jeudi 27 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2103952 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | HALPERN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 10 mai 2021 et le 12 juillet 2022, M. A B et Mme F D B, représentés par Me Halpern, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du préfet des Yvelines du 8 septembre 2020 constatant que Mme F D B, entrée sur le territoire français dans le cadre d'un visa de long séjour " mineur scolarisé ", ne pouvait plus prétendre au bénéfice du regroupement familial, ainsi que la décision du 5 mars 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté leur recours hiérarchique ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines d'accorder à M. A B le bénéfice du regroupement familial pour Mme F D B et par suite de délivrer à cette dernière un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les décisions contestées ont été signées par une autorité incompétente ;
- elles sont entachées d'erreur de droit dès lors que le regroupement familial ne peut être refusé au seul motif que le membre de la famille réside en France ;
- elles méconnaissent l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 juin 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués à l'appui de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, désigné M. Jauffret, premier conseiller, pour exercer temporairement les fonctions de président de la première chambre.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lutz ;
- les observations de Me Halpern, représentant M. et Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, de nationalité ivoirienne, né le 12 février 1967, a présenté le 9 février 2017 une demande de regroupement familial au bénéfice de ses enfants, F D, née le 5 avril 2001, et C Melvil, né le 9 mars 2004. Par décision du 11 décembre 2018, le préfet a accueilli favorablement cette demande. Postérieurement à la demande de regroupement familial, Mme F D B avait également sollicité le bénéfice d'un visa long séjour portant la mention " mineur scolarisé ", qui lui avait été délivré le 17 septembre 2018. Elle est entrée en France le 25 septembre 2018 munie de ce visa valant titre de séjour. Elle a ensuite obtenu la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant-élève " valable du 14 janvier 2020 au 13 janvier 2021. Le 4 juin 2020, M. B et sa fille ont sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au titre du regroupement familial au profit de Mme F D B. Par courriel du 8 septembre 2020, la préfecture des Yvelines a informé le conseil de M. B et de sa fille que l'intéressée ne pouvait plus prétendre au regroupement familial. M. B et sa fille ont alors saisi le ministre de l'intérieur qui, par une décision du 5 mars 2021, a confirmé la position de la préfecture. M. A B et Mme F D B demandent l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable à la date des décisions contestées : " Le ressortissant étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial, par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans, et les enfants du couple mineurs de dix-huit ans. ". Aux termes de l'article L. 411-6 du même code : " Peut être exclu du regroupement familial : () ; 3° Un membre de la famille résidant en France. ". Enfin, l'article R. 431-1 du même code, dans sa rédaction applicable, dispose : " () Le titre de séjour délivré aux membres de la famille autorisés à résider en France au titre du regroupement familial est, en application de l'article L. 431-1, la carte de séjour temporaire d'une durée d'un an dès qu'ils sont astreints à la détention d'un titre de séjour. / La carte de séjour temporaire porte la mention " vie privée et familiale ". Elle permet l'exercice de toute activité professionnelle dans le cadre de la réglementation en vigueur. ".
3. Lorsqu'il se prononce sur une demande de regroupement familial, le préfet est en droit de rejeter celle-ci dans le cas où les membres de la famille à raison desquels la demande a été présentée résident sur le territoire français.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme F D B, alors mineure, est entrée en France, avant la décision rendue sur la demande de regroupement familial, sous couvert d'un visa long séjour portant la mention " mineur scolarisé " délivré le 17 septembre 2018, puis s'est vu remettre, à sa majorité, une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant-élève ". Il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment de la décision du 11 décembre 2018, que le préfet des Yvelines a accordé à M. B le bénéfice du regroupement familial au profit de ses deux enfants F D et C E. C'est seulement au regard de la durée de l'instruction de la demande de l'intéressé, de près d'un an et demi, que sa fille F D a dû entre-temps solliciter un visa de long séjour portant la mention " mineur scolarisé " pour entrer régulièrement en France afin d'y poursuivre ses études. Dans ces circonstances, et compte tenu de la différence entre les cartes de séjour temporaire " vie privée et familiale " et " étudiant ", tant en ce qui concerne les droits qui y sont attachés qu'en ce qui concerne les conditions de renouvellement, le préfet des Yvelines ne pouvait légalement se fonder sur la circonstance que Mme B est entrée légalement sur le territoire français par une autre voie pour refuser le titre de séjour " vie privée et familiale " auquel elle a droit en conséquence de la décision du 11 décembre 2018 autorisant le regroupement familial.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que les décisions contestées prises par le préfet des Yvelines le 8 septembre 2020 et par le ministre de l'intérieur le 5 mars 2021 doivent être annulées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Le présent jugement implique nécessairement que le préfet des Yvelines délivre à Mme B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Il y a lieu de lui enjoindre de procéder à cette délivrance dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du préfet des Yvelines du 8 septembre 2020 et du ministre de l'intérieur du 5 mars 2021 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Yvelines de délivrer à Mme F D B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. et Mme B une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Mme F D B et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Jauffret, premier conseiller faisant fonction de président,
- Mme Lutz, première conseillère,
- Mme Degorce, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2023.
La rapporteure,
signé
F. Lutz Le premier conseille faisant fonction de président,
signé
E. Jauffret
La greffière,
signé
C. Delannoy
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 210395
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026