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. / Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations () ". Aux termes de l'article L. 153-11 du même code : " l'autorité compétente () peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ".
13. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que tout certificat d'urbanisme délivré sur le fondement de l'article L. 410-1 a pour effet de garantir à son titulaire un droit à voir toute demande d'autorisation ou de déclaration préalable déposée dans le délai indiqué examinée au regard des règles d'urbanisme applicables à la date de la délivrance du certificat. Figure cependant parmi ces règles la possibilité de se voir opposer un sursis à statuer à une déclaration préalable ou à une demande de permis, lorsqu'est remplie, à la date de délivrance du certificat, l'une des conditions énumérées à l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme. Une telle possibilité vise à permettre à l'autorité administrative de ne pas délivrer des autorisations pour des travaux, constructions ou installations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme (PLU). Lorsque le plan en cours d'élaboration, et qui aurait justifié, à la date de délivrance du certificat d'urbanisme, que soit opposé un sursis à une demande de permis ou à une déclaration préalable, entre en vigueur dans le délai du certificat, les dispositions issues du nouveau plan sont applicables à la demande de permis de construire ou à la déclaration préalable.
14. Il ressort des pièces du dossier que le certificat d'urbanisme informatif qui a été délivré pour le terrain d'assiette du projet, le 6 décembre 2019, mentionnait expressément que le PLUi de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise était alors en cours d'élaboration et la possibilité, qui en découlait, pour l'autorité compétente de surseoir à statuer en application des articles L. 153-11 et L. 424-1 du code de l'urbanisme.
15. A cet égard, les orientations du projet d'aménagement et de développement durables (PADD) avaient été débattues par le conseil communautaire de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise lors de la séance du conseil du 23 mars 2017 et un premier projet de PLUi avait été arrêté le 11 décembre 2018, puis une seconde fois, le 9 mai 2019. Il ressort notamment des orientations du PADD que les auteurs de ce document ont souhaité, d'une part, maintenir des continuités écologiques au sein des espaces urbanisés, essentielles à la biodiversité et à la qualité de vie et, d'autre part, introduire des espaces végétalisés dans les espaces urbains pour améliorer la qualité environnementale et paysagère des sites urbanisés. L'enquête publique, qui s'est déroulée du 5 juin au 17 juillet 2019, a donné lieu à la conférence des maires le 29 novembre suivant durant laquelle ses conclusions ont été présentées. Dans ces conditions, l'état d'avancement du PLUi était suffisant pour opposer un sursis à statuer à la date du certificat d'urbanisme délivré le 6 décembre 2019. Si la commune fait valoir que par la délibération du 16 janvier 2020 approuvant le PLUi, le conseil communautaire a apporté des clarifications sur la notion d'îlot, notamment en permettant l'augmentation de l'emprise des annexes et en procédant à quelques suppressions afin de répondre aux observations déposée dans le cadre de l'enquête publique, ces éléments, qui portent sur des points mineurs, ne sont toutefois pas de nature à établir le caractère insuffisant de l'état d'avancement de ce document à la date de délivrance du certificat d'urbanisme, sachant que le projet de PLUi avait classé une partie de la parcelle assiette du projet litigieux en " cœur d'îlot " où ne sont admises que la réalisation de constructions limitativement énumérées et dont 60 % de la surface doit demeurer végétalisée.
16. En outre, il est constant que le projet en litige consiste en la division d'une unité foncière en quatre lots, dont trois à bâtir, et que l'un des lots est inclus en quasi-totalité dans le cœur d'ilot mentionné au point précédent. Dans ces conditions, compte tenu de ce qui est dit aux points 6 et 13, le projet était de nature, à la date de délivrance du certificat d'urbanisme, à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan. C'est donc à bon droit que les requérants soutiennent que le certificat d'urbanisme délivré le 6 décembre 2019 ne pouvait, en l'espèce, avoir pour effet de cristalliser les dispositions du PLU dès lors qu'à la date de délivrance de ce certificat, les conditions du sursis à statuer étaient réunies.
17. Enfin, le PLUi de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise, qui a été approuvé le 16 janvier 2020, est entré en vigueur le 21 février suivant, soit dans le délai de dix-huit mois de cristallisation du certificat d'urbanisme du 6 décembre 2019 prévu par l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme. Dès lors, compte tenu de ce qui est dit au point 13, les requérants sont fondés à soutenir que le maire de la commune d'Arnouville-Les-Mantes, a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme en n'instruisant pas la déclaration préalable litigieuse au regard des dispositions du PLUi de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise approuvé le 16 janvier 2020.
18. En troisième lieu, aux termes des dispositions générales et communes du règlement du PLUi : " Les cœurs d'îlot correspondent à des espaces végétalisés dans les tissus urbains, constitués par le regroupement de fonds de terrains généralement peu ou pas bâtis. / Ils sont préservés et mis en valeur par un traitement paysager de qualité et sont végétalisés dans une composition paysagère structurée dans ses différentes strates végétales. / Toutefois, la configuration et les composantes végétales de ces cœurs d'îlots peuvent évoluer sur le terrain, dès lors que : - est restituée d'un seul tenant la superficie globale du cœur d'îlot telle qu'elle figure au plan de zonage ; - et est maintenue, voire renforcée, son insertion dans une composition et/ou continuité végétale environnante. / La protection des cœurs d'îlots ne fait pas obstacle, pour chaque terrain concerné, à l'implantation : - d'une construction annexe d'une emprise au sol maximale de 15 m², - de composteurs, - d'une piscine non couverte ou dont la couverture, fixe ou mobile, a une hauteur au plus égale à 1,80 mètre, - de deux places de stationnement sur dalles alvéolées engazonnées ; - de la réalisation de cheminements doux dès lors que leur traitement au sol demeure perméable. / Toutefois, 60 % minimum de la superficie du cœur d'îlot délimité sur le terrain concerné demeurent végétalisés ".
19. Ainsi qu'il est dit au point 16, il ressort de la comparaison des plans de division et du document graphique du PLUi que la quasi-totalité du lot B du projet est inclus en cœur d'îlot. Or, il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté par le pétitionnaire, que ce lot à bâtir a vocation à accueillir une future construction à destination d'habitation. Dès lors, et compte tenu de sa localisation en cœur d'îlot, le projet en litige prévoit l'implantation de construction dont la conformité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises. Par suite, compte tenu de ce qui est dit au point 6, les requérants sont fondés à soutenir qu'en ne s'opposant pas à la déclaration préalable en litige, le maire de la commune d'Arnouville-les-Mantes a méconnu les dispositions citées au point précédent du règlement du PLUi.
20. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative () ".
21. Il ressort des pièces du dossier que le premier mémoire en défense a, dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative, été communiqué aux requérants le 15 septembre 2021. Il en résulte que le moyen tiré de la méconnaissance du point 1.2.2 du règlement du PLUi, moyen soulevé par les requérants pour la première fois le 1er avril 2022, est irrecevable en application des dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme et doit être écarté comme tel.
Sur l'application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
22. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ". Aux termes de l'article L. 600-5-1 du même code : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis () d'aménager, () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations ".
23. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
24. Il résulte de ce qui est dit aux points 11 à 19 que les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions du règlement du PLUi relatives au cœur d'îlot dans la seule mesure où il porte sur le lot B, à bâtir, issu de la division. Ce vice porte sur une partie identifiable du projet de lotissement litigieux, qui a pour objet, ainsi qu'il est dit au point 1, de diviser une unité foncière en quatre lots A, B, C et D dont trois à bâtir.
25. Dans ces conditions, dès lors que les autres moyens de la requête ont été écartés, il y a lieu, en application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, d'annuler la décision du maire de la commune d'Arnouville-les-Mantes du 21 novembre 2020 dans cette seule mesure et de fixer à trois mois à compter de la notification du présent jugement le délai dans lequel Mme A en demandera la régularisation par le dépôt, à la mairie d'Arnouville-les-Mantes, d'une déclaration préalable modificative.
Sur les frais liés au litige :
26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que, au titre des frais exposés par la commune d'Arnouville-les-Mantes et de Mme A, une somme soit mise à la charge des requérants, dès lors qu'ils ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Arnouville-les-Mantes une somme globale de 1 800 euros à verser aux requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de la commune d'Arnouville-les-Mantes du 12 mars 2021 est annulé en tant qu'il porte sur le lot B à bâtir.
Article 2 : Mme A devra demander la régularisation de sa déclaration préalable dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune d'Arnouville-les-Mantes versera une somme de 1 800 euros aux requérants, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune d'Arnouville-les-Mantes et par Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. G C et Mme F C, à Mme B D, à la commune d'Arnouville-les-Mantes et à Mme E A.
Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Versailles en application des dispositions de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Benoit, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 avril 2023.
Le rapporteur,
signé
S. Maljevic
La présidente,
signé
N. Boukheloua
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026